jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2000238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | WANTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2020, Mme A D, représentée par Me Wantou, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2019 par lequel le préfet du Morbihan a procédé au retrait de la carte nationale d'identité de sa fille mineure ;
2°) à titre subsidiaire, de sursoir à statuer dans l'attente de la décision du Procureur de la République ;
3°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de délivrer une carte nationale d'identité à sa fille mineure sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté litigieux :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2020, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 décembre 2017, Mme D a donné naissance à la jeune E C, laquelle a fait l'objet d'une reconnaissance anticipée de paternité par M. C, de nationalité française. Le 1er février 2018, elle a sollicité une carte nationale d'identité au bénéfice de sa fille mineure. Après un rejet de cette demande intervenu le 25 septembre 2018, la carte nationale d'identité lui a été délivrée par erreur le 12 octobre suivant. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2019 par lequel le préfet du Morbihan a procédé au retrait de la carte nationale d'identité de sa fille.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Le préfet du Morbihan doit être regardé comme soutenant que la requête est irrecevable au motif qu'elle est dirigée contre une arrêté qui ne ferait pas grief à la requérante, dès lors qu'il s'agit d'une " simple demande de restitution de titre ", et non une " décision d'accord
ou de refus ". Toutefois, l'arrêté litigieux ne se borne pas à constater la restitution par la requérante de la carte nationale d'identité française de sa fille mineure mais précise également que ce document fait l'objet d'une procédure de retrait administrative et qu'à défaut de sa restitution, Mme D sera inscrite au fichier des personnes recherchées (FPR). Dans ces conditions, l'arrêté litigieux fait grief à Mme D. Par suite, il y a lieu d'écarter cette fin de non-recevoir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que si l'arrêté litigieux comporte la mention selon laquelle il est signé par " la référente fraude département " cellule fraude préfet du Morbihan, il n'y est nullement fait mention du prénom et nom du signataire, ni de sa qualité. En outre, ni la signature manuscrite, qui est illisible, ni aucune autre mention de ce document ne permettent d'identifier la personne qui en est l'auteur. Ce vice, en ce qu'il interdit à la requérante de s'assurer de la compétence de l'auteur de l'arrêté contesté, a pour effet de la priver d'une garantie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté du préfet du Morbihan du 22 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement, compte tenu du motif d'annulation, implique seulement que le préfet du Morbihan procède à un nouvel examen de la situation de la requérante. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sollicitée par Mme D au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Morbihan du 22 novembre 2019 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Morbihan de procéder au réexamen de la situation de Mme D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
M. Grondin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
T. B
Le président
signé
G. Descombes
Le greffier,
signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026