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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2002251

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2002251

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2002251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS CAZIN MARCEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juin 2020, les associations Bretagne Vivante - SEPNB et Pluvigner Avenir Respect Equilibre, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision née le 18 septembre 2019 par laquelle le préfet du Morbihan ne s'est pas opposé à la déclaration faite au titre de l'article L. 214-3 du code de l'environnement par la société Carega et relative à la création d'un ensemble commercial situé au lieu-dit Bodéveno dans la commune de Pluvigner, ainsi que l'arrêté du 12 mars 2020 du préfet du Morbihan portant prescriptions spécifiques relatives à ce projet ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers frais et dépens de la procédure.

Elles soutiennent que :

- elles ont intérêt à agir ;

- leur requête n'est pas tardive ;

- le dossier de déclaration est insuffisant au regard de l'article R. 214-32 du code de l'environnement dès lors que les informations données sur la surface du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet sont inexactes, que l'étude des zones humides est lacunaire, qu'aucune justification de la compatibilité du projet avec le plan de gestion des risques d'inondation ni avec les objectifs visés aux articles L. 211-1 et D. 211-10 du code de l'environnement n'est apportée et, enfin, que l'étude d'impact n'a pas été jointe au dossier de déclaration ;

- les décisions attaquées sont incompatibles avec les dispositions du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Loire-Bretagne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2020, la société Carega, représentée par Me Cazin (SARL CMAA), conclut au rejet de la requête et à la mise à charge des requérantes de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'association Bretagne Vivante - SEPNB n'a pas intérêt à agir ;

- pour le surplus, les moyens soulevés par les requérantes sont infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2021, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérantes sont infondés

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- la loi n°2019-773 du 24 juillet 2019 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- et les conclusions de M. Rémy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Carega a déposé le 4 juillet 2019 une déclaration faite au titre de l'article L. 214-3 du code de l'environnement et relative à la création d'un ensemble commercial situé au lieu-dit Bodéveno sur le territoire de la commune de Pluvigner. Un récépissé de dépôt de sa déclaration lui a été délivré par le préfet du Morbihan le 18 juillet 2019. Une décision implicite de non-opposition à cette déclaration est née le 18 septembre 2019. Par arrêté du 12 mars 2020, le préfet du Morbihan a adopté des prescriptions particulières relatives à ce projet, sur le fondement de l'article L. 214-3 précité.

2. Aux termes du II de l'article L. 214-3 du code de l'environnement : " Sont soumis à déclaration les installations, ouvrages, travaux et activités qui, n'étant pas susceptibles de présenter de tels dangers, doivent néanmoins respecter les prescriptions édictées en application des articles L. 211-2 et L. 211-3. / Dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, l'autorité administrative peut s'opposer à l'opération projetée s'il apparaît qu'elle est incompatible avec les dispositions du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux ou du schéma d'aménagement et de gestion des eaux, ou porte aux intérêts mentionnés à l'article L. 211-1 une atteinte d'une gravité telle qu'aucune prescription ne permettrait d'y remédier. Les travaux ne peuvent commencer avant l'expiration de ce délai. / Si le respect des intérêts mentionnés à l'article L. 211-1 n'est pas assuré par l'exécution des prescriptions édictées en application des articles L. 211-2 et L. 211-3, l'autorité administrative peut, à tout moment, imposer par arrêté toutes prescriptions particulières nécessaires. ". L'article L. 221-1 prévoit que la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau vise à assurer, notamment : " 1° La prévention des inondations et la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides ; on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ; 2° La protection des eaux et la lutte contre toute pollution par déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects de matières de toute nature et plus généralement par tout fait susceptible de provoquer ou d'accroître la dégradation des eaux en modifiant leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques, qu'il s'agisse des eaux superficielles, souterraines ou des eaux de la mer dans la limite des eaux territoriales ; 3° La restauration de la qualité de ces eaux et leur régénération. () ". L'article L. 211-2 fixe le cadre applicable aux règles générales de préservation de la qualité et de répartition des eaux superficielles, souterraines et des eaux de la mer dans la limite des eaux territoriales, tandis que l'article L. 211-3 dispose que " des prescriptions nationales ou particulières à certaines parties du territoire sont fixées par décret en Conseil d'Etat afin d'assurer la protection des principes mentionnés à l'article L. 211-1. ".

3. Par ailleurs, aux termes de l'article D. 211-10 du même code : " Dans les documents de programmation et de planification élaborés et les décisions prises par l'Etat, ses établissements publics et les autres personnes morales de droit public et en vue d'assurer une amélioration continue de l'environnement, sont pris comme référence les objectifs de qualité définis : 1° Aux tableaux I et II annexés au présent article en ce qui concerne la qualité des eaux conchylicoles et des eaux douces ayant besoin d'être protégées ou améliorées pour être aptes à la vie des poissons ; / 2° A l'arrêté mentionné au premier alinéa de l'article R. 1321-38 du code de la santé publique en ce qui concerne la qualité requise des eaux superficielles destinées à la production d'eau alimentaire ; / 3° A l'article D. 1332-2 du code de la santé publique et à la colonne I du tableau figurant au I de l'annexe 13-5 prévue à l'article D. 1332-3 du même code en ce qui concerne la qualité des eaux de baignade. ".

4. Enfin, aux termes de l'article R. 214-32 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées : " I.-Toute personne souhaitant réaliser une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumise à déclaration adresse une déclaration au préfet du département ou des départements où ils doivent être réalisés. () II.-Cette déclaration, remise en trois exemplaires et sous forme électronique, comprend : 4° Un document : a) Indiquant les incidences du projet sur la ressource en eau, le milieu aquatique, l'écoulement, le niveau et la qualité des eaux, y compris de ruissellement, en fonction des procédés mis en œuvre, des modalités d'exécution des travaux ou de l'activité, du fonctionnement des ouvrages ou installations, de la nature, de l'origine et du volume des eaux utilisées ou affectées et compte tenu des variations saisonnières et climatiques ; () c) Justifiant, le cas échéant, de la compatibilité du projet avec le schéma directeur ou le schéma d'aménagement et de gestion des eaux et avec les dispositions du plan de gestion des risques d'inondation mentionné à l'article L. 566-7 et de sa contribution à la réalisation des objectifs visés à l'article L. 211-1 ainsi que des objectifs de qualité des eaux prévus par l'article D. 211-10 ; () Ce document est adapté à l'importance du projet et de ses incidences. () Lorsqu'une étude d'impact est exigée en application des articles R. 122-2 et R. 122-3, elle est jointe à ce document, qu'elle remplace si elle contient les informations demandées. () ". L'article R. 122-2 prévoit que les projets relevant d'une des rubriques figurant dans le tableau annexé à cet article font l'objet d'une évaluation environnementale, laquelle impose la réalisation de l'étude d'impact prévue à l'article R. 122-1 du même code.

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le projet de création d'un ensemble commercial au lieu-dit Bodéveno à Pluvigner relève de la rubrique 2.1.5.0 de la nomenclature prévue à l'article R. 241-1 du code de l'environnement, qui concerne notamment le " Rejet d'eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol, la surface totale du projet, augmentée de la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet, étant : () 2° Supérieure à 1 ha mais inférieure à

20 ha. ". Les requérantes soutiennent que le dossier prévu au 4° du II de l'article R. 214-32 précité est entaché d'inexactitude dès lors que seule la superficie du terrain d'assiette du projet y est mentionnée, sans y inclure la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet. Toutefois, le zonage d'assainissement pluvial, issu du schéma directeur d'assainissement pluvial de la commune de Pluvigner, indique que le terrain du projet se trouve dans le bassin versant du ruisseau de Bodéveno, qui coule à l'est du terrain. Le site du projet présente une topographie en forme de dôme, dont le point le plus haut se trouve au milieu du terrain du projet, de sorte que les eaux s'écoulent vers l'extérieur du terrain, pour rejoindre, au sud, à l'est et au nord-est le ruisseau de Bodéveno. Seule la partie nord-ouest du terrain présente une pente depuis l'extérieur du terrain vers l'intérieur. Il résulte toutefois de l'instruction que les eaux ruisselant dans ce secteur, qui constitue une zone résidentielle, sont prises en charge par le réseau de gestion des eaux pluviales déjà existant. Par suite, le dossier d'incidences ne comporte pas d'inexactitude en ne mentionnant pas la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements seraient interceptés par le projet.

6. En deuxième lieu, les requérantes soutiennent que l'étude des zones humides contenue dans le dossier d'incidences est insuffisante dès lors que l'analyse s'est bornée à la recherche de plantes hygrophiles sans avoir procédé à une étude des sols, alors que l'article 23 de la loi n°2019-773 du 24 juillet 2019 a prévu que les critères d'identification des zones humides tenant à la nature des sols ou la présence d'une végétation hygrophile ont désormais un caractère alternatif et non plus cumulatif. Il résulte toutefois de l'instruction qu'un inventaire des zones humides a été réalisé entre 2008 et 2012 par le syndicat mixte du Loch et du Sal, concernant notamment la commune de Pluvigner, inventaire dont la requérante ne soutient pas qu'il aurait été mené en recherchant exclusivement la présence d'un seul de ces deux critères. Cet inventaire ne fait apparaître aucune zone humide sur le terrain d'assiette du projet, tandis que les zones humides avoisinantes qui y sont recensées sont bien reprises dans le dossier d'incidences du projet litigieux. La cartographie de ces zones humides est aussi reprise dans le schéma directeur d'assainissement pluvial de la commune de Pluvigner, mis à jour en 2015, ainsi que dans le porter-à-connaissance transmis à la société Carega par les services de l'Etat, lors de la réalisation de l'étude d'impact relative au projet d'ensemble commercial au lieu-dit Bodéveno. Le schéma d'aménagement et de gestion des eaux Golfe du Morbihan - Ria d'Etel ne mentionne pas non plus de zone humide à l'emplacement du projet. Par ailleurs, si les requérants font valoir que la recherche de plantes hygrophiles n'a été faite qu'à deux reprises dans l'année, il résulte de l'instruction que les mois de juin et juillet, pendant lesquels la prospection a été faite, sont les plus propices à l'observation de telles plantes. Dans ces conditions, le dossier d'incidences n'est pas entaché d'insuffisance quant à l'étude des zones humides.

7. En troisième lieu, le dossier d'incidences mentionne que la commune de Pluvigner ne fait pas l'objet d'un plan de prévention des risques d'inondation et que le site du projet et ses abords ne figurent pas dans les zones à risque inscrites à l'atlas des zones inondables. La commune de Pluvigner ne compte pas parmi les territoires à risque d'inondation du plan de gestion des risques d'inondation du bassin Loire-Bretagne. Ainsi, alors même que le dossier d'incidences ne fait pas référence à ce plan, il ne peut être considéré comme entaché d'insuffisance sur ce point. Pour les mêmes motifs, il ne présente pas davantage d'insuffisance dans la justification de sa compatibilité avec les objectifs visés à l'article L. 211-1 du code de l'environnement s'agissant de la prévention des inondations. S'agissant de l'objectif de préservation des écosystèmes aquatiques, le dossier d'incidences précise qu'aucune zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique n'est présente à moins de 5 kilomètres du site du projet et qu'il n'y a pas d'espace naturel sensible, de périmètre visé par un arrêté de protection de biotope, de réserve ou de parc naturels, de réserve de biosphère ou de site RAMSAR à proximité. Il est en outre fait état des zones humides se trouvant à proximité du terrain d'assiette et de la circonstance que la prairie humide et le fossé à l'est du terrain présentent un enjeu écologique modéré. S'agissant de la protection des eaux et de la lutte contre les pollutions, le dossier d'incidences mentionne les risques de pollution pendant les travaux ainsi que les mesures prises, en matière d'emploi de produit phytosanitaires pour les espaces verts, de prévention des pollutions accidentelles par la station-service, de traitement des eaux issues des parkings et des voiries, et d'équipement du bassin d'infiltration et de rétention, qui sont de nature à prévenir de telles pollutions. Enfin, s'agissant des objectifs visés à l'article

D. 211-10 du code de l'environnement, le dossier d'incidences précise les engagements pris pour mesurer et contrôler la qualité des eaux avant rejet au regard des valeurs réglementaires de référence. Le dossier précise par ailleurs qu'il n'est pas concerné par un périmètre de captage d'eau potable. Dès lors que l'opération envisagée ne porte pas sur des eaux conchylicoles et que les requérantes se bornent à faire valoir que les eaux provenant du terrain d'assiette du projet rejoignent le bassin versant de la rivière d'Auray, site d'activités conchylicoles, sans apporter de précision quant au risque encouru par ces activités, le dossier ne présente pas d'insuffisance sur ce point.

8. En quatrième lieu, les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une étude d'incidences ne sont susceptibles de vicier la procédure, et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude, que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative. Il est constant que l'étude d'impact réalisée en vue de la demande de permis d'aménager pour la création d'un ensemble commercial situé au lieu-dit Bodéveno n'a pas été jointe au dossier de déclaration au titre de l'article L. 214-3 du code de l'environnement. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que l'absence de l'étude d'impact dans le dossier de déclaration a été de nature à nuire à l'information complète de la population ou à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative, les requérantes n'apportant aucune précision quant aux données figurant dans l'étude d'impact et dont l'absence aurait été susceptible de fausser l'appréciation du public ou de l'administration sur le projet.

9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article

R. 214-32 du code de l'environnement cité au point 4 doit être écarté.

10. En dernier lieu, le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Loire-Bretagne prévoit que les eaux pluviales font l'objet d'une gestion intégrée, en limitant l'imperméabilisation des sols, en privilégiant l'infiltration et le piégeage dans la parcelle, en faisant appel à des techniques alternatives telles que les noues enherbées, les chaussées drainantes et les bassins d'infiltration, et en mettant en place des ouvrages de dépollution. Il prévoit également que le volume de rejet des eaux de ruissellement respecte les débits acceptables par le milieu naturel. Le SDAGE retient également que la gestion des eaux pluviales concourt à la prévention de la pollution organique et bactériologique des eaux.

11. A cet égard, si les requérantes soutiennent que le volume de rejet d'eaux pluviales imputables au projet est sous-évalué dès lors qu'il n'inclut pas la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet, il résulte des motifs retenus au point 5 que l'estimation de ce volume n'est pas entachée d'inexactitude. Il apparaît au surplus que l'arrêté de prescriptions complémentaires du 13 mars 2020 impose que le projet respecte le débit de fuite maximal en milieu naturel prévu par l'article 3D-2 du SDAGE, s'élevant à 3 litres par

seconde par hectare. S'agissant de l'imperméabilisation des sols, le coefficient moyen d'imperméabilisation du projet est de 56 %, tandis que 80 % des espaces de parking sont conçus avec des enrobés drainants et que les cheminements piétonniers sont perméables. En outre, le projet prévoit l'aménagement de noues enherbées et plantées de végétations hygrophiles d'infiltration au niveau des parkings, ainsi que la réalisation d'un bassin de rétention d'un volume de 2 140 m3. S'agissant de l'atteinte alléguée à la qualité des eaux du Loch, dans lequel se déversent les eaux provenant du site litigieux, l'arrêté du 12 mars 2020 prévoit une interdiction de l'emploi de produits phytosanitaires pour l'entretien des espaces, la mise en place de zones de rétention avec séparateurs à hydrocarbures, la décantation des eaux dans le bassin de rétention, ainsi que la plantation de végétation hygrophile dans les noues, de nature à dégrader les hydrocarbures en faible concentration venant des parkings. Dès lors, le moyen tiré de l'incompatibilité entre les décisions attaquées et le SDAGE Loire-Bretagne doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision née le 18 septembre 2019 par laquelle le préfet du Morbihan ne s'est pas opposé à la déclaration faite au titre de l'article L. 214-3 du code de l'environnement par la société Carega et relative à la création d'un ensemble commercial situé au lieu-dit Bodéveno dans la commune de Pluvigner, ainsi que de l'arrêté du 12 mars 2020 du préfet du Morbihan portant prescriptions spécifiques relatives à ce projet, doivent être rejetées.

13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des associations Bretagne Vivante - SEPNB et Pluvigner Avenir Respect Equilibre la somme de 1 500 euros à verser à la société Carega, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse la somme demandée à ce titre par les associations requérantes.

D É C I D E :

Article 1er : La requête des associations Bretagne Vivante - SEPNB et Pluvigner Avenir Respect Equilibre est rejetée.

Article 2 : Les associations Bretagne Vivante - SEPNB et Pluvigner Avenir Respect Equilibre verseront conjointement à la société Carega une somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié aux associations Bretagne Vivante - SEPNB et Pluvigner Avenir Respect Equilibre, à la société Carega et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

A. A

Le président,

signé

G.-V. VergneLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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