vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003832 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DI PALMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 8 septembre 2020, le 15 juillet 2021 et le 24 octobre 2022, M. et Mme C et H G, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux de M. et Mme A, B et D G, représentés par Me L'Hostis, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Lannion-Trestel (CHLT) à leur verser la somme totale de 543 943,04 €, assortie des intérêts de droit et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge du CHLT la somme de 7 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Ils soutiennent que :
- sur la responsabilité : le CHLT a entaché sa prise en charge de B d'un retard de diagnostic de nature à engager sa responsabilité ;
- la faute est à l'origine d'un taux de perte de chance qui ne saurait être inférieur à 90 % ;
- sur les préjudices :
- en ce qui concerne la victime directe : déficit fonctionnel temporaire : 414 € ; souffrances endurées : 10 000 € ;
- en ce qui concerne les victimes indirectes :
- s'agissant des préjudices patrimoniaux : frais de médecin conseil : 2 340 € ; frais de communication du dossier médical : 78,82 € ; frais de déplacement : 3 292,42 € ; frais de télévision liés à l'hospitalisation : 11,80 € ; perte de gains professionnels : 437 806 € ;
- s'agissant des préjudices extrapatrimoniaux : préjudice d'affectation de M. et Mme G, parents de B : 30 000 € chacun ; préjudice d'affection de M. et Mme G, frère et sœur de B : 15 000 € chacun ;
- ces sommes porteront intérêts à compter du 1er juillet 2020 et seront capitalisées.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 janvier 2021 et le 3 juin 2022, le CHLT, représenté par Me Maillard, demande au tribunal :
1°) à titre principal de rejeter la requête et les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme (CPAM 63) ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire à de plus justes proportions les préjudices des requérants et de rejeter les conclusions de la CPAM 63.
Il fait valoir que :
- à titre principal : aucune faute ne lui est imputable ;
- à titre subsidiaire :
- la faute est à l'origine d'une perte de chance de 20 % ;
- il y a lieu de rejeter l'indemnisation des préjudices suivants : déficit fonctionnel temporaire ; souffrances endurées ; frais de déplacement ; frais de télévision ; préjudice d'affection ; perte de gains professionnels de M. G ;
- il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la CPAM 63.
Par des mémoires, enregistrés le 21 décembre 2020 et le 21 octobre 2022, la CPAM 63, représentée par Me Di Palma, demande au tribunal de condamner le CHLT à lui verser, outre l'indemnité forfaitaire de gestion, la somme de 23 774,99 € au titre de ses débours, assortie des intérêts de droit à compter du jugement et de la capitalisation des intérêts, ainsi que la mise à la charge du CHLT de la somme de 3 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, elle est fondée à intervenir, par subrogation dans les droits de la victime, pour obtenir le remboursement des débours qu'elle a exposés pour le compte de M. B G, qui sont en rapport avec sa prise en charge au CHLT.
Vu :
- l'ordonnance du 18 novembre 2015 par laquelle le président du tribunal a taxé les honoraires de l'expert à la somme de 600 € ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dayon,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- les observations de Me Blanquet, substituant Me L'Hostis, représentant les requérants et de Me Gasmi, représentant le CHLT.
Considérant ce qui suit :
1. M. B G, né le 20 aout 2013, a été pris en charge le 17 janvier 2014 par le service de pédiatrie du CHLT. S'interrogeant sur les conditions de sa prise en charge par cet établissement, M. et Mme G ont saisi le juge des référés du tribunal, qui a ordonné la réalisation d'une expertise confiée au docteur F, spécialiste en neuropédiatrie. Le rapport a été déposé le 10 septembre 2015. Par un courrier daté du 1er juin 2020, M. et Mme G ont adressé au CHLT une demande tendant à l'indemnisation de leurs préjudices ainsi que des préjudices de leurs enfants. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. et Mme G demandent au tribunal de condamner le CHLT à les indemniser des conséquences dommageables de la prise en charge de M. B G par cet établissement.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur F que M. B G a été admis au service de pédiatrie du CHLT le 17 janvier 2014 à 16 heures en raison d'une forte fièvre persistant depuis le 15 janvier 2014 et s'est alors vu diagnostiquer une gastro-entérite. Il résulte de l'instruction que si l'hyperthermie a fluctué à la suite de l'admission de M. G dans le service de pédiatrie, celle-ci s'est poursuivie du 18 au 20 janvier, date à laquelle il a été décidé de procéder à une prise de sang en raison de l'apparition de convulsions à 7h50. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'un bilan sanguin de M. G a été demandé lors de son admission mais n'a pas été réalisé pour des raisons techniques, afin notamment de lui éviter les douleurs induites par cet acte. L'expert note toutefois que la réalisation d'un bilan sanguin devait être envisagée en cas d'absence d'évolution satisfaisante et rapide de l'état de santé de l'enfant. Sur ce point, le CHLT fait valoir qu'aucun retard dans le diagnostic de M. G n'a été commis, en s'appropriant les dires du professeur I qui s'appuie notamment sur une méta-analyse scientifique établie en 1983 définissant la fièvre comme le maintien d'une température corporelle supérieure ou égale à 38°c et préconisant pour les enfants de 3 à 36 mois dont l'hyperthermie est inférieure à 39°c la réalisation d'un bilan sanguin en cas de persistance de l'hyperthermie pour une durée de deux à trois jours. Il résulte toutefois de l'instruction que si les médecins ont constaté une amélioration de l'état de santé de M. G le 18 janvier, celui-ci a été victime d'une hyperthermie dès le 15 janvier puis continue et évolutive à partir du 17 janvier à 22 heures et qui s'est accrue le dimanche 19 janvier avec une pointe à 38,8°c en fin d'après-midi, en dépit d'un traitement contre l'hyperthermie par voie veineuse dès son admission. Dans ces conditions, au regard de la persistance et l'évolution défavorable de l'hyperthermie de M. G, de la vigilance accrue requise de la part des équipes du CHLT sur l'évolution de cette hyperthermie en raison du traitement administré par voie veineuse, le CHLT a, en ne procédant pas au bilan sanguin prescrit lors de l'admission de M. G le 19 janvier à 22h mais seulement le 20 janvier 2014, entaché la prise en charge de celui-ci d'un retard fautif de nature à engager sa responsabilité.
Sur la perte de chance :
4. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
5. Il résulte de l'instruction que le bilan sanguin prescrit dès l'admission de M. G au CHLT a été réalisé le 20 janvier 2014 à 8 heures. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise que le retard dans la réalisation du bilan sanguin, qu'il y a lieu d'évaluer à douze heures, a retardé la mise en place d'une antibiothérapie à spectre large susceptible de réduire l'infection dont était atteint M. G et d'atténuer les risques de survenue d'un état de mal épileptique et des lésions frontales subséquentes constatées par le rapport d'expertise. Dans ces conditions, la faute dans la prise en charge de M. G est à l'origine pour celui-ci d'une perte de chance d'éviter une détérioration de son état de santé et des préjudices qui en ont résulté. Dans les circonstances de l'espèce et compte tenu de la fourchette résultant du rapport d'expertise et du rapport critique du Dr E, dans laquelle se situe l'établissement d'un taux de perte de chance, il y a lieu de l'évaluer à 50 %.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices de la victime directe :
6. Si le juge du fond, peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini, l'absence de consolidation, impliquant notamment l'impossibilité de fixer définitivement un taux d'incapacité permanente, ne fait pas obstacle à ce que soient mises à la charge du responsable du dommage des dépenses médicales dont il est d'ores et déjà certain qu'elles devront être exposées à l'avenir, ainsi que la réparation de l'ensemble des conséquences déjà acquises de la détérioration de l'état de santé de l'intéressé.
7. En premier lieu, si M. B G a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 17 janvier au 3 février 2014, les requérants n'établissent pas la part de ce déficit strictement imputable à la faute commise par le CHLT. Dans ces conditions, dès lors que le préjudice ne présente qu'un caractère indirect avec la faute commise par le CHLT, il ne sera pas fait droit à cette demande.
8. En deuxième lieu, si les souffrances endurées par M. B G du fait de l'hospitalisation ont été évaluées par l'expert à 2 sur une échelle de 0 à 7, celui-ci n'indique pas la part des souffrances directement imputables à l'état de mal et aux crises convulsives engendrées par le retard de diagnostic du CHLT. Par suite, il ne sera pas fait droit à cette demande.
En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
9. En premier lieu, M. et Mme G peuvent obtenir le remboursement des frais de médecin conseil, qui présentent un caractère utile dans le cadre du litige les opposant au CHLT et dont le montant s'élève à la somme de 2 340 € selon les justificatifs produits. Cette somme sera mise à la charge du CHLT sans qu'il soit fait application du taux de perte de chance dès lors qu'elle résulte entièrement de la faute commise par l'établissement hospitalier.
10. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise et de l'attestation des débours établies par le médecin conseil de la CPAM 63 que M. et Mme G ont dû effectuer des déplacements en lien avec le dommage de leur enfant et la procédure d'expertise. Ainsi, M. et Mme G peuvent obtenir le remboursement des frais de déplacement qu'ils ont exposés entre le 20 janvier et le 13 juin 2014 pour se rendre au CHRU de K à 16 reprises et au centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle de Lannion-Trestel à une reprise le 13 avril 2014. Si M. et Mme G font valoir qu'ils se sont déplacés à de nombreuses reprises chez le médecin généraliste, le neurologue, l'otorhinolaryngologue, l'ophtalmologue, l'orthophoniste, le psychologue et l'ergothérapeute entre le 3 février 2014, date de sortie de M. B G J de K et la fin de l'année 2019, ces déplacements ne sont pas établis par le rapport d'expertise et les requérants n'apportent aucun élément de nature à démontrer d'une part la réalité de ces visites et, d'autre part, le lien avec le dommage engendré par la faute commise par le CHLT. Compte tenu de la distance qui sépare leur lieu de domicile de ces lieux, ainsi que du barème kilométrique applicable pour un véhicule de 15 cv, il y a lieu d'évaluer à 1 201,95 €, soit 601 € après application du taux de perte de chance, le montant de ses frais de déplacement pour se rendre à ses rendez-vous médicaux, et à 65 € le montant des déplacements justifiés par la réunion d'expertise du 10 septembre 2015, à laquelle il n'y a pas lieu d'appliquer le taux de perte de chance dès lors qu'ils résultent entièrement de la faute commise par l'établissement hospitalier.
11. En troisième lieu, il y a lieu de rembourser les requérants des frais de communication du dossier médical, ces frais présentant un caractère utile à la solution du litige et dont le montant s'élève à la somme de 78,82 euros selon justificatif. Cette somme sera mise à la charge du CHLT sans qu'il soit fait application du taux de perte de chance, dès lors qu'elle résulte entièrement de la faute commise par l'établissement hospitalier.
12. En quatrième lieu, M. et Mme G demande le remboursement des frais de téléviseur lors de l'hospitalisation de M. B G pour un montant de 11,80 €. Il résulte de l'instruction que M. et Mme G ont souscrit à la location d'un téléviseur le 17 janvier à 17h38 et le 19 janvier à 12h35 pour des périodes de 48 heures. Il ne résulte pas de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'hospitalisation de M. B G était, lors de ces souscriptions, imputable à la faute commise par le CHLT. Par suite, il ne sera pas fait droit à cette demande.
13. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que le rapport d'expertise du Professeur F retient la nécessité d'un suivi spécialisé en centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle et la réalisation d'examens. Si M. et Mme G font valoir que l'état de santé de leur enfant a justifié une diminution de l'activité d'agent commercial de M. G et un préjudice économique, ils ne produisent aucun élément de nature à établir que la perte de revenus subie par M. G et attestée par les avis d'impôt sur le revenu produit présente un lien avec l'état de santé de leur enfant. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le préjudice économique présente un lien certain avec la faute du CHLT. Par suite, la demande tendant à l'indemnisation du préjudice économique de M. G pour les années 2014 à 2018, date de son départ à la retraite, doit être rejetée. Pour les mêmes motifs, il ne sera pas fait droit aux demandes fondées sur le préjudice économique tiré d'une part de la réduction de l'indemnité de rupture du contrat d'agence commerciale et, d'autre part, de la diminution de l'indemnité de cession du portefeuille commercial.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :
14. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par les requérants en condamnant le CHLT à verser la somme de 3 000 € pour chaque parent et 1 000 € pour chaque frère et sœur, soit la somme de 8 000 € après application du taux de perte de chance.
15. Il résulte de tout ce qui précède que le CHLT doit être condamné à verser aux requérants la somme totale de 11 084,82 €.
Sur les demandes de la CPAM :
16. La CPAM 63, justifie, par une attestation du médecin conseil de l'assurance maladie, du montant des débours qu'elle a acquittés en lien avec la faute imputable au CHLT comme suit : 2 267,61 € de frais hospitaliers du 17 au 20 janvier 2014, 21 507,38 € de frais hospitaliers du 20 janvier au 3 février 2014. Il sera fait droit à cette demande pour les frais d'hospitalisation du 20 janvier au 3 février 2014, qui doit être ramenée à la somme de 10 753,69 € après application du taux de perte de chance.
17. Par ailleurs, eu égard au montant de la somme qui lui est allouée par le présent jugement, la CPAM du Finistère a droit, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, à la somme de 1 162 €.
Sur les intérêts et la capitalisation :
18. En premier lieu, M. et Mme G ont droit aux intérêts sur les sommes qui leurs sont dues à compter du 7 juillet 2020, date de réception de leur demande indemnitaire préalable par le CHLT. Il sera fait droit à cette demande. Par ailleurs, M. et Mme G ont demandé la capitalisation des intérêts le 8 septembre 2020, date d'enregistrement de leur requête. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 7 juillet 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
19. En second lieu, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution. Ainsi, la demande de la CPAM du Puy-de-Dôme tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du jugement attaqué, des intérêts au taux légal sur la somme que le centre hospitalier a été condamné à lui verser, est dépourvue de tout objet et doit donc être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
20. Les frais de l'expertise du docteur F, liquidés et taxés à la somme de 600 € par l'ordonnance n° 1500926 du 18 novembre 2015, sont mis à la charge définitive de CHLT.
21. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la CPAM 63 au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHLT la somme de 2 000 € à verser à M. et Mme G au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le CHLT est condamné à verser aux requérants la somme totale de 11 084,82 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 juillet 2020 et de leur capitalisation à la date du 7 juillet 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le CHLT est condamné à verser à la CPAM 63 la somme de 10 753,69 €, outre l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3 : Le CHLT versera à M. et Mme G la somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les frais de l'expertise du docteur F, liquidés et taxés à la somme de 600 € par l'ordonnance n° 1500926 du 18 novembre 2015, sont mis à la charge définitive du CHLT.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et H G, au centre hospitalier de Lannion-Trestel et aux caisses primaire d'assurance maladie.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
C. Dayon
Le président,
signé
N. TronelLa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
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01/06/2026