LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2002637

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2002637

vendredi 9 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2002637
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et quatre mémoires, enregistrés le 3 juillet 2020, le 30 novembre 2021 et les 17 février, 25 mars et 13 avril 2022, M. I, représenté par Me Collet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le maire de l'Île-aux-Moines a délivré à M. C un permis de construire une maison d'habitation sur un terrain cadastré section AD n° 224 situé Corn En Drehen ;

2°) d'annuler la décision rejetant son recours gracieux ;

3°) d'annuler l'arrêté de permis de construire modificatif en date du 11 janvier 2022 ;

4°) de mettre à la charge de la commune de l'Île-aux-Moines le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions du 16 janvier 2020 et du 11 janvier 2022 sont entachées d'incompétence ;

- les dossiers de demande de permis de construire initial et modificatif sont incomplets ;

- l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 2 décembre 2019 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le maire a commis une erreur de droit en s'estimant lié par l'avis de l'architecte des Bâtiments de France ;

- le dossier de demande de permis de construire modificatif a été déposé par une personne ne disposant pas de la qualité pour le faire, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de demande n'a pas été déposé dans les formes prescrites par les dispositions des articles R. 431-5 et A. 431-7 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article Ub4 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article Ub6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article Ub7 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article Ub9 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article Ub10 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article Ub11 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme.

Par quatre mémoires en défense, enregistrés le 29 octobre 2020, le 10 décembre 2021 et les 11 mars et 18 mai 2022, la commune de l'Île-aux-Moines, représentée par la SELARL LEXCAP, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. I le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par trois mémoires, enregistrés le 3 novembre 2020, le 20 décembre 2021 et le 6 avril 2022, la société civile immobilière (SCI) Place au Parc, venant aux droits de M. F C et représentée par la SELARL ANTARIUS AVOCATS, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. I le versement de la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que M. I ne justifie pas de son intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté en litige ;

- les moyens de légalité externe à l'encontre de la décision du 16 janvier 2020 sont irrecevables en ce qu'ils n'ont pas été soulevés dans le recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par deux mémoires distincts, enregistré le 6 avril et le 19 mai 2022, la SCI Place au Parc demande au tribunal, en application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, de condamner M. I à lui verser la somme totale de 5 000 euros au titre de ses préjudices matériel et moral et à ce qu'il soit mis à la charge de M. I le versement de la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par deux mémoires enregistrés le 13 avril et le 8 juin 2022, M. I conclut au rejet des conclusions de la SCI Place au Parc tendant à l'application des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCI Place au Parc le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu l'ordonnance n°2200868 du 15 mars 2022 du juge des référés du tribunal.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,

- et les observations de Me Collet, représentant M. I, de Me Rouhaud, de la SELARL LEXCAP, représentant la commune de l'Île-aux-Moines, et de Me Crochemore, de la SELARL ANTARIUS AVOCATS, représentant la SCI Place au Parc.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 janvier 2020, le maire de la commune de l'Île-aux-Moines a délivré à M. F C un permis de construire pour la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé Corn en Drehen, cadastré section AD nos 224 et 225. Cette autorisation d'urbanisme a été transférée à la SCI Place au Parc par une décision du 23 octobre 2021. Par un arrêté du 11 janvier 2022, le maire de la commune de l'Île-aux-Moines a délivré un permis de construire modificatif. M. I, demande l'annulation des arrêtés du 16 janvier 2020 et du 11 janvier 2022, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire des permis de construire :

3. La commune fait valoir en défense sans être sérieusement contestée que par un arrêté du 9 avril 2014, le maire de l'Île-aux-Moines a délégué sa compétence à M. B pour " les fonctions et missions relatives aux questions liées à l'instruction et à la délivrance des autorisations d'urbanisme et d'utilisation des sols suivantes énoncées au code de l'urbanisme : Permis de construire. ". L'article 3 de cet arrêté précise en outre qu'il bénéficie d'une " Délégation permanente () à l'effet de signer () Les courriers et autorisations relatifs aux permis de construire. ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 16 janvier 2020 doit être écarté comme manquant en fait.

4. En outre, par un arrêté du 25 mai 2020 versé par la commune aux débats, le maire de l'Île-aux-Moines a également accordé ultérieurement à M. H une délégation de fonction et de signature pour intervenir notamment dans le domaine de l'urbanisme. L'article 2 de cet arrêté prévoit expressément que " pour exercer sa délégation, M. H pourra signer tous documents aux domaines précités y compris : () Les arrêtés d'autorisations d'urbanisme. ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 11 janvier 2022 doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude des dossiers de demande de permis de construire :

5. La régularité de la procédure d'instruction d'un permis de construire requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par le code de l'urbanisme. Pour autant, la circonstance que le dossier de demande ne les comporterait pas tous ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. En premier lieu, contrairement aux affirmations du requérant, la notice architecturale de la demande initiale du 26 septembre 2019 décrit les caractéristiques du terrain et du secteur d'implantation. Il en est de même de la demande modificative, bien qu'aucune disposition n'impose au pétitionnaire de reprendre intégralement les éléments de la demande de permis de construire initiale. Elle expose notamment l'adresse du terrain, mentionne la construction existante devant être démolie et rappelle la forme triangulaire de la parcelle et sa topographie. La notice explicite les choix architecturaux retenus pour garantir l'intégration du projet dans son environnement, notamment son toit à deux pentes et sa " matérialité de pierre et de bois ". Des documents graphiques et des photos complètent ces informations, illustrant notamment l'aspect de la future construction par rapport aux bâtiments existants dans sa périphérie immédiate.

7. En deuxième lieu, comme pour la demande de permis de construire initial, le dossier de demande du permis de construire modificatif comprend un plan de masse établi au 1/200ème faisant apparaître les constructions à édifier, les modalités de raccordement aux réseaux ou encore les haies et clôtures.

8. En troisième lieu, si le requérant souligne l'existence d'incohérences au regard de l'implantation de la construction sur la propriété voisine, l'examen du plan de masse des deux demandes successives confirme une implantation de la maison respectant la limite séparative.

9. En quatrième lieu, la commune comme le pétitionnaire font valoir sans être sérieusement contestés que le projet initial puis modifié ne prévoit aucun escalier mais un " modelage de terre " représenté sur les plans en élévation pour faciliter la circulation vers la partie supérieure de la parcelle et qu'aucune terrasse n'est envisagée à l'arrière du terrain mais seulement un jardin engazonné. La seule circonstance que le plan de masse n'indique pas l'aménagement paysager sous forme de marches engazonnées est sans incidence sur le caractère complet du dossier, cet aménagement apparaissant en revanche sur les plans en élévation.

10. En cinquième lieu, aucune disposition n'impose au pétitionnaire de préciser dans sa demande que le terrain d'implantation du projet serait situé en site inscrit alors qu'en tout état de cause le service instructeur n'a pas été induit en erreur sur ce point, ayant procédé à la consultation de l'architecte des Bâtiments de France à ce titre.

11. En sixième lieu, il ressort des documents d'insertion joints à la demande de permis de construire initial comme modificatif que ces documents graphiques, qui comportent nécessairement quelques légères approximations résultant de l'intégration d'une construction graphique dans un document photographique, n'ont pas été de nature à priver le service instructeur de toute appréciation de l'impact visuel de la construction envisagée sur son environnement. Notamment, dès lors que le projet doit s'implanter en second rang du rivage, à distance de la première maison de deux étages faisant face à la mer, l'apparence de hauteur similaire entre les deux constructions malgré une différence d'un étage n'a pas cependant pu fausser l'appréciation de la perspective. La seule circonstance que la cheminée ne soit pas suffisamment identifiable sur le document d'insertion, à la supposer établie, n'est pas de nature à démontrer l'insuffisance de l'étude graphique dans son ensemble.

12. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'incomplétude des demandes de permis de construire initial et modificatif doivent être écartés comme manquant en fait.

En ce qui concerne le moyen tiré du vice de procédure résultant de la consultation de l'architecte des Bâtiments de France :

13. Aux termes de l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. ".

14. La régularité et le bien-fondé de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France ou, le cas échéant, de la décision du préfet de région, ne peuvent être contestés qu'à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision de refus du permis de construire et par la voie de l'exception d'illégalité à l'encontre de la décision de refus de ce permis de construire.

15. Il résulte par ailleurs de ces dispositions que l'architecte des Bâtiments de France émet, lorsque le terrain d'assiette d'un projet de construction est situé dans un site inscrit, un avis qui ne lie pas l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire.

16. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le lieu d'implantation du projet est inclus dans le site inscrit " Golfe du Morbihan et ses abords " et l'architecte des Bâtiments de France a été consulté par le service instructeur pour émettre un avis simple à ce titre. Il a émis le 2 décembre 2019 un avis expressément favorable en l'assortissant de prescriptions concernant les volets et ardoises visant à améliorer les conditions de son insertion dans son environnement.

17. D'une part, la seule circonstance que cet avis ne satisfait pas le requérant n'est pas de nature à démontrer une irrégularité de cette consultation. D'autre part, si le requérant fait valoir, par voie d'exception, l'erreur manifeste d'appréciation entachant l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, résultant selon lui de l'insuffisance des prescriptions pour assurer une bonne insertion du projet dans le site eu égard aux matériaux employés pour la cheminée, aux percements sur le pignon nord et au volume de la construction, il n'apporte aucun élément de démonstration étayant ce moyen alors qu'en tout état de cause l'avis contesté ne liait pas le maire de l'Île-aux-Moines.

18. Enfin, il ressort de la décision attaquée du 16 janvier 2020 que celle-ci a été délivrée sous réserve de respecter les prescriptions de l'architecte des Bâtiments de France relatives à l'interdiction de volets roulants et à l'obligation de réaliser des brise-soleils de couleur ardoise uniquement. Aucune des pièces versées aux débats n'établit que le maire de l'Île-aux-Moines se serait cru lié par l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, ni qu'il n'aurait pas procédé, par lui-même, à un examen particulier des demandes qui lui étaient soumises alors qu'il lui est loisible de reprendre à son compte les prescriptions architecturales qu'il estime justifiées, celle imposant les ardoises en couverture étant superfétatoire dès lors que le projet le prévoyait déjà comme l'illustre notamment le plan PC5a. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées seraient entachées d'une incompétence négative doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de qualité pour présenter la demande de permis de construire modificatif :

19. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs coindivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ".

20. L'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, un permis le modifiant, sous réserve que les modifications apportées au projet initial n'en remettent pas en cause, par leur nature ou leur ampleur, la conception générale.

21. Or, il ressort en l'espèce des pièces du dossier que lors de la présentation à la mairie de la demande de permis de construire initial, M. C avait qualité pour déposer une demande de permis de de construire et il est devenu titulaire de l'autorisation du 16 janvier 2020. A la date du 16 septembre 2021, aucun transfert du permis de construire du 16 janvier 2020 n'étant intervenu, il restait seul habilité à solliciter un permis de construire modificatif. Or, le transfert de permis de construire prononcé le 21 octobre 2021, alors que la demande de permis modificatif était encore en cours d'instruction, a eu pour effet de substituer la société civile immobilière (SCI) Place au Parc à M. C dans l'ensemble des actes relatifs à cette autorisation d'urbanisme et des droits et obligations qui en résultent. A compter de cette date, la SCI Place au Parc est ainsi devenue titulaire du permis de construire initial et, dans le même temps, pétitionnaire de la demande de permis de construire modificatif sur laquelle le maire n'avait pas encore statué.

22. En tout état de cause, le permis de construire modificatif demandé par M. C ne peut être regardé comme lui ayant été délivré à titre personnel, mais plus certainement en sa qualité de gérant de la SCI Place au Parc, seule titulaire du permis de construire initial à la suite du transfert de cette autorisation.

23. Dans ces conditions, le maire de l'Île-aux-Moines n'était pas tenu de refuser l'autorisation modificative sollicitée et ce moyen doit ainsi être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 431-5 et A. 431-7 du code de l'urbanisme :

24. Aux termes de l'article A. 431-7 du code de l'urbanisme : " La demande de modification d'un permis de construire en cours de validité est établie conformément au formulaire enregistré par le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique sous le numéro Cerfa 13411 ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise : () d) La nature des travaux ; / e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux

articles R. 151-27 et R. 151-28 ; / f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ".

25. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. C est devenu titulaire de l'autorisation du 16 janvier 2020 et à la date de dépôt de cette demande de permis de construire modificatif, le 16 septembre 2021, aucun transfert du permis de construire du 16 janvier 2020 n'étant encore intervenu, il restait donc seul habilité à solliciter une telle autorisation. Le moyen tiré de l'impossible vérification de l'identité du demandeur, qui est au demeurant mentionnée dans le formulaire Cerfa au nom de M. C, doit ainsi être écartée.

26. Il ressort ensuite du formulaire Cerfa, rubrique n° 6, daté du 16 septembre 2021, que la demande de permis de construire modificatif porte sur une " modification légère de l'implantation et emprise de la construction suite à la réception d'un relevé de géomètre plus récent " et sur une " modification de la composition de certaines façades ainsi que de la nature des ouvrages de clôture de la parcelle ". Outre le formulaire Cerfa mentionné au point précédent, le dossier comportait un plan de situation, un plan de masse, un plan en coupe des façades et du terrain, ainsi que des photomontages d'insertion sur le site.

27. Il résulte de ce qui a été dit précédemment sur la composition du dossier de demande que le dossier de permis de construire initial complété des éléments versés dans le cadre du permis modificatif ont permis au maire de statuer en toute connaissance de cause sur le projet et notamment sur sa conformité à la réglementation applicable. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté portant permis de construire modificatif méconnait les dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub4 du règlement du plan local d'urbanisme :

28. Aux termes du paragraphe I de l'article Ub4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Toute construction ou installation nouvelle qui requiert une alimentation en eau doit être desservie par une conduite de distribution d'eau potable de caractéristiques suffisantes et raccordée au réseau public d'adduction d'eau. ". Aux termes du paragraphe II de l'article Ub4 : " Pour toute construction à créer, les branchements aux réseaux d'électricité et téléphone devront obligatoirement être réalisés en souterrain à la charge du maître d'ouvrage. ".

29. Aux termes du paragraphe III de l'article Ub4 relatif à l'assainissement des eaux usées : " - Sous réserve des dispositions de la législation relative aux installations classées, toute construction ou installation nouvelle doit évacuer ses eaux usées par des canalisations souterraines de caractéristiques suffisantes raccordées au réseau collectif d'assainissement. / - En l'absence d'un tel réseau, les installations individuelles d'assainissement, conformes aux normes fixées par la réglementation en vigueur, sont admises dans le cas où le terrain est reconnu apte à recevoir de telles installations. Le système d'assainissement doit être adapté à la pédologie, à la topographie et à l'hydrologie du sol. () ".

30. Aux termes du paragraphe III relatif à l'assainissement des eaux pluviales : " En cas de création de surface imperméabilisée de plus de 100 m² (extension, nouvelles constructions, divisions de parcelles, ), il devra être prévu un stockage des eaux de pluie (cuve de rétention ou autres dispositifs) dont les caractéristiques devront respecter les formules suivantes : Volume à stocker : V=SX0.024. Avec V : volume à stocker (en m3) ; S : Surface imperméabilisée (en m²) / G de fuite : Qf=SX0.001. Avec Qf : G de fuite nécessaire (en l/s) ; S : Surface imperméabilisée (en m²) ".

31. En premier lieu, il ressort des pièces des dossiers de demande de permis de construire que le projet prévoit le raccordement du projet aux réseaux publics d'eau potable, d'électricité, de téléphonie, d'eaux pluviales et d'assainissement.

32. En second lieu, le projet initial prévoit l'implantation de la construction en limite séparative nord-est, avec implantation d'un mur de clôture de 80 cm, en continuité de celui implanté sur la rue Beg Er Men Du, sur une profondeur de 5,74 m puis d'une haie de 2 m sur le reste de la limite de propriété. Compte tenu de la modification de l'implantation de la construction nouvelle, la profondeur du mur de clôture est réduite, dans le cadre du permis de construire modificatif, à 5,40 m.

