LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2001252

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2001252

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2001252
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantHILLION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 mars 2020, 24 février et 16 septembre 2022, Mme C B, représentée en dernier lieu par Me Buors, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2020 par laquelle le président de la chambre de métiers et de l'artisanat du Finistère (CMA 29) a refusé de faire droit à sa demande de reprise de fonctions et l'a placée en congés annuels d'office ;

2°) d'enjoindre au président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne de prendre une décision la plaçant dans une position conforme à son statut et de reconstituer ses droits à compter du 20 janvier 2020 dans un délai de 15 jours à compter du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

-s'agissant de l'exercice de ses droits à congés :

*la décision attaquée est entachée de vices de procédure au regard de l'article 28 du statut du personnel des chambres de métiers et de l'article 12 du règlement intérieur de la CMA29: elle a été privée de l'arbitrage du président de la CMA 29 ; elle n'a pas présenté de demande pour les congés qui lui ont été imposés ; elle n'a pas été destinataire de l'imprimé règlementaire de demande de congés ; la période de ses congés a été fixée en dehors des périodes prévues aux articles précités ;

*la décision attaquée est entachée d'erreurs de droit : elle la place d'office en congés annuels sans demande préalable et pour une durée supérieure à un mois ; la période de ses congés a été fixée en dehors des périodes prévues aux articles précités ; en la plaçant en congé en dehors de la période légale et pour la totalité des droits acquis, la CMA 29 la met dans l'impossibilité d'utiliser ses congés sans entamer ses droits au titre de l'année 2019/2020, ce qui constitue un traitement différencié par rapport aux autres agents en raison de sa maladie ; le délai de prévenance d'un mois n'a pas été respecté ;

*la décision attaquée méconnaît l'article 28 du statut et les principes du droit communautaire en matière de droit au report en ce qu'elle prévoit un placement en congés annuels immédiat à la date de sa reprise, lequel n'est pas par ailleurs motivé par les nécessités du service ;

-s'agissant de sa demande de télétravail :

*la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été précédée d'un entretien ;

*la décision est entachée d'une erreur de droit en ce que la CMA29 ne peut pas se prévaloir de ses propres carences administratives et ne justifie pas ni de risques en matière de sécurisation des données ni de son impossibilité technique d'assurer cette sécurisation ;

Par des mémoires enregistrés les 9 décembre 2020 et 1er août 2022, la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne venant aux droits de la CMA29, représentée par la selarl Le Roy, Gourvennec, Prieur conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'artisanat ;

- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;

- le statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat modifie´, adopte´ par la commission paritaire nationale 52 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- et les observations de Mme B, et de Me Cugny-Larrey représentant la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne

Considérant ce qui suit :

1. Mme B employée par la CMA 29 et exerçant les fonctions de directrice du service administratif et financier a été placée en congé de longue durée à compter du 19 novembre 2017, la qualité de travailleuse handicapée lui étant reconnue pour la période du 1er décembre 2016 au 30 novembre 2021 par décision du 31 octobre 2017 de la maison des personnes handicapées. Le 16 décembre 2019 Mme B a rencontré le médecin du travail dans le cadre d'une visite de pré reprise. Par un courrier du même jour Mme B a sollicité, dans le cadre d'une reprise de son travail envisagée en janvier 2020, le bénéfice d'un jour de télétravail par semaine durant six mois et d'un jour de congé par semaine durant cette même période. Le 23 décembre 2019, Mme B a adressé à son employeur un certificat médical de prolongation de son congé de maladie du 1er au 17 janvier 2020. Par une décision du 7 janvier 2020 le président de la CMA29 a fait connaître à l'intéressée qu'il n'était pas en mesure de répondre favorablement à ses demandes et lui a demandé de prendre à compter de la date de reprise de son activité professionnelle envisagée au 20 janvier 2020, l'intégralité de ses congés non pris en raison de son congé de maladie et correspondant au 31 mai 2019 à 54,5 jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu la décision attaquée a été signée pour le président de la CMA 29 par M. Robert Bernard vice-président, dont la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne admet qu'il ne disposait pas d'une délégation du président de la CMA 29 pour les questions statutaires. Par suite, la décision attaquée est entachée d'incompétence, sans que la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne puisse utilement se prévaloir des dispositions de l'article 19 du code de l'artisanat aux termes desquelles " () / Hors les cas de délégation ou d'absence du délégataire, en cas d'absence ou d'empêchement du président, les fonctions d'ordonnateur sont exercées par un vice-président dans l'ordre du tableau. () ", dès lors que la décision attaquée ne relevait pas des fonctions d'ordonnateur du président de la CMA 29.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 28 du statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat modifié par décision du 26 mars 2019 de la commission paritaire nationale instituée par la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 (CPN 52) : " Tout agent a droit, pour une année de service accompli du 1er juin au 31 mai, à un congé payé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations de service pendant la période de référence. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés. () / La durée du congé pouvant être pris en une seule fois ne peut excéder un mois jour pour jour, sauf accord du président de l'établissement. En cas de fractionnement du congé, l'une des périodes de congés doit être d'au moins deux semaines. / A défaut d'accord entre les parties, la période de congé principal est fixée entre le 1er mai et le 31 octobre. Sauf accord entre les parties, la période de congés est fixée par le président de l'établissement, de telle sorte que, dans toute la mesure du possible, cette période de congé recouvre au moins la moitié de la période initialement demandée. () / Les droits à congés acquis dont l'agent n'a pu faire usage en raison d'un arrêt maladie ou d'un congé maternité au cours de la période de référence sont reportés après la reprise du travail, en fonction des nécessités du service et au plus tard au 31 décembre de l'année suivante. / Le règlement des services de chaque établissement mentionné à l'article 1er fixe les modalités de prise de congés. () ".

4. Ni ces dispositions, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire, ni aucun principe général du droit, n'autorisent l'administration à placer d'office un agent en congé annuel, y compris pour des motifs tirés de l'intérêt du service. En l'espèce, il ressort des termes de la demande présentée le 16 décembre 2019 par Mme B que celle-ci a uniquement sollicité le bénéfice à compter de la date de sa reprise du travail, alors envisagée le 20 janvier 2020, d'une partie du solde des 52,5 jours de congés annuels dont elle disposait au titre d'un report de ses droits à congés, et correspondant à un jour par semaine durant six mois soit à 26 jours. Si Mme B a pris acte de la décision de son employeur de lui octroyer l'intégralité du solde de ses congés annuels selon les modalités définies par celui-ci, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée a manifesté son accord avec cette décision, avec laquelle elle a au contraire indiqué à plusieurs reprises être en désaccord ainsi qu'il ressort notamment des courriels adressés les 20 janvier, 5 et 11 février 2020 à son employeur. Par suite, en imposant à Mme B de poser la totalité de ses congés annuels, sans demande préalable de son agent ni même concertation avec celui-ci, le président de la CMA29 a entaché sa décision d'illégalité.

5. En troisième lieu, si s'agissant des 26 jours de congés sollicités par Mme Chicart, le président de la CMA29 était en droit de s'opposer à la demande de fractionnement et d'échelonnement de ces congés telle que présentée par Mme B pour les nécessités du service, en considération notamment des responsabilités de chef de service de l'intéressée et du contexte de réorganisation structurelle de la CMA 29 dans le cadre de la régionalisation des chambres de métiers, il n'est pas pour autant établi que de telles nécessités justifiaient d'imposer à Mme B de prendre ces 26 jours de congés en un seul tenant à la suite de sa reprise du travail et en dehors de la période prévue par l'article 28 du statut, la CMA29 ne pouvant à cet égard se prévaloir de son besoin de disposer d'un temps nécessaire pour rechercher en accord avec le médecin du travail des solutions permettant l'aménagement des conditions de reprise de son agent, ce qu'elle ne justifie pas au demeurant avoir fait. Par suite, la décision attaquée est également entachée d'illégalité sur ce point.

6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 7 janvier 2020 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

7. L'exécution du présent jugement, implique qu'il soit enjoint au président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne de statuer à nouveau sur la demande de Mme B de la placer dans une position conforme à son statut en reconstituant ses droits à compter du 20 janvier 2020, et ce, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article faisant obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne sur le fondement de ces dispositions

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 7 janvier 2020 du président de la CMA29 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne de statuer à nouveau sur la demande de Mme B, de la placer dans une position conforme à son statut et de reconstituer ses droits à compter du 20 janvier 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : La chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la chambre de métiers et de l'artisanat de la région Bretagne.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, où siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

A. ALe président,

signé

N. TronelLa greffière,

signé

E. Fournet

La République mande et ordonne au préfet de la région Bretagne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA44Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.

01/06/2026

TA38Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.

07/04/2026

TA38Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

07/04/2026

TA06Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265

**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.

07/04/2026

← Retour aux décisions