Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant par ordonnance, a rejeté comme manifestement irrecevable le recours en excès de pouvoir visant à annuler un permis de construire. Le rejet est motivé par le défaut de notification de la requête, par lettre recommandée, au maire et au bénéficiaire du permis dans le délai de quinze jours prévu par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Les requérants n'ayant pas régularisé cette formalité obligatoire après mise en demeure, leur demande a été déclarée irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 février 2026, M. F... D..., Mme C... D... et Mme A... D... demandent au tribunal d’annuler l’arrêté n° PC 066 066 24 H0013 du 22 avril 2025 par lequel le maire de la commune d’Enveitg a, au nom de la commune, délivré un permis de construire une maison d’habitation à M. G... E....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Selon l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme : « En cas (…) de recours contentieux à l'encontre (…) d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, (…) l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. / (…) La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt (…) du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / Les dispositions du présent article ne sont pas applicables en cas de contestation d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation dans les conditions prévues par l'article L. 600-5-2. ».
2. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme que les requérants qui forment un recours contentieux à l’encontre d’un permis de construire doivent notifier une copie intégrale du recours ou une lettre qui reprend intégralement l’exposé des faits, moyens et conclusions de ce recours, à l'auteur de la décision ainsi qu’au titulaire de l'autorisation d’urbanisme dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt de la requête. Il appartient au juge, au besoin d’office, de rejeter le recours comme irrecevable, lorsque son auteur, après y avoir été invité par lui, n’a pas justifié de l’accomplissement des formalités requises par les dispositions précitées de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme par la production de ces documents ou de documents présentant des garanties équivalentes.
3. En dépit de la demande de régularisation que le greffe du tribunal a adressée le 3 mars 2026 aux requérants, ceux-ci n’ont pas produit la copie des lettres recommandées avec accusé de réception attestant de la notification de sa requête au maire de la commune d’Enveitg et au bénéficiaire du permis de construire litigieux dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt de la requête. Par suite, faute pour M. D... H... de justifier de l’accomplissement des formalités de notification de leur requête dans les conditions prévues à l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme, doivent être rejetées comme manifestement irrecevables les conclusions de leur requête tendant à l’annulation de l’arrêté du 22 avril 2025 par lequel le maire de la commune d’Enveitg a, au nom de la commune, délivré un permis de construire à M. B... E....
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D... H... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F... D..., Mme C... D... et Mme A... D....
Fait à Montpellier, le 31 mars 2026.
La première conseillère
faisant fonction de présidente,
A. Bourjade
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 mars 2026.
La greffière,
L. Rocher