jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003057 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ALLIOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 juillet 2020, 20 octobre 2020,
1er décembre 2020, 26 janvier 2021 et 16 janvier 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas donné lieu à communication, M. B A, représenté par Me Deleurme-Tannoury, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 20 février 2020 par laquelle le conseil municipal de La Mézière a approuvé l'attribution et la cession de lots du lotissement " Domaine de Chevesse Nord ", ainsi que la décision du 19 mai 2020 du maire de La Mézière rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Mézière la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il a intérêt à agir, en tant que contribuable local, résident de la commune et riverain du projet de lotissement ;
- la délibération attaquée est entachée d'un vice au regard de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, dès lors que la commune ne justifie pas d'une convocation régulière des conseillers municipaux dans le délai prévu à cet article ;
- la délibération attaquée est entachée d'un vice au regard de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, dès lors que la note explicative de synthèse transmise aux conseillers municipaux contenait une information insuffisante ;
- l'attribution des lots litigieuse n'a pas été précédée d'un débat sérieux ;
- l'attribution des lots litigieux a été faite par un comité de pilotage irrégulièrement constitué ;
- le comité de pilotage s'est réuni à six reprises alors que le nombre de réunions prévu était de trois ;
- l'attribution des lots a méconnu le règlement d'attribution fixé par la délibération du
4 juillet 2019 et le principe d'égalité dès lors que la candidature d'une personne a été retenue alors qu'elle est professionnelle de l'immobilier, que des candidats ont été retenus alors qu'ils étaient déjà propriétaires à La Mézière, que certaines candidatures n'ont pas été traitées dans l'ordre d'arrivée ou selon le rang de classement, que les candidats n'ont pas été présentés 5 par 5 pour choisir les lots et, enfin, que certains candidats présentent un rang de classement qui ne paraît pas correspondre à leur situation réelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 septembre 2020, 13 novembre 2020 et
7 décembre 2020, la commune de La Mézière, représentée par Me Allioux, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A de la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête n'est pas recevable dès lors que M. A n'a pas d'intérêt à agir ;
- pour le surplus, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un courrier du 9 janvier 2023, le tribunal a invité, en application de l'article
R. 613-1-1 du code de justice administrative, la commune de La Mézière à produire des pièces en vue de compléter l'instruction.
Ces pièces ont été communiquées le 12 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public ;
- et les observations de Me Deleurme-Tannoury, représentant M. A, et de
Me Allioux, représentant la commune de La Mézière.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 4 juillet 2019, le conseil municipal de La Mézière a adopté le règlement d'attribution de vingt lots à bâtir d'un lotissement communal aménagé dans le secteur de la Chevesse Nord et a précisé les conditions de vente de ces lots. Le 20 février 2020, le conseil municipal a adopté une délibération décidant de l'attribution de ces lots et fixant les conditions de leur cession.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Si M. B A soutient avoir intérêt à agir pour demander l'annulation de la délibération attaquée en sa qualité de résident de la commune de La Mézière, il n'établit pas, ni même n'allègue, résider dans cette commune. Sa qualité d'exploitant de terres agricoles situées dans la commune est à cet égard sans incidence. Si le requérant se prévaut également de sa qualité de riverain de l'opération de lotissement litigieuse, il ressort des pièces du dossier que la plus proche des parcelles agricoles qu'il exploite est située à 200 mètres de la limite sud du lotissement et que, contrairement à ce qu'il soutient, l'accès à l'une de ces parcelles ne traverse pas le lotissement " Domaine de Chevesse Nord ". Si M. A soutient que d'autres tranches du lotissement, auxquelles n'appartiennent pas les lots objet de la délibération attaquée, sont plus proches de ces terres agricoles, cette circonstance est sans incidence pour l'appréciation de la recevabilité de sa requête dirigée contre la délibération du 20 février 2020.
3. Par ailleurs, M. A se prévaut de la qualité de contribuable local dès lors que les baux ruraux conclus pour l'exploitation de ces terres mettent à sa charge une part de la taxe foncière supportée par le bailleur. Toutefois et en tout état de cause, la délibération du
20 février 2020, qui attribue les lots d'un lotissement communal et autorise leur cession selon un prix de vente fixé par une précédente délibération, elle-même devenue définitive, n'emporte par elle-même aucune conséquence financière sur le budget communal. Dans ces conditions,
M. A, qui ne soutient pas par ailleurs avoir été candidat à l'attribution de l'un des lots à bâtir offerts à la vente, est dépourvu d'intérêt à agir. La circonstance que le maire de La Mézière n'ait pas fait valoir son défaut d'intérêt à agir dans la décision de rejet de son recours gracieux est sans incidence à cet égard. La fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir doit, par suite, être accueillie.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la délibération du 20 février 2020 par laquelle le conseil municipal de La Mézière a approuvé l'attribution et la cession de lots du lotissement " Domaine de Chevesse Nord " et de la décision du 19 mai 2020 du maire de La Mézière rejetant le recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de
M. A la somme que la commune de La Mézière demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par M. A soit mise à la charge de la commune de La Mézière, qui n'est pas la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Mézière présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de La Mézière.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le rapporteur,
A. C
Le président,
G.-V. Vergne
La greffière,
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026