LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2000334

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2000334

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2000334
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistré le 21 janvier 2020, Mme E G, représentée par la SELARL Valadou - Josselin et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 novembre 2019 par laquelle le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest a refusé de reconnaitre comme imputable au service sa pathologie contractée dans l'exercice de ses fonctions ;

2°) d'enjoindre au directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest de tirer toutes les conséquences de l'annulation de cette décision, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la compétence de l'auteur de la décision du 19 novembre 2019 n'est pas justifiée ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et est entachée d'une erreur d'appréciation.

Le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest a été mis en demeure de présenter ses observations en défense le 9 mars 2022 sur la requête de la requérante qui lui a été adressée le 26 février 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. H,

- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,

- et les observations de Me Clairay, représentant Mme L'Henoret.

Considérant ce qui suit :

1. Mme L'Henoret est agent titulaire depuis 1983 et appartient au corps des syndics des gens de mer de première classe. Elle a été affectée au lycée professionnel maritime du Guilvinec en tant que secrétaire de direction le 1er septembre 2008. Le 8 octobre 2018, Mme D est recrutée par l'établissement dans le cadre d'un parcours de reconversion professionnelle d'une durée de douze mois, afin d'être formée au métier de secrétaire, notamment par Mme L'Henoret, jusqu'au mois de février 2019, lorsque la secrétaire générale du lycée, a indiqué à Mme L'Henoret qu'à l'avenir, sa collègue recevrait directement des directives de ses supérieurs hiérarchiques. Par la suite, les relations de travail entre Mme L'Henoret et Mme D se sont détériorées. Le 1er mars 2019, Mme L'Henoret a proposé à sa collègue d'échanger avec la directrice adjointe de l'établissement, à la suite de quoi cette dernière s'est emportée et a quitté l'établissement. Le 4 mars suivant, une réunion a eu lieu avec les deux collègues en présence de la directrice adjointe, du conseiller prévention et d'un membre du comité hygiène et sécurité. A cette occasion, il a été évoqué de confier 80 % des missions habituelles du poste à Mme L'Henoret, et les 20 % restants à Mme D. Cette hypothèse ne donnant pas satisfaction aux deux intéressées, la directrice adjointe a proposé un entretien ultérieur, lequel finalement n'aura pas lieu. Un nouvel incident intervient ultérieurement entre les deux secrétaires à la suite duquel Mme D quitte alors son poste de travail et demande de s'entretenir seule avec la directrice adjointe. A l'issue de cet entretien, la directrice adjointe indique à Mme L'Henoret qu'elle est responsable de cette situation et qu'elle " attend une décision " de la direction interrégionale de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest. Mme D a été placée en arrêt de travail jusqu'au 22 mars 2019, et Mme L'Henoret également du 7 au 10 mars 2019. Le 13 mars suivant, cette dernière a eu un rendez-vous avec le médecin de prévention lequel a constaté une réelle souffrance au travail et a

dressé différentes propositions à la direction afin de clarifier les missions des deux agents

afin d'apaiser la situation en ajoutant qu'il souhaitait revoir Mme L'Henoret le 24 avril 2019.

Par ailleurs, en présence du médecin de prévention, Mme L'Henoret a ouvert la lettre recommandée avec accusé de réception qui lui avait été adressée par le lycée le 7 mars 2019 lequel mentionnait qu'il constituait " une sanction à caractère disciplinaire ". Le même jour, la directrice adjointe a déposé une lettre au guichet du secrétariat-accueil à l'intention de Mme L'Henoret,

lui indiquant de ne pas tenir compte du précédent courrier en raison d'une erreur de procédure.

Le 14 mars 2019, Mme L'Henoret a consulté son médecin traitant qui lui a prescrit une prise

en charge psychologique pour traiter un syndrome dépressif réactionnel, et la plaçait en arrêt de travail du 15 au 27 mars 2019, lequel sera prolongé du 27 mars 2019 au 10 avril, puis jusqu'au

22 avril 2019. Si elle a repris le travail à cette date, elle a toutefois continué à bénéficier d'un

suivi spécialisé pour soigner son syndrome anxiodépressif réactionnel. Le 15 mars 2019,

Mme L'Henoret a demandé à la direction interrégionale de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest, que l'événement du 13 mars précédent soit reconnu comme une maladie imputable au service. Par la décision attaquée du 19 novembre 2019, le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest a refusé de reconnaitre comme imputable au service sa pathologie contractée dans l'exercice de ses fonctions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2018/SGAR/DIRM/DSG du 29 novembre 2018, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Pays de la Loire du même jour, le préfet de la région Pays de la Loire a délégué sa signature au directeur interrégional de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest, M. F C, dans le cadre de ses attributions et compétences. Par suite, le requérant, qui se borne à soutenir que l'auteur de la décision attaquée ne justifie pas de sa compétence, n'est pas fondé à soutenir que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () -refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. Il n'est pas contesté que la décision attaquée du 19 novembre 2019 est au nombre des actes qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, et doit, par suite, être motivée en droit et en fait.

En l'espèce, cette décision vise les textes sur le fondement desquels elle a été prise, ainsi que l'avis de la commission de réforme et mentionne qu'il n'existe pas de lien direct, unique et certain

entre la pathologie de la requérante et une maladie imputable au service. Dès lors, la décision du 19 novembre 2019 et le courrier, du même jour, l'accompagnant comportent ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi susvisée du 13 juillet 1983, créé par l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 : : " () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ().

6. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec les conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport d'expertise du 26 juin 2019 du docteur A B, médecin psychiatre, que la pathologie de Mme L'Henoret ne présente pas de lien unique et certain avec une maladie imputable au service, qu'elle connaissait un état antérieur, que si ses arrêts de travail sont justifiés, ils ne sont toutefois pas la conséquence directe de la maladie imputable au service, mais à l'état antérieur précité. Pour sa part, le procès-verbal de la séance de la commission de réforme du Finistère du 17 octobre 2019 indique que si la pathologie de la requérante a été contractée en service, elle émet néanmoins un avis défavorable

à la reconnaissance de l'imputabilité au service. La requérante en se bornant à produire différents certificats médicaux mentionnant qu'elle présente un syndrome anxiodépressif réactionnel,

des troubles du sommeil et la nécessité d'un suivi et en soutenant que les courriers des 7 et

5 mars 2019, ce dernier remis en mains propres, l'ont profondément choquée, et alors même que sa maladie est apparue durant le service ne peut justifier l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre la pathologie dont elle souffre et le service. Dès lors, Mme L'Henaoret ne démontre pas de lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec les conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause. Dans ces circonstances, elle n'est pas fondée à soutenir que le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest a méconnu les dispositions citées au point précédent ou entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

8. Il résulte de ce qu'il précède, que Mme L'Henoret n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision du 19 novembre 2019, par laquelle le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest a refusé de reconnaître sa maladie comme imputable au service.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme L'Henoret tendant à ce qu'il soit enjoint au directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest de tirer toutes les conséquences de l'annulation de cette décision, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Sur les frais du litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme de 2 000 euros sollicitée par Mme L'Henoret au titre des frais qu'elle a exposé et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E G et au directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest.

Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Moulinier, premier conseiller,

M. Grondin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

Le rapporteur,

signé

Y. H Le président,

signé

G. Descombes

Le greffier,

signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au préfet de la région Pays de la Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions