jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2001263 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MALOLEPSY CINDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 mars 2020, 27 novembre 2020 et
1er février 2021, la société Océan 3, représentée par Me Gollain (OCTANT Avocats), demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la somme de 69 232,21 euros mise à sa charge par le titre exécutoire émis à son encontre le 3 décembre 2019 par l'établissement public Météo-France ;
2°) de mettre à la charge de Météo-France la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le présent tribunal est compétent pour examiner la requête dès lors qu'elle ne concerne pas les modalités d'exécution du jugement du tribunal administratif de Rennes du 14 mai 2019 ;
- elle est fondée à contester l'existence, le montant et l'exigibilité de la somme de
69 232,21 euros réclamée par le titre exécutoire du 3 décembre 2019 dès lors qu'elle a proposé à Météo-France de procéder au remplacement à ses frais des deux bouées litigieuses, conformément au jugement précité ;
- le titre exécutoire méconnaît l'autorité de la chose jugée ;
- en cas de remplacement des bouées concomitante à un recouvrement de la somme litigieuse, Météo-France bénéficierait d'un enrichissement injustifié ;
- à supposer que Météo-France soit fondée à réclamer une indemnisation au lieu du remplacement des bouées, le titre exécutoire contesté méconnaît l'article 1644 du code civil dès lors que la restitution du prix de la chose vendue affectée de défauts est subordonnée à la restitution de cette chose par l'acheteur ;
- Météo-France n'a jamais souhaité obtenir le remplacement des bouées litigieuses.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 avril 2020, 23 novembre 2020 et
13 janvier 2021, l'établissement public Météo- France, représenté par Me Pichon (SELARL Cornet-Vincent-Segurel) conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société Océan 3 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- seul le juge de l'exécution de la cour administrative d'appel de Nantes est compétent pour examiner la requête ;
- le bien-fondé du titre exécutoire ne saurait être remis en cause dès lors qu'il résulte de l'exécution du jugement du tribunal administratif de Rennes du 14 mai 2019 ;
- ce jugement était exécutoire à dater de sa lecture, de sorte qu'il appartenait à la société Océan 3 de remplacer les bouées litigieuses ou de verser les sommes dues, ce qu'elle s'est abstenue de faire ;
- le privilège du préalable lui permet d'émettre un titre exécutoire afin de recouvrer les sommes qui lui sont dues ;
- le jugement précité n'a pas laissé à la discrétion de la société Océan 3 le choix d'un remplacement en nature ou d'une indemnisation ;
- l'article 1644 du code civil réserve à l'acheteur le choix entre une réfaction et la restitution de la chose vendue contre remboursement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public ;
- et les observations de Me Goasdoué, représentant Météo-France.
Considérant ce qui suit :
1. L'établissement public Météo-France a attribué le 1er septembre 2011 à la société Océan 3 un marché à bons de commande pour la fourniture de bouées de mesure météorologiques et océanographiques. Le 23 décembre 2011, Météo-France a commandé deux bouées dites ODAS, nos 10 et 13. A la suite de désordres affectant ces bouées, Météo-France a saisi le présent tribunal. Par jugement du 14 mai 2019 du présent tribunal, la société Océan 3 a été condamnée à procéder au remplacement à ses frais des bouées ODAS n° 10 et ODAS n°13, si mieux n'aime verser à Météo-France les sommes de 34 002,28 euros toutes taxes comprises et 35 229,93 euros toutes taxes comprises correspondant à leurs prix d'acquisition, et, par ailleurs, à verser la somme de 5 000 euros à Météo-France au titre du préjudice de jouissance ainsi que les sommes de 5 738,16 euros toutes taxes comprises et de 4 912,80 euros toutes taxes comprises au titre des expertises amiables prises en charge par l'établissement public. Par un arrêt du
6 novembre 2020, la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel formé par la société Océan 3 contre ce jugement, ainsi que les conclusions d'appel incident présentées par
Météo-France tendant à ce que cette société soit uniquement condamnée à lui rembourser les sommes mentionnées par le jugement, à l'exclusion de tout remplacement des bouées. Cependant, avant l'issue de cette instance d'appel, par un titre exécutoire du 3 décembre 2019, Météo-France a mis à la charge de la société Océan 3 la somme de 86 383,17 euros, correspondant d'une part au prix d'acquisition des bouées ODAS 10 et ODAS 13, s'élevant à
69 232,21 euros, et d'autre part au montant des autres sommes mises à la charge de cette société par le jugement du 14 mai 2019, s'élevant à 5 000 euros au titre du préjudice de jouissance,
10 650,96 euros au titre des expertises amiables et 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par la présente requête, la société Océan 3 demande la décharge de la somme de 69 232,21 euros réclamée par ce titre exécutoire.
Sur l'exception d'incompétence :
2. Aux termes de l'article L. 211-1 du code de justice administrative : " Les tribunaux administratifs sont, en premier ressort et sous réserve des compétences attribuées aux autres juridictions administratives, juges de droit commun du contentieux administratif. ".
3. En l'espèce, les conclusions formées par la société requérante tendent à la décharge d'une obligation de payer une somme mise à sa charge par un titre exécutoire émis par l'établissement public Météo-France, et non, comme le soutient Météo-France, à ce que la juridiction administrative, saisie par la partie intéressée en application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative du fait de l'inexécution du jugement du 14 mai 2019 du tribunal administratif de Rennes, en assure l'exécution. Aucun texte n'attribue la compétence pour statuer sur de telles conclusions en décharge à d'autres juridictions administratives qu'aux tribunaux administratifs, juges de droit commun du contentieux administratif. Par suite, l'exception d'incompétence soulevée par Météo-France et tirée de ce que seul le juge de l'exécution de la cour administrative d'appel de Nantes serait compétent pour examiner la requête dès lors qu'un appel a été interjeté contre le jugement du 14 mai 2019, doit être écartée.
Sur les conclusions en décharge :
4. Le jugement du 14 mai 2019 du présent tribunal condamne la société Océan 3 à, notamment, indemniser Météo-France de son préjudice dû aux désordres affectant les bouées litigieuses, soit en remplaçant à ses frais ces bouées, soit, si mieux n'aime, en versant à Météo-France une somme correspondant au prix d'acquisition de ces bouées. Il laisse à cette société la faculté de privilégier l'un ou l'autre de ces modes de réparation du préjudice. Il est constant que la société Océan 3 n'a pas informé Météo-France, avant l'émission du titre litigieux, du mode de réparation qu'elle choisissait de mettre en œuvre. Toutefois, Météo-France n'établit pas, ni même n'allègue, avoir fait de son côté, préalablement à l'édiction du titre exécutoire attaqué, des diligences en vue d'amener la société Océan 3 à se prononcer quant au mode de réparation retenu, notamment en saisissant si nécessaire le juge de l'exécution compétent sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative. Dans ces conditions, alors même qu'un délai de sept mois s'est écoulé entre la lecture du jugement précité et l'émission du titre exécutoire, la carence de la société requérante n'autorisait pas Météo-France à recouvrer de sa propre initiative, par le moyen de l'émission d'un titre exécutoire, la somme correspondant au coût d'acquisition des bouées.
5. Par ailleurs, les dispositions de l'article 1644 du code civil, relatives aux options ouvertes à l'acheteur en cas de mise en œuvre de la garantie des défauts de la chose vendue, sont sans incidence sur les créances nées du jugement du 14 mai 2019 précité, lequel s'est déjà prononcé sur l'étendue de la garantie à laquelle le vendeur était tenu dans le litige relatif aux bouées ODAS 10 et 13 et sur les modes de réparation envisageables. Météo-France n'est dès lors pas fondé à invoquer ces dispositions au soutien de ses allégations quant au bien-fondé de la créance qu'elle déclare détenir sur la société Océan 3 par l'effet du jugement du 14 mai 2019 du tribunal administratif de Rennes.
6. En conséquence et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la société requérante est fondée à demander la décharge de la somme de 69 232,21 euros correspondant au titre exécutoire émis à son encontre le 3 décembre 2019 par l'établissement public Météo-France.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Météo-France la somme de 1 500 euros à verser à la société Océan 3, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la société Océan 3 soit mise à la charge de Météo-France, qui n'est pas la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : La société Océan 3 est déchargée de la somme de 69 232,21 euros mise à sa charge par le titre exécutoire émis à son encontre le 3 décembre 2019 par Météo-France.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par Météo-France sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Océan 3 et à Météo-France.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le rapporteur,
signé
A. A
Le président,
signé
G.-V. VergneLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026