jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003188 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 juillet 2020, le 20 août 2020 et le
27 octobre 2020, Mme A C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Quiberon a refusé de l'autoriser à exposer des questions orales lors de la séance du conseil municipal qui s'est tenue le 16 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Quiberon de lui permettre d'exposer ses questions orales lors de la prochaine séance du conseil municipal ainsi que de prendre des mesures visant à garantir une transcription intégrale des contributions et des interventions des membres de l'opposition siégeant au conseil municipal, dans les procès-verbaux de séance, dans un délai raisonnable.
Elle soutient que :
- elle a déposé une question orale à la mairie de Quiberon, le 6 juillet 2020, afin que
celle-ci puisse être enregistrée à l'ordre du jour du conseil municipal devant se tenir le
16 juillet 2020 ;
- sa question orale n'étant pas inscrite à l'ordre du jour du conseil municipal, reçu par courrier daté du 10 juillet 2020, elle a rédigé deux nouvelles questions orales, enregistrées le
13 juillet 2020 auprès des services municipaux ;
- lors de la séance du conseil municipal du 16 juillet 2020, le maire n'a pas évoqué ses questions orales et n'y a pas apporté de réponses ;
- la décision du maire d'ignorer ses questions orales est constitutive d'une faute et est entachée d'excès de pouvoir ;
- son objectif, en présentant des questions orales, était de contribuer à l'instauration d'un vrai débat démocratique au sein du conseil municipal ;
- aucune réponse ne lui a été apportée, en séance, ainsi que le prétend la commune, à sa question orale n°3.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2020, la commune de Quiberon, représentée par Me Pierre-Yves Matel, avocat, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de Mme C sont irrecevables, d'une part, en ce que sa requête ne répond pas aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et, d'autre part, en ce que la décision de refus contestée est inexistante, l'intéressée ayant été autorisée à s'exprimer sur les sujets préalablement exposés lors de la séance du conseil municipal du
16 juillet 2020 ;
- aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,
- et les observations de Me Matel, représentant la commune de Quiberon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Gonnot-Gélan, conseillère municipale de la commune de Quiberon, demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire a refusé de l'autoriser à présenter des questions orales au cours de la séance du conseil municipal qui s'est tenue le 16 juillet 2020.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2121-19 du code général des collectivités territoriales : " Les conseillers municipaux ont le droit d'exposer en séance du conseil des questions orales ayant trait aux affaires de la commune. Dans les communes de 1 000 habitants et plus, le règlement intérieur fixe la fréquence ainsi que les règles de présentation et d'examen de ces questions. A défaut de règlement intérieur, celles-ci sont fixées par une délibération du conseil municipal. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et particulièrement de la lecture du procès-verbal rédigé à l'issue du conseil municipal qui s'est tenu le 16 juillet 2020, que Mme C a participé aux débats sur chacun des points à l'ordre du jour de cette séance. Lorsque les questions diverses ont été abordées, Mme C a été en mesure de formuler les trois questions orales dont le maire avait été informé préalablement à cette séance du conseil municipal, portant sur la possibilité pour les conseillers municipaux de poser des questions orales sur les affaires de la commune lors des séances du conseil, sur la transmission de ces questions orales préalablement à la séance, ainsi que sur l'information des conseillers municipaux avant les séances, notamment par la transmission d'une note de synthèse. Mme C ne conteste pas utilement les mentions reportées sur le procès-verbal de cette séance du conseil municipal, en se bornant à soutenir que la présentation de sa troisième question a été synthétisée et que le maire n'aurait pas répondu à
celle-ci. Au regard de ces éléments, et ainsi que la commune de Quiberon le fait valoir en défense,
Mme C n'est pas fondée à soutenir que le maire de Quiberon aurait refusé de lui permettre d'exposer, lors de la séance du conseil municipal du 16 juillet 2020, des questions orales ayant trait aux affaires de la commune. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation, présentées contre une décision inexistante, ne sont pas recevables.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la seconde fin de non-recevoir opposée par la commune tirée de la méconnaissance des exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette pour irrecevabilité les conclusions tendant à l'annulation d'une décision inexistante, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C, lesquelles, au demeurant, excèdent les prévisions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Quiberon.
Une copie du présent jugement sera adressée au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
signé
M. Thalabard
Le président,
signé
G.-V. VergneLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026