vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002940 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2020, M. E et Mme C A, représentés par le cabinet Paul-Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Damgan s'est opposé à la déclaration préalable qu'ils ont déposée pour la division d'un terrain situé rue de la Cale en vue de construire ainsi que la décision implicite du 19 mai 2020 rejetant leur recours gracieux ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au maire de la commune de Damgan de leur délivrer un arrêté de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre très subsidiaire, de condamner la commune de Damgan à leur verser la somme de 150 000 euros en réparation des préjudices qu'ils ont subis, quitte à parfaire ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Damgan le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté du 20 janvier 2020 est entaché d'une insuffisance de motivation dès lors qu'il n'est pas motivé par la nécessité d'une protection particulière en raison de la qualité des sites, des milieux naturels et des paysages conformément aux dispositions de l'article L. 115-3 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 20 janvier 2020 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus du maire de retirer l'arrêté du 20 janvier 2020 constitue une illégalité fautive et, compte tenu de l'atteinte portée à leur droit de disposer de leurs biens, ils sont fondés à demander la somme de 150 000 euros au titre des préjudices qu'ils ont subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2021, la commune de Damgan, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- s'agissant des conclusions indemnitaires, aucune illégalité fautive n'a été commise par la commune et, en tout état de cause, si le tribunal admettait l'existence d'une faute, il ne saurait être fait droit à la demande des requérants dès lors qu'elle est beaucoup trop imprécise ;
- aucun des moyens soulevés par M. et Mme A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Franc, du cabinet Paul-Avocats, représentant M. et Mme A, et B, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Damgan.
Considérant ce qui suit :
1. M. E et Mme C A, propriétaires d'un terrain situé 9 rue de la Cale à Damgan, ont déposé, le 26 décembre 2019, à la mairie de Damgan une déclaration préalable en vue de diviser leur terrain en trois lots à construire. Par un arrêté du 20 janvier 2020, le maire de la commune de Damgan s'est opposé à leur déclaration préalable. Par une lettre en date du 19 mai 2020, M. et Mme A ont demandé au maire de la commune, d'une part, le retrait de cet arrêté, d'autre part, en cas de refus, à être indemnisés à hauteur de la somme de 150 000 euros au titre du préjudice né de l'illégalité fautive de la décision d'opposition à déclaration préalable. M. et Mme A demandent au tribunal, à titre principal, d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ".
3. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article R. 421-23 du même code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable les travaux, installations et aménagements suivants : / a) Les lotissements autres que ceux mentionnés au a de l'article R. 421-19 ; / b) Les divisions des propriétés foncières situées à l'intérieur des zones délimitées en application de l'article L. 115-3 () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 115-3 de ce code : " Dans les parties de commune nécessitant une protection particulière en raison de la qualité des sites, des milieux naturels et des paysages, le conseil municipal peut décider, par délibération motivée, de soumettre, à l'intérieur de zones qu'il délimite, à la déclaration préalable prévue par l'article L. 421-4, les divisions volontaires, en propriété ou en jouissance, d'une propriété foncière, par ventes ou locations simultanées ou successives qui ne sont pas soumises à un permis d'aménager. / L'autorité compétente peut s'opposer à la division si celle-ci, par son importance, le nombre de lots ou les travaux qu'elle implique, est de nature à compromettre gravement le caractère naturel des espaces, la qualité des paysages ou le maintien des équilibres biologiques. ".
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et tout particulièrement de la déclaration préalable, que le projet des requérants consiste à diviser la parcelle cadastrée section AS n° 36 d'une superficie de 1 602 m² pour créer trois lots à bâtir. Le projet de division litigieux constitue donc un lotissement au sens des dispositions précitées du a) de l'article R. 421-23 du code de l'urbanisme. Par suite, dès lors que l'arrêté d'opposition à déclaration préalable litigieux n'a pas été pris sur le fondement du b) de l'article R. 421-3 du code de l'urbanisme, les requérants ne peuvent utilement soutenir que cet arrêté serait insuffisamment motivé au regard de la nécessité de protéger la qualité d'un site, d'un milieu naturel ou d'un paysage au sens de l'article L. 115-3 du code de l'urbanisme ni, par voie de conséquence, soutenir que cet arrêté ne comporterait aucun visa relatif à l'instauration, sur le territoire communal, d'une zone soumise à obtention préalable d'une décision de non-opposition à déclaration préalable sur ce fondement.
5. D'autre part, l'arrêté en litige vise la délibération du conseil municipal de la commune de Damgan du 21 juin 2018 approuvant le plan local d'urbanisme. Par ailleurs, il mentionne que le projet de M. et Mme A méconnaît l'article Ub III. 1 du règlement du plan local d'urbanisme au regard de la dangerosité de l'accès créé sur la rue de la Cale pour desservir le lot C. Cette motivation est suffisamment précise pour permettre aux pétitionnaires de comprendre les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde.
6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. En second lieu, l'article Ub III.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Damgan dispose que : " Pour être constructible un terrain doit avoir un accès à une voie publique ou privée : soit directement, soit par l'intermédiaire d'un droit de passage acquis sur fonds voisins. Toutes les dispositions permettant une bonne visibilité et assurant la sécurité des usagers des voies publiques et celle des personnes utilisant les accès créés doivent être prises en compte pour le débouché des véhicules sur voie publique ou privée : position, configuration, nombre, etc. Aucune opération nouvelle ne peut prendre accès depuis les pistes cyclables et les sentiers piétons, ni les emprunter. Le nombre d'accès sur les voies publiques pourra notamment être limité dans l'intérêt de la sécurité et/ou pour des raisons de fluidité. () ". Le plan local d'urbanisme définit à son annexe n° 1, relative aux définitions, l'accès comme " le point de passage aménagé en limite de terrain pour accéder à celui-ci depuis la voie ouverte à la circulation générale ".
8. Le maire de Damgan s'est opposé à la division foncière en litige au motif de la méconnaissance par le projet des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme s'agissant de l'accès au lot C.
9. D'une part, si les pétitionnaires ont prévu que l'accès au lot C de leur projet doit s'effectuer par le biais d'une servitude de passage sur la parcelle cadastrée section AS n°34 qui donne sur la voie publique, il ressort des pièces du dossier, en particulier des photographies produites, qu'il n'existe actuellement aucun accès à cette parcelle depuis la voie publique. Le projet des requérants a donc pour effet de créer un nouveau point de passage pour accéder au terrain depuis la voie ouverte à la circulation générale et ils ne sont dès lors pas fondés à soutenir que les dispositions de l'article UB III. 1 précitées ne seraient pas applicables.
10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'accès au lot C tel qu'envisagé par les requérants dans leur projet s'implante à proximité immédiate d'un virage dangereux et ne bénéficie pas d'une visibilité suffisante tant pour entrer sur le terrain que pour en sortir en bénéficiant d'une insertion sécurisée sur la route communale, laquelle dessert la rue de la Cale ainsi que l'avenue des Sinagots. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier qu'il existe un espace réservé à la préparation des bateaux à l'endroit prévu pour l'accès projeté, au lot C de nature à rendre encore plus difficile la circulation et l'utilisation en toute sécurité de cette entrée. Compte tenu de la configuration des lieux, de la proximité du littoral, de la fréquentation du secteur pendant la saison estivale et du partage d'usage de la chaussée, le projet en litige ne présente pas de garanties suffisantes pour la sécurité des usagers. Dans ces conditions, le maire de la commune de Damgan était fondé, quand bien même les difficultés d'accès ne concerneraient qu'un seul des lots du projet, à s'opposer à la déclaration préalable déposée par M. et Mme A au motif de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub III. 1 du règlement du plan local d'urbanisme.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requérants ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
12. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que l'arrêté du 20 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Damgan a fait opposition à la déclaration préalable de M. et Mme A n'est pas illégal. Par suite, en l'absence de toute illégalité fautive commise par la commune, les conclusions indemnitaires des requérants doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Damgan, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A le versement d'une somme de 1 500 euros à la commune de Damgan au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et de Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront une somme de 1 500 euros à la commune de Damgan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et Mme C A et à la commune de Damgan.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
Mme Plumerault, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La rapporteure,
signé
F. D
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026