lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002085 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS DEPREZ GUIGNOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 mai 2020, 23 juin 2020 et 28 juillet 2021, la société Les Vedettes de Bréhat, représentée par Me Guidoux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 14 mai 2020 par laquelle le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a accordé des horaires de poste à quai à la SAS Sur Mer sur les ports départementaux de l'Arcouest et de Port Clos en vue d'assurer le transport de passagers entre le continent et l'île de Bréhat ;
2°) d'interdire au département des Côtes-d'Armor le transport de passagers par la société SAS sur Mer depuis le continent vers l'île de Bréhat, sous astreinte de 2 500 euros par jour d'autorisation en cas de non-respect de cette interdiction ;
3°) de mettre à la charge du département des Côtes-d'Armor une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- même si le département n'est pas partie à la convention de délégation de service public (DSP) conclue entre la région et la société Les Vedettes de Bréhat, il doit tenir compte de la répartition des compétences entre département et région et de l'exclusivité consentie à la société Les Vedettes de Bréhat dans le cadre de cette convention ;
- cette convention de délégation de service public instaure expressément un doit d'exclusivité au bénéfice des Vedettes de Bréhat en ce qui concerne le service de transport maritime régulier de personnes entre l'Arcouest et Port Clos ; le département, en attribuant en qualité d'autorité portuaire des postes à quai à la SAS sur mer sans autorisation préalable d'exploitation de la liaison accordée par la région, se substitue à la région et méconnaît manifestement l'existence de la délégation de service public ;
- le département ne respecte pas la répartition des compétences entre la région et le département, la région étant exclusivement compétente pour autoriser le transport maritime régulier public de personnes pour la desserte de l'Ile de Bréhat, entre l'Arcouest et Port Clos ;
- la décision litigieuse porte atteinte au bon déroulement de la mission de service public confiée aux Vedettes de Bréhat ;
- elle porte atteinte à l'équilibre économique de la convention de délégation de service public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2020, le département des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par un courrier du 18 juillet 2022, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de fonder sa décision sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par la société Les Vedettes de Bréhat tendant à ce que le tribunal interdise au département d'autoriser le transport de passagers depuis le continent vers l'île de Bréhat par la société SAS sur Mer, une telle interdiction ne relevant pas de l'office du juge administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- et les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique ;
- les observations de Me Bannet, représentant la société Les Vedettes de Bréhat.
Considérant ce qui suit :
1. Par convention conclue le 10 août 2011 pour une durée de 10 ans, le département des Côtes-d'Armor a délégué à la société Les Vedettes de Bréhat le service public de transport de passagers entre le continent et l'île de Bréhat pendant toute l'année. Cette desserte maritime est assurée à partir de l'embarcadère de l'Arcouest sur le territoire de la commune de Ploubazlanec et de celui de Port Clos sur l'île de Bréhat. La région Bretagne est venue aux droits du département des Côtes-d'Armor à compter du 1er janvier 2017, date à laquelle la compétence en matière de transports maritimes réguliers publics de personnes et de biens pour la desserte des îles françaises a été confiée aux régions. Parallèlement, la SAS Sur Mer, compagnie concurrente, propose également, depuis mars 2019, un service de transport de passagers entre l'embarcadère de l'Arcouest et Port Clos, réalisé sur un navire pouvant transporter 75 passagers. Par décision du 11 février 2020, le département des Côtes-d'Armor, autorité portuaire en application du 3° de l'article L. 5331-5 du code des transports, a accordé des autorisations d'entrée et de sortie sur les embarcadères de l'Arcouest et de Port Clos à la SAS Sur Mer sur des créneaux horaires spécifiques. Par une nouvelle décision du 14 mai 2020, annulant et remplaçant celle du 11 février 2020, il a attribué de nouveaux horaires de postes à quai aux différentes compagnies maritimes utilisant les ouvrages portuaires de l'Arcouest et de Port Clos. La société Les Vedettes de Bréhat demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de cette décision de la décision du 14 mai 2020 attribuant des horaires de postes à quai à la SAS Sur Mer pour la traversée entre le continent et l'île de Bréhat.
Sur la recevabilité :
2. Si le juge administratif, saisi de conclusions en ce sens, peut, lorsqu'il annule pour excès de pouvoir une décision administrative, adresser des injonctions à l'administration, il ne lui appartient pas de lui interdire, a priori, de prendre une nouvelle décision de même portée. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce que le tribunal interdise au département des Côtes d'Armor d'autoriser le transport de passagers depuis le continent vers l'île de Bréhat par la société SAS sur Mer ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Au fond :
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance de la convention de délégation de service public conclue le 10 août 2011 :
3. La méconnaissance des stipulations d'un contrat ne peut en principe être utilement invoquée comme moyen de légalité à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir formé à l'encontre d'une décision administrative, sauf si les stipulations en question présentent un caractère réglementaire.
4. En premier lieu, la société Les Vedettes de Bréhat soutient que la décision litigieuse attribuant des horaires à quai à la société SAS sur Mer aux embarcadères de l'Arcouest et de Port Clos méconnaît les stipulations de l'article 1er de la convention conclue le 10 août 2011, interdisant à l'autorité compétente pour l'organisation des transports réguliers publics de personnes et de bien pour la desserte des îles de confier l'exécution du service public de transport de passagers entre le continent et l'île de Bréhat à un autre exploitant, hors hypothèses particulières de résiliation de la délégation de service public. Cette stipulation, qui a uniquement pour objet de garantir la continuité de la relation de délégation pendant la durée prévue par la convention, n'engage que les parties et ne saurait être regardée comme présentant un caractère réglementaire. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance supposée de ces stipulations doit être écarté comme inopérant dans le cadre du présent recours pour excès de pouvoir.
5. En deuxième lieu, la société Les Vedettes de Bréhat invoque la méconnaissance des stipulations de l'article 11.2. de la convention, imposant au délégataire d'assurer la continuité du service et de respecter les principes d'adaptation du service aux besoins et d'égalité des usagers. Ces éléments, qui se bornent à rappeler les principes s'imposant à toute activité de service public, qu'elle soit déléguée ou assurée en régie, ne peuvent être regardés comme présentent un caractère réglementaire. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance supposée de cet article doit également être regardé comme inopérant.
6. En troisième lieu, la société Les Vedettes de Bréhat invoque la mise en péril de l'équilibre économique sous-tendant la convention de délégation de service public, en faisant valoir que la société SAS sur Mer, n'étant pas soumise aux contraintes de gestion d'un service public, a ainsi la possibilité de pratiquer des tarifs plus attractifs sur lesquels la société requérante a été contrainte de s'aligner. Toutefois, les conditions économiques de la délégation, précisées à l'article 18 de de la convention, présentent un caractère strictement contractuel, et non réglementaire. Dès lors, leur méconnaissance ne peut être valablement invoquée à l'appui d'un rercours pour excès de pouvoir. Ce troisième moyen doit donc également être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'empiètement du département sur le champ de compétences de la région :
7. Si en vertu de l'article L. 5431-1 du code des transports, la région est seule compétente pour organiser les transports maritimes réguliers publics de personnes et de de biens pour la desserte des îles françaises, la décision litigieuse n'a ni pour objet ni pour effet, ainsi qu'il a été précédemment dit, d'instaurer un nouveau service public de transport, mais seulement d'attribuer à une autre société des autorisations d'accostage à Ploubazlanec et à Bréhat. Ainsi, la décision prise par le président du conseil départemental des Côtes d'Armor n'a pas empiété sur le champ de compétences de la région.
8. Il résulte de ce qui précède que la société Les Vedettes de Bréhat n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 février 2020 du département des Côtes-d'Armor.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Côtes d'Armor, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par société Les Vedettes de Bréhat au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société Les Vedettes de Bréhat est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Les Vedettes de Bréhat, au département des Côtes d'Armor et à la compagnie SAS sur mer.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
M. Desbourdes, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
V. ALe président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet des Côtes d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026