vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | L'HOSTIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 juin 2020, le 29 juin 2021, le 3 janvier et le 2 juin 2022, Mme F C, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de M. B D, représentée par Me L'Hostis, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Guingamp (CHG) à lui verser la somme de 288 083,31 € ainsi qu'une rente annuelle d'un montant de 47 923,56 €, assorties des intérêts de droit et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge du CHG la somme de 4 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sur la responsabilité :
- le CHG a commis une faute technique de nature à engager sa responsabilité ;
- il n'est pas établi que le docteur E serait intervenu à titre libéral ;
- le CHG a méconnu son obligation d'information ;
- sur les préjudices de la victime directe :
- en ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
- s'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires : dépenses de santé : 189,90 € ; frais de déplacement : 5 790,39 € ; frais d'assistance par un médecin conseil : 4 420 € ; frais d'assistance par un avocat devant la commission : 4 540,16 € ; frais d'assistance par une tierce personne : 12 528 € ; séances de Shiatsu : 90 € ; séances d'ostéopathe : 75 € ; matériel de rééducation : 422,70 € ; frais de communication du dossier médical : 24 € ; perte de gains professionnels actuels : 6 752 € ;
- s'agissant des préjudices patrimoniaux permanents : rente annuelle viagère de 150 € ; frais de logement adapté : 19 469,33 € ainsi qu'une rente annuelle de 1 947 € ; frais de véhicule adapté : rente annuelle viagère de 5 900 € ; frais d'assistance par une tierce personne : rente annuelle de 2 736 € ; perte de gains professionnels futurs : rente annuelle de 32 302 € ; incidence professionnelle : 20 000 € ; achat de matériel professionnel : 24 442,72 € ainsi qu'une rente annuelle de 4 888,56 € ;
- en ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
- s'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires : déficit fonctionnel temporaire : 11 339 € ; souffrances endurées : 20 000 € ; préjudice esthétique temporaire : 5 000 € ;
- s'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents : déficit fonctionnel permanent : 90 000 € ; préjudice d'agrément : 20 000 € ; préjudice esthétique permanent : 6 000 € ; préjudice sexuel : 7 000 € ; préjudice d'impréparation : 10 000 € ;
- sur les préjudices de la victime indirecte : le préjudice d'affection de M. B D s'élève à 20 000 € :
- ces sommes porteront intérêts à compter du 27 février 2013.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 juin, le 13 juillet 2021 et le 11 mai 2022, le CHG, représenté par Me Maillard, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête et les demandes de la mutualité sociale agricole (MSA) d'Armorique ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire à de plus justes proportions les sommes allouées à la requérante et à la MSA d'Armorique.
Il fait valoir que :
- à titre principal : aucune faute ne lui est imputable dès lors que le docteur E est intervenu à titre libéral ;
- à titre subsidiaire :
- il y a lieu de réduire à de plus justes proportions les préjudices suivants : frais d'assistance par tierce personne futurs : 26 714,69 € ; incidence professionnelle : 5 000 € ; déficit fonctionnel temporaire : 6 324,50 € ; souffrances endurées : 6 200 € ; déficit fonctionnel temporaire : 22 500 € ; préjudice d'agrément : 2 000 € ; préjudice esthétique permanent : 1 000 € ; préjudice sexuel : 1 000 € ;
- il y a lieu de rejeter les préjudices suivants : dépenses de santé ; frais de déplacement ; frais d'assistance par un médecin conseil et par un avocat ; frais d'assistance par tierce personne ; frais de séances de shiatsu ; frais d'ostéopathie ; frais d'acquisition du matériel de rééducation ; perte de gains professionnels actuels ; dépenses de santé futures ; frais de logement adapté ; frais d'acquisition de véhicule adapté ; perte de gains professionnels futurs ; acquisition de matériel professionnel ; préjudice esthétique temporaire ; préjudice d'impréparation ; préjudice d'affection de M. D ;
- en ce qui concerne les demandes de la MSA d'Armorique :
- il y a lieu de réduire à de plus justes proportions les dépenses de santé actuelles ;
- il y a lieu de rejeter la demande de versement d'une somme au titre des frais de santé futurs.
