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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-1905312

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-1905312

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-1905312
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP ANGERS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n°1905312, respectivement les

25 octobre 2019 et 12 mai 2020, M. C A, représenté par Me Lahalle, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2019 par laquelle la préfète de la zone de défense et de sécurité ouest a conféré un caractère rétroactif au 22 janvier 2019 à son admission à la retraite anticipée d'office pour invalidité non imputable au service et ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ainsi que de la décision explicite du 8 octobre 2019 ;

2°) d'enjoindre à l'Etat ou à défaut à la préfecture de la zone de défense et de sécurité ouest, son admission à la retraite anticipée d'office pour invalidité non imputable au service mais sans effet rétroactif au 22 janvier 2019, soit au mois d'août 2019, dans le délai d'un mois à compte de la notification de la décision à venir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat ou à défaut la préfecture de la zone de défense et de sécurité ouest le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 15 juillet 2019 et la décision implicite de rejet du recours gracieux ont été prises par une autorité incompétente pour en connaitre ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- la décision du 15 juillet 2019 est entachée d'erreurs de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la préfecture de la zone de défense et de sécurité ouest ne pouvait légalement procéder au rappel des demi-traitements versés sur la période du 22 janvier 2019 au 31 juillet 2022, période au cours de laquelle il se trouvait placé en disponibilité d'office dans l'attente de l'ouverture de ses droits à la retraite pour invalidité.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 29 avril 2020 et 3 août 2020, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité ouest conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai 2020 et 13 juillet 2021,

M. C A, représenté par Me Lahalle, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception émis le 20 septembre 2019 par la direction régionale des finances publiques (DRIFP) d'Ille-et-Vilaine lui réclamant la somme de 5 742,77 euros, ainsi que la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur de son recours administratif préalable ;

2°) d'enjoindre à l'Etat ou au ministre de l'intérieur d'accorder la décharge de payer la somme de 5 742,77 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 15 juillet 2019 le plaçant en retraite anticipée d'office avec un caractère rétroactif au 22 janvier 2019 est illégale ;

- le titre de perception du 20 septembre 2020 est illégal en ce que :

* il n'est pas suffisamment motivé ;

* il méconnait la loi du 12 avril 2000 ;

* le remboursement des demi-traitements ne peut pas être demandé puisqu'ils sont créateurs de droit ; il est donc fondé sur une décision illégale.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 juin 2021 et 19 mai 2022, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité ouest conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le décret du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. G,

- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,

- et les observations de Me Cazo, représentant M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, gardien de la paix, a été placé en congés maladie ordinaire du

21 janvier 2018 au 22 janvier 2019. Le 10 janvier 2019, le comité médical a estimé que M. A était définitivement inapte à toute fonction et par une décision du 12 février 2019, il a été placé en disponibilité d'office pour raisons médicales à compter du 22 janvier 2019 jusqu'au 30 avril 2019, dans l'attente d'une décision relative à sa mise à la retraite pour invalidité non imputable au service. A compter du 22 janvier 2019, M. A a perçu un demi-traitement et le 13 février 2019, il a demandé sa mise à la retraite à compter du 1er mai 2019. Par une décision du 10 avril 2019, la mise en disponibilité d'office pour raisons médicales de M. A a été prolongée jusqu'au

31 juillet 2019, l'intéressé continuant de percevoir son demi-traitement. Par un arrêté du

15 juillet 2019, la préfète de la zone de défense et de sécurité ouest a admis M. A à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 22 janvier 2019.

Le 29 juillet 2019, M. A a exercé un recours administratif à l'encontre de la préfète du fait

du caractère rétroactif de sa mise à la retraite anticipée d'office. Par un courrier en date du

8 octobre 2019, la préfète a rejeté le recours gracieux. Le 20 septembre 2019, a été émis à l'encontre de M. A un titre de perception d'un montant de 5 743,77 euros au titre d'un " indu de rémunération ". Le 22 octobre 2019, M. A a formé, devant la direction régionale des finances publiques (DRIFP) d'Ille-et-Vilaine une réclamation préalable à l'encontre de ce titre de perception. A défaut de réponse dans le délai de six mois est née une décision implicite de rejet. M. A demande l'annulation de la décision du 15 juillet 2019 faisant valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 22 janvier 2022, la décision de refus implicite de son recours gracieux, la décision explicite du 8 octobre 2019 par laquelle la préfète rejette son recours gracieux, le titre de perception de la DRIFP d'Ille-et-Vilaine d'un montant de 5 743,77 euros ainsi que de la décision de rejet implicite de son recours gracieux contre ce titre de perception.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 1905312 et 2001950 concernent la situation d'un même requérant,

M. A, et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Si le silence gardé par l'administration sur une demande de titre de perception fait naître, dans un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde qui s'y est substituée.

4. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions présentées par M. A, en ce qu'elles tendent à l'annulation de la décision implicite de rejet née à raison du silence conservé par la préfète de la zone de défense et de sécurité ouest après expiration d'un délai de deux mois suivant le dépôt de son recours gracieux, sont devenues sans objet dès lors que la décision expresse du

8 octobre 2019, en tant qu'elle rejette ce recours, s'est substituée à cette décision implicite de rejet. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n°1905312 dirigées contre la décision implicite de rejet de son recours gracieux par la préfète de la zone de défense et de sécurité ouest.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 15 juillet 2019 :

5. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme E B, directrice des ressources humaines au secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur, près la préfecture de zone de défense et de sécurité ouest. Par un arrêté n°18-68 du 28 décembre 2018, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, la préfète de la zone de défense et de sécurité ouest, lui a donné délégation a fin de signer les arrêtés relatifs à la gestion administrative des personnels. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. " En application de ces dispositions, la décision qui, comme l'arrêté contesté, met fin avant son terme normal à la carrière d'un fonctionnaire, est au nombre de celles qui doivent être motivées.

7. L'arrêté portant admission à la retraite pour invalidité de M. A vise les textes législatifs et réglementaires applicables à sa situation, en particulier le code des pensions civiles et militaires, la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ainsi que l'avis en date du 10 janvier 2019 du comité médical dont il rappelle qu'il a reconnu l'incapacité permanente de l'intéressé à continuer ses fonctions et la demande de M. A en date du

22 février 2019. Par ailleurs, la préfète de la zone de défense et de sécurité ouest s'est expressément fondée, sur cet avis du comité médical du 10 janvier 2019, dont elle s'est appropriée les motifs, pour décider que M. A, gardien de la paix " était radié des cadres et admis en retraite anticipée pour invalidité non imputable au service à compter du 22 janvier 2019 ". La décision contestée comporte ainsi l'énoncé des motifs de droit et des considérations de fait qui en constituent le fondement et satisfait aux exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

8. Il ressort de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 juillet 2019.

En ce qui concerne la décision expresse du 8 octobre 2019 :

9. En premier lieu, la décision contestée a été signée par M. D F, préfet délégué pour la défense et la sécurité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

10. En deuxième lieu, la décision contestée qui répond au recours gracieux de M. A, récapitule l'historique de sa situation, détaille les considérations de fait qui en constituent le fondement et satisfait ainsi aux exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

11. En dernier lieu, l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 visée ci-dessus dispose que : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie à plein traitement, le congé de longue durée n'est attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée. () ". L'article 27 du décret du 14 mars 1986 également visé ci-dessus énonce dans sa version applicable au litige : " () Lorsqu'un fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical : en cas d'avis défavorable () il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite () ". Aux termes de l'article 47 du même décret, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme. / Pendant toute la durée de la procédure requérant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances, le paiement du demi-traitement est maintenu jusqu'à la date de la décision de reprise de service ou de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. ". L'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite prévoit que : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office ; dans ce dernier cas, la radiation des cadres est prononcée sans délai si l'inaptitude résulte d'une maladie ou d'une infirmité que son caractère définitif et stabilisé ne rend pas susceptible de traitement () ". Enfin, aux termes de l'article R. 36 du même code : " La mise en paiement de la pension de retraite ou de la solde de réforme peut être antérieure à la date de la décision de radiation des cadres lorsque cette décision doit nécessairement avoir un effet rétroactif en vue soit d'appliquer des dispositions statutaires obligeant à placer l'intéressé dans une position administrative régulière, soit de tenir compte de la survenance de la limite d'âge, soit de redresser une illégalité. ".

