lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003706 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LE GUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 août 2020 et 10 février 2021, le Syndicat de copropriété de la Résidence la Baie, Mme G L, M. H J, Mme M J, M. D E, Mme E et M. K A, représentés par Me Le Guen, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2020 par lequel le maire de Saint-Malo ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. et Mme C le 14 janvier 2020 pour le détachement d'un lot à bâtir du terrain initialement cadastré H 662 et 794 situé 8, impasse Beausite, ensemble la décision du 26 juin 2020 par laquelle leur recours gracieux a été rejeté ;
2°) de mettre les dépens à la charge de la commune de Saint-Malo et de M. et Mme C ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Malo et de M. et Mme C le versement à chacun de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué fait grief dès lors qu'il ne s'oppose pas à une déclaration préalable de division foncière et qu'il emporte des effets juridiques ;
- ils disposent d'un intérêt à agir contre l'arrêté attaqué ;
- cet arrêté est entaché d'incompétence faute pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulière ;
- il a été délivré sur la base d'un dossier de demande incomplet en méconnaissance de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les objectifs définis à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2020, la commune de Saint-Malo, représentée par Me Chatel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants à l'exception de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre un acte superfétatoire, la déclaration préalable déposée par les époux C n'ayant emporté aucune division foncière ;
- le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas fondé ;
- le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de déclaration préalable est inopérant pour le même motif ;
- les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ne peuvent être utilement opposées à une autorisation d'urbanisme ; le moyen tiré de l'incompatibilité de l'arrêté contesté avec ces dispositions n'est, en tout état de cause, pas fondé.
Par un mémoire, enregistré le 10 décembre 2020, M. F C et Mme N C, représentés par Me Chatel, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants à l'exception de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre un acte superfétatoire, la déclaration préalable déposée par les époux C n'ayant emporté aucune division foncière ;
- le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas fondé ;
- le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de déclaration préalable est inopérant pour le même motif ;
- les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ne peuvent être utilement opposées à une autorisation d'urbanisme ; le moyen tiré de l'incompatibilité de l'arrêté contesté avec ces dispositions n'est, en tout état de cause, pas fondé.
Par un mémoire, enregistré le 11 mars 2022, Mme L et M. et Mme J ont déclaré se désister de l'instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. I ;
- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Le Guen, représentant les requérants, et de Me Lapprand, représentant la commune de Saint-Malo et M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont déposé le 14 janvier 2020 une déclaration préalable pour le détachement d'un lot à bâtir d'un terrain situé 8, impasse Beausite à Saint-Malo. Par un arrêté du 28 janvier 2020, le maire de Saint-Malo ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. Le syndicat de copropriété de la Résidence la Baie, Mme L, M. et Mme J, M. et Mme E et M. A ont demandé au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur le désistement d'instance de Mme L et de M. et Mme J :
2. Le désistement d'instance de Mme L et de M. et Mme J est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Malo et par M. et Mme C :
3. Aux termes de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : / a) Les lotissements : / -qui prévoient la création ou l'aménagement de voies, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs lots destinés à être bâtis et propres au lotissement. Les équipements pris en compte sont les équipements dont la réalisation est à la charge du lotisseur ; / -ou qui sont situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques, dans un site classé ou en instance de classement ; () ". Aux termes de l'article R. 421-23 de ce code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable les travaux, installations et aménagements suivants : / a) Les lotissements autres que ceux mentionnés au a de l'article R. 421-19 ; () ".
4. Aux termes de l'article L. 442-1 du même code : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article L. 442-1-2 de ce même code : " Le périmètre du lotissement comprend le ou les lots destinés à l'implantation de bâtiments ainsi que, s'ils sont prévus, les voies de desserte, les équipements et les espaces communs à ces lots. Le lotisseur peut toutefois choisir d'inclure dans le périmètre du lotissement des parties déjà bâties de l'unité foncière ou des unités foncières concernées ". Une unité foncière est un îlot de propriété d'un seul tenant, composé d'une parcelle ou d'un ensemble de parcelles appartenant à un même propriétaire ou à la même indivision.
5. M. et Mme C font valoir, sans être contredits, avoir fait l'acquisition, par un acte du 30 juin 2018, des deux parcelles cadastrées H 662 et 794 sur la première desquelles se trouve une maison d'habitation. Ces deux parcelles, qui forment ensemble un îlot d'un seul tenant appartenant aux mêmes propriétaires, constituent une seule unité foncière. Le projet de M. et Mme C consiste à construire une nouvelle maison d'habitation sur la parcelle H 794. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les époux C auraient effectivement décidé d'aliéner l'une ou l'autre des parcelles de cette unité foncière ou de réaliser une division en jouissance préalablement à leur opération de construction. Leur projet ne constitue donc pas, ainsi que le font valoir la commune de Saint-Malo et M. et Mme C, un lotissement au sens de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme.
6. Toutefois, en présentant une déclaration préalable de division foncière, qui a fait l'objet d'une décision de non-opposition du 28 janvier 2020, ils doivent être regardés comme ayant été autorisés à réaliser, s'ils le souhaitent, une division en propriété ou en jouissance en vue de la réalisation d'une construction sur la parcelle H 794. Alors même que les époux C ont alors renoncé à tout projet de lotissement, un tel renoncement ne saurait être définitif tant que l'autorisation qui leur a été ainsi délivrée n'est pas périmée et peut recevoir exécution. La décision du 28 janvier 2020 les autorisant à procéder au détachement d'un lot à bâtir n'est donc pas dépourvue d'effet juridique et est susceptible de faire grief aux requérants.
7. Par suite, la commune de Saint-Malo et M. et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que la requête serait irrecevable comme dirigée contre un acte superfétatoire insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
8. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 28 janvier 2020 a été signé par M. F B, adjoint délégué aux affaires concernant le développement économique, l'attractivité du territoire et du logement. Par arrêté du 8 avril 2014, publié et transmis au contrôle de légalité le lendemain, le maire de Saint-Malo lui a donné délégation à l'effet de se prononcer notamment sur les déclarations préalables et les lotissements. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 28 janvier 2020 doit être écarté.
9. Aux termes de l'article R. 441-9 du code de l'urbanisme : " La déclaration préalable précise : () / b) La localisation et la superficie du ou des terrains ; / c) La nature des travaux ou la description du projet de division ; () / La demande peut ne porter que sur une partie d'une unité foncière ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme C ont indiqué, dans l'encadré n° 3 du formulaire cerfa du dossier de déclaration préalable et dans la fiche complémentaire qui lui est annexée, que le terrain d'assiette de leur demande de division était composé des deux parcelles cadastrées H 662 et 794. Le plan de masse de ce dossier permettait ensuite de comprendre que le lot à créer correspondait à la parcelle H 794. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de déclaration préalable n'aurait pas fait apparaître la division déclarée.
11. Aux termes de l'article L. 101-1 du code de l'urbanisme : " Le territoire français est le patrimoine commun de la nation. / Les collectivités publiques en sont les gestionnaires et les garantes dans le cadre de leurs compétences. / En vue de la réalisation des objectifs définis à l'article L. 101-2, elles harmonisent leurs prévisions et leurs décisions d'utilisation de l'espace dans le respect réciproque de leur autonomie ". Aux termes de l'article L. 101-2 de ce code : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / 1° L'équilibre entre : / a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; / b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; / d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; / e) Les besoins en matière de mobilité ; () / 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; () ".
12. Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ". Aux termes de l'article L. 421-7 de ce même code : " Lorsque les constructions, aménagements, installations et travaux font l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à leur exécution ou imposer des prescriptions lorsque les conditions prévues à l'article L. 421-6 ne sont pas réunies ".
13. Les décisions relatives à l'occupation ou à l'utilisation du sol, dont font partie les décisions de non-opposition à déclaration préalable de division foncière, ne peuvent être assimilées aux décisions d'utilisation de l'espace mentionnées à l'article L. 101-1 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, les objectifs mentionnés à l'article L. 101-2 du même code ne constituent pas des règles d'urbanisme directement opposables aux autorisations d'urbanisme au sens de l'article L. 421-6 de ce même code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par l'arrêté attaqué, de certains des objectifs mentionnés à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
14. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont fondés à demander au tribunal d'annuler ni l'arrêté du 28 janvier 2020 par lequel le maire de Saint-Malo ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de division foncière déposée le 14 janvier 2020 par M. et Mme C, ni, par voie de conséquence, la décision du 26 juin 2020 par laquelle leur recours gracieux a été rejeté.
Sur les frais liés au litige :
15. Aucuns dépens n'ayant été exposés dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées par les requérants à ce titre doivent être rejetées.
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Malo et M. et Mme C, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes, versent aux requérants les sommes que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint-Malo et M. et Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de Mme L et de M. et Mme J.
Article 2 : La requête du Syndicat de copropriété de la Résidence la Baie, de M. et Mme E et de M. A est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Malo et par M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au Syndicat de copropriété de la Résidence la Baie, représentant unique des requérants, à la commune de Saint-Malo et à M. F C et Mme N C.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
M. Desbourdes, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
W. ILe président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
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01/06/2026