vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2001537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2020, M. B C et Mme D C, représentés par Me Olivier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 27 janvier 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat de cette communauté d'agglomération ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le règlement graphique classe la parcelle cadastrée section OA n° 1044 à Pleslin-Trivagou en zone A ; ce classement contrevient aux objectifs du rapport de présentation et du projet d'aménagement et de développement durables de ce plan ainsi qu'aux préconisations du schéma de cohérence territoriale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2021, la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, représentée par la SELARL Arès, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, à défaut pour les requérants de justifier de leur qualité de propriétaires ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Hipeau, de la SELARL Arès, représentant la communauté d'agglomération Dinan Agglomération.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 13 mars 2017, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat de cette communauté d'agglomération créée le 1er janvier 2017. Par une délibération du 25 mars 2019, il a tiré le bilan de la concertation et arrêté le projet de plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat. Il a été décidé, par une délibération du 25 mars 2019, d'appliquer les articles R. 151-1 à R. 151-55 du code de l'urbanisme. Par une délibération du 22 juillet 2019, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a à nouveau arrêté le projet de plan. L'enquête publique s'est déroulée entre les 12 août et 20 septembre 2019. Le 27 janvier 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local d'urbanisme par une délibération dont les requérants demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable : " Lorsque l'une des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale émet un avis défavorable sur les orientations d'aménagement et de programmation ou les dispositions du règlement qui la concernent directement, l'organe délibérant compétent de l'établissement public de coopération intercommunale délibère à nouveau et arrête le projet de plan local d'urbanisme à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés. ".
3. Il ressort de la délibération du conseil communautaire de Dinan Agglomération du 2 juillet 2019 qu'à la suite d'un premier arrêt du projet de plan local d'urbanisme intercommunal par une délibération du 27 janvier 2020, le conseil communautaire de Dinan Agglomération a délibéré à nouveau et arrêté le projet de plan local d'urbanisme par 64 voix pour l'arrêt du projet, 12 voix contre et 9 abstentions, soit à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés. Le moyen tiré du vice de procédure en raison de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme doit dès lors, en tout état de cause, être écarté.
4. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme () sont compatibles avec : 1° Les schémas de cohérence territoriale () ". Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
5. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites "zones A". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. A ce titre, ils peuvent identifier et localiser des éléments de paysage et définir des prescriptions de nature à assurer leur protection. Ce faisant, ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des divers secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. Le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du Pays de Dinan prévoit un objectif d'" urbanisme durable et économe en espace " en favorisant le renouvellement urbain et la maîtrise et la réduction des extensions du tissu urbain. Il précise que le " SCoT demande () aux documents d'urbanisme locaux d'intégrer au projet d'aménagement urbain les dents creuses recensées, afin de proposer un aménagement de ces espaces en cohérence avec le fonctionnement global de la commune ". Selon ce document, " une dent creuse est une unité foncière répondant aux critères suivants : / - elle est dépourvue de constructions ou a fait l'objet d'un permis de démolir non caduc ; / - elle dispose d'une façade sur voie publique ; / - ses deux limites latérales sont contigües avec des unités foncières bâties ; / - la distance, entre ces deux constructions de référence, est inférieure à 80 mètres. Cette dernière disposition n'est pas valable pour les unités foncières, entièrement entourée de parcelles construites ; / - En zone d'assainissement collectif, sa connexion au réseau doit être possible ou en zone d'assainissement individuel, ses caractéristiques doivent correspondre aux exigences prescrites dans le schéma d'assainissement de la commune ".
9. Le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal en litige comprend une orientation relative au renforcement de la place des centralités au sein des communes. Il entend, pour la production de logements, " privilégier la densification au sein de l'enveloppe urbaine existante, utiliser les capacités de comblement des dents creuses et la réhabilitation des sites en friches plutôt que de favoriser l'étalement urbain ". Il indique qu'" afin de maîtrise les extensions urbaines et de limiter en conséquence la consommation d'espaces naturels et agricoles, le projet vise à répartir des principes de développement respectueux de la typologie des espaces bâtis : / - développement prioritaire des bourgs (centralité de la commune) : en priorité dans l'enveloppe urbaine, puis en extension. / - développement possible des villages denses : comblement des dents creuses prioritaire puis extension limitée si un besoin particulier est justifié à l'échelle du territoire ". Le glossaire du plan local d'urbanisme intercommunal définit en outre une " dent creuse " comme une " parcelle ou [un] groupe de parcelles non bâties insérées dans un tissu construit " et précise qu'il s'agit d'un " espace vide entouré de constructions ".
10. Le règlement graphique du plan local d'urbanisme intercommunal litigieux classe la parcelle cadastrée section OA n° 1044 à Pleslin-Trivagou en zone agricole. Il ressort des pièces du dossier que cette parcelle non bâtie, de près de 70 mètres de longueur, jouxte sur trois de ses côtés des constructions classées en zone UB. Elle s'ouvre en revanche très largement, au sud et à l'est, sur des terrains cultivés et, plus globalement, sur un vaste espace agricole et naturel, de sorte qu'elle ne peut être considérée comme se trouvant insérée au sein d'un secteur construit. Si elle est bordée, au nord-est, par une voie, ses limites latérales au regard de cette voie ne sont ainsi pas contiguës avec des unités foncières bâties, notamment au sud-est. Il en résulte que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, ce terrain ne peut être regardé comme formant une " dent creuse " tant au sens du schéma de cohérence territoriale du Pays de Dinan que du plan local d'urbanisme intercommunal contesté. Ce dernier ne l'identifie à cet égard pas en tant que tel et l'atlas du référentiel foncier du rapport de présentation ne l'inclut par ailleurs ni dans une enveloppe urbaine ni comme un gisement foncier. De plus, en dépit de l'absence d'entretien de la végétation existante sur cette parcelle et de la présence d'une haie ou d'un talus identifié par le règlement graphique de ce plan au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, et à supposer même que ce terrain serait desservi par tous les réseaux, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de tout potentiel agronomique, biologique ou économique. La circonstance qu'il était précédemment classé en zone constructible Ub par la plan local d'urbanisme de la commune de Pleslin-Trivagou est enfin indifférente, les auteurs d'un plan local d'urbanisme n'étant pas tenus par le classement antérieur d'un terrain pour déterminer l'affectation future des divers secteurs.
11. Il résulte de ces considérations que le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée section OA n° 1044 à Pleslin-Trivagou, participe à la mise en œuvre de l'objectif de réduction de l'étalement urbain, ne constitue pas une dent creuse et, n'est pas incohérent avec le rapport de présentation et le projet d'aménagement et de développement durables, ni incompatible avec le schéma de cohérence territoriale.
12. Compte tenu du parti d'aménagement retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal et des caractéristiques de ce terrain, son classement en zone agricole n'est pas davantage entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 27 janvier 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat de cette communauté d'agglomération.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée à ce titre par M. et Mme C.
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la M. et Mme C le versement de la somme globale de 1 500 euros à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : M. et Mme C verseront à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la M. B C et Mme D C, ainsi qu'à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
C. A
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026