12. Il résulte de ces dispositions que lorsque le fonctionnaire a épuisé ses droits à un congé de longue durée et ne peut reprendre ses fonctions, il appartient à la personne publique qui l'emploi, d'une part, de saisir le comité médical, qui doit se prononcer sur son reclassement dans un autre emploi, sa mise en disponibilité ou son admission à la retraite, et, d'autre part, de lui verser un demi-traitement pendant toute la durée de la procédure nécessitant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances. La circonstance que la décision prononçant le reclassement, la mise en disponibilité ou l'admission à la retraite rétroagisse à la date de fin du congé de longue durée n'a pas pour effet de retirer le caractère créateur de droits du maintien du demi traitement prévu par les dispositions de l'article 47 du décret du 14 mars 1986. Par suite, le demi-traitement versé en application de cet article ne présente pas un caractère provisoire et reste acquis à l'agent alors même que celui-ci a, par la suite, été placé rétroactivement dans une position statutaire n'ouvrant pas, par elle-même, droit à ce versement. Il s'ensuit, plus particulièrement, que lorsque l'agent est admis rétroactivement à la retraite et qu'à ce titre il bénéficie effectivement d'un versement d'arriérés de pension, son employeur n'est pas pour autant en droit de demander le reversement de ces demi-traitements qui restent acquis à l'agent.

13. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A, qui avait épuisé ses droits

à congés maladie ordinaire, a été placé en disponibilité d'office pour raisons médicales du

22 janvier 2019 au 31 juillet 2019, dans l'attente de l'avis du service des retraites de l'Etat (SRE) sur sa demande tendant à être admis à la retraite. Durant cette période, il a perçu, en application des dispositions précitées de l'article 27 du décret du 14 mars 1986, un demi-traitement. Puis, par arrêté du 15 juillet 2019, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité ouest a admis M. A à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service, rétroactivement,

à compter du 22 janvier 2019. Ainsi, suite à cette décision du 15 juillet 2019, M. A, rétroactivement radié des cadres et bénéficiant à ce titre d'une pension de retraite, a cumulé cette pension avec le demi-traitement perçu au titre de sa mise en disponibilité d'office. Un titre de perception a alors été émis le 20 septembre 2019 par la direction régionale des finances publiques (DRIFP) d'Ille-et-Vilaine pour lui réclamer la somme de 5 742,77 euros au titre d'un " indu de rémunération ". Or, comme exposé au point 10, ce demi-traitement ne présentait pas un caractère provisoire et restait acquis à l'intéressé, quand bien même ce dernier a ensuite perçu, sur la même période, des arriérés de pension découlant de son admission rétroactive à la retraite.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A, est fondé à solliciter l'annulation de la décision du 8 octobre 2019 en tant qu'elle lui réclame le trop-perçu correspondant aux prestations qui lui ont été versées pour la période du 22 janvier 2019 au 31 juillet 2019 et qu'elle décide qu'un titre de perception pour le recouvrement de ce trop-perçu sera émis par la direction régionale des finances publiques de Bretagne.

En ce qui concerne le titre de perception émis le 20 septembre 2019 par la direction régionale des finances publiques de Bretagne lui réclamant la somme de 5 742,77 euros, ainsi que la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur de son recours administratif préalable :

15. Du fait de l'annulation de la décision du 8 octobre 2019 en tant qu'elle lui réclame un trop-perçu de prestations et qu'elle décide qu'un titre de perception pour le recouvrement de ce trop-perçu sera émis par la direction régionale des finances publiques de Bretagne, et sans qu'il soit également besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2001950, M. A, est fondé à solliciter l'annulation du titre de perception contesté et de la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur de son recours administratif préalable qui se trouvent ainsi privés de base légale.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 15, qui porte sur le bien-fondé de la créance, il y a lieu de décharger M. A de l'obligation de payer la somme de 5 742,77 euros pour le recouvrement de laquelle le titre de perception a été émis le 20 septembre 2019.

Sur les frais du litige :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. A à l'encontre de l'arrêté du 15 juillet 2019.

Article 2 : La décision du 8 octobre 2019 en tant qu'elle réclame à M. A un trop-perçu de prestations et qu'elle décide qu'un titre de perception pour le recouvrement de ce trop-perçu sera émis par la direction régionale des finances publiques de Bretagne est annulée.

Article 3 : Le titre de perception émis le 20 septembre 2019 à l'encontre de M. A et la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur de son recours administratif préalable sont annulés.

Article 4 : M. A est déchargé de l'obligation de payer la somme de 5 742,77 euros réclamée par le titre exécutoire émis le 20 septembre 2019.

Article 5 : L'Etat versera à M. A la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des deux requêtes n°s 1905312 et 200195 de M. A est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la préfète de la zone de défense et de sécurité ouest, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de l'action et des comptes publics.

Copie en sera adressée à la direction régionale des finances publiques de Bretagne et

d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Moulinier, premier conseiller,

M. Bozzi, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

G. G

Le rapporteur le plus ancien

Signé

Y. Moulinier

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de l'action et des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 1905312, 2001950

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