vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-1906306 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS HORIZONS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 décembre 2019 et le 3 juillet 2020, M. et Mme G B, représentés par Me Paul, du cabinet Paul-Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Pierre-Quiberon a délivré à Mme D I un permis de construire pour la démolition totale d'une maison et la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé 7 avenue Duguay-Trouin, ainsi que les décisions implicite et expresse de rejet de leur recours gracieux, intervenues respectivement les 26 et 28 octobre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre-Quiberon le versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme en leur qualité de voisins immédiats du terrain d'assiette du projet, lequel va porter atteinte, de par sa hauteur, aux conditions d'éclairement de leur habitation ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence à défaut pour la commune de justifier que son signataire disposait d'une délégation régulière ;
- le dossier de demande de permis comporte des insuffisances en ce que le dimensionnement du plan de masse est erroné, les documents d'insertion sont insuffisants, le formulaire Cerfa ne mentionne pas dans le tableau des surfaces le garage et la remise et les plans ne matérialisent pas la voie carrossable prévue à l'entrée de la parcelle à la future maison d'habitation ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article Ub3 du plan local d'urbanisme relatif à la voirie et aux accès ;
- il méconnaît son article Ub6 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ;
- il méconnaît son article Ub9 relatif à l'emprise au sol des constructions ;
- il méconnaît son article Ub10 relatif à la hauteur maximale des constructions ainsi que les règles de gabarit fixées par les dispositions générales du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît son article Ub 11 relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords ;
- il méconnaît son article Ub12 relatif à la réalisation d'aires de stationnement ;
- il méconnaît son article Ub15 relatif à l'obligation en matière de performances énergétiques et environnementales ;
- les dispositions du cahier des recommandations architecturales, annexé au plan local d'urbanisme de la commune, n'ont pas été respectées ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par deux mémoires, enregistrés le 6 mai 2020 et le 19 juillet 2021, Mme D I, représentée par Me Peltier, de la SELARL ABC, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2021, la commune de Saint-Pierre-Quiberon, représentée par Me Lahalle, de la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme F ;
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public ;
- et les observations de Me Le Franc, du cabinet Paul-Avocats, représentant M. et Mme B, H, de la SELARL Lexcap, représentant la commune de Saint-Pierre-Quiberon et de Me Peltier, de la SELARL ABC, représentant Mme I.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I a déposé en mairie de Saint-Pierre-Quiberon, le 5 avril 2019, une demande de permis de construire pour la démolition d'une maison et la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé avenue Duguay-Trouin, parcelle cadastrée section AC n° 16. Par un arrêté du 23 juillet 2019, le maire de la commune de Saint-Pierre-Quiberon lui a délivré le permis sollicité. M. et Mme E, propriétaires voisins, ont formé un recours gracieux à l'encontre de ce permis par courrier du 26 août 2019 reçu le 27 août suivant, qui a été implicitement rejeté le 27 octobre 2019, puis explicitement par décision du 28 octobre 2019. Un permis de construire modificatif a été délivré à Mme I par arrêté du 16 décembre 2020. M. et Mme E demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2019, ainsi que les décisions portant rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le maire de la commune de Saint-Pierre-Quiberon a régulièrement donné délégation, par un arrêté du 25 avril 2014, à M. C, troisième adjoint et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins, notamment, de signer les permis de construire et d'aménager. Cet arrêté a été régulièrement affiché en mairie à partir du 28 avril 2014 pour une durée d'un mois et transmis au contrôle de légalité le 28 avril 2014. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : / () f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 () " et aux termes de son article R. 431-6 : " Lorsque le terrain d'assiette comporte des constructions, la demande précise leur destination, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28, leur surface de plancher et indique si ces constructions sont destinées à être maintenues et si leur destination ou sous-destination est modifiée par le projet. ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".
4. La régularité de la procédure d'instruction d'un permis de construire requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par le code de l'urbanisme. Pour autant, la circonstance que le dossier de demande ne les comporterait pas tous ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Le dossier de demande de permis initial comporte un plan de situation, un plan cadastral, un plan de masse à l'échelle 1/200e, un plan de chacune des façades à l'échelle 1/100e, cinq photographies de l'état initial du terrain dans son environnement proche et dans le paysage lointain ainsi qu'un photomontage permettant d'apprécier l'insertion de la future construction dans son environnement. La notice descriptive comporte également une description précise du projet, et notamment les matériaux et couleurs prévus pour la couverture, les façades et les menuiseries, le traitement des espaces libres et des accès ainsi que des indications relatives aux réseaux et à la récupération des eaux de pluie. Le dossier de demande de permis de construire modificatif a complété ce dossier en indiquant sur le plan de masse notamment la localisation de la cuve de rétention des eaux de pluie et sa contenance, le tracé de la manœuvre pour accéder aux deux places de stationnement prévues à l'arrière de la construction ainsi que la technique utilisée pour le traitement engazonné de la voie d'accès. Si le formulaire Cerfa ne mentionne pas dans le tableau des surfaces, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme, celles du garage et de la remise déjà existants sur le terrain, d'une superficie respective de 23 m² et de 40,30 m², une telle omission n'a pas été de nature à induire les services instructeurs en erreur, dès lors que tant le plan masse que la notice descriptive du projet font apparaitre ces dépendances avec leurs surfaces. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble des éléments de la demande du permis de construire litigieux et des compléments et corrections apportés par le permis de construire modificatif, l'administration a pu vérifier la conformité du projet aux règles d'urbanisme. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire doit, par suite, être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes du II de l'article Ub3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Pierre-Quiberon relatif à la voirie et aux accès : " () Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique. Ils présenteront une largeur de voirie de 3,00 m minimum () ".
7. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan de masse du dossier de permis de construire modificatif que l'accès à la parcelle d'assiette du projet présente une largeur de 3,06 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article Ub 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " Sauf indications contraires portées aux documents graphiques du présent P.L.U., la façade de la construction doit être implantée en retrait de 2.00 m minimum. / Toutefois, l'implantation de la construction peut être imposée notamment lorsqu'il existe sur les parcelles voisines des constructions édifiées différemment, pour des raisons architecturales ou d'urbanisme, ou en fonction des dispositions d'une opération d'ensemble autorisé, ou pour des raisons liées aux servitudes générales de la voirie ".
9. Il est constant que le projet, en forme de L, est situé à une distance par rapport à l'avenue Duguay-Trouin comprise entre 4,60 mètres sur son côté Nord et 8,80 mètres sur son côté Sud, respectant ainsi le retrait minimal de 2 mètres imposé par le premier alinéa des dispositions précitées. En outre, les constructions situées à l'Est de l'avenue Duguay-Trouin ne présentent aucune uniformité architecturale, ni de retrait uniforme par rapport aux voies publiques. Par suite, les requérants ne font valoir aucun motif d'ordre architectural ou d'unité d'aspect et ne se prévalent d'aucun plan d'ensemble justifiant qu'il soit dérogé à l'application de la règle fixée au premier alinéa de l'article Ub 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Quiberon. Ainsi, ils ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Saint-Pierre-Quiberon aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en n'imposant pas une distance de retrait par rapport à la voie inférieure à celle prévue.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article Ub 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " En tous secteurs : / L'emprise au sol maximale des constructions est de 50% de la surface totale de la parcelle ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet a une superficie de 484 m², que les constructions conservées à usage de garage et de remise représentent une emprise au sol de 63,30 m² et que l'emprise au sol de la construction projetée est de 134 ,67 m². L'emprise au sol totale des constructions est, par suite, de 197,97 m² et n'excède pas 50 % de la surface du terrain. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ub 9 doit, dès lors, être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article Ub 10 du règlement du plan local d'urbanisme : " En tous secteurs : / La hauteur maximale de la construction sera égale à la moyenne des hauteurs entre les maisons mitoyennes prise selon deux axes perpendiculaires X et Y, sans pouvoir dépasser les hauteurs précisées selon une cimaise telle que définie ci-dessous. / En secteurs Ub1 et Ub2 : La hauteur maximale des constructions est de 8.50 m au faitage (4.6 m à l'égout ou à l'acrotère). / () Dans le cas d'une construction sur un terrain situé en bout d'une suite de maisons au faitage alignée à la même hauteur ou entre une suite de maisons au faitage alignée à la même hauteur le projet devra s'aligner sur cette hauteur maximum au faitage ".
13. Il ressort des pièces du dossier que le projet, situé en zone Ub1, a une hauteur au faitage de 8,18 mètres et une hauteur à l'égout du toit comprise entre 2,94 mètres et 3,95 mètres par rapport au point de référence, qui n'excèdent pas, par suite, les hauteurs maximales admises dans la zone. Il est par ailleurs constant que le projet ne s'implante en mitoyenneté que dans sa partie Nord et qu'en l'absence de double mitoyenneté, la règle énoncée à l'alinéa 1 de l'article Ub 10 prescrivant de ne pas excéder la moyenne des hauteurs des maisons mitoyennes ne trouve pas à s'appliquer. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub 10 ne peut, dès lors, qu'être écarté.
14. En septième lieu, aux termes des dispositions générales du plan local d'urbanisme qui définissent la hauteur maximale : " () La hauteur maximale fixée à l'article 10 du règlement des différentes zones est calculée à partir d'un " point de référence " et pour des hauteurs définies comme suit : () / 2. Définition de la hauteur : La hauteur maximale de toute partie de la construction est définie dans le cadre d'un gabarit de volumétrie composé comme suit : / • Une hauteur au plan vertical de façade (la façade référence étant la façade la plus longue), /•Une hauteur au " point le plus haut " calculé sur la base d'un angle par rapport à l'horizontale du sommet du plan vertical. / Le bâtiment doit ainsi s'inscrire en totalité dans la volumétrie définie et ce quel que soit sa forme architecturale (attique, toitures différentes, ) sauf pour les lucarnes qui sont autorisées en débord du gabarit et en référence à la typologie de lucarnes autorisées ".
15. Si en principe, un lexique annexé au plan local d'urbanisme n'a pour objet que de préciser la portée de termes et de notions techniques employés dans le règlement lui-même et si l'article Ub10 ne régit que les règles applicables à la hauteur des constructions et non leur gabarit, les règles relatives au gabarit figurent en l'espèce dans les dispositions générales du plan local d'urbanisme, lesquelles ont une portée réglementaire et se réfèrent expressément à l'article 10 des différentes zones. Elles sont par suite opposables au projet de Mme I.
16. En l'espèce, pour l'application au projet de la règle de gabarit énoncée par les dispositions précitées, la façade de référence est la façade arrière Est qui est la plus longue. Il ressort des pièces du dossier qu'en prenant un plan de 45 ° partant du point le plus haut de cette façade, la construction projetée ne s'inscrit pas en totalité dans le gabarit défini, le volume annexe situé à l'Ouest s'avançant vers la voie publique dépassant la volumétrie admise. Si le cahier des recommandations architecturales annexé au plan local d'urbanisme prévoit, dans la zone concernée, la possibilité de créer des volumes en annexe en appentis, leur hauteur au point haut du toit est limitée à 4.60 m et la hauteur à l'égout à 3.00 m. A ressort des pièces du dossier que le volume concerné présente des hauteurs supérieures de 6, 84 mètres au point le plus haut et entre 3,64 mètres et 3,95 mètres à l'égout du toit. Les requérants sont, par suite, fondés à soutenir que le permis en litige méconnaît les dispositions précitées relatives à la volumétrie en tant seulement qu'il a autorisé un volume annexe s'avançant vers l'avenue Duguay-Trouin.
17. En huitième lieu, aux termes de l'article Ub 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Les constructions doivent s'intégrer à leur environnement. Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". / () Ouvertures : / En secteurs Ub1, Ub3 et Ub4, les ouvertures devront être plus hautes que larges ". Le cahier de recommandations architecturales et paysagères annexé au plan local d'urbanisme précise que, s'agissant du gabarit des fenêtres et portes fenêtres, la largeur du meneau entre deux fenêtres ou portes-fenêtres doit être au moins égale à la moitié de leur largeur.
18. Les dispositions invoquées du règlement de l'article Ub 11 du règlement du plan local d'urbanisme ont le même objet que celles, également invoquées, de l'article R. 111-27 du code l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et elles prévoient des exigences qui ne sont pas moindres. C'est donc par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
19. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des photographies produites, que le quartier dans lequel s'insère le projet est composé de maisons d'habitation à l'architecture de type pavillonnaire se caractérisant par une hétérogénéité architecturale, en terme de volumes, de formes, de toitures ou de matériaux. Il ressort également des notices architecturales jointes aux dossiers de demande de permis de construire et de permis de construire modificatif que le choix a été fait d'utiliser des matériaux permettant une intégration du projet dans son environnement, notamment une couverture en ardoises naturelles, des façades recouvertes d'un enduit taloché de ton blanc et des menuiseries en aluminium de ton anthracite. Les requérants ne sont, par suite, pas fondés à soutenir que la construction projetée est de nature, par son architecture, son aspect extérieur ou sa coloration, à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants.
20. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment comporte en façade Ouest une porte-fenêtre plus large que haute en méconnaissance des dispositions précitées de l'article Ub 11 relative aux ouvertures, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que cette porte-fenêtre soit découpée en quatre panneaux dès lors que l'espacement entre ces panneaux ne respecte pas les prescriptions relatives aux meneaux édictées par le cahier de recommandations architecturales. Les requérants sont, par suite, fondés à soutenir que le permis attaqué méconnaît, à cet égard, les dispositions citées ci-dessus.
21. En neuvième lieu, aux termes de l'article Ub 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " Le stationnement des véhicules automobiles et des deux roues, correspondant aux besoins des constructions et installations, doit être assuré en dehors des voies publiques. / L'annexe du présent règlement fixe les normes applicables () ". L'annexe 1 du plan local d'urbanisme précise qu'en matière d'habitat individuel sont exigées en zones Ub1 deux places par logement.
22. En l'espèce, le projet contesté porte sur la réalisation d'une maison individuelle d'habitation. Il ressort du permis modificatif, qui précise et modifie sur ce point le permis initial, que le projet prévoit deux places de stationnement situées à l'arrière de l'habitation de dimensions de 2,50 mètres de large et de 5 mètres de long parfaitement accessibles. Par suite, le projet ne méconnaît pas les dispositions relatives au stationnement citées au point précédent.
23. En dixième lieu, aux termes de l'article Ub 15 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Un minimum de 1 m3 de stockage des eaux pluviales par logement est imposé pour toute construction neuve () ".
24. En l'espèce, la notice descriptive jointe au dossier de permis de construire précise que les eaux de pluie seront conduites vers une cuve de récupération, elle-même reliée à un puits d'infiltration. Si les requérants soutiennent que la cuve n'est pas matérialisée sur les plans du dossier de permis de construire et que sa taille n'est précisée dans aucun document, le plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif a fait figurer l'emplacement de cette cuve et précisé que sa contenance serait de 5 000 litres. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
25. Enfin, selon les termes du cahier des recommandations architecturales annexé au PLU, textuellement reproduits et applicables pour toutes les zones : " Pignon en limite de propriété / Il pourra être autorisé la construction de pignon en limite de propriété dans la mesure où celui-ci ne constitue pas un masque pour les constructions voisines par rapport à une vue sur la mer, ou sur les ".
26. Si les requérants font grief au projet de prévoir un pignon en limite Nord qui va constituer un écran pour leur propriété, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que ce pignon leur masquerait une quelconque vue, en particulier sur la mer. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, par suite, être écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
27. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " (), le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ". Le juge peut préciser, par son jugement, les modalités de cette régularisation.
28. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B sont fondés à soutenir que le permis de construire attaqué est entaché de deux vices tirés d'une part de la méconnaissance des dispositions générales du plan local d'urbanisme qui définissent la hauteur maximale s'agissant de la partie du bâtiment s'avançant vers l'avenue Duguay-Trouin en décroché, d'autre part de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub 11 du règlement du plan local d'urbanisme s'agissant de la porte-fenêtre située sur la façade Ouest. Ces vices, qui affectent des parties identifiables du projet et ne remettent pas en cause sa nature même, sont régularisables. Dans ces conditions, dès lors que les autres moyens de la requête ont été écartés, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler l'arrêté du maire de la commune de Saint-Pierre-Quiberon du 23 juillet 2019 dans cette mesure, ainsi que les décisions portant rejet du recours gracieux de M. et Mme B et de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel Mme I pourra en demander la régularisation par le dépôt, à la mairie de Saint-Pierre-Quiberon, d'un dossier de demande de permis de construire modificatif.
Sur les frais liés au litige :
29. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Saint-Pierre-Quiberon et Mme I doivent, dès lors, être rejetées.
30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre-Quiberon le versement à M. et Mme B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 23 juillet 2019 par lequel le maire de Saint-Pierre-Quiberon a accordé un permis de construire à Mme I, ainsi que les décisions portant rejet du recours gracieux de M. et Mme B sont annulés en tant qu'ont été autorisés un volume en avancée en façade Ouest ainsi qu'une porte-fenêtre plus large que haute.
Article 2 : Le délai dans lequel Mme I devra demander la régularisation de l'arrêté du 23 juillet 2019 est fixé à trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Pierre-Quiberon versera à M. et Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme G B, à la commune de Saint-Pierre-Quiberon et à Mme D I.
Une copie du présent jugement sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Lorient en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Kolbert, président,
Mme Plumerault, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
F. F
Le président,
signé
E. Kolbert
La greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026