vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002743 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS MARION LEROUX SIBILLOTTE ENGLISH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 juillet 2020 et 19 janvier 2022, Mme A B, représentée par Me Boulais demande au tribunal :
1°) d'annuler le refus implicite du centre intercommunal d'action sociale (CIAS) Saint-Brieuc Armor agglomération de lui rembourser ses frais de déplacements à concurrence de 1 706 € entre le 1er septembre 2018 et le 31 décembre 2019 et 464 € entre le 1er janvier et le 30 mai 2020 ;
2°) de condamner le CIAS Saint-Brieuc Armor agglomération à lui verser la somme de 1 000 € au titre du préjudice moral subi ;
3°) de mettre à la charge du CIAS Saint-Brieuc Armor agglomération la somme de 1 500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus du CIAS de lui verser les frais kilométriques qu'elle a engagés en 2019 et 2020 à raison de ses fonctions d'aide sociale à domicile, méconnaît l'article 10 du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006, applicable à sa situation en vertu de l'article 1er du décret n° 2001-654 du 19 juillet 2001 ;
- ce refus de versement l'a placée dans une situation financière délicate et a généré des tensions avec sa hiérarchie, lui causant un préjudice moral qui peut être évalué à la somme de 1 000 €.
Par des mémoires en défense enregistrés les 14 décembre 2021 et 1er mars 2022, le CIAS Saint-Brieuc Armor agglomération, représenté par la société d'avocats Marion Leroux Sibillotte English Courcoux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 1 500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriale ;
- le décret n° 2001-654 du 19 juillet 2001 ;
- le décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n° 2016-33 du 20 janvier 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tronel,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public ;
- et les observations de Me Boulais pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 3 du décret du 3 juillet 2006 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements temporaires des personnels civils de l'Etat, applicable aux personnels des collectivités locales en vertu de l'article 1er du décret du 19 juillet 2001, fixant les conditions et les modalités de règlements des frais occasionnés par les déplacements des personnels des collectivités locales et établissements publics mentionnés à l'article 2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et abrogeant le décret n° 91-573 du 19 juin 1991 : " Lorsque l'agent se déplace pour les besoins du service à l'occasion d'une mission, d'une tournée ou d'un intérim, il peut prétendre, sous réserve de pouvoir justifier du paiement auprès du seul ordonnateur : / - à la prise en charge de ses frais de transport () ". L'article 10 du décret du 3 juillet 2006 précise que les agents peuvent utiliser leur véhicule terrestre à moteur, sur autorisation du chef de service, quand l'intérêt du service le justifie. Aux termes de l'article D. 1617-19 du code général des collectivités territoriales : " Avant de procéder au paiement d'une dépense ne faisant pas l'objet d'un ordre de réquisition, les comptables publics des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des associations syndicales de propriétaires ne doivent exiger que les pièces justificatives prévues pour la dépense correspondante dans la liste définie à l'annexe I du présent code ". Cette annexe résulte du décret du 20 janvier 2016 fixant la liste des pièces justificatives des dépenses des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé. Pour les remboursements des frais de déplacement et de mission figurant à la rubrique 322 de cette annexe, l'agent doit remplir un état de frais comportant les mentions figurant à l'annexe A " frais de déplacements des agents " de la liste des pièces justificatives. Pour l'utilisation d'un véhicule personnel, la rubrique 2.1.2 de cette annexe précise que pour la liquidation des frais engagés, l'agent doit indiquer " la puissance fiscale du véhicule ", " le nombre de kilomètres parcourus depuis le début de l'année pour les besoins du service ", " le nombre de kilomètres réalisés au titre du déplacement dont l'indemnisation est demandée ", " le ou les taux applicable(s) " et " le montant des indemnités kilométrique ".
2. Il résulte de l'instruction que pour la période en litige allant du 1er septembre 2018 au 31 mai 2020, Mme B, fonctionnaire territoriale du CIAS Saint-Brieuc Armor agglomération, a renseigné les fiches de relevés kilométriques pour le remboursement de ses frais de transport, en se bornant à indiquer le kilométrage total parcouru quotidiennement dans le cadre de son emploi d'aide à domicile, sans détailler les kilomètres réalisés déplacement par déplacement ainsi pourtant que l'exigent la rubrique 2.1.2 de l'annexe A de la liste des pièces justificatives nécessaires pour le remboursement des frais de déplacements. Les états de frais de Mme B n'étant pas remplis conformément aux prescriptions de cette rubrique, c'est sans commettre d'erreur de droit que le CIAS a refusé de les lui rembourser.
3. En l'absence de faute établie dans le remboursement des frais kilométriques de Mme B, les conclusions tendant à la condamnation du CIAS Saint-Brieuc Armor agglomération à verser à la requérante la somme de 1 000 € en réparation du préjudice moral subi par elle à raison de l'absence de remboursement doivent être rejetées.
4. Le CIAS Saint-Brieuc Armor agglomération n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit mis à la charge de celui-ci la somme de 1 500 € au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du CIAS présentée au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et les conclusions du CIAS Saint-Brieuc Armor agglomération présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre intercommunal d'action sociale Saint-Brieuc Armor agglomération.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, où siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
Le président rapporteur,
signé
N. Tronel L'assesseure la plus ancienne,
signé
A. Allex
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026