jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2001425 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 mars 2020, 15 février 2021 et
17 mars 2022, M. C B et Mme A B doivent être regardés comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la somme de 2 100 euros mise à leur charge, au titre de la participation pour financement de l'assainissement collectif, par un titre exécutoire du 22 novembre 2019 émis par la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer.
Ils soutiennent que :
- la lettre de relance est entachée d'une erreur de fait en ce que le prénom indiqué est erroné ;
- les bases de liquidation de la créance sont insuffisamment précises ;
- leur immeuble était déjà raccordé au réseau d'assainissement collectif quand ils en sont devenus propriétaires ;
- ils n'entrent pas dans le champ d'application de la délibération du 1er mars 2018 du conseil de la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer dès lors qu'ils n'ont pas sollicité un raccordement au réseau d'assainissement collectif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2020, le comptable de la trésorerie du Palais conclut à sa mise hors de cause.
Il fait valoir que le comptable public est incompétent pour se prononcer sur le bien-fondé du titre exécutoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, le président de la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête n'est pas recevable dès lors que la lettre de relance du comptable public, contre laquelle elle est dirigée, n'est pas un acte faisant grief ;
- elle n'est pas recevable dès lors qu'elle ne tend pas à l'annulation d'une décision ;
- pour le surplus, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,
- et les observations de Me Petizon, représentant la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fins de décharge :
1. En premier lieu, la lettre de relance par laquelle le comptable public invite une personne visée par un titre exécutoire à s'acquitter de la somme concernée ne constitue pas un acte faisant grief. Par suite, les moyens dirigés contre les vices propres de la lettre de relance adressée le 24 janvier 2020 aux requérants, tirés de l'erreur de fait quant au prénom indiqué et de l'insuffisante précision des bases de liquidation, ne peuvent être utilement invoqués par
M. C B et Mme A B à l'appui de leurs conclusions à fins de décharge de la somme litigieuse.
2. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune, la métropole de Lyon, l'établissement public de coopération intercommunale ou le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / () La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires. () / Une délibération du conseil municipal, du conseil de la métropole de Lyon ou de l'organe délibérant de l'établissement public détermine les modalités de calcul de cette participation. ".
3. En l'espèce, les requérants soutiennent que la somme mise à leur charge, au titre de la participation pour financement de l'assainissement collectif, par un titre exécutoire du
22 novembre 2019 émis par la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer, n'était pas due dès lors que le raccordement de leur immeuble est intervenu avant la date à laquelle ils en sont devenus propriétaires. Ils produisent à cet égard des factures relatives aux sommes payées par eux au titre de la collecte des eaux usées de leur propriété par le réseau collectif d'assainissement. Ces factures ne font toutefois état de collectes d'eaux usées qu'à compter du 18 décembre 2016, tandis que les requérants ont acquis la maison en cause le 27 septembre 2016. Les factures relatives à la même maison et adressées à la précédente propriétaire, produites par la communauté de communes, indiquent pour leur part que, à la date du 5 juillet 2016, la maison en cause bénéficiait d'un assainissement non collectif. Il résulte en outre de la facture d'accès au service du 18 décembre 2018 que l'abonnement des requérants au service d'assainissement collectif a débuté le 18 décembre 2016.
4. Si M. et Mme B font valoir qu'un courriel du notaire ayant conclu la vente indique que le raccordement a été réalisé en 1976, il résulte des termes de ce courriel que cette indication résulte des seules déclarations de la précédente propriétaire et qu'elle n'est pas assortie de pièces justificatives. Par ailleurs, si les requérants se prévalent d'un courrier de la communauté de communes du 6 décembre 2018 et d'un compte-rendu de contrôle réalisé le
3 février 2020 indiquant tous deux que leur propriété était raccordée au réseau d'assainissement, ces pièces sont en tout état de cause postérieures à la date à laquelle ils sont devenus propriétaires de la maison en cause. De même, le courrier du 30 octobre 2018, leur demandant de prouver que leur propriété était reliée au réseau collectif d'assainissement, alors même qu'il contredirait d'autres courriers de la communauté de communes, ne peut établir que ce raccordement est intervenu avant leur achat de la maison, le 27 septembre 2016. Enfin, la pièce relative à l'installation d'un compteur le 11 mars 2015 n'est pas de nature à établir l'existence d'un raccordement au réseau d'assainissement collectif à cette date, dès lors qu'il n'y est pas précisé si ce compteur est lié à l'eau potable ou aux eaux usées. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'immeuble des requérants était déjà raccordé au réseau d'assainissement collectif quand ils en sont devenus propriétaires doit être écarté.
5. En dernier lieu, la délibération du 1er mars 2018 du conseil de la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer prévoit que la participation pour financement de l'assainissement collectif " pourra être exigée pour l'ensemble des demandes ou les constats de raccordement de constructions sauf dossiers d'autorisation déposés avant le 1er juillet 2012 qui restent sous le régime de l'ancienne PRE [participation pour le raccordement à l'égout] ". Il résulte des motifs retenus au point précédent que le constat de raccordement de la maison en cause est postérieur au 27 septembre 2016, date de son acquisition par M. et Mme B. Ainsi, alors même que ces derniers n'auraient pas formulé une demande de raccordement, la seule existence d'un constat de raccordement suffisait, aux termes de la délibération précitée, à rendre exigible la somme mise à la charge des requérants par le titre exécutoire du
22 novembre 2019. Le moyen soulevé à cet égard doit, par suite, être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de
non-recevoir opposées en défense, que la requête de M. et Mme B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y pas a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B la somme demandée par la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme A B, à la trésorerie principale d'Auray et à la communauté de communes de Belle-Ille-en-Mer.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques de Bretagne et Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
A. D
Le président,
Signé
G.-V. Vergne
La greffière,
Signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026