mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2001037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | VIGNEAU |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 27 février 2020, transmise et enregistrée le même jour, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal la requête présentée par M. B.
Par une requête, enregistrée le 27 février 2020, M. D B, représenté par Me Vigneau, demande au tribunal :
1°) de condamner l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) à lui verser la somme de 29 995,23 euros d'indemnité conventionnelle de départ à la retraite ;
2°) d'enjoindre à l'Ifremer à lui communiquer un bulletin de paie conforme à la décision pour le mois de septembre 2016 ;
3°) de mettre à la charge de l'Ifremer la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens.
Il soutient que :
- l'Ifremer ne fait pas bénéficier les travailleurs ayant le statut de fonctionnaire de l'indemnité de mise à la retraite ce qui conduit à méconnaître les termes même de la convention d'entreprise ;
- aucune disposition ne permet de considérer que l'indemnité de départ à la retraite soit incompatible avec le statut de la fonction publique ou des règles issues du corps d'origine des agents de l'Ifremer relevant de la fonction publique ;
- la privation des fonctionnaires de bénéficier de cette indemnité de mise à la retraite viole le principe d'égalité de traitement posé par la Cour de Cassation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), représenté par la Selarl Bazin et Associés, conclut au rejet de la requête et mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-608 du 16 juillet 1984 relative à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer ;
- le décret n°85-730 du 17 juillet 1985 relatif à la rémunération des fonctionnaires de l'Etat et es fonctionnaires des collectivités territoriales régis respectivement par les lois n°84-16 du 11 janvier 1984 et n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°83-160 du 30 décembre 1983 fixant les dispositions statutaires communes aux corps des fonctionnaires des établissements publics scientifiques et technologiques (EPST) ;
- le décret n°85-1464 du 30 décembre 1985 relatif aux statuts particuliers des corps de fonctionnaires de l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,
- les observations de Me Fauroux, représentant M. B,
- les explications de M. B,
- et les observations de Me Mercier, représentant l'Ifremer.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ancien fonctionnaire, en qualité de directeur de Recherche de 2ème classe et affecté à l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) de Lorient du
2 novembre 1980 au 1er octobre 2016. Le 18 janvier 2016, M. B a demandé sa mise à la retraite avec effet au 1er octobre 2016. Par courrier du 31 août 2016, M. B a sollicité de l'Ifremer le versement de la prime de départ à la retraite prévue à l'article 31 de la convention collective d'entreprise du 1er juin 1993. Par un courrier du 12 décembre 2016, la directrice des ressources humaines de l'Ifremer a refusé sa demande. M. B demande au tribunal à ce que l'Ifremer soit condamné à lui verser la somme de 29 995,23 euros correspondant au montant d'indemnité conventionnelle de départ à la retraite à laquelle il estime prétendre.
Sur les conclusions à fin de condamnation :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. S'y ajoutent les prestations familiales obligatoires. Le montant du traitement est fixé en fonction du grade de l'agent et de l'échelon auquel il est parvenu ou de l'emploi auquel il a été nommé () " Aux termes de l'article 1 du décret n°85-730 du 17 juillet 1985 relatif à la rémunération des fonctionnaires de l'Etat et des fonctionnaires des collectivités territoriales régis respectivement par les lois n°84-16 du 11 janvier 1984 et n°84-53 du 26 janvier 1984 : " Les fonctionnaires relevant respectivement de la loi du 11 janvier 1984 et de la loi du 26 janvier 1984 susvisées sont régis par les mêmes dispositions en ce qui concerne les modalités de calcul du traitement, de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement. " Aux termes de l'article 2 du même décret : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er ci-dessus ne peuvent bénéficier d'aucune indemnité autre que celles fixées par une loi ou un décret () ".
3. Aux termes de l'article 2 de la convention d'entreprise conclue entre l'Ifremer et les organisations syndicales représentatives de l'Ifremer : " Conformément aux dispositions de l'article L. 134.1 du code du travail, la présente convention d'entreprise s'applique au personnel titulaire d'un contrat de travail avec l'institut () / Par ailleurs, l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER) ou le Groupement d'Intérêt Economique - Recherche aquacole (GIE-RA) bénéficient du concours de fonctionnaires, d'agents de l'Etat des Collectivités Territoriales ou des Etablissements Publics issus du corps des Etablissements Publics à caractère Scientifique et Technique (). Ces agents bénéficient des dispositions de la présente convention dans la mesure où celles-ci sont compatibles avec le statut de la Fonction Publique ou des règles issues de leur corps d'origine. " Aux termes de l'article 31 de la même convention : " Départ à la retraite : / A la demande du salarié : / le départ à la retraite peut être effectué dès lors que celui-ci peut bénéficier d'une pension de retraite, y compris à titre particulier (carrière longue, handicapé ). / Il perçoit une indemnité dont le montant est fixé à : / Une indemnité correspondant à deux mois de salaire (salaire de base, prime de rendement mensuelle, éventuellement prime d'ancienneté, 1/12 du 13eme mois) majorée d'une indemnité supplémentaire de 147 points
(650 euros au 1er avril 2009) par année d'ancienneté à partir de la sixième année. Cette indemnité supplémentaire est plafonnée à 4 530 points (20K€ au 1er avril 2008). ".
4. En premier lieu, M. B soutient que la convention d'entreprise conclue
entre l'Ifremer et les organisations syndicales représentatives de l'Ifremer et entrée en vigueur
le 1er juin 1993, est applicable à sa situation.
5. Il résulte de l'instruction que M. B a fait le choix de conserver son statut de fonctionnaire lors de la création de l'Ifremer le 16 juillet 1984. Cette circonstance n'étant contredite par aucune des parties, M. B ne peut ainsi se prévaloir de la convention d'entreprise précitée, laquelle n'est applicable qu'aux personnels titulaires d'un contrat de travail avec l'institut. En outre, si M. B soutient que l'indemnité de départ à la retraite prévue par
l'article 31 de la convention précitée n'est pas incompatible avec le statut de fonctionnaire dont il relève, les dispositions de l'article 2 du décret du 17 juillet précité font obstacle à ce qu'un fonctionnaire puisse bénéficier d'une indemnité prévue par un accord social lequel est dépourvu de toute valeur réglementaire.
6. En second lieu, M. B soutient que le fait d'exclure les fonctionnaires d'une indemnité de mise à la retraite conduirait à violer le principe d'égalité de traitement posé par la Cour de Cassation. S'il se prévaut de plusieurs jurisprudences de la Cour de Cassation, celles-ci sont inopérantes au présent litige. Quand bien même M. B pourrait être regardé comme se prévalant de la méconnaissance du principe d'égalité, il ne démontre pas qu'il a été placé dans une situation juridique identique que d'autres salariés de l'Ifremer et notamment de M. A, ancien salarié de l'Ifremer en qualité d'Attaché scientifique technicien, lequel a bénéficié de cette indemnité.
7. Il résulte de ce qu'il précède que M. B n'est pas fondé à demander à ce que l'Ifremer soit condamné à lui verser l'indemnité de départ à la retraite. Par voie de conséquences, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les dépens :
8. Aucun frais de cette nature n'ayant été engagé dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées par M. B à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Ifremer, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, verse la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme au titre des frais exposés par l'Ifremer et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Ifremer sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023 , à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
M. Grondin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
G. C
Le rapporteur le plus ancien
Signé
Y. Moulinier
Le greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026