Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant par ordonnance, rejette la requête de M. B... qui contestait son assignation à résidence. Le recours est jugé manifestement irrecevable car il a été introduit après l'expiration du délai de sept jours prévu à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La juridiction applique également l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour rejeter une requête irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2026, M. A... B... demande au tribunal :
1°) à titre principal, d’annuler l’arrêté du 13 janvier 2026, notifié le 6 février 2026, par lequel le préfet de l’Aude l’a assigné à résidence dans le département pendant une période de quarante-cinq jours, à titre subsidiaire, de suspendre son exécution jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond dirigée contre cette décision et contre l’obligation de quitter le territoire français du 6 février 2026 ;
2°) de réexaminer les modalités de contrôle administratif en tenant compte de ses attaches familiales et sociales, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, le cas échéant sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 750 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R.222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º- Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : (…) 7° L’étranger doit être éloigné en exécution d’une peine d’interdiction judiciaire du territoire prononcée en application du deuxième alinéa de l’article 131-30 du code pénal ; (…) ». Aux termes de l’article L. 732-8 du même code : « La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1. / (…) ». Aux termes de l’article L. 921-1 dudit code : « Lorsqu’une disposition du présent code prévoit qu’une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. (…) ».
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 13 janvier 2026 par laquelle le préfet de l’Aude l’a assigné à résidence dans le département, lui a été notifiée le 6 février 2026. Cette notification comportait l’indication des voies et délais de recours. Le présent recours contentieux contre cette décision, qui été enregistré au greffe du tribunal administratif le 2 mars 2026, soit après l'expiration du délai de sept jours fixé par les dispositions précitées de L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, est donc tardif. Par suite, la requête de M. B... est entachée d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance et doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête susvisée de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Montpellier, le 5 mars 2026.
Le vice-président au tribunal,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l’Aude en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 5 mars 2026
Le Greffier,
D. Martinier