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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2000897

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2000897

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2000897
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBOULAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 21 février 2020, 5 janvier et 31 mai 2021, Mme B Cardinal, représentée par Me Boulais, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du président du conseil départemental des Côtes-d'Armor du 11 juillet 2019 mettant fin à l'attribution à son profit de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) à compter du 1er juillet 2019 ;

2°) d'enjoindre au département des Côtes-d'Armor dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre principal, de prendre une décision portant attribution à son bénéfice de la NBI à hauteur de 50 points et à titre subsidiaire, de prendre une décision portant attribution à son bénéfice de la NBI à hauteur de 19 points ;

3°) de mettre du département des Côtes-d'Armor la somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle assure des fonctions de conseiller technique éligibles à une NBI de 50 points, ou à tout le moins des fonctions d'encadrement éligibles à une NBI de 19 points en application des dispositions du décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er décembre 2020 et 23 février 2021, le département des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 93-863 du 18 juin 1993 ;

- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;

- le décret n° 2014-923 du 18 août 2014 ;

- le décret n° 2016-336 du 21 mars 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Tronel,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- les observations de Me Boulais, représentant Mme Cardinal,

- et les explications de Mme Cardinal.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, Mme A, cheffe du service gestion carrière et paie, signataire de la décision attaquée, disposait d'une délégation de signature prise par un arrêté du président du conseil départemental du 1er octobre 2018, régulièrement publié, pour les actes de gestion relatifs au personnel départemental, en cas d'empêchement ou d'absence de la directrice des ressources humaines, dont il n'est pas soutenu qu'elle n'aurait pas été absente ou empêchée. Par conséquent, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

2. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 18 juin 1993 relatif aux conditions de mise en œuvre de la nouvelle bonification indiciaire dans la fonction publique territoriale : " La nouvelle bonification indiciaire est attachée à certains emplois comportant l'exercice d'une responsabilité ou d'une technicité particulière. Elle cesse d'être versée lorsque l'agent n'exerce plus les fonctions y ouvrant droit ". En application du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale, la NBI est versée aux fonctionnaires territoriaux exerçant notamment les fonctions de " conseiller technique en matière de politique sociale ou médico-sociale " (50 points d'indice majoré) ou de " Puéricultrice exerçant au moins l'une des fonctions suivantes : / encadrement (ou fonctions comportant des responsabilités particulières correspondant à leur qualification) ; animation et coordination des activités des établissements et services d'accueil ; encadrement des personnels de ces établissements et services d'accueil ; définition des orientations relatives aux relations avec les institutions et avec les familles " (19 points d'indice majoré). Ces dispositions ouvrent le bénéfice de la NBI aux agents répondant aux conditions statutaires requises et auxquels sont assignées à titre principal les missions énumérées.

3. Aux termes de l'article 2 du décret du 21 mars 2016 portant statut particulier du cadre d'emplois des cadres territoriaux de santé paramédicaux dont relève Mme Cardinal, agent titulaire au grade de cadre de santé supérieur : " Les membres du cadre d'emplois exercent des fonctions d'encadrement ou comportant des responsabilités particulières correspondant à leur qualification dans les domaines de la puériculture, des soins infirmiers, des activités de rééducation ou médico-techniques dans les collectivités et établissements visés à l'article 2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Ils peuvent exercer des missions de chargé de projet. / Les fonctionnaires du grade de cadre de santé exercent des fonctions correspondant à leur qualification et consistant à encadrer des équipes dans les établissements et services médico-sociaux, les laboratoires et les services chargés de l'accueil des enfants de moins de six ans. Ils peuvent exercer des missions communes à plusieurs structures internes de ces services. Les fonctionnaires du grade de cadre supérieur de santé animent et coordonnent les activités des établissements, laboratoires et services d'accueil mentionnés à l'alinéa précédent. Ils encadrent les cadres de ces établissements, laboratoires et services. Ils définissent les orientations relatives aux relations avec les institutions et avec les familles. Ils peuvent exercer dans les départements des fonctions de responsable d'unité territoriale d'action sanitaire et sociale ou occuper les emplois de responsable de circonscription et de conseiller technique. / Les responsables de circonscription sont chargés, sous l'autorité du responsable de l'action sanitaire et sociale de l'administration départementale, de définir les besoins et de mettre en œuvre dans leurs circonscriptions la politique du département en matière sanitaire et sociale et d'encadrer ou de coordonner l'action des agents du département travaillant dans ce secteur. / Les conseillers techniques sont chargés, sous l'autorité du responsable de l'action sanitaire et sociale de l'administration départementale, de définir les besoins et de mettre en œuvre la politique du département en matière sanitaire et sociale et d'encadrer, le cas échéant, l'action des responsables de circonscription ".

4. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du président du conseil départemental des Côtes-d'Armor du 11 juillet 2019, Mme Cardinal a été affectée à compter du 1er juillet 2019 au service protection maternelle et infantile (PMI) de la maison du département de Lannion pour exercer les fonctions d'adjointe à la médecin cheffe du service PMI. Selon sa fiche de poste, ses missions consistent à coordonner et animer l'équipe PMI de la maison du département. Elles comprennent des fonctions managériales à l'égard des puéricultrices et auxiliaires de puériculture dont Mme Cardinal est la supérieure hiérarchique directe, des fonctions communication et des fonctions d'expertise auprès de l'équipe de PMI dans les domaines des modes d'accueil, de la parentalité, de la protection de l'enfance et de la promotion de la santé. Ces fonctions ne s'apparentent pas à celles de conseillers techniques au sens des dispositions précitées du décret du 21 mars 2016, Mme Cardinal n'encadrant pas l'action de responsable de circonscription et n'étant pas chargée de la définition des besoins et de la mise en œuvre de la politique du département en matière sanitaire et sociale. Elle ne peut donc prétendre, ainsi qu'elle le soutient et quand bien même elle l'aurait précédemment perçue pour des fonctions similaires, à la NBI de 50 points attribuée aux conseillers techniques en matière de politique sociale ou médico-sociale.

5. Mme Cardinal n'appartenant pas au cadre d'emploi des puéricultrices territoriales régi par les dispositions du décret du 18 août 2014 susvisé, elle n'est pas éligible à la NBI de 19 points accordée aux puéricultrices exerçant l'une des fonctions énumérées au point 2. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du décret du 3 juillet 2006 doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme Cardinal doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme Cardinal est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B Cardinal et au département des Côtes-d'Armor.

Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, où siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.

Le président rapporteur,

signé

N. Tronel L'assesseure la plus ancienne,

signé

A. Allex

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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