Par un mémoire, enregistré le 15 octobre 2020, la MSA d'Armorique demande au tribunal de condamner le CHG à lui verser, outre l'indemnité forfaitaire de gestion, la somme de 32 454,51 € au titre de ses débours ainsi que la somme de 800 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, elle est fondée à intervenir, par subrogation dans les droits de la victime, pour obtenir le remboursement des débours qu'elle a exposés pour le compte de Mme C, qui sont en rapport avec les soins liés à l'intervention du 29 juillet 2010.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- les observations de Me Blanquet, représentant Mme C, et celles de Me Maillard, représentant le centre hospitalier de Guingamp.
Une note en délibéré, présentée par Mme C, a été enregistrée le 3 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
2. Aux termes de l'article L. 6133-2 du code de la santé publique, dans sa version applicable au présent litige : " Un groupement de coopération sanitaire de moyens peut être constitué par des établissements de santé publics ou privés, des établissements médico-sociaux mentionnés à l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles, des centres de santé et des pôles de santé, des professionnels médicaux libéraux exerçant à titre individuel ou en société. Il doit comprendre au moins un établissement de santé. / D'autres professionnels de santé ou organismes peuvent participer à ce groupement sur autorisation du directeur général de l'agence régionale de santé. / Lorsque, en application de l'article L. 6321-2, un réseau de santé est constitué en groupement de coopération sanitaire de moyens, ce groupement peut être composé des personnes mentionnées à l'article L. 6321-1. ". Les actes accomplis par les médecins, chirurgiens et spécialistes au profit des malades hospitalisés dans le service privé d'un hôpital public le sont en dehors de l'exercice des fonctions hospitalières. Les rapports qui s'établissent entre les malades admis dans ces conditions et les praticiens relèvent du droit privé. Toutefois, l'hôpital peut être rendu responsable des dommages subis par de tels malades lorsqu'ils ont pour cause le défaut dans l'organisation du service public hospitalier résultant notamment d'une mauvaise installation des locaux, d'un matériel défectueux ou d'une faute commise par un membre du personnel auxiliaire de l'hôpital mis à la disposition des médecins, chirurgiens et spécialistes.
3. Il résulte de l'instruction que le CHG a constitué un groupement de coopération sanitaire " Pôle de Santé de l'Armor et de l'Argoat " au sein duquel le docteur E a été autorisé à pratiquer, en application d'une convention signée le 10 décembre 2008, dans le cadre de son activité libérale, à compter de cette date. En outre, il résulte de l'instruction que cette convention a été résiliée à compter du 15 mai 2011, de sorte que Dr E a exercé dans le cadre d'une activité libérale au sein du CHG durant cette période. Il résulte également de l'instruction, notamment des rapports d'expertise, que Mme C a subi une intervention par arthrodèse rachidienne L4-L5 par voie postérieure réalisée par le Dr E le 29 juillet 2010. Il résulte de ce qui précède que l'intervention a été réalisée dans le cadre de l'activité libérale du Dr E et n'a fait naître que des rapports de droit privé entre celui-ci et Mme C. Dans ces conditions, dès lors que Mme C sollicite l'engagement de la responsabilité du CHG en raison d'une faute dans l'indication opératoire et d'un manquement à l'obligation d'information, qui ne constituent pas des fautes relevant d'un défaut dans l'organisation du service public hospitalier, la responsabilité du CHG ne peut être engagée à ce titre. Par suite, les demandes indemnitaires présentées par Mme C, qui ressortissent à la compétence de la juridiction judiciaire ne peuvent qu'être rejetées.
4. Il résulte de ce qui a été dit que l'action de la MSA d'Armorique tendant à la condamnation du CHG de lui verser une somme au titre des débours qu'elle a acquittés en lien avec les fautes invoquées du CHG ressortit à la compétente de la juridiction judiciaire. Par suite, ces conclusions, mal dirigées, ne peuvent également qu'être rejetées.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CHG, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que demandent Mme C et la MSA d'Armorique à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la MSA d'Armorique sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, au centre hospitalier de Guingamp et à la mutualité sociale agricole d'Armorique.
Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.
Le rapporteur,
signé
C. A
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026