vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2004263 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 octobre 2020 et le 13 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Pineau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2020 par lequel maire de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys s'est opposé à la déclaration préalable qu'il a déposée pour l'aménagement d'une piscine et d'une terrasse sur son terrain situé 20 rue Pierre Messmer à Saint-Gildas-de-Rhuys, ainsi que la décision du 7 août 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Gildas-de-Rhuys de lui délivrer une décision de non-opposition à la déclaration préalable, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 11 mai 2020 est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- les motifs de refus ne sont pas fondés :
- les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ne pouvaient pas lui être opposées dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe dans un espace urbanisé et que les aménagements réalisés sont de faible importance et participent à la mise en valeur de la parcelle sans nuire à la préservation du littoral ;
- les travaux réalisés ne méconnaissent pas davantage les dispositions de l'article N1 du plan local d'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet est situé dans un espace urbanisé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2021, la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Par un courrier du 24 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du caractère superfétatoire de la déclaration préalable dès lors que le projet est dispensé de toute formalité préalable.
Deux mémoires, présentés pour M. B en réponse à ce moyen d'ordre public, ont été enregistrés les 9 et 15 mars 2023.
Un mémoire, présenté pour la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys en réponse à ce moyen d'ordre public, a été enregistré le 10 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Pineau, représentant M. B, et de Me Haauy, de la SELARL Cabinet Coudray représentant la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, propriétaire d'un bien immobilier situé 20 rue Pierre Mesmer à Saint-Gildas-de-Rhuys, a, au début de l'année 2019, entrepris des travaux d'aménagements extérieurs sur son terrain consistant, d'une part, à sécuriser la terrasse existante, d'autre part, à poser dans son prolongement direct un bassin hors sol d'une superficie de 9,90 m². Après avoir reçu le 12 avril 2019, un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme, M. B a déposé à la mairie une déclaration préalable en vue de faire régulariser ses travaux. Par un arrêté en date du 11 mai 2020, le maire de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys s'est opposé à la déclaration préalable. Le 3 juillet 2020, M. B a formé un recours gracieux. Par un courrier en date du 7 août 2020, le maire de Saint-Gildas-de-Rhuys a rejeté cette demande. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 11 mai 2020 et de la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la terrasse :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'urbanisme : " Un décret en Conseil d'Etat arrête la liste des constructions, aménagements, installations et travaux qui, par dérogation aux dispositions des articles L. 421-1 à L. 421-4, sont dispensés de toute formalité au titre du présent code en raison : / a) de leur faible importance ; () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : / a) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-2 à R. 421-8-2 qui sont dispensées de toute formalité au titre du code de l'urbanisme ; / b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. ". Aux termes de l'article R. 421-2 de ce code : " Sont dispensées de toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature ou de leur très faible importance, sauf lorsqu'ils sont implantés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques ou dans un site classé ou en instance de classement : / () d) Les piscines dont le bassin a une superficie inférieure ou égale à dix mètres carrés / () j) Les terrasses de plain-pied () ". Aux termes de l'article R. 421-17 du même code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R.421-14 à R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : / () f) Les travaux qui ont pour effet la création soit d'une emprise au sol, soit d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants : / - une emprise au sol créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 420-1 du même code : " L'emprise au sol au sens du présent livre est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus ".
3. Il ressort du dossier de déclaration préalable ainsi que des photographies produites que les travaux de réalisation de la terrasse n'ont pas seulement consisté à poser une terrasse en bois sur une terrasse en pierre déjà existante, mais également à la surélever d'1,40 mètres pour permettre d'affleurer la piscine hors sol. Cette terrasse, créatrice d'une emprise au sol de plus de 5 m², était donc soumise à déclaration préalable en vertu des dispositions précités de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. ( ".
5. L'arrêté du 11 mai 2020 vise l'ensemble des dispositions législatives pertinentes dont notamment les dispositions du code de l'urbanisme, le plan local d'urbanisme applicable sur la commune ainsi que la lettre de l'architecte des Bâtiments de France en date du 9 avril 2020. Par ailleurs, l'arrêté en litige mentionne que le terrain de M. B se situe dans un groupe de constructions de quatre maisons caractéristiques d'une urbanisation diffuse et que les travaux réalisés méconnaissent les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ainsi que celles de l'article N1 du plan local d'urbanisme en tant qu'ils sont réalisés en dehors d'un espace urbanisé et au sein de la bande littorale des cent mètres. Cette motivation est suffisamment précise pour permettre au pétitionnaires de comprendre les considérations de droit et de fait sur lesquelles l'arrêté se fonde. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté en litige doit donc être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement. ". Un espace urbanisé au sens de ces dispositions s'entend d'un espace caractérisé par une densité significative des constructions. L'espace à prendre en considération pour déterminer si un projet de construction se situe dans un espace caractérisé par une densité significative des constructions est constitué par l'ensemble des espaces entourant le sol sur lequel doit être édifiée la construction envisagée ou proche de celui-ci.
7. Il est constant que le terrain d'assiette du projet, se situe dans la bande des cent mètres du littoral et est classé en zone Na " zone naturelle " délimitant les parties du territoire affectées à la protection stricte des sites, des milieux naturels et des paysages. Le secteur d'assiette du projet ne comporte que quatre maisons individuelles édifiées sur de vastes parcelles et s'ouvre au sud sur le littoral et sur ses trois autres côtés sur des espaces naturels. Ce secteur ne peut, par suite, être regardé, eu égard au nombre et à la faible densité d'habitations qui le composent, comme un espace urbanisé, au sens des dispositions précitées, sans que M. B ne puisse utilement se prévaloir de la circonstance que sa parcelle serait desservie par les réseaux publics, laquelle n'est pas de nature à remettre en cause cette appréciation.
8. Par ailleurs, si les dispositions précitées n'ont pas pour objet d'interdire tout aménagement des constructions ou installations déjà existantes, les travaux d'aménagement de la terrasse projetés par M. B sur une surface de près de 200 m² et qui prévoient une fixation des lames en bois sur des lambourdes à l'aide de tiges filetées en inox et un rehaussement conséquent, ainsi qu'il a été dit, à certains endroits de la terrasse existante, ne peuvent, compte tenu de leur nature et de leur ampleur, être regardés comme de simples aménagements mineurs des constructions existantes.
9. En quatrième lieu, l'article N1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys interdit, en tous secteurs : " Hors espace urbanisé de la bande littorale des 100m, toute construction, extension de construction existante, installation ou changement de destination, à l'exception des bâtiments nécessaires à des services publics ou à des activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau et notamment aux ouvrages de raccordement aux réseaux publics de transport ou de distribution d'électricité des installations marines utilisant des énergies renouvelables () ".
10. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 7, dès lors que les travaux d'aménagement de la terrasse de M. B constituent des aménagements qui ne peuvent pas être regardés comme mineurs au sein de la bande des cent mètres du littoral hors espace urbanisé, ils méconnaissent les dispositions précitées.
11. Il résulte de ce qui précède que le maire de Saint-Gildas-de-Rhuys pouvait légalement s'opposer à la déclaration préalable de travaux déposée par M. B pour l'aménagement de la terrasse aux motifs de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme et de l'article N1 du règlement du plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne la piscine :
12. Aux termes de l'article L. 421-8 du code de l'urbanisme : " A l'exception des constructions mentionnées aux b et e de l'article L. 421-5, les constructions, aménagements, installations et travaux dispensés de toute formalité au titre du présent code doivent être conformes aux dispositions mentionnées à l'article L. 421-6. ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. ".
13. Il ressort des pièces du dossier et plus spécifiquement du dossier de la déclaration préalable que le bassin de la piscine de M. B est d'une superficie de 9,90 m². Ainsi, la réalisation de cette piscine n'était pas soumise à déclaration préalable conformément au d) de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme précité. Le maire de Saint-Gildas-de-Rhuys ne pouvait par suite, sans erreur de droit, s'opposer à la déclaration préalable de travaux déposée par M. B s'agissant de cette piscine, et ce alors même que ce dernier, en application des dispositions précitées, est tenu de respecter les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme et de l'article N1 du règlement du plan local d'urbanisme, applicables au terrain d'assiette de la construction, lesquelles interdisent en tout état de cause la réalisation de cette piscine.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 mai 2020 du maire de Saint-Gildas-de-Rhuys en tant seulement qu'il s'oppose à la réalisation de la piscine.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Si le présent jugement annule l'arrêté du 11 mai 2020 en tant qu'il s'oppose à tort à la réalisation de la piscine de M. B, il n'implique toutefois pas la délivrance par le maire de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys d'un arrêté de non-opposition, dès lors qu'une telle décision serait, pour les motifs évoqués au point 13, superfétatoire.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys s'est opposé à la déclaration préalable de M. B est annulé en tant qu'il s'oppose à la réalisation de la piscine.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys.
Délibéré après l'audience du 17 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
Mme Plumerault, première conseillère,
M. Bozzi, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
La rapporteure,
signé
F. C
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026