33. L'emprise au sol de la construction, résultant du permis de construire modificatif, se borne à évoluer de 121,8 m² à 121,24 m² de surface. S'agissant de la gestion des eaux pluviales, les dispositions précitées imposaient donc un volume minimal théorique de rétention de 2,9 m³ et un G de fuite maximal théorique de 0,121 l/s.

34. Or, pour l'application des dispositions des dispositions de l'article Ub4, il est constant que le projet prévoit la création " d'un puisard de 1 m de rayon et de 1 m de profondeur ", soit un volume de 3,1415 m³, supérieur au minimum de 2,9 m³ fixé par le projet et un G de fuite de 0,12 l/s, conforme au seuil de 0,121 l/s exigé par ces mêmes dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions n'est pas fondé.

35. Enfin, M. I soutient que la surface imperméabilisée prise en compte dans le calcul opéré par le pétitionnaire serait erronée en ne prenant pas en compte le mur de clôture. Cependant, eu égard à sa hauteur et à ses caractéristiques, ce mur ne peut être regardé comme étant incorporé dans la construction nouvelle, de sorte qu'il aurait dû être intégré dans les éléments à prendre en considération pour le calcul de l'emprise au sol créée. Il ne résulte par ailleurs pas des pièces du dossier que le permis de construire modificatif autoriserait la création d'un mur de clôture en limite séparative nord-est, sur les 19,35 m linéaires restant, le projet initial prévoyant l'implantation d'une haie de 2 m n'ayant pas été amendé. En outre, ainsi qu'il a été dit, le projet n'emporte aucune création d'escaliers extérieurs ou même d'une terrasse qui auraient dû être pris en considération dans le calcul de l'emprise au sol créée, les seules allégations du requérant sur ce point n'étant pas susceptibles de démontrer qu'il en serait autrement. Ainsi, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article Ub4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la gestion des eaux pluviales s'agissant de l'emprise des murs de clôture.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub6 du règlement du plan local d'urbanisme :

36. Aux termes de l'article Ub6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sauf indications contraires portées aux documents graphiques du présent plan local d'urbanisme, la façade de la construction doit être implantées en limite d'emprise des voies publiques ou privées (ou de toute limite s'y substituant) et emprises publiques ou en retrait de 2 mètres minimum. () ". Ces dispositions, dont l'objet est lié à des préoccupations d'hygiène, d'urbanisme et de protection du voisinage, ne s'appliquent pas à la partie souterraine d'un bâtiment qui ne dépasse pas le niveau du sol naturel.

37. En l'espèce, il ressort du plan de masse joint aux deux demandes que la construction envisagée est implantée à une distance minimale de la rue Beg Er Men Du de 3,21 mètres, respectant ainsi les dispositions précitées que le requérant ne peut, en tout état de cause, utilement invoquer à l'encontre du puisard. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub7 du règlement du plan local d'urbanisme :

38. Aux termes de l'article Ub7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions doivent s'implanter en limite séparative ou avec un recul de 1 mètre minimum de cette limite ".

39. Si le requérant se prévaut encore d'une méconnaissance de l'article Ub7 du règlement du plan local d'urbanisme au motif que la construction serait implantée sur la propriété voisine au-delà de la limite séparative nord, il ressort toutefois du plan de masse inclus dans les dossiers de demande de permis de construire que la construction vient s'implanter en limite séparative. Ce moyen doit, par suite, être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub9 du règlement du plan local d'urbanisme :

40. Aux termes de l'article Ub9 du règlement du plan local d'urbanisme, en zone Uba : " l'emprise au sol des constructions ne peut excéder 30 % de la superficie du terrain d'assiette intéressé par le projet de construction. " Les définitions du plan local d'urbanisme précisent, pour leur part, que l'emprise au sol " relève de l'article R 420-1 du code de l'urbanisme " et " est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. ".

