mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2004138 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP JOSEPH - MANDROYAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 28 septembre 2020 et 18 octobre 2021, M. C B, représenté par la SCP Joseph et Mandroyan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juin 2020 par laquelle le préfet du Finistère a rejeté sa demande de reconnaissance de qualification communautaire et sa demande de libre établissement ainsi que la décision du 6 août 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer l'autorisation de libre établissement pour exercer la profession d'instructeur de kitesurf dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision du 26 juin 2020 n'est pas motivée et méconnaît ainsi l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'exposé des motifs de droit de la décision du 6 août 2020 n'est pas suffisant et le préfet ne précise pas sur quelle base légale il a consulté des experts ;
- la commission de reconnaissance des qualifications n'a pas été saisie en méconnaissance de l'article R. 212-84 du code du sport ;
- si le préfet estime qu'il existe une différence substantielle entre la qualification obtenue et la qualification professionnelle requise sur le territoire national, et après avoir vérifié que cette différence n'est pas entièrement couverte par les connaissances, aptitudes et compétences acquises par le déclarant au cours de son expérience professionnelle, il doit saisir la commission de reconnaissance des qualifications ;
- les experts consultés n'étaient pas compétents pour donner un avis ;
- l'avis des experts communiqué par le préfet ne contient aucun nom, aucune date et aucune signature ;
- cet avis n'est pas neutre dès lors que les experts sollicités par le préfet sont issus de la fédération française de voile laquelle est en concurrence directe avec l'Organisation internationale de kiteboarding (IKO) qui lui a délivré son diplôme ;
- il satisfait à l'obligation de qualification prévue à l'article R. 212-90 du code du sport qui pose une présomption de qualification bénéficiant aux citoyens de l'Union européenne ; le 10 octobre 2018, il a obtenu le diplôme d'instructeur de kitesurf de niveau 3 délivré par l'Organisation internationale de kiteboarding (IKO), qui est la principale organisation mondiale spécialisée dans l'enseignement du kiteboard ; le 14 mai 2020, il a obtenu le diplôme national d'instructeur de kiteboarding délivré par l'Organisation d'éducation sportive italienne (OPES) et le Comité olympique national italien (CONI) ; conformément à la directive européenne n° 2005/36 du parlement européen et du conseil du 7 septembre 2005, l'OPES/CONI avait la compétence requise pour lui délivrer le diplôme d'instructeur de kitesurf, dès lors que l'État italien a délégué au CONI la règlementation du sport et que l'aval de l'OPES donné au CONI est l'équivalent d'une délégation ministérielle donnée en France à une fédération ;
- le diplôme délivré par l'IKO n'est pas d'un niveau inférieur au brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS) spécialité " glisses aérotractées et disciplines associées " délivré par l'État français ;
- c'est à tort que le préfet a estimé qu'il avait limité sa demande à la liberté d'établissement alors qu'il sollicitait également que son diplôme soit reconnu et admis en équivalence au diplôme français correspondant ;
- les décisions contestées sont entachées d'une erreur dans la qualification juridique des faits ;
- il a les qualifications professionnelles requises et valables pour enseigner le kitesurf contre rémunération en garantissant la sécurité des pratiquants et des tiers dès lors qu'en plus des diplômes délivrés par l'IKO et l'OPES/CONI, il est également titulaire d'un brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport spécialité " éducateur sportif " mention " activités nautiques ", du brevet national de sauvetage et de sécurité aquatique, du permis côtier, qu'il a validé une formation de sapeur-pompier et qu'il est moniteur de snowboard et moniteur fédéral de cerf-volant de traction sur terre et sur neige ;
- le préfet ne peut se prévaloir de l'arrêté du 21 novembre 2020 lui faisant injonction de cesser ses fonctions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2021, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Par courrier du 17 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée, dès lors que l'article R. 212-84 du code du sport prévoit que les diplômes étrangers sont admis en équivalence aux diplômes mentionnés à l'article L. 212-1 du même code par le ministre chargé des sports.
Un mémoire, présenté par le préfet du Finistère, a été enregistré le 21 octobre 2022 en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui est de nationalité française, est titulaire notamment d'une qualification d'instructeur de kitesurf, délivrée en 2013 par l'International Kitesurfing Organisation (IKO) en République Dominicaine et du diplôme national d'instructeur de kiteboarding délivré le 14 mai 2020 par l'Organisation d'éducation sportive italienne (OPES) et le Comité olympique national italien (CONI). Désirant exercer l'activité d'instructeur de kitesurf en France, il a déposé un dossier de déclaration de libre établissement qui a été rejeté par décision du 4 octobre 2017 du préfet du Finistère. Par jugement n° 1802771 du 19 mai 2021, le tribunal administratif de Rennes a annulé cette décision ainsi que la décision du 8 décembre 2017 par laquelle le préfet du Finistère avait rejeté le recours gracieux de l'intéressé et la décision implicite par laquelle la ministre des sports avait rejeté son recours hiérarchique et a enjoint au préfet de réexaminer la déclaration de libre établissement de M. B. Parallèlement à cette procédure, l'intéressé a déposé, le 24 avril 2020, une demande de reconnaissance de qualification communautaire, sur le portail internet du ministère des sports dénommé Arquedi, ainsi qu'une demande de libre établissement, lesquelles ont été rejetées par décision du 26 juin 2020 du préfet du Finistère. Le recours gracieux formé contre ces décisions le 31 juillet 2020 a été rejeté par une décision du préfet du Finistère du 6 août 2020. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision du 26 juin 2020 et de la décision du 6 août 2020 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code du sport : " I. - Seuls peuvent, contre rémunération, enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive ou entraîner ses pratiquants, à titre d'occupation principale ou secondaire, de façon habituelle, saisonnière ou occasionnelle, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa du présent article et de l'article L. 212-2 du présent code, les titulaires d'un diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification : / 1° Garantissant la compétence de son titulaire en matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans l'activité considérée ; / 2° Et enregistré au répertoire national des certifications professionnelles dans les conditions prévues au II de l'article L. 335-6 du code de l'éducation. / () / II. Le diplôme mentionné au I peut être un diplôme étranger admis en équivalence () ".
3. Aux termes de l'article R 212-84 du code du sport : " Les diplômes étrangers sont admis en équivalence aux diplômes mentionnés à l'article L. 212-1 par le ministre chargé des sports après avis de la commission de reconnaissance des qualifications () ".
4. Aux termes de l'article L. 212-7 du code du sport : " Les fonctions mentionnées au premier alinéa de l'article L. 212-1 peuvent être exercées sur le territoire national par les ressortissants des États membres de l'Union européenne ou des États parties à l'accord sur l'Espace économique européen, qui sont qualifiés pour les exercer dans l'un de ces États. / Ces fonctions peuvent également être exercées, de façon temporaire et occasionnelle, par tout ressortissant légalement établi dans un État membre de l'Union européenne ou dans un État partie à l'accord sur l'Espace économique européen. Toutefois lorsque l'activité concernée ou la formation y conduisant n'est pas réglementée dans l'État d'établissement, le prestataire doit l'avoir exercée, dans un ou plusieurs États membres de l'Union européenne ou parties à l'accord sur l'Espace économique européen, à temps plein pendant au moins une année ou à temps partiel pendant une durée totale équivalente, au cours des dix années qui précèdent la prestation () ".
5. Aux termes de l'article R. 212-88 du code du sport : " Tout ressortissant d'un État membre de l'Union européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen qualifié pour y exercer tout ou partie des activités dans les fonctions mentionnées à l'article L. 212-1 conformément aux conditions mentionnées à l'article R. 212-90 et qui souhaite s'établir sur le territoire national à cet effet doit en faire préalablement la déclaration au préfet du département dans lequel il compte exercer son activité à titre principal. / Toutefois, lorsque la déclaration porte sur une activité s'exerçant en environnement spécifique au sens des dispositions de l'article L. 212-7, le préfet compétent est précisé par arrêté du ministre chargé des sports. / La liste des pièces nécessaires à la déclaration d'activité et à son renouvellement est fixée par arrêté du ministre chargé des sports. / Le préfet vérifie le dossier de demande et en accuse réception dans le mois suivant sa réception dès lors que celui-ci est complet, ou, le cas échéant, demande au déclarant de le compléter dans un délai d'un mois. À défaut, la demande est déclarée irrecevable. / La déclaration est renouvelée tous les cinq ans. Le préfet est informé de tout changement de l'un des éléments qui y figure ". Aux termes de l'article R. 212-89 du même code : " Le préfet, après avoir accusé réception de la déclaration dans les conditions prévues à l'article R. 212-88, délivre une carte professionnelle d'éducateur sportif au déclarant dont les qualifications professionnelles répondent aux conditions de reconnaissance mentionnées à l'article R. 212-90, à l'exclusion des personnes ayant fait l'objet de l'une des condamnations ou mesures mentionnées les articles L. 212-9, L. 212-13 et L. 232-23 ou d'une interdiction judiciaire d'exercer les activités mentionnées à l'article L. 212-1 et sous réserve, le cas échéant, de la vérification des compétences linguistiques du demandeur. / () / La carte professionnelle permet au déclarant d'exercer son activité sur le territoire national dans les mêmes conditions que les titulaires des diplômes, titres à finalité professionnelle ou certificats de qualification inscrits sur la liste arrêtée par le ministre chargé des sports prévue à l'article R. 212-2. / La carte professionnelle porte mention des conditions d'exercice afférentes à la qualification professionnelle du déclarant attestée conformément au 1°, au 2°, au 3° ou au 4° de l'article R. 212-90 pour tout ou partie des activités dans les fonctions mentionnées à l'article L. 212-1. () ". Aux termes de l'article R. 212-90 de ce code : " Est réputé satisfaire à l'obligation de qualification requise pour exercer tout ou partie des activités mentionnées à l'article L. 212-1, tout ressortissant d'un État membre de l'Union européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen qui se trouve dans l'une des situations suivantes : / 1° Être titulaire d'une attestation de compétences ou d'un titre de formation requis par un État membre de l'Union européenne ou un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen dans lequel l'accès à l'activité ou son exercice est réglementé et délivré par une autorité compétente de cet État ; / 2° Justifier avoir exercé l'activité, dans un État membre de l'Union européenne ou un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen qui ne réglemente pas l'accès à l'activité ou son exercice, à temps plein pendant une année ou à temps partiel pendant une durée totale équivalente, au cours des dix années précédentes et être titulaire d'une ou plusieurs attestations de compétences ou d'un ou plusieurs titres de formation délivrés par l'autorité compétente d'un de ces États, attestant la préparation à l'exercice de l'activité pour tout ou partie des activités mentionnées à l'article L. 212-1 ; / 3° Être titulaire d'un titre de formation délivré par l'autorité compétente d'un État membre de l'Union européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen qui ne réglemente pas l'accès à l'activité ou son exercice, sanctionnant une formation réglementée visant spécifiquement l'exercice de tout ou partie des activités dans les fonctions mentionnées à l'article L. 212-1 et consistant en un cycle d'études complété, le cas échéant, par une formation professionnelle, un stage professionnel ou une pratique professionnelle ; / 4° Être titulaire d'un titre de formation acquis dans un pays tiers et admis en équivalence dans un État membre de l'Union européenne ou un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen qui réglemente l'accès à l'activité ou son exercice et justifier avoir exercé cette activité pendant au moins deux ans dans cet État ". Aux termes de l'article R. 212-90-2 du même code : " La décision du préfet de délivrer une carte professionnelle intervient dans un délai de trois mois à compter de la présentation du dossier complet du déclarant. Ce délai peut être prorogé d'un mois, par décision motivée. / Dans le cas où le préfet décide de ne pas délivrer de carte professionnelle ou de soumettre le déclarant à une épreuve d'aptitude ou de lui faire accomplir un stage d'adaptation, cette décision est motivée. L'épreuve d'aptitude se déroule dans un délai de six mois à compter de la décision ".
6. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que la demande d'admission en équivalence d'un diplôme étranger et la procédure de déclaration d'établissement d'un ressortissant d'un État membre de l'Union européenne ou d'un État partie à l'accord sur l'Espace économique européen, constituent deux procédures distinctes qui n'ont pas le même champ d'application et ne sont pas régies par les mêmes règles procédurales.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes des recours administratifs successifs de M. B et des décisions du préfet du Finistère, que l'intéressé a entendu, par sa demande déposée le 24 avril 2020 sur le portail internet du ministère des sports dénommé Arquedi, se prévaloir de la liberté de s'établir en France au titre de l'activité de kitesurf et également solliciter l'admission en équivalence d'un diplôme obtenu à l'étranger, sa demande comportant notamment la copie de la qualification italienne d'instructeur de kiteboard délivrée par l'Organisation d'éducation sportive italienne (OPES).
En ce qui concerne la décision du 26 juin 2020 :
8. En rejetant sa demande par décision du 26 juin 2020, le préfet du Finistère doit être regardé comme ayant refusé, d'une part, la demande d'admission en équivalence d'un diplôme obtenu à l'étranger présentée par M. B et, d'autre part, sa demande relative à la déclaration d'établissement.
9. S'agissant de la décision portant rejet de la demande d'admission en équivalence d'un diplôme obtenu à l'étranger, l'article R. 212-84 du code du sport prévoit que les diplômes étrangers sont admis en équivalence aux diplômes mentionnés à l'article L. 212-1 du même code par le ministre chargé des sports. Il suit de là que le préfet du Finistère n'était pas compétent pour rejeter la demande d'équivalence communautaire présentée par M. B. La décision du 26 juin 2020 doit, dès lors, être annulée en ce qu'elle refuse l'équivalence du diplôme présenté par le requérant.
10. S'agissant de la décision portant rejet de la demande relative à la déclaration d'établissement présentée par M. B, il ressort, d'une part, des dispositions précitées de l'article R. 212-90-2 du code du sport que la décision par laquelle le préfet décide de ne pas délivrer de carte professionnelle d'éducateur sportif doit être motivée et, d'autre part, des dispositions de l'article R. 212-90 du même code qu'un demandeur peut être réputé satisfaire à l'obligation de qualification requise pour différents motifs. Or, en se bornant, dans la décision du 26 juin 2020, à indiquer à M. B, après avoir rappelé l'objet de sa demande, " qu'au regard de l'avis délivré dans le cadre de l'instruction de [son] dossier par les experts désignés par le ministère chargé des sports, il n'est pas possible d'accorder une suite favorable à [sa] demande " sans rappeler, au moins succinctement le sens et les motifs de cet avis, ou l'avoir joint à sa décision, le préfet du Finistère n'a pas mis le requérant à même d'apprécier les motifs de sa décision. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision, M. B est fondé à soutenir que la décision du 26 juin 2020 portant rejet de sa demande relative à la déclaration d'établissement est insuffisamment motivée et à obtenir, pour ce motif, son annulation.
En ce qui concerne la décision du 6 août 2020 portant rejet de son recours gracieux :
11. Il ressort des termes de la décision du 6 août 2020 portant rejet du recours gracieux présenté le 31 juillet 2020 par M. B que le préfet du Finistère a entendu refuser l'autorisation de libre établissement sollicitée par celui-ci.
12. Ainsi qu'il a été exposé au point 9 du présent jugement, cette décision doit être motivée. Au cas présent, la décision du 6 août 2020 rappelle que la décision du 26 juin 2020 est motivée par l'avis rendu par les experts désignés par le ministère chargé des sports dans le cadre de l'instruction de ce dossier. Elle précise que cet avis indique notamment que les différences entre la formation brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS) spécialité " glisses aérotractées et disciplines associées " et la formation de l'IKO montrent un déficit dans plusieurs champs de compétence au détriment de la formation de l'IKO, que les certifications IKO sanctionnent un niveau de pratiques, de connaissances dans la discipline et de prérogatives d'encadrement inférieur aux standards français, que la qualification d'instructeur OPES est délivrée par une association non représentative de l'activité de kiteboard en Italie et non reconnue par la fédération italienne de voile, que la qualification d'instructeur OPES est obtenue par équivalence avec le diplôme de l'IKO, lequel n'ouvre pas droit en France à encadrement contre rémunération, sans mise en place de formation correspondante. Elle précise enfin que les experts estiment que les formations suivies par M. B, les qualifications correspondantes et les expériences associées ne couvrent pas l'ensemble du champ d'activité que constitue l'enseignement du kiteboard et sont insuffisantes pour justifier d'une activité professionnelle garantissant la sécurité des pratiquants et des tiers en France. Le préfet du Finistère, qui s'est approprié les motifs de l'avis émis par des experts à une date inconnue pour rejeter le recours gracieux formé par M. B, ne vise ni ne rappelle même succinctement les règles de droit dont il fait application alors que les dispositions de l'article R. 212-90 du code du sport, à supposer qu'elles constituent le fondement cette décision, prévoient quatre motifs différents pour lesquels un demandeur peut être réputé satisfaire à l'obligation de qualification requise. Il suit de là que la décision du 6 août 2020 ne permettait pas à M. B de connaître les motifs de droit sur la base desquels l'administration a estimé qu'il ne remplissait pas les conditions posées à la délivrance d'une carte professionnelle d'éducateur sportif au titre de la liberté d'établissement. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision, que M. B est fondé à soutenir que la décision du 6 août 2020 est insuffisamment motivée et à obtenir, pour ce motif, son annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. Le présent jugement, qui annule les décisions attaquées pour des motifs tirés de la légalité externe, n'appelle aucune mesure d'exécution autre que le réexamen par le préfet du Finistère de la déclaration d'établissement de M. B. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer la situation de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin après lui avoir demandé de mettre à jour sa déclaration de libre établissement.
Sur les frais liés au litige :
14. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 26 juin 2020 par laquelle le préfet du Finistère a rejeté la demande d'équivalence communautaire présentée par M. B ainsi que sa demande relative à la liberté d'établissement est annulée.
Article 2 : La décision du 6 août 2020 par laquelle le préfet du Finistère a rejeté le recours gracieux présenté le 31 juillet 2020 par M. B et entendu refuser l'autorisation de libre établissement sollicitée par celui-ci est également annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Finistère de réexaminer la déclaration de libre établissement de M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Article 4 : L'État versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Finistère.
Copie pour information sera adressée à la ministre des sports et des jeux Olympiques et Paralympiques.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
L. ALe président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026