Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B... qui sollicitait la suspension de saisies administratives à tiers détenteur émises pour le recouvrement de taxes foncières. La requérante invoquait l'urgence en raison de sa faible pension de retraite et un doute sérieux sur la légalité des saisies, notamment pour non-exigibilité d'une partie de la créance. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour Mme B... de justifier de conséquences graves liées à l'exécution des saisies. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2026, Mme A... B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de saisies administratives à tiers détenteur du
16 mars 2026 portant sur la taxe foncière au titre de 2023 et 2025 afférent à des biens sis à Velieux et Rieussec, et d’ordonner à l’administration la mainlevée des mesures de saisie et la restitution des sommes indûment prélevées.
Elle soutient que :
l’urgence est caractérisée car elle doit s’acquitter de la taxe foncière alors qu’elle ne peut louer la maison de Velieux et qu’elle dispose d’une retraite d’environ 1 324,68 euros par mois ; il y a un risque de double recouvrement dès lors que la saisie a été pratiquée auprès du service des pensions et d’une banque ;
l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité des actes attaqués découle de :
1) la non exigibilité de la somme de 905 euros concernant la taxe foncière de la maison de Vélieux qui a fait l’objet de plusieurs réclamations avec sursis de paiement et d’une instance au fond n° 2503297 ;
2) le mélange entre des créances exigibles et non exigibles ;
3) le non-respect des règles d’insaisissabilité de sa pension de retraite car une saisie est déjà en cours et la saisie affecte une même source de revenus ;
4) le risque d’un double recouvrement ;
5) le défaut de bien fondé de la créance concernant la taxe foncière de la maison de Velieux dès lors que la vacance durable du logement est due au refus du maire d’autoriser cette location au motif du raccordement au réseau communal d’assainissement.
Vu :
la requête au fond n° 2503297 enregistré le 6 mai 2025 ;
les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gayrard, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / (…) La suspension prend fin au plus tard lorsqu’il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l’article
L. 522-1 ».
Le contribuable qui a saisi le juge de l'impôt de conclusions tendant à la décharge d'une imposition à laquelle il a été assujetti est recevable à demander au juge des référés, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la mise en recouvrement de l'imposition, dès lors que celle-ci est exigible. Le prononcé de cette suspension est subordonné à la double condition, d'une part, qu'il soit fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la régularité de la procédure d'imposition ou sur le bien-fondé de l'imposition et, d'autre part, que l'urgence justifie la mesure de suspension sollicitée. Pour vérifier si la condition d'urgence est satisfaite, le juge des référés doit apprécier la gravité des conséquences que pourraient entraîner, à brève échéance, l'obligation de payer sans délai l'imposition ou les mesures mises en œuvre ou susceptibles de l'être pour son recouvrement, eu égard aux capacités du contribuable à acquitter les sommes qui lui sont demandées.
A l’appui de ses conclusions tendant à la suspension des saisies administratives à tiers détenteur du 16 mars 2026 portant sur la taxe foncière au titre de 2023 et 2025 afférent à des bien situés à Velieux et Rieussec, d’un montant de 1 349 euros, si Mme B... fait valoir qu’elle ne perçoit qu’une pension de retraite d’un montant mensuel de 1 324,68 euros, elle ne justifie pas ainsi des conséquences graves que pourraient entrainer l’exécution des saisies administratives à tiers détenteur du 16 mars 2026. Par suite, dès lors que la condition d’urgence n’est pas remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Montpellier, le 1er juin 2026.
Le juge des référés,
J-P. Gayrard
La République mande et ordonne au ministre chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er juin 2026.
La greffière,
P. Albaret