41. En l'espèce, il est constant que le tènement foncier cadastré section AD nos 224 et 225 développant une superficie de 406 m², l'emprise au sol théorique maximale autorisée par les dispositions précitées est ainsi de 121,80 m².

42. Or, l'emprise au sol de la construction envisagée est de 121,24 m² selon le permis de construire modificatif du 11 janvier 2022 et le requérant ne peut utilement invoquer, ainsi qu'il a été dit, l'absence de prise en compte de l'emprise au sol des murs de clôture et la réalisation d'escaliers et d'une terrasse dont les pièces du dossier révèlent qu'ils ne sont pas envisagés dans le projet de construction. Il s'ensuit que ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub10 du règlement du plan local d'urbanisme :

43. Aux termes de l'article Ub10 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur maximale des constructions, mesurée conformément à la notion de gabarit définie à l'article 5 des dispositions générales au plan vertical et au point le plus haut est fixée comme suit : secteurs Uba-Ubb-Ubc-Ubh / hauteur au plan vertical : 3.5m / hauteur au point le plus haut : 7m. / Toutefois, une hauteur supérieure ou inférieure à celles fixées ci-dessus, peut être autorisée ou imposée pour des raisons d'architecture, notamment en vue d'harmoniser la hauteur de la construction avec celles des constructions voisines. ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 5 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme précise que : " 1. Point de référence pour le calcul des hauteurs : Le point de référence est défini comme le centre de l'emprise du " modèle " dans lequel s'inscrit la construction. La hauteur au point de référence est celle relevée au niveau du sol naturel avant travaux. Le " modèle " est de forme rectangulaire et doit recouvrir l'ensemble de la construction. ".

44. En premier lieu, il ressort du plan PC2b que le pétitionnaire a modélisé pour le calcul du point de référence un rectangle incorporant l'ensemble de l'emprise de la construction, y compris son extension en façade est de plain-pied. Il en résulte un centre de référence à une

cote de 19,45 m A. La seule circonstance que le modèle ainsi conçu comporterait des points de repère A en dehors de la parcelle d'implantation du projet est sans incidence sur la pertinence du contenant rectangulaire identifié dès lors que celui-ci permet de comprendre en son sein l'ensemble de l'emprise au sol de la construction. En outre, le requérant n'apporte aucun élément de nature à démontrer l'inexactitude de la cote de référence de 19,45 m A. Dans ces conditions, compte tenu d'une hauteur maximale à 26,45 m A et d'une hauteur à l'égout du toit à 22,95 m A, soit un point le plus haut à 7 m du niveau du point de référence et une hauteur au plan vertical de 3,50 m, le projet est conforme aux dispositions de l'article Ub10 du règlement du plan local d'urbanisme.

45. En second lieu, l'article Ub10 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit également que " Pour les constructions à usage d'habitation individuelle, le niveau du sol fini du rez-de-chaussée ne devra pas être situé à plus de 0,50 m au-dessus du niveau moyen du terrain naturel (avant terrassements) sous l'emprise de la construction. ".

46. En l'espèce, il ressort des plans en coupe et de façade que le niveau du rez-de-chaussée est situé à 18,06 m A, soit à un niveau inférieur à celui du terrain naturel, estimé à 19,45 m A.

47. À supposer même que le plan de masse joint à la demande de permis de construire initial comporterait une erreur de cotation, celle-ci n'a pas été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation au regard des autres cotations concordantes disponibles sur les différents plans de la demande. Il s'ensuit que ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub11 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :

48. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

49. Aux termes de l'article Ub11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions doivent s'intégrer à leur environnement. Conformément au R. 111-21 du Code de l'urbanisme, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

50. Les dispositions de l'article Ub11 du règlement du plan local d'urbanisme de l'Île-aux-Moines ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et comportent des exigences qui ne sont pas moindres. Dans ces conditions, alors que les dispositions de l'article Ub11 du règlement du plan local d'urbanisme sont également invoquées par le requérant, le moyen soulevé par ce dernier, tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise dans l'application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.

51. Par ailleurs, pour rechercher l'existence d'une atteinte à un site ou un paysage propre à fonder un refus ou l'imposition de prescriptions spéciales, il faut apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.

52. En premier lieu, l'article Ub11 du plan local d'urbanisme prévoit que " Les annexes n° 1, 2 et 3 jointes au présent règlement traitent de l'aspect des constructions et exposent les recommandations dont il est possible de s'inspirer pour l'élaboration des projets. ". Il en résulte que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu que ces recommandations, à la différence des prescriptions du plan local d'urbanisme de l'article Ub11 qui créent des normes juridiques opposables aux pétitionnaires, puissent servir de référentiel architectural aux maîtres d'ouvrage dans la conception de leurs projets sans toutefois leur conférer un caractère impératif. M. I ne peut donc utilement invoquer la méconnaissance de ces annexes.

53. En second lieu, d'une part, le quartier d'habitat dans lequel est prévu le projet ne présente aucune unité architecturale, des maisons sans genre spécifique côtoyant des habitations de style néo-breton et des anciennes bâtisses.

54. D'autre part, le projet présente une volumétrie à deux pentes comparable à l'habitat vernaculaire et aux bâtiments voisins ainsi que les matériaux d'aspect contemporain comme le bois, l'ardoise et la pierre de la construction présentés sur les planches PC5a, PC5b et PC5c, permettant une insertion relativement discrète de cet ensemble immobilier qui se fond dans la trame végétale boisée constituée par les feuillus de haute tige à proximité.

55. Enfin, le conduit de cheminée tient compte des prescriptions de l'architecte des Bâtiments de France préconisant une teinte sombre afin de l'intégrer à l'environnement.

56. Il s'ensuit que le projet envisagé a été traité en relation avec le site qui l'entoure comme l'exigent les dispositions précitées et ainsi que l'a estimé l'architecte des Bâtiments de France dans son avis du 2 décembre 2019 et qu'il n'est pas de nature à porter atteinte au paysage local. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub12 du règlement du plan local d'urbanisme

57. Aux termes de l'article Ub12 du règlement du plan local d'urbanisme : " Le stationnement des véhicules automobiles et des deux roues, correspondant aux besoins des constructions et installations, doit être assuré en dehors des voies publiques. A défaut, il sera fait application des dispositions du code de l'urbanisme. ".

58. Il est en l'espèce constant que les formulaires Cerfa de la demande de permis de construire initial et modificatif ne mentionnent pas l'aménagement d'une place de stationnement. Toutefois, la rubrique n° 1 de la déclaration des éléments nécessaires au calcul des impositions indique la création d'une " surface pour le stationnement clos et couvert " d'une superficie de 12,70 m² confirmée par les plans des façades du projet qui font expressément état d'un garage, dont l'emplacement se trouve modifié par rapport au projet initial et qui satisfait ainsi aux prescriptions fixées par l'article Ub12 du plan local d'urbanisme.

59. Par ailleurs, le requérant ne démontre, ni ne soutient que le stationnement ainsi prévu serait insuffisant s'agissant du projet de création d'un unique logement se substituant à un bâtiment existant et alors même que le contexte insulaire et la fréquentation piétonne estivale induit une présence parcimonieuse des véhicules automobiles sur la voie publique. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

60. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

61. Les risques d'atteinte à la sécurité publique qui, en application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, justifient le refus d'un permis de construire ou son octroi sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. La seule circonstance qu'un projet pour lequel un permis est sollicité n'implique pas la création d'une nouvelle unité d'habitation n'est pas de nature à exclure que l'extension de la construction existante aggrave les risques pour la sécurité publique.

62. En l'espèce, si M. I soutient que le permis a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que, compte tenu de la pente du terrain, un écoulement des eaux de pluie en limite séparative est inévitable, il n'établit pas par cette seule affirmation que l'évacuation des eaux de pluie se ferait de manière à créer un risque pour les habitations voisines. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation d'un puisard, certes au côté opposé de la pente de terrain en cause, mais d'une contenance suffisante au regard des prescriptions du plan local d'urbanisme pour recevoir une importante partie des écoulements sur la parcelle. Par ailleurs, la majeure partie du terrain n'est pas imperméabilisée et ne fait donc pas obstacle à l'infiltration naturelle des eaux de pluies. Par suite, ces éléments ne permettent pas de considérer que l'autorité municipale aurait, au regard des exigences de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en matière de sécurité publique, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme :

63. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. / L'autorisation d'urbanisme est soumise pour avis à la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. Elle est refusée lorsque ces constructions et installations sont de nature à porter atteinte à l'environnement ou aux paysages ".

64. Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais que, en revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.

65. En l'espèce, la parcelle du projet, comportant une habitation existante, se situe rue Beg Er Men Du dans un quartier résidentiel à quelques dizaines de mètres de la plage du Drehen et à moins de 400 mètres du centre-bourg et auquel il est relié par des secteurs urbanisés constitués notamment d'habitations mitoyennes.

66. Il ressort à cet égard de la carte de localisation indicative des agglomérations et villages jointe au schéma de cohérence territoriale de Golfe du Morbihan Vannes agglomération approuvé le 13 février 2020 que le bourg de l'Île-aux-Moines est identifié comme une agglomération et que le terrain d'implantation du projet se trouve dans le périmètre aggloméré de celle-ci, délimité en couleur grise.

67. Le terrain en cause cadastré section AD nos 224 et 225 est entouré de parcelles bâties de surfaces plus ou moins importantes, certaines maisons étant distantes de moins d'une dizaine de mètres. Il en résulte que le projet en litige se trouve inclus dans l'enveloppe agglomérée de la commune de l'Île-aux-Moines, dans un secteur densément construit et qu'ainsi, le maire n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme en délivrant les deux autorisations contestées.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme :

68. Aux termes de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ".

69. Ne peuvent déroger à l'interdiction de toute construction sur la bande littorale des cent mètres que les projets réalisés dans des espaces urbanisés, caractérisés par un nombre et une densité significatifs de constructions, à la condition qu'ils n'entraînent pas une densification significative de ces espaces. L'espace à prendre en considération pour déterminer si un projet de construction concerne un espace urbanisé au sens de ces dispositions est constitué par l'ensemble des espaces entourant le sol sur lequel doit être édifiée la construction envisagée ou proche de celui-ci, quels qu'en soient les propriétaires.

70. S'il est constant que les parcelles cadastrées section AD nos 224 et 225 sont incluses dans la bande des cent mètres, il ressort des pièces du dossier et des motifs retenus précédemment en ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme que le terrain d'assiette du projet est situé dans un secteur urbanisé de la commune dans lequel la construction envisagée, dont les dimensions modestes ne sont pas de nature à modifier significativement la morphologie du quartier, a pu être autorisée par le maire sans erreur de droit. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

71. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune et le pétitionnaire, que les conclusions présentées par M. I à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

72. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date du présent jugement : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".

73. Il résulte de l'instruction que les arrêtés attaqués, autorisant la construction d'une maison sur une parcelle jouxtant l'habitation du requérant, étaient ainsi susceptibles de porter atteinte aux conditions de jouissance de sa propriété. Dès lors, le recours pour excès de pouvoir formé par M. I contre ces permis de construire ne peut être regardé comme excédant la défense de ses intérêts légitimes. Il en résulte que les conclusions indemnitaires présentées par la SCI Place au Parc tendant à la condamnation de M. I à lui verser des dommages-intérêts sur le fondement des dispositions précitées doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

74. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de l'Île-aux-Moines, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. I une somme que celui-ci demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

75. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. I le paiement d'une somme de 750 euros à verser à la commune de l'Île-aux-Moines au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

76. Il y a également lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. I le paiement d'une somme de 750 euros à verser à la SCI Place au Parc au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. I est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la SCI Place au Parc au titre de l'article L. 600-7 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : M. I versera à la commune de l'Île-aux-Moines la somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : M. I versera à la SCI Place au Parc la somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D I, à la société civile immobilière Place au Parc, et à la commune de l'Île-aux-Moines.

Copie en sera adressée, pour information au préfet de la région Bretagne.

Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Bozzi, premier conseiller,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2022.

Le rapporteur,

signé

F. E

Le président,

signé

C. Radureau

Le greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions