LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2004062

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2004062

vendredi 10 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2004062
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCHRISTIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 septembre 2020 et le 19 juillet 2021, M. C A, représenté par Me Christian, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du maire de la commune d'Edern en date du 23 juillet 2020 refusant de lui délivrer un permis de construire sur la parcelle cadastrée section ZK n° 180,située route de Stang Kergoulay ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Edern de lui accorder dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, le permis de construire sollicité, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Edern une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté vise un avis de la chambre d'agriculture du 8 juillet 2020 qui n'est pas joint ;

- l'avis défavorable de la chambre d'agriculture, émis en application de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, est fondé sur des éléments partiels concernant sa situation ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit, le maire s'étant estimé en situation de compétence liée ;

- l'arrêté méconnaît l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme en ce que la commune admet ne pas avoir demandé à ce que le dossier soit complété ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, alors qu'exerçant une activité agricole connue et admise par la commune depuis 2011, il satisfait aux conditions fixées par l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté a été pris pour un motif étranger à l'urbanisme fondé sur son engagement sur une liste d'opposition lors des élections municipales de 2020.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 18 novembre 2020 et le 30 août 2021, la commune d'Edern, représentée par la SELARL Valadou-Josselin et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé ;

- le cas échéant, elle est fondée à demander à ce qu'aux motifs de l'arrêté attaqué soit substitué celui tiré de l'absence d'élément au dossier justifiant la nécessité du projet au regard d'une activité agricole.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code rural ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 juin 2020, M. A a déposé une demande de permis de construire un " mobil-home de remplacement (dit résidence mobile de loisirs) " d'une surface de 40 m² sur la parcelle cadastrée section ZK n°180, située route de Stang Kergoulay sur le territoire de la commune d'Edern. Par un arrêté du 23 juillet 2019, le maire de la commune d'Edern a refusé de délivrer le permis de construire demandé. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. () ". Aux termes de l'article R. 423-50 du même code : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. "

3. L'arrêté attaqué vise notamment les articles L. 142-1 et suivants du code de l'urbanisme relatifs au régime général des permis de construire, l'avis défavorable de la chambre d'agriculture en date du 8 juillet 2020, ainsi que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone A, où se situe la parcelle cadastrée section ZK n° 180, interdisant " les hébergements légers de loisirs ". Par ailleurs, il mentionne que le dossier de M. A ne révèle aucun élément sur le caractère agricole du projet et enfin signale que deux pièces manquent au dossier déposé. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté.

4. La circonstance que l'arrêté attaqué vise l'avis défavorable de la chambre d'agriculture en date du 8 juillet 2020 et mentionne " ci-joint annexé " alors que cet avis ne l'aurait pas été est sans incidence sur sa légalité. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a joint cet avis de la chambre d'agriculture du Finistère à sa requête, a pu en prendre connaissance et en apprécier la teneur pour contester le refus de permis de construire. Il a ainsi pu constater que l'avis défavorable de la chambre d'agriculture résultait du fait qu'elle avait noté que le dossier joint à la demande de permis de construire ne comportait " aucun élément sur le caractère agricole du projet " et en particulier l'absence de justification sur la nécessité d'un logement sur le site de l'exploitation.

5. Si M. A soutient que le dossier transmis à la chambre d'agriculture n'aurait pas été complet, il ne l'établit pas. Il ne ressort en outre d'aucune pièce du dossier de la demande de permis de construire présenté par le requérant, que l'avis exprimé par la chambre d'agriculture, au demeurant facultatif, aurait pu être différent en raison de l'absence de communication de certaines pièces par la commune. S'il fait encore valoir que la commune connaissait tout de son activité agricole et que sa demande de permis de construire portait les mentions " box, patio, paddock ", il ne ressort toutefois pas des pièces de ce dossier qu'elle concernait un logement de fonction, directement lié et nécessaire à une exploitation agricole laquelle n'était aucunement précisée et détaillée.

6. La commune d'Edern devait se prononcer sur le permis de construire sollicité, au regard des seuls plans et indications fournis par le pétitionnaire dans son dossier de demande. A cet égard, elle ne disposait d'aucun élément sur la nature ou l'existence d'une activité agricole et seulement la mention d'une " carrière équestre " dans la notice de présentation du projet et la désignation de " box, patio, paddock " sur le plan de coupe du terrain. Par suite, la commune a pu motiver l'arrêté contesté en retenant que le dossier ne révélait aucun élément sur le caractère agricole du projet.

7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune, en partageant le même constat que la chambre d'agriculture du Finistère, se serait sentie liée par cet avis alors même que le refus de permis de construire est fondé sur le règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone A.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme : " () le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". La circonstance que le dossier ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

9. M. A soutient qu'aucune demande de pièce manquante n'ayant été présentée dans le délai d'un mois, la commune devait être réputée avoir estimé que le dossier qui lui était soumis était complet et qu'elle ne pouvait donc fonder le refus en mentionnant l'absence au dossier de l'attestation de conformité du dispositif d'assainissement et du formulaire attestant la prise en compte de la réglementation thermique.

10. Cependant, il résulte de la motivation de cet arrêté, d'une part, que ces deux pièces manquantes n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable et, d'autre part, que le refus de délivrer le permis de construire est fondé sur le motif déterminant tiré de la méconnaissance de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'absence d'élément sur le caractère agricole du projet. La commune d'Edern aurait ainsi pris la même décision en se fondant sur ces seuls éléments et le motif tiré de l'absence de ces pièces ne présente qu'un caractère subsidiaire destiné à parfaire l'information de M. A sur les insuffisances de son dossier de demande de permis de construire.

En ce qui concerne la légalité interne :

11. En premier lieu, en soutenant qu'un mobile-home a été installé au même endroit depuis le mois de septembre 2011 sans opposition de la commune et que la demande de permis de construire ne vise qu'à le remplacer à la suite de sa destruction par un incendie, M. A peut être regardé comme invoquant les dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme autorisant la reconstruction à l'identique d'un bâtiment venant à être détruit ou démoli, sous réserve du plan local d'urbanisme.

12. Cependant, ce droit de reconstruction à l'identique ne vise que les bâtiments régulièrement édifiés et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la construction détruite par l'incendie aurait été autorisée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article A1 du règlement du plan d'occupation des sols de la commune d'Edern, applicable au projet : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol incompatibles avec la vocation de la zone " et aux termes de l'article A2 ne peuvent être autorisées que : " () les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole () ". Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à cette exploitation, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'une part de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole ou forestière d'une consistance suffisante et d'autre part, de la nécessité pour l'exploitant de résider sur place compte tenu de la nature de l'activité agricole menée sur ces parcelles.

14. Ainsi qu'il a été dit aux points 3 à 6, il ne ressort pas des pièces du dossier soumis au maire de la commune d'Edern que M. A exerçait effectivement une activité agricole et sa nature n'était pas clairement établie.

15. En tout état de cause, les documents produits par M. A après la décision attaquée, et en particulier sa déclaration à la mutualité sociale agricole pour l'année 2020, qui mentionne une activité d'élevage d'équidés, la culture de céréales et la culture de légumes et des revenus agricoles pour les années 2018 et 2019 portant sur des sommes inférieures à 1 000 euros, sont insusceptibles de caractériser l'existence d'une activité agricole d'une consistance suffisante. Par suite, M. A n'établit pas que son activité agricole permettait au maire d'Edern d'appliquer les dispositions dérogatoires de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme qui ne visent que : " () les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ().

16. Le détournement de pouvoir invoqué n'est pas établi.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de la commune d'Edern du 23 juillet 2020 refusant lui délivrer un permis de construire.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite les conclusions aux fins d'injonction et astreinte de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Edern qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme demandée par M. A, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge M. A une somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Edern titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera une somme de 1 500 euros à la commune d'Edern au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune d'Edern.

Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023 à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

Mme Plumerault, première conseillère,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.

Le président-rapporteur,

signé

C. B

L'assesseure la plus ancienne,

signé

F. Plumerault

Le greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions