LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2003509

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2003509

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2003509
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMOREAU-VERGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 août 2020 et le 30 juin 2022,

M. B A D, représenté par Me Moreau-Verger, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le comptable public a procédé à des retenues sur ses traitements des mois de mars et avril 2020, ensemble la décision du 22 juin 2020 par laquelle le directeur régional des finances publiques Bretagne et Ille-et-Vilaine a rejeté son recours gracieux à l'encontre de ces deux retenues sur traitement ;

2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de procéder ou de faire procéder à la régularisation des retenues sur opérées aux mois de mars et avril et d'assortir ces sommes des intérêts à taux et de procéder à la capitalisation de ces intérêts, sous astreinte de

200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;

3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas démontré de la compétence des auteurs des décisions attaquées ;

- les prélèvements en litige sont entachés d'un défaut d'information sur les bases de leurs liquidations ;

- ils sont entachés d'un vice de procédure : l'ordonnateur n'avait pas adressé de pièces justificatives ni même de titre de perception ;

- les décisions attaquées sont dépourvues de base légale ;

- il a été privé de son traitement dans les derniers mois de 2019 de manière infondée et le tribunal administratif a annulé l'arrêté du 24 septembre 2019 portant interruption de son traitement, il appartenait en conséquence à la ministre des armées de s'acquitter du versement de l'IFSE et de l'indemnité compensatrice durant les deux mois pendant lesquels le versement a été interrompu.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 novembre 2021 et 18 mars 2022, le directeur régional des finances publiques Bretagne et Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le requérant n'a pas formulé de recours gracieux dans la mesure où le courrier du conseil du 1er avril 2020 ne concernait pas les mêmes sommes que celles objets de prélèvements des mois de mars et avril 2020, par conséquent la requête est irrecevable ;

- les autres moyens soulevés par M. le D ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 mars et 5 juillet 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- elle était en droit de compenser les trop perçus de M. A Floc'h ;

- M. A Floc'h avait perçu indument 4 241,96 euros au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions, et d'expertise (IFSE) et de l'indemnité compensatrice de contribution sociale généralisée (CSG) ;

- les autres moyens soulevés par M. le D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;

- l'arrêté du 14 novembre 2016 pris pour l'application au corps des ingénieurs d'études et de fabrications du ministère de la défense des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,

- et les observations de Me Moreau-Verger, représentant M. A D.

Considérant ce qui suit :

1. M. A Floc'h est ingénieur d'études et de fabrications du ministère des armées. Par un courrier du 26 février 2020, le directeur du centre ministériel de gestion (CMG) de

Rennes l'a informé de la prochaine régularisation d'un trop perçu sur salaire d'un montant de 5 631,91 euros, sur la période allant du 20 septembre au 31 octobre 2019, et qu'un titre de perception serait émis à cet effet. Par courrier du 1er avril 2020 son conseil a introduit un

recours administratif préalable auprès du directeur régional des finances publiques (DRFIP)

d'Ille-et-Vilaine, pour s'opposer à l'exécution de cette procédure. Le 22 juin 2020, cette autorité par un courrier, lui a confirmé la teneur des éléments d'information apportés par le CMG de Rennes, et lui a indiqué que deux autres retenues ont été réalisées sur les traitements de mars et

avril 2020, pour des montants respectifs de 2 699,16 euros et 72,82 euros. Ces rappels étaient destinés à corriger un reversement trop important effectué sur la paie de janvier 2020 au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et de l'indemnité compensatrice de contribution sociale généralisée (CSG). M. A Floc'h demande l'annulation des prélèvements opérés sur ses traitements de mars et avril 2020 ainsi que celle du courrier du 22 juin 2020 par lequel le directeur régional des finances publiques Bretagne et Ille-et-Vilaine a rejeté son recours gracieux à l'encontre de ces deux retenues sur traitement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort de l'arrêté du 18 avril 2013 pris pour l'application de l'article 128 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique et fixant l'assignation comptable des rémunérations des personnels de l'Etat servies sans ordonnancement préalable ainsi que des titres de perception émis à l'encontre des personnels et relatifs aux indus de rémunération, aux acomptes sur rémunération non régularisés, aux validations de services auxiliaires et aux rachats d'années d'études que le directeur régional des finances publiques Bretagne et Ille-et-Vilaine est comptable assignataire des rémunérations versées pour un certain nombre d'agents de l'Etat (titulaires ou contractuels), au nombre desquels figurent une partie des personnels civils du ministère des armées. Le moyen manque en fait et doit donc être écarté.

3. L'article 37-1 de la loi susvisée du 12 avril 2000 dispose que : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. ()".

Il résulte de ces dispositions qu'une somme indûment versée par une personne publique à l'un de ses agents au titre de sa rémunération peut, en principe, être répétée dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de sa date de mise en paiement sans que puisse y faire obstacle la circonstance que la décision créatrice de droits qui en constitue le fondement ne peut plus être retirée.

4. Aux termes de l'article 128 du décret du 7 novembre 2012 : " Les dépenses de personnel sont liquidées et payées sans engagement ni ordonnancement préalable par les comptables publics désignés par arrêté du ministre chargé du budget, dans les conditions suivantes : 1° L'ordonnateur certifie le service fait en communiquant au comptable assignataire les bases de calcul nécessaires à la liquidation et à la mise en paiement des rémunérations des agents ainsi qu'à la détermination des retenues à opérer sur celles-ci ; 2° Le comptable assignataire liquide les rémunérations et procède à leur mise en paiement. S'agissant de ces dépenses, le contrôle de la disponibilité des crédits prévu au c du 2° de l'article 19 est exercé par le comptable public avant les paiements afférents au mois de décembre de chaque année. Les dépenses de personnel liquidées et payées, par exception, avec engagement ou ordonnancement préalable sont arrêtées par le ministre chargé du budget. ".

5. L'Etat, en l'absence de textes faisant obstacle à ce que des retenues soient effectuées sur le traitement des fonctionnaires de la part saisissable du traitement, est en droit de compenser à due concurrence le traitement dû à un fonctionnaire avec les sommes dont l'intéressé peut être redevable envers lui pour une dette liquide et exigible. La retenue sur traitement constitue une mesure purement comptable qui n'est soumise à aucune procédure particulière. Par suite, elle n'exige pas que l'intéressé ait été préalablement informé de la décision d'effectuer des retenues sur ses traitements et des modalités selon lesquelles elles seront pratiquées, ni que des mentions spécifiques relatives à ces prélèvements figurent obligatoirement sur les bulletins de paye concernés.

6. Il résulte de l'instruction que M. A Floc'h s'est vu verser sur son traitement de janvier 2020, 4 130,53 euros au titre de son IFSE et sus de ses 1 226,89 euros mensuels, ainsi que

111,43 euros au titre de l'indemnité compensatrice de contribution sociale généralisée (CSG) en sus de 33,10 euros récurrents. Si le requérant reproche à l'administration de ne pas l'avoir prévenu, comme il est dit au point précédent, elle n'y était pas tenue. Dès lors, le moyen sera écarté.

7. Si le requérant fait valoir qu'il a connu une interruption de rémunération opérée sur sa paye " dans les derniers mois de 2019 " et que par un jugement du 29 septembre 2021, le tribunal administratif de Rennes a annulé l'arrêté du 24 septembre 2019 par lequel la ministre des armées a interrompu le versement de sa rémunération, et qu'il appartenait en conséquence à la ministre des armées de s'acquitter du versement de l'IFSE et l'indemnité compensatrice de contribution sociale généralisée durant les deux mois pendant lesquels le versement a été interrompu, toutefois, ces éléments sont sans incidence sur la légalité des décisions attaquées. Le moyen doit être écarté comme inopérant.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A Floc'h doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement des sommes demandées à ce titre par le requérant.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. le D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B le D, au directeur régional des finances publiques Bretagne et d'Ille-et-Vilaine et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Moulinier, premier conseiller,

M. Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

Le rapporteur,

signé

Y. C

Le président,

signé

G. Descombes

Le greffier,

signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions