lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002795 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS MARTIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juillet 2020 et 19 août 2022, M. A B et Mme H B, représentés par Me Le Guen, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le certificat tacite du 24 décembre 2019 par lequel la maire de Rennes ne s'est pas opposée à la déclaration préalable de travaux déposée par M. C le 7 août 2019 pour la création d'une terrasse sur pilotis et la modification d'une façade sur une parcelle sise 10 rue de Primauguet à Rennes, ainsi que la décision implicite par laquelle cette même autorité a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rennes le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision litigieuse a été signée par une autorité incompétente ;
- le dossier de déclaration préalable est insuffisant ;
- la décision litigieuse méconnaît les règles de hauteur des clôtures fixées par le plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- elle méconnaît les règles concernant les constructions contiguës à un bâtiment identifié au patrimoine d'intérêt local classé 2 étoiles ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme n'autorisant en zone UE2c que des annexes à l'arrière.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juin et 19 septembre 2022, la commune de Rennes, représentée par la SARL Martin avocats, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique,
- les observations de Me Leduc, représentant M. et Mme B, et G, représentant la commune de Rennes ;
- les explications de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé, le 7 août 2019, à la mairie de Rennes une déclaration préalable de travaux, complétée le 1er octobre 2019, pour l'édification d'une terrasse sur une parcelle sise 10 rue de Primauguet à Rennes. En l'absence de réponse de la commune, une décision tacite de non-opposition est née, et a donné lieu à délivrance d'un certificat tacite de non-opposition le 24 décembre 2019. Par un courrier du 11 mars 2020, M. et Mme B, demeurant 12 rue de Primauguet à Rennes, ont formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, M. et Mme B demandent l'annulation de la décision tacite de non-opposition et de la décision ayant rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par arrêté du 20 septembre 2017, la maire de Rennes a donné à M. D, premier adjoint délégué à l'urbanisme et au développement durable, délégation à l'effet de signer tous les documents relatifs au droit de l'urbanisme, concernant notamment les déclarations préalables. Le moyen tiré de ce que le certificat tacite de non-opposition aurait été signé par une autorité incompétente doit donc être écarté comme manquant en fait.
3. Aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
4. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de ne pas s'opposer à ces travaux que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Le dossier de la déclaration préalable déposée par M. C comprend un plan de situation et un plan cadastral permettant de situer précisément la parcelle d'assiette du projet. Les mentions portées sur le plan de masse précisent que le projet porte sur la réalisation, sur la façade arrière de l'habitation sise 10 rue Primauguet au premier étage, d'une terrasse en bois sur pilotis d'une longueur de 720 cm courant sur la totalité de la façade, d'une largeur de 300 cm du côté de l'habitation sise 8 rue Primauguet et d'une largeur de 390 cm du côté de l'habitation de M. et Mme B sise au 12 de la même rue, cette dernière largeur intégrant celle d'un escalier desservant le rez-de-jardin. Les plans de façade sur jardin, et le plan de coupe, précisent que la terrasse sera bordée, sur ses deux largeurs, de brise-voies en claire-voie dans le même bois que celui utilisé pour la terrasse, se prolongeant par un retour de 60 cm sur la longueur de la terrasse. Le plan de coupe mentionne par ailleurs la hauteur de la construction envisagée. Le dossier présente également des photographies de la façade avant, qui ne sera pas modifiée par les travaux et des maisons mitoyennes, et une vue de la façade arrière avant et après travaux, qui permet d'apprécier l'insertion de la construction projetée dans son environnement. Dans ces conditions, quand bien même le dossier joint à la déclaration préalable ne comporte pas un plan de masse coté dans les trois dimensions, que certaines pièces de la demande ne font pas état des 90 cm correspondant à la largeur de l'escalier, qu'une erreur a été commise sur l'orientation de la parcelle dans le paragraphe sur la végétation et que l'existence d'un escalier interne desservant directement le jardin n'a pas été mentionnée, les informations contenues dans la déclaration, mentionnant les hauteurs et matériaux utilisés ainsi que l'implantation envisagée, étaient suffisantes pour permettre à l'autorité administrative d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable, en particulier aux dispositions du plan local d'urbanisme applicable sur le territoire de la commune de Rennes. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de la déclaration préalable doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 6.2. du règlement littéral du plan local d'urbanisme de Rennes, alors en vigueur, relatif aux règles générales portant sur les clôtures : " () / Hauteur des clôtures en limite séparative : / Sauf disposition différente au règlement graphique, la hauteur des clôtures en limite séparative ne dépasse pas 2 mètres par rapport au terrain naturel comprenant éventuellement un mur bahut de 0,70 m de hauteur moyenne (). ". Si les requérants invoquent la méconnaissance de la hauteur maximale autorisée pour les clôtures édifiées en limite séparative, en ce que la hauteur totale de la terrasse sur pilotis et celle des pare-vues qui seront érigés sur la largeur de la terrasse et une partie de sa longueur dépassera 4 mètres, ces pare-vues doivent être regardés comme un élément architectural en saillie de façade ne créant pas de surface au plancher, qui en vertu de l'article 3.1. du règlement applicable à toutes les zones, est exclu du calcul de la hauteur. Le dispositif de surélévation de la terrasse par pilotis ne saurait davantage être regardé comme une clôture en limite séparative. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du plan local d'urbanisme doit être écarté.
7. Aux termes du paragraphe 4 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes, alors en vigueur, relatif aux qualités architecturales des constructions : " () / Construction contiguë à un bâtiment identifié au patrimoine bâti d'intérêt local ou à un Monument historique / Dans les zones U, les constructions contiguës aux bâtiments identifiés au titre du patrimoine bâti d'intérêt local ou au titre des Monuments historiques prennent en compte dans leur conception les caractéristiques patrimoniale des bâtiments patrimoniaux. / () ". Si le projet de construction a pour effet de modifier la façade arrière d'une maison d'habitation appartenant à un ensemble composé de quatre maisons mitoyennes bénéficiant d'un classement dans l'inventaire du patrimoine bâti d'intérêt local en qualité d'édifice significatif de qualité patrimoniale 2 étoiles, les éléments retenus par l'inventaire pour caractériser l'intérêt local ne concernent que les façades avant qui ne seront pas affectées par le projet. S'agissant de la façade arrière, qui n'est pas évoquée dans le classement, existent d'ores et déjà des variations architecturales entre habitations au niveau de la toiture. Le projet en litige aura pour seul effet de modifier l'apparence de la façade arrière de la maison et n'apparaît pas de nature, eu égard au parti pris architectural retenu, à remettre en cause la caractéristique patrimoniale du bâtiment ayant justifié son inscription à l'inventaire.
8. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
9. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies produites par la commune de Rennes, que le quartier dans lequel le projet de construction est envisagé comprend déjà des extensions en bois adossées à des constructions du vingtième siècle en pierre. Ainsi qu'il a été dit, le projet en litige modifie seulement l'apparence de la façade arrière et la terrasse et les pare-vues ne seront pas visibles depuis la rue Primauguet ni depuis le boulevard de Vitré. Dans ces conditions, la maire de Rennes n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en autorisant la construction litigieuse.
10. L'article UE2c figurant au titre V du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes relatif aux règles spécifiques à chaque zone autorise, dans cette zone où se situe le terrain d'assiette du projet, la construction dans une bande de 15 mètres à compter de l'implantation sur voie. La circonstance que le règlement n'autorise dans cette même zone que la construction d'annexes à l'arrière des habitations n'a pas pour effet d'interdire la construction d'une extension prenant la forme d'une terrasse dans la continuité de la façade arrière de l'habitation, dès lors que cette terrasse reste comprise dans la bande de 15 mètres à compter de l'implantation sur voie. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision implicite de la commune de Rennes ne s'opposant pas à la déclaration de travaux souscrite par M. C.
Sur les frais liés au litige :
12. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme B doivent, dès lors, être rejetées.
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Rennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Rennes la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme H B, à la commune de Rennes et à M. E C
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
Mme Pottier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
V. F
Le président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026