jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS BAZILLE TESSIER PRENEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 août 2020 et 21 novembre 2022, M. D B, représenté par la société d'avocats Bazille - Tessier - Preneux, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler le tableau d'avancement pour l'accès au grade de technicien supérieur en chef du développement durable pour l'année 2020 arrêté par le ministre de la transition écologique et solidaire à la suite de la commission administrative paritaire des 19 et 20 novembre 2019, ainsi la décision du 25 mars 2020 par laquelle le même ministre a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de la transition écologique et solidaire de procéder à
l'établissement d'un nouveau tableau d'avancement pour l'année 2020 lequel comprendra nécessairement sa nomination au grade de de technicien supérieur en chef du développement durable dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de
150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il appartiendra au ministère de justifier de la compétence du signataire de la décision du 25 mars 2020 ;
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans la mesure où il n'est pas établi que l'établissement du tableau d'avancement a été rédigé conformément aux procédures prévues
par le décret du 11 novembre 2009, il n'est pas en outre démontré que des critères tels que l'appréciation des mérites, de la compétence professionnelle et de la manière de servir des agents aient été appréciés comparativement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, le ministre de la transition énergétique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la demande tendant à l'annulation partielle d'un tableau d'avancement est irrecevable, dans la mesure où celui-ci présente un caractère indivisible ;
- M. C A était bien compétent pour signer la décision du 25 mars 2020 ;
- la décision en litige, n'avait pas à être motivée et en tout état de cause, elle comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement ;
- la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur de droit ;
- la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où M. B ne démontre pas que les candidats promus présentaient des mérites inférieurs
aux siens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-684 du 13 juillet 1983
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 2009-1388 du 11 novembre 2009 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le décret n° 2012-1064 du 18 septembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, est depuis le 1er janvier 2016, technicien supérieur du développement durable, affecté à la direction interrégionale de la mer (DIRM) Nord atlantique-Manche Ouest. Il a été proposé plusieurs fois par son service d'affectation pour l'avancement au grade de technicien supérieur en chef du développement durable (TSCDD), notamment au titre de l'année 2020. Toutefois, à l'issue de la réunion de la commission administrative paritaire des
19 et 20 décembre 2019, il n'a pas été retenu sur le tableau d'avancement des agents promus au grade de TSCDD au titre de l'année 2020. Il a le 16 janvier 2020, entamé, par le biais de son conseil, un recours gracieux tendant à la contestation de sa non-inscription sur ce tableau et demandé le retrait de celui-ci, en tant que son nom n'y figurait pas. Le 25 mars 2020, le directeur des ressources humaines du ministère de la transition écologique et solidaire a rejeté son recours gracieux. M. B demande l'annulation du tableau d'avancement et de cette dernière décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires :
2. Aux termes de l'article 25 du décret du 11 novembre 2009 : " II. - Peuvent être promus au troisième grade de l'un des corps régis par le présent décret : () 2° Par la voie du choix, après inscription sur un tableau d'avancement établi après avis de la commission administrative paritaire, les fonctionnaires justifiant d'au moins un an dans le 6ème échelon du deuxième grade et d'au moins cinq années de services effectifs dans un corps, cadre d'emplois
ou emploi de catégorie B ou de même niveau. () ". Selon l'article18 du décret précité du
18 septembre 2012 : " Le nombre maximum de fonctionnaires appartenant au corps des techniciens supérieurs du développement durable pouvant être promus chaque année à l'un
des grades d'avancement de ce corps est déterminé conformément aux dispositions du I de
l'article 27 du décret du 11 novembre 2009 susvisé ". Aux termes du I de l'article 27 du décret du 11 novembre 2009 : " Au sein de chaque corps régi par le présent décret, le nombre maximum de fonctionnaires pouvant être promus chaque année à chacun des grades d'avancement de ces corps est déterminé conformément aux dispositions du décret du 1er septembre 2005 susvisé. ".
3. Lorsqu'un tableau d'avancement comporte un nombre maximum d'agents, il présente un caractère indivisible et les conclusions d'un agent tendant à l'annulation de ce tableau en tant qu'il n'y figure pas sont donc irrecevables.
4. Si M. B a le 16 janvier 2020, entamé, par le biais de son conseil, un recours gracieux tendant à la contestation de sa non-inscription sur ce tableau et demandé le retrait de celui-ci, en tant que son nom n'y figurait pas, et que le 25 mars 2020, le directeur des ressources humaines du ministère de la transition écologique et solidaire a rejeté son recours gracieux.
En outre, alors même que le requérant demande l'annulation de cette décision, il ressort de la formulation des conclusions de la requête, que M. B doit être regardé comme demandant d'annuler le tableau d'avancement pour l'accès au grade de technicien supérieur en chef du développement durable pour l'année 2020 arrêté par le ministre de la transition écologique et solidaire à la suite de la commission administrative paritaire des 19 et 20 novembre 2019, ainsi la décision du 25 mars 2020 par laquelle le même ministre a rejeté son recours gracieux. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par le ministre doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, et doit analyser les mérites comparés de cet agent et de ceux des autres agents candidats à ce même grade.
6. M. B soutient que le ministre de la transition écologique et solidaire aurait entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation. Le ministre, pour sa part fait valoir que six agents ont été promus. Il ajoute qu'ils remplissaient la condition de durée de service réglementaire, après et qu'il a procédé à l'examen de leur valeur professionnelle et compte tenu du nombre d'agents maximum imposé. Il indique en outre que M. B n'apporte aucun élément qui montrerait que les mérites des agents ayant été promus étaient moins importants que les siens.
7. Il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment de l'extrait du compte rendu de la commission administrative paritaire (CAP) du 19 et 20 novembre 2019 que, si le dossier de M. B a été lu en séance, toutefois les autres mentions de ce document apparaissent peu exploitables et partielles. Par ailleurs, si l'administration fait valoir que les six agents ont été promus après qu'elle ait procédé à l'examen de leur valeur professionnelle et compte tenu du nombre maximum imposé par la réglementation, elle ne produit aucun élément permettant de comparer les mérites comparés de M. B, qui ne dispose pas des dossiers des candidats concurrents. Au surplus, la seule circonstance que les agents promus aient une ancienneté supérieure à celle du requérant dans le corps de TSCDD, qui ne relèvent que de la recevabilité des candidatures et non pas des critères permettant de départager les candidats pour l'inscription au tableau d'avancement. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B a été proposé en première position par son administration et que son parcours professionnel apparait des plus satisfaisant et qu'en tout état de cause il a été promu en 2021, exercice postérieur en litige.
Dans ces circonstances, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée et le tableau d'avancement au titre de l'année 2020 sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que le tableau d'avancement pour l'accès au grade de technicien supérieur en chef du développement durable pour l'année 2020 et la décision du
25 mars 2020 par laquelle le ministre de la transition écologique et solidaire a rejeté le recours gracieux de M. B doivent être annulés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement qui annule le tableau d'avancement pour l'accès au grade de technicien supérieur en chef du développement durable pour l'année 2020 implique que le ministre de la transition écologique et solidaire réexamine les candidatures et adopte un nouveau tableau d'avancement au grade de technicien supérieur en chef du développement durable pour l'année 2020 dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le tableau d'avancement pour l'accès au grade de technicien supérieur en chef du développement durable pour l'année 2020 et la décision du 25 mars 2020 par laquelle le ministre de la transition écologique et solidaire a rejeté le recours gracieux de M. B sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de la transition écologique et solidaire d'adopter un nouveau tableau d'avancement au grade de de technicien supérieur en chef du développement durable dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de la transition énergétique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
Y. E
Le président,
signé
G. Descombes
Le greffier,
signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et solidaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026