LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2505984

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2505984

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2505984
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre OQTF 6 mois
Avocat requérantBERRY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé l'arrêté préfectoral du 18 mai 2025 imposant à un ressortissant ivoirien une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai, une interdiction de retour de six mois et fixant un pays de destination. La juridiction a retenu un défaut d'examen particulier de la situation du requérant, notamment l'absence de prise en compte de son parcours de mineur isolé pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, ce qui était susceptible d'influer sur la décision. Le tribunal a rejeté les conclusions aux fins d'injonction de délivrer un titre de séjour et d'astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 août 2025 M. A... B..., représenté par Me Berry, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 18 mai 2025 par lequel le préfet de l’Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de six mois ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » ou « circonstances exceptionnelles » ;

3°) de mettre à la charge du préfet de l’Hérault la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’auteur de l’acte est incompétent ;
- l’arrêté est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- l’arrêté est entaché d’un défaut d’examen, en l’absence de toute référence à son parcours de mineur isolé pris en charge par l’aide sociale à l’enfance ;
- elle est également entachée d’une erreur de droit, d’une erreur de fait ou d’une erreur manifeste d’appréciation car sa vie privée et familiale se trouve en France ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision d’éloignement ;
- l’interdiction de retour sur le territoire français est entachée d’une erreur dans les visas, et d’une disproportion dans son principe et sa durée.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2025, le préfet de l’Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Des pièces complémentaires présentées par M. B... ont été enregistrées postérieurement à la clôture d’instruction, le 12 janvier 2026.

M. B... a été admis à l’aide juridictionnelle totale par décision du 18 juillet 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus, au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, rapporteure,
- les observations de Me Berry, représentant M. B....

Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant ivoirien né le 8 janvier 2007, demande au tribunal l’annulation des décisions du 18 mai 2025 par lesquelles le préfet de l’Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination ainsi que la décision par laquelle il a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de six mois.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Il ressort des pièces du dossier que M. B..., a fait l’objet le 23 août 2023, après évaluation de sa minorité, d’une prise en charge par le conseil départemental de l’Hérault en qualité de mineur isolé. Il a été pris en charge pendant deux années par l’aide sociale à l’enfance, recevant à ce titre une formation professionnelle puis un contrat d’apprentissage et a conclu dans ce contexte un contrat de jeune majeur.
Toutefois, l’arrêté en litige mentionne seulement les éléments antérieurs à l’entrée en France de M. B..., tels que son parcours migratoire et son entrée irrégulière sur le sol français, puis relève l’absence de démarches pour régulariser sa situation administrative sur le territoire depuis son entrée, sans mention aucune des conditions de séjour de l’intéressé durant les deux années de sa prise en charge par l’aide sociale à l’enfance. Or la prise en compte de ces circonstances était susceptible d’avoir une incidence sur l’appréciation portée par le préfet sur la situation du requérant, et, par suite, sur le sens des décisions prises à son encontre, contenues dans l’arrêté attaqué. Par suite, M. B... est fondé à soutenir que l’arrêté du 18 mai 2025 est entaché d’un défaut d’examen particulier de sa situation.

Il résulte de ce qui précède que l’arrêté du 18 mai 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois doit être annulé.


Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu’une personne morale de droit public (…) prenne une mesure d’exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d’un délai d’exécution. » ; Aux termes de l’article L. 911-2 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu’une personne morale de droit public (…) prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé. ». Aux termes de son article L. 911-3 : « Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. » Et aux termes de l’article L. 614-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ».

Le présent jugement, qui annule l’arrêté en litige au motif d’un défaut d’examen de la part de l’autorité administrative, implique seulement, au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, que celle-ci statue à nouveau sur le cas de M. B... et le munisse, dans l’attente de la décision qui sera prise, d’une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l’article L. 614-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, les conclusions aux fins d’injonction de délivrance d’un titre de séjour « vie privée et familiale » ou « circonstances exceptionnelles » et d’astreinte présentées par M. B... ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les frais liés au litige :
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B... sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1 : L’arrêté du 18 mai 2025 du préfet de l’Hérault portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., à la préfète de l’Hérault et à Me Berry.


Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Quemener, présidente,
Mme Crampe, première conseillère,
M. Didierlaurent, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.


La rapporteure

S. Crampe
La présidente,

V. Quemener




La greffière,




C. Touzet


La République mande et ordonne à la préfète de l’Hérault en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 mars 2026

La greffière,



C. Touzet


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions