lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DEGIOVANNI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 juin 2020 et 14 octobre 2022, M. C A, représenté par Me Degiovanni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2020 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travailler ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, l'ensemble dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il a été pris en l'absence de procédure contradictoire ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire, enregistré le 10 août 2020, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant comorien, est entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2015. Le 9 octobre 2018, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par un arrêté du 16 avril 2020, le préfet du Morbihan a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le préfet du Morbihan a, par arrêté du 5 août 2019 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, donné délégation à M. Quenet, secrétaire général de la préfecture du Morbihan et signataire de la décision, à l'effet de signer tous les actes relevant des attributions de l'Etat dans le département du Morbihan. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
3. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet du Morbihan a rejeté la demande de M. A sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux motifs que M. A n'apporte aucune preuve de sa participation à l'entretien et l'éducation de l'enfant français qu'il a reconnu et qu'il ne démontre pas avoir une stabilité d'attache familiale en France. Ainsi, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué est intervenu à la suite de la demande de titre de séjour présentée par M. A le 9 octobre 2018. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'imposaient pas au préfet du Morbihan de mettre en place une procédure contradictoire préalable. Par suite, le moyen tiré du défaut de procédure contradictoire doit être écarté comme inopérant.
5. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français né le 14 août 2016. D'une part, si l'arrêté attaqué mentionne que M. A et la mère de l'enfant ont été convoqués pour un entretien avec le référent fraude départemental du Morbihan, qu'un faisceau d'indices concordants amène à la conviction d'une reconnaissance frauduleuse à visée migratoire établie dans le seul but d'obtenir une titre de séjour et que cette tentative d'obtention frauduleuse d'un titre de séjour a été signalée au Procureur de la République de Vannes, cette mention décrivant la procédure administrative suivie n'est pas de nature à caractériser une erreur d'appréciation dès lors que, pour refuser de faire droit à la demande de titre de séjour présentée par M. A, le préfet du Morbihan s'est seulement fondé sur la circonstance que M. A ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant. D'autre part, si M. A démontre avoir effectué une douzaine de virements au profit de la mère de l'enfant, ces virements de faible montant ont toutefois été réalisés irrégulièrement entre mars 2018 et mai 2020 alors que l'intéressé a perçu des revenus significatifs à certains moments. Au demeurant, M. A, qui reconnait n'avoir jamais vécu avec son enfant, ne démontre pas lui rendre régulièrement visite. Dans ces conditions, le préfet du Morbihan n'a commis aucune erreur d'appréciation ou erreur de droit en considérant que l'intéressé ne contribuait pas à l'entretien et à l'éducation de son enfant dans les conditions prévues au code civil. Le moyen tiré de la méconnaissance du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que M. A a présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Toutefois, le préfet n'étant tenu d'examiner la situation de l'intéressé qu'au regard des dispositions invoqués dans la demande de titre, M. A ne peut utilement soutenir, dans le cadre de la présente instance, qu'il serait également fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté attaqué sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 dudit code. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces articles doivent être écartés comme inopérants.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement en France en août 2015. Lors de son entretien avec le référent fraude en date du 26 juin 2019, M. A a déclaré être célibataire et n'avoir pas d'autre enfant que sa fille née en 2016 avec laquelle il ne vit pas. En outre, M. A ne démontre pas être dépourvu de liens dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à ses 25 ans. Dès lors et en tout état de cause, M. A n'établit pas qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet du Morbihan aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de sa décision et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le préfet du Morbihan n'a commis aucune erreur d'appréciation s'agissant du droit de M. A au respect de la vie privée et familiale.
10. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
11. L'arrêté préfectoral de refus de titre de séjour n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer M. A de son enfant avec lequel il n'établit d'ailleurs pas avoir de relations. Par suite, le préfet du Morbihan n'a commis aucune erreur d'appréciation s'agissant de l'intérêt supérieur de l'enfant.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 avril 2020 portant refus de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de M. A à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées sur ce fondement.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
M. Desbourdes, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
O. BL'assesseur le plus ancien,
signé
F. Pottier
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026