vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2000967 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BLUTEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 février et le 5 novembre 2020, Mme C B, représentée par Me Bluteau, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre communal d'action social (CCAS) de Jugon-Les-Lacs à lui verser la somme de 23 526,29 euros ;
2°) de mettre à la charge du CCAS de Jugon-Les-Lacs la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle devait bénéficier d'un plein traitement et non un demi-traitement pour la période du juin 2017 à mars 2018 de sorte qu'elle dispose d'une créance à l'égard du CCAS de Jugon-Les-Lacs ;
- cette créance s'élève à la somme totale de 21 526,29 euros ;
- le refus du président du CCAS de Jugon-Les-Lacs lui a causé un préjudice moral de 2 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 octobre 2020 et le 6 avril 2022, le CCAS de Jugon-Les-Lacs, représenté par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la créance est infondée ;
- la créance est prescrite.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- les observations de Me Monteau, représentant Mme B, et celles de Me Cazo, représentant le CCAS de Jugon-Les-Lacs.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée le 10 septembre 2007 par le CCAS de Jugon-Les-Lacs pour exercer les fonctions d'infirmière territoriale stagiaire puis titulaire. Par un arrêté du 12 septembre 2018, Mme B a été placée en congé de longue maladie du 24 mars 2017 au 24 mars 2019. Par un courrier du 17 décembre 2019, Mme B a demandé au CCAS de Jugon-Les-Lacs de lui verser une somme correspondant au complément de revenus qu'elle estime lui être dû pour la période du mois de juin 2017 au mois de mars 2018. Par un courrier du 24 janvier 2020, le président du CCAS de Jugon-Les-Lacs a rejeté la demande de Mme B. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner le CCAS de Jugon-Les-Lacs à l'indemniser au titre du traitement perçu pour la période de juin 2017 à mars 2018.
Sur la responsabilité :
En ce qui concerne l'exception de prescription soulevée par le CCAS de Jugon-Les-Lacs :
2. Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. ".
3. Si le CCAS de Jugon-Les-Lacs soutient que la créance invoquée par Mme B est prescrite en application des dispositions précitées, il résulte de l'instruction que la créance en cause concerne une somme qui n'a pas été versée par la personne publique à Mme B. Par suite, dès lors que la créance en cause ne concerne pas un paiement indument effectué, l'exception de prescription soulevée par le CCAS de Jugon-Les-Lacs ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la responsabilité du CCAS de Jugon-Les-Lacs :
4. D'une part, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. ". Aux termes de l'article 24 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux: " Lorsque l'autorité territoriale estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs d'un fonctionnaire, que celui-ci se trouve dans la situation prévue à l'article 57 (3° ou 4°) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée, elle peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 25 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive attaché à la collectivité ou établissement dont relève le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier. ". Aux termes de l'article 25 du décret précité : " Si la demande de congé est présentée au cours d'un congé antérieurement accordé dans les conditions prévues à l'article 57 (2°, 1er alinéa) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée, la première période de congé de longue maladie ou de longue durée part du jour de la première constatation médicale de la maladie dont est atteint le fonctionnaire. ".
5. Il résulte de l'instruction que Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 24 mars 2017 puis a été placée, par un arrêté du 12 septembre 2018, en congé de longue maladie pour une durée de deux ans avec effet rétroactif au 24 mars 2017. Il résulte des dispositions précitées que Mme B devait, dès lors que son congé de maladie ordinaire a été remplacé rétroactivement par un congé de longue maladie à compter du 24 mars 2017, percevoir un plein traitement à compter de cette date pour une durée d'un an. Il résulte toutefois de l'instruction que si Mme B a perçu un plein traitement pour les mois de mars à mai 2017, ainsi que le prévoit d'ailleurs les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 relatives au congé de maladie ordinaire, elle n'a perçu qu'un demi-traitement à compter du mois de juin 2017 puis a perçu un plein traitement pour la période d'avril 2018 à mars 2019. Dans ces conditions, en ne procédant pas au versement d'un plein traitement à Mme B pour les mois de juin 2017 à mars 2018, le CCAS de Jugon-les-Lacs a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
Sur les préjudices :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme B percevait au cours des mois de mars à mai 2017 la somme moyenne de 2 257,37 euros. En outre, Mme B a perçu, pour la période du mois de juin 2017 au mois de mars 2018 la somme moyenne de 1 199,60 euros par mois. Par suite, Mme B subit un préjudice financier qui existe, indépendamment de trop-versés de traitement sur la période postérieure, dont le CCAS n'a au demeurant pas réclamer dans le délai de prescription. Il y a lieu en conséquence de mettre à la charge du CCAS de Jugon-Les-Lacs le préjudice financier subi par Mme B correspondant au demi-traitement non versé et qui s'élève à une somme de 1 094,40 euros par mois considéré, soit la somme totale de 10 943,96 euros.
7. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme B en raison du retard de paiement et des difficultés financières subies par celle-ci en les évaluant à la somme de 2 000 euros.
8. Il résulte de ce qui précède que le CCAS de Jugon-Les-Lacs est condamné à verser à Mme B la somme totale de 12 943,96 euros.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Le CCAS de Jugon-Les-Lacs est condamné à verser à Mme B la somme de 12 943,96 euros.
Article 2 : Le CCAS de Jugon-Les-Lacs versera à Me Bluteau, avocat de Mme B, une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre communal d'action social de Jugon-Les-Lacs.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
C. A
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026