LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-1905730

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-1905730

mercredi 27 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-1905730
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationVice-Président 6 ème chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS SAMSON & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 avril 2020, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI ", non notifiée, du ministre de l'intérieur portant invalidation de son permis de conduire, ensemble la décision par laquelle son recours gracieux en date du 14 février 2020 a été implicitement rejeté ;

2°) d'annuler les décisions successives du ministre de l'intérieur portant retrait de points au capital de son permis de conduire ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'affecter quatre points au capital de son titre de conduite en conséquence du stage de sensibilisation auquel il a participé ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire au capital reconstitué, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge du ministre de l'intérieur la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable en ce que la décision référencée " 48SI " par lequel le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ne lui a jamais été notifiée et ne lui est par suite pas opposable ;

- son permis aurait dû être crédité de quatre points le 18 décembre 2019 en conséquence du stage de sensibilisation auquel il a participé les 16 et 17 décembre précédents et de l'absence de notification de la décision " 48SI " ;

- s'agissant des décisions de retraits de points en conséquence desquelles le décision " 48SI " a été prise, les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont été communiquées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2020, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du recours gracieux tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " et des conclusions dirigées contre la décision " 48 SI ", à titre subsidiaire, au rejet de l'ensemble de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions dirigées contre la décision de rejet implicite de son recours gracieux et la décision " 48 SI " sont tardives qui doit être regardée comme lui ayant été notifiée le 29 août 2019 ainsi qu'en atteste son relevé d'information intégral et l'attestation de distribution postale ;

- les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite alléguée sont irrecevables dès lors que celle-ci est inexistante, le recours gracieux du requérant en date du 14 février 2020 ayant été introduit au-delà du délai de deux mois suivant la notification de la décision " 48SI " en litige intervenue le 29 août 2019 ;

- les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points prises consécutivement à l'infraction commise le 14 décembre 2007 sont sans objet dès lors que ces points ont été restitués au capital du permis de conduire de l'intéressé le 6 juin 2018 en application de l'article L. 223-6 du code de la route ;

- les décisions portant retraits de points ont systématiquement été portées à la connaissance du requérant, en stricte application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, par envoi d'une lettre simple référencée " 48 " expédiée à l'adresse relevée auprès du conducteur lors de l'établissement du procès-verbal d'infraction ;

- en tout état de cause, la récapitulation des infractions et des retraits de points en résultant dans la décision " 48SI " querellée procédant au dernier retrait de points, laquelle a été transmise au requérant par lettre recommandée avec accusé de réception, rend opposable l'ensemble des décisions de retraits de points en litige ;

- le requérant ne pouvait bénéficier des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route pour le stage de récupération de points en ce qu'il a été effectué postérieurement à la notification d'une décision de la perte de validité de son permis de conduire.

Par courrier du 10 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de point à la suite des infractions commises les 3 juin 2012 et 27 décembre 2017 dès lors qu'il résulte du relevé d'information intégral du requérant que les points retirés à la suite de ces infractions ont été restitués à l'intéressé respectivement les 22 février 2013 et 22 novembre 2018, soit une date antérieure à l'introduction du présent recours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gilbert Descombes président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a commis les 14 décembre 2007, 22 février 2008, 11 décembre 2009, 13 mai 2010, 3 juin 2012, 20 septembre 2011, 29 décembre 2013, 14 octobre 2015, 27 décembre 2017, 22 juillet 2018 et 2 juillet 2019 différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de 13 points sur son permis de conduire. Par décision modèle " 48 SI ", le ministre de l'intérieur lui a notifié le dernier retrait de points, a récapitulé les décisions de retrait de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire dans un délai de dix jours. Par la requête susvisée, le requérant demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (). "

3. Aux termes du troisième alinéa du III de l'article R. 223-3 du code de la route : " Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception ".

4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir que le requérant a reçu notification régulière de la décision contestée. En cas de retour à l'administration du pli contenant la notification, cette preuve peut résulter, soit des mentions précises, claires et concordantes portée sur l'enveloppe et l'avis de réception, soit, à défaut, d'une attestation de La Poste ou d'autres éléments de preuve établissant la première présentation du pli et la délivrance, par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.

5. Le ministre de l'intérieur fait valoir que la requête est tardive dès lors qu'une décision " 48 SI " informant M. A de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nuls et récapitulant l'ensemble des retraits de points lui a été notifiée le 29 août 2019 et que sa requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 23 avril 2020, soit après l'expiration du délai de recours. Il résulte de l'instruction que le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A mentionne qu'une décision " 48 SI ", expédiée par envoi avec accusé de réception postal n°2C 1534 8144 224 a été présentée le 29 août 2019 au domicile du requérant. Le ministre produit une copie de l'avis de réception attaché au pli recommandé contenant la décision litigieuse adressée sur lequel figure la mention " Pli avisé et non réclamé ", celui-ci est toutefois, et contrairement à ce qu'il soutient, dépourvu de toute date de vaine présentation. Le ministre ne produit de surcroît aucun autre élément susceptible d'établir que la décision en litige aurait été dument notifiée au requérant qui, par suite, est fondé à soutenir qu'il n'en aurait alors pas eu connaissance. Par suite, dans ces conditions, eu égard à l'insuffisance des mentions figurant sur cette enveloppe qui ne permettent pas d'établir, à la date du 29 août 2019, la régularité de la notification de la décision en litige, la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur tirée de la tardiveté de la demande de M. A doit être écartée.

Sur l'étendue du litige :

6. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points () ".

7. Il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire du requérant édité le 16 juillet 2020 et produit par le ministre de l'intérieur, que les point retirés correspondant aux infractions commises les 3 juin 2012, 14 décembre 2007, 27 décembre 2017 ont été restitués au requérant respectivement les 22 février 2013, 6 juin 2018 et 22 novembre 2018 soit antérieurement à l'introduction de la requête. Les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions de retrait de points sont donc, par suite, irrecevables. Elles doivent dès lors être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fin d'injonction tendant à la restitution de ces points.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

8. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III. Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1,2 et 4 de l'article L. 223-6. () ".

9. Il résulte de ces dispositions que la délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

En ce qui concerne la décision " 48 SI " :

10. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nul, n'étant opposable à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées, tant que le retrait de l'ensemble des points de permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période. (CE, 17 février 2016, n°380684)

11. Il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux ; qu'il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul ; que, dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.

12. Il résulte respectivement de ce qui a été dit au point 5 et de l'instruction que la décision 48 " SI " en litige n'a pas été notifiée au requérant et que celui-ci a volontairement participé à un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 16 et 17 décembre 2019 lui donnant droit à la récupération de quatre points au capital de son permis de conduire. Il s'ensuit que M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 223-6 et de l'article R. 223-8 du code de la route et à en demander l'annulation.

Sur le moyen tiré d'un défaut d'information préalable aux retraits de points

En ce qui concerne les infractions commises les 11 décembre 2009 (un point), 13 mai 2010 (trois points) :

13. Lorsqu'il est établi, notamment dans les conditions décrites au I., que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

14. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires prévue à l'article 529 du code de procédure pénale correspondant aux infractions des 11 décembre 2009 et 13 mai 2010 constatées au moyen d'un radar automatique. Ainsi, M. A a nécessairement reçu des courriers du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que M. A n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission des infractions en date des 11 décembre 2009 et 13 mai 2010 doit être écarté.

En ce qui concerne les infractions commises les 20 septembre 2011 (deux points) et, 14 octobre 2015 (trois points) :

15. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

16. Il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A que les infractions constatées les 20 septembre 2011 et 14 octobre 2015, relevées par procès-verbal électronique, ont donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire correspondante les 22 mars 2012 et le 14 avril 2016. L'intéressé s'étant ainsi acquitté de l'amende forfaitaire de manière différée, il a nécessairement reçu l'avis de paiement, lequel comporte toutes les informations requises pour assurer son information dans le respect des prescriptions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le requérant, qui ne démontre pas avoir été destinataire de documents inexacts ou incomplets notamment en ce qui concerne les mentions relatives à l'information préalable, doit être réputé avoir reçu, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises en vertu des dispositions rappelées ci-dessus. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été communiquées.

En ce qui concerne les infractions commises les 22 février 2008 (six points) et 22 juillet 2018 (six points) :

17. Il ressort du relevé d'information intégral versé au dossier par le ministre que s'agissant de l'infraction des 22 février 2008 et 22 juillet 2018, M. A a fait l'objet de condamnations pénales prononcées le 27 mai 2008 par le tribunal de Grande Instance de Pontoise, devenues définitives le 12 décembre 2008, et le 31 janvier 2019 par le tribunal de grande instance de Rennes, devenue définitive le 21 février 2019. Il s'ensuit que moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.

En ce qui concerne l'infraction du 2 juillet 2019 (un point) :

18. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A, produit par l'administration, que l'infraction commise le 2 juillet 2019 a été relevée au moyen d'un radar automatique, ainsi que le prouve la mention "tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé)", et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

19. En ce qui concerne l'infraction du 2 juillet 2019 , le ministre ne justifie pas que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et en particulier l'information concernant le risque de se voir retirer des points de son permis de conduire, aient été transmises à M. A, faute pour lui d'apporter la preuve du paiement par le requérant de l'amende forfaitaire majorée en cause et donc de la réception par lui de l'avis de contravention ou du titre exécutoire correspondant. Toutefois il ressort également des éléments versés en défense, et notamment d'une attestation du centre de contrôle automatisé, que M. A a payé l'amende forfaitaire majorée afférente à l'infraction du 27 décembre 2017 qui n'est pas en litige, devant dès lors être regardé comme ayant bénéficié des informations légales au titre de cette infraction précédemment commise. Par suite, l'omission éventuelle de la délivrance de cette information lors de la constatation de l'infraction du 2 juillet 2019 n'a pas pu avoir pour effet, dans les circonstances de l'espèce, de priver M. A de la garantie instituée par la loi pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure consécutive à l'infraction du 2 juillet 2019 doit, dès lors, être écarté.

20. Il résulte de ce qu'il précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision " 48 SI ", non-notifiée, ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté implicitement son recours gracieux en date du 14 février 2020.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration affecte au permis de conduire de M. A les quatre points acquis au titre du stage effectué les 16 et 17 décembre 2019 et retire par conséquent la décision d'invalidation de ce permis de conduire sous réserve des infractions non prises en compte à la date de la décision qui l'a invalidé, et ce dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de trois points prises en conséquence de l'infraction commise le 14 décembre 2007, d'un point prise en conséquence de l'infraction commise le 3 juin 2012, et d'un point prise en application de l'infraction commise le 27 décembre 2017.

Article 2 : La décision " 48 SI ", non-notifiée ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur portant invalidation du permis de conduire de M. A sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de procéder, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, à l'ajout de quatre points au capital de points affectés au permis de conduire de M. A, avec effet au 18 décembre 2019, dans la limite toutefois d'un capital de douze points et sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières, et de lui restituer son permis de conduire.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.

Le président-rapporteur

Signé

G. DescombesLa greffière,

Signé

V. Le Boëdec

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. Le Boëdec

N° 2001809

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions