vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 juillet 2020 et le 30 novembre 2021, M. A F, Mme C F et Mme G H, représentés par Me Jean-Meire, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys a déclaré non-réalisable une opération consistant à édifier une ou plusieurs habitations sur des parcelles situées 14 rue du Bauzec Kercambre ;
2°) d'enjoindre à la commune, à titre principal, de délivrer un nouveau certificat d'urbanisme déclarant l'opération réalisable, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la commune, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de la demande de certificat d'urbanisme, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le classement des parcelles cadastrées section AK nos 88 et 91 en zone Nds est illégal en ce qu'il méconnaît les dispositions des articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme ;
- la mention dans le certificat d'urbanisme des dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-12 du code de l'urbanisme est illégale dès lors qu'elles ne sont pas applicables aux parcelles faisant l'objet de la demande ;
- la mention que le terrain serait grevé par une servitude relative au passage des piétons sur le littoral (EL9) est entachée d'une erreur de fait ;
- le classement des parcelles en zone Ud du plan local d'urbanisme est illégal en ce qu'il méconnaît les dispositions de l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme et en ce qu'il est fondé sur des notions subjectives et imprécises.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 23 octobre 2020 et le 27 décembre 2021, la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en intervention, enregistrés le 9 novembre 2020 et le 25 mars 2021, M. D E demande au tribunal de faire droit aux conclusions présentées par la commune tendant au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu l'arrêt n° 19NT02364 de la cour administrative d'appel de Nantes du 30 mars 2020.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Jean-Meire, représentant M. et Mme F ainsi que Mme H, de Me Chatel, de la SELARL Cabinet Coudray, représentant la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys, et de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F, Mme C F et Mme G H sont propriétaires de cinq parcelles cadastrées section AK nos 88, 89, 90, 91 et 202 situées 14 rue Bauzec sur le territoire de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys. Le 27 avril 2016, ils ont présenté à la mairie de Saint-Gildas-de-Rhuys une demande de certificat d'urbanisme opérationnel. Par un arrêté en date du 24 juin 2016, le maire de Saint-Gildas-de-Rhuys a déclaré l'opération non réalisable au motif de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme. Les intéressés ont alors exercé un recours contentieux à l'encontre de cette décision et, par un arrêt du 30 mars 2020, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé la décision du 24 juin 2016 et enjoint à la commune de réexaminer la demande des requérants. Par un certificat d'urbanisme en date du 20 mai 2020, le maire de Saint-Gildas-de-Rhuys a également déclaré l'opération non réalisable au motif de la méconnaissance du plan local d'urbanisme. Les requérants demandent l'annulation de cette décision.
Sur l'intervention de M. E :
2. M. E fait valoir que le projet, s'il venait à être réalisé, serait susceptible de porter atteinte à la jouissance de son bien. Il ressort des pièces du dossier que sa résidence secondaire jouxte le terrain d'emprise des consorts F et que la construction d'une ou plusieurs maisons entraverait ses perspectives visuelles sur le littoral. Son intervention au soutien de la commune doit donc être admise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'illégalité du classement des parcelles cadastrées section AK nos 88 et 91 en zone Nds en ce qu'il méconnaît les dispositions des articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme :
3. Aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. Un décret fixe la liste des espaces et milieux à préserver, comportant notamment, en fonction de l'intérêt écologique qu'ils présentent, les dunes et les landes côtières, les plages et lidos, les forêts et zones boisées côtières, les îlots inhabités, les parties naturelles des estuaires, des rias ou abers et des caps, les marais, les vasières, les zones humides et milieux temporairement immergés ainsi que les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 79/409 CEE du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages ". Aux termes de l'article R. 121-4 du même code : " En application de l'article L. 121-23, sont préservés, dès lors qu'ils constituent un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral et sont nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou présentent un intérêt écologique : () / 5° Les marais, les vasières, les tourbières, les plans d'eau, les zones humides et milieux temporairement immergés ; / 6° Les milieux abritant des concentrations naturelles d'espèces animales ou végétales telles que les herbiers, les frayères, les nourriceries et les gisements naturels de coquillages vivants, ainsi que les espaces délimités pour conserver les espèces en application de l'article L. 411-2 du code de l'environnement et les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ; () ".
4. Par ailleurs, en vertu d'un principe général, il incombe à l'autorité administrative de ne pas appliquer un règlement illégal. Ce principe trouve à s'appliquer, en l'absence même de toute décision juridictionnelle qui en aurait prononcé l'annulation ou les aurait déclarées illégales, lorsque les dispositions d'un document d'urbanisme, ou certaines d'entre elles si elles en sont divisibles, sont entachées d'illégalité, sauf si cette illégalité résulte de vices de forme ou de procédure qui ne peuvent plus être invoqués par voie d'exception en vertu de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme.
5. Ces dispositions doivent ainsi être écartées, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, par l'autorité chargée de délivrer des certificats d'urbanisme ou des autorisations d'utilisation ou d'occupation des sols, qui doit alors se fonder, pour statuer sur les demandes dont elle est saisie, sur les dispositions pertinentes du document immédiatement antérieur ou, dans le cas où celles-ci seraient elles-mêmes affectées d'une illégalité dont la nature ferait obstacle à ce qu'il en soit fait application, sur le document encore antérieur ou, à défaut, sur les règles générales fixées par les articles L. 111-1 et suivants et R. 111-1 et suivants du code de l'urbanisme.
6. Il appartient également à l'autorité administrative chargée de se prononcer sur une demande d'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la conformité du projet avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, notamment celles de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme.
7. Enfin, pour apprécier si les parcelles en cause présentent le caractère de site ou paysage remarquable à protéger au sens du premier alinéa de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme, l'autorité compétente ne peut se fonder sur leur seule continuité avec un espace présentant un tel caractère, sans rechercher si elles constituent avec cet espace une unité paysagère justifiant dans son ensemble cette qualification de site ou paysage remarquable à préserver.
8. A ce titre, l'autorité administrative s'assure de la conformité d'une autorisation d'urbanisme avec l'article L. 121-23 de ce code compte tenu des dispositions du schéma de cohérence territoriale applicable déterminant les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés et définissant leur localisation, dès lors qu'elles sont suffisamment précises et compatibles avec les dispositions législatives particulières au littoral.
9. En l'espèce, si la décision en litige est fondée sur la méconnaissance des dispositions de la zone Ud du plan local d'urbanisme, l'arrêté du 20 mai 2020 mentionne également que le terrain composé des parcelles cadastrées section AK nos 202, 88, 89, 90 et 91 est classé en zone Nds et les requérants sont à ce titre recevables à contester ces termes de la décision, quand bien même ce dernier classement n'aurait pas motivé la décision en litige déclarant l'opération non réalisable.
10. Aux termes de l'action intitulée " Protéger les espaces remarquables ", le schéma de cohérence territoriale dispose que " Les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, ainsi que les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques sont protégés. Peuvent notamment être concernés, en fonction de l'intérêt écologique qu'ils présentent, les dunes et les landes côtières, les plages et lidos, les forêts et zones boisées côtières, les îlots inhabités, les parties naturelles des estuaires, les rias ou abers et les caps, les marais, les vasières, les zones humides et milieux temporairement immergés ainsi que les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune. / Le SCoT identifie à son échelle, les enveloppes des espaces pressentis remarquables au sens de la loi Littoral (voir carte en fin d'orientation). / Les documents d'urbanisme précisent localement la délimitation des espaces remarquables au sein des enveloppes proposées à l'échelle du SCoT voire au-delà, si les critères d'une telle qualification sont réunis, en se fondant sur le caractère remarquable de ces espaces, leur intérêt au titre du patrimoine naturel et culturel du littoral ou des milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. / Les espaces remarquables sont protégés de toute forme d'urbanisation, sauf exception prévue par les lois et règlements applicables (constructions nécessaires à la sécurité civile, etc.). ".
11. Il résulte de ces orientations que le schéma de cohérence territoriale du Golfe du Morbihan Vannes Agglomération met en œuvre les dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme et qu'il doit être tenu compte de ces dispositions, qui ne sont elles-mêmes pas incompatibles avec les dispositions particulières au littoral, afin d'apprécier la conformité du projet avec les dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme.
12. Or, Il ressort de la carte du schéma de cohérence territoriale figurant les espaces remarquables pressentis en hachurage vert que les parcelles des requérants ne sont pas incluses dans un tel périmètre. Certes, il résulte également des orientations du schéma de cohérence territoriale que les auteurs d'un plan local d'urbanisme peuvent délimiter des espaces remarquables au-delà de ceux identifiés comme remarquables en raison de leur intérêt au titre du patrimoine naturel ou culturel. A cet égard, le plan local d'urbanisme identifie dans le rapport de présentation un " corridor écologique fragilisé " représenté en pointillés verts et un " réservoir de biodiversité " matérialisé par un trait jaune.
13. Toutefois, il ressort des données issues du site Geoportail que la zone Natura 2000 " Côte Ouest de Rhuys " ainsi que la zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique de type I du Grand Mont se situent plus à l'ouest du territoire identifié par le plan local d'urbanisme et que le lieudit de Kercambre, du fait de son caractère urbanisé notamment à l'ouest de la rue du Bauzec, ne comporte pas d'espace d'un intérêt écologique particulier. Les parcelles des requérants, vierges de toute construction, n'en sont pas moins entourées de maisons individuelles et sont coupées, à l'est, de l'espace naturel composé d'un bois de feuillus et de prairies, par la rue du Bauzec et la présence de quelques constructions.
14. En défense, la commune n'apporte, pour justifier la délimitation au plan local d'urbanisme d'un réservoir de biodiversité, aucun élément de nature à établir l'intérêt écologique de cette enclave à l'état naturel. En outre, la zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique de type I du Grand Mont comme la zone Natura 2000 sont éloignées, à l'ouest, à plus d'un kilomètre, et sont séparées du tènement foncier en cause par plusieurs secteurs urbanisés si bien que le secteur contesté classé en zone Nds n'est pas susceptible de former une unité paysagère avec l'espace identifié comme remarquable.
15. Par suite, en se bornant à observer que les parcelles s'incorporent au sein d'une vaste zone Nds constitutive d'un espace remarquable et en ajoutant que sous l'empire du plan d'occupation des sols ces parcelles étaient déjà classées en espaces remarquables, la commune ne met pas à même le tribunal d'apprécier, en termes de préservation de la biodiversité, les raisons qui justifieraient, eu égard aux orientations du schéma de cohérence territoriale et aux dispositions des articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme, un tel classement en zone Nds.
16. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le document d'urbanisme est illégal en tant qu'il classe en zone Nds les parcelles cadastrées AK nos 88 et 91 et qu'ainsi le certificat d'urbanisme attaqué ne devait pas faire mention de ce classement.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'illégalité des mentions des articles L. 121-8 et L. 121-12 du code de l'urbanisme :
17. Dans son arrêt du 30 mars 2020, n° 19NT02364 la cour administrative d'appel de Nantes a estimé que le tènement foncier constitué " des deux parcelles cadastrées section AK 89 et 90 mentionnées dans la demande de certificat d'urbanisme comme terrain d'assiette de la ou des constructions projetées, est situé à proximité immédiate de nombreuses constructions au nord, à l'ouest et à l'est, dont plus d'une vingtaine sont groupées dans la bande littorale des 100 mètres autour du tènement. " et qu'il doit ainsi " être regardé comme situé dans un espace urbanisé au sens des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme. ".
18. En l'espèce, la commune n'a pas motivé le certificat d'urbanisme négatif en se fondant sur les dispositions des articles L. 121-8 à L. 121-12 du code de l'urbanisme. En revanche, l'article 1er du certificat d'urbanisme en litige indique que " Le terrain est situé sur une commune où s'appliquent les dispositions de la Loi n° 86.2 du 03/01/1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du Littoral. Tout projet ne pourra être autorisé que dans la mesure où il est conforme aux dispositions des articles L. 121-8 à L. 121-12 du code de l'urbanisme. ".
19. Les dispositions des articles L. 121-8 à L. 121-12 du code de l'urbanisme, qui prévoient le principe de l'extension de l'urbanisation en continuité avec les agglomérations et villages existants et en précisent les exceptions, s'appliquent sur l'ensemble du territoire des communes littorales, que le terrain concerné soit ou non situé à proximité du rivage.
20. Cette seule mention à caractère informatif dans la décision attaquée se borne à préciser le régime juridique applicable à l'ensemble du territoire de la commune, sans statuer sur le caractère réalisable ou non de l'opération envisagée au regard de ces dispositions. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du certificat d'urbanisme en tant qu'il précise qu'un projet ne pourra être autorisé que dans la mesure où il est conforme aux dispositions des articles L. 121-8 à L. 121-12 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'illégalité de la mention que le terrain serait grevé par une servitude relative au passage piéton sur le littoral (EL9) en ce qu'elle est entachée d'une erreur de fait :
21. Il ne ressort ni du règlement graphique ni du plan des servitudes annexé au plan local d'urbanisme que les parcelles des requérants ne seraient pas grevées partiellement de la servitude E9 correspondant à la servitude de passage des piétons le long du littoral prévue par l'article L. 160-6 du code de l'urbanisme.
22. En particulier, si les requérants prétendent qu'ils auraient " rétrocédé à la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys une bande de terrain à cet endroit il y a plusieurs années ", ils n'apportent, à l'appui de leurs allégations, aucun élément de preuve permettant d'apprécier le bien-fondé de ce moyen qui doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'illégalité du classement des parcelles en zone Ud en ce qu'il méconnaît les dispositions de l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme et en ce qu'il est fondé sur des notions subjectives et imprécises :
23. Aux termes de l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme, dans sa version antérieure à la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové : " Le règlement fixe () les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés à l'article L. 121-1, qui peuvent notamment comporter l'interdiction de construire , () et définissent, en fonction des circonstances locales, les règles concernant l'implantation des constructions. / A ce titre, le règlement peut () / : 12° Fixer une superficie minimale des terrains constructibles lorsque cette règle est justifiée par des contraintes techniques relatives à la réalisation d'un dispositif d'assainissement non collectif ou lorsque cette règle est justifiée pour préserver l'urbanisation traditionnelle ou l'intérêt paysager de la zone considérée ".
24. Il appartient à l'autorité locale de définir les partis d'urbanisme que traduit le plan local d'urbanisme dans le respect des dispositions du code de l'urbanisme. Dès lors, la légalité des prescriptions d'un plan local d'urbanisme ayant pour effet d'interdire dans une zone U la plupart des constructions nouvelles s'apprécie au regard du parti d'urbanisme retenu, défini notamment par les orientations générales et par les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables.
25. Il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme que " La zone Ud correspond à des secteurs dédiés à l'habitat et aux activités compatibles avec l'habitat et situés dans une zone très proche du littoral. En effet, bien qu'appartenant à la partie agglomérée, la commune a également souhaité protéger la frange littorale d'une densification en interdisant les nouvelles constructions à proximité du rivage. Seules les extensions et dépendances sont autorisées dans une limite de 30% de l'emprise au sol des constructions existantes sans dépasser 30m². La commune avait initialement limité ces extensions à 10% de l'emprise au sol mais cette règle et plus généralement le principe de la zone Ud ont été fortement contestés lors de l'enquête publique. Excepté sur le secteur de Porh Pouric (cf zone Ubc), la commune a souhaité maintenir le principe de la zone Ud sur les secteurs bâtis le long de la frange littorale afin de la préserver en y interdisant les nouvelles constructions. Cependant, elle a accepté d'augmenter légèrement les possibilités d'extension afin de ne pas bloquer les propriétaires dans un éventuel réaménagement de leur maison (construire une chambre en rez-de-chaussée par exemple). ".
26. L'orientation n° 2 du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intitulé " Donner des limites géographiques et temporelles à l'urbanisation " précise que " Les dynamiques d'urbanisation en cours ont provoqué une importante consommation du foncier et un étalement urbain important. Les dispositions du POS précédent ont favorisé un tissu urbain peu dense et lâche. Il laisse place à de nombreuses parcelles non bâties (dents creuses) et de nombreux ensembles non bâtis au cœur du tissu urbain existant. Par conséquent, les capacités foncières restantes sont plus importantes que les besoins estimés pour assurer les objectifs d'accueil. La commune souhaite mettre en place une politique de gestion du foncier correspondant à ces besoins : il s'agit de contenir l'essentiel du développement urbain au sein des limites actuelles de l'agglomération et de limiter l'urbanisation de la frange littorale. ".
27. Cette orientation comporte également un objectif n° 2 intitulé " Encadrer la densification du tissu existant " visant à restreindre la densification des tissus urbains périphériques comme celui de Kercambre et à éviter l'urbanisation " dans les secteurs bâtis le long du littoral et dans des secteurs sensibles d'un point de vue paysager () afin de préserver le trait de côte et les ambiances paysagères caractéristiques. ".
28. Il en résulte que les auteurs du plan local d'urbanisme ont pu prévoir, au regard du parti d'aménagement qu'ils avaient retenu, d'autoriser les extensions limitées des constructions existantes mais d'interdire les seules constructions nouvelles en zone Ud, sans qu'il soit besoin de définir plus précisément la notion de " zone très proche du littoral " correspondant à la frange littorale de la commune et sans qu'il soit nécessaire en particulier de fixer la distance maximale par rapport au rivage applicable à ces secteurs.
29. Si les requérants soulignent qu'un terrain situé à distance égale du littoral bénéficie d'un zonage différent, le zonage en question est le zonage Ubla, lequel " correspond aux secteurs accueillant des hébergements collectifs et hôteliers (Domaine de la Côte, Maison familiale la Pierre Bleue) et aux parcs résidentiels de loisirs (Ar Blennig) ". Ce secteur se trouvant dans une situation différente au regard de son affectation, les requérants ne sauraient invoquer à cet égard ni une erreur manifeste d'appréciation ni même une rupture d'égalité.
30. En outre, les secteurs de Kercambre, pour ce qui concerne la zone Ubb, du Grand-Mont, de Port-Maria ou encore de la Croix Daniel auxquels font référence les requérants ne sont pas en continuité directe du rivage ou ne constituent pas le premier rang de front bâti le long du littoral. Les secteurs bâtis de Kerpont classés en zones Ubb et Uaa se trouvent pour leur part masqués par la plage des Govelins dont ils sont en retrait et distants de plus de 300 mètres. S'agissant enfin du quartier de Port-Pouric, les auteurs du plan local d'urbanisme ont estimé qu'il n'était pas situé dans une frange littorale. Or, les premiers terrains bâtis de ce secteur de Port-Pouric sont à plus de 200 mètres du rivage, alors que le secteur de Kercambre des parcelles des requérants classées en zone Ud comporte plus du tiers de ses maisons en front de mer. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces différents secteurs urbanisés étaient dans une situation identique nécessitant qu'ils fassent l'objet d'un classement similaire.
31. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité du plan local d'urbanisme en ce qui concerne le classement en zone Ud des parcelles des requérants, doit être écarté.
32. Il résulte de tout ce qui précède que le certificat d'urbanisme négatif en date du 20 mai 2020 doit être annulé en tant seulement qu'il comporte des mentions relatives à l'existence d'une zone Nds.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
33. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête en tant qu'elles concernent le classement en zone Ud des parcelles et justifie le caractère négatif du certificat d'urbanisme du 20 mai 2020, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte tendant à la délivrance d'un nouveau certificat d'urbanisme déclarant l'opération projetée réalisable ou encore à une nouvelle instruction de la demande de certificat d'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. F, Mme F et Mme H, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys une somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
35. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys le paiement d'une somme globale de 1 000 euros à verser à M. F, Mme F et Mme H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. E est admise.
Article 2 : Le certificat d'urbanisme en date du 20 mai 2020 est annulé en tant seulement qu'il comporte des mentions relatives à l'existence d'une zone Nds.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête à fins d'annulation et d'injonction sous astreinte est rejeté.
Article 4 : La commune de Saint-Gildas-de-Rhuys versera à M. F, Mme F et Mme H une somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et Mme C F, à Mme G H, à M. D E et à la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
F. B
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026