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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2004356

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2004356

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2004356
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantLECLERCQ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et sept mémoires, enregistrés le 11 octobre 2020, le 11 mars 2022, 11 juillet 2022, 26 juillet 2022, 24 août 2022, 25 septembre 2022 non communiqué, 15 décembre 2022 et le 21 décembre 2022, M. D B C, représenté par Me Leclercq, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la délibération du 10 février 2020 du conseil de communauté approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat de Morlaix Communauté en tant qu'elle classe une portion des parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16 situées sur le territoire de la commune de Plougasnou en zone UHc " Zone urbaine à vocation d'habitat et activités compatibles correspondant au tissus urbains d'habitat individuel " ;

2°) d'annuler la décision du 14 août 2020 par laquelle le président de Morlaix Communauté a rejeté son recours gracieux reçu le 9 juillet 2020 ;

3°) d'ordonner que Morlaix Communauté procède à une nouvelle délibération pour classer les deux parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16 en zone N inconstructible ;

4°) de mettre à la charge de Morlaix Communauté la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le classement de ces parcelles méconnaît l'article L. 121-13 et le principe d'extension limitée des espaces proches du rivage ;

- il méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article L. 121-41 du code de l'urbanisme en autorisant une extension de l'urbanisation ;

- il méconnaît l'article L. 121-24 du code de l'urbanisme en autorisant une extension de l'urbanisation ;

- il méconnaît l'article R. 121-4 du code de l'urbanisme, les parcelles se situant dans un espace remarquable du littoral ;

- il méconnaît l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme en n'identifiant pas ces parcelles comme intégrées dans un secteur à protéger pour des motifs écologiques ;

- le classement des parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16 en zone UHc n'est pas cohérent avec le schéma de cohérence territoriale de Morlaix Communauté, approuvé le 12 novembre 2007 ;

- il méconnaît le schéma régional de cohérence écologique ;

- il méconnaît sans justification les orientations du projet d'aménagement et de développement durables ;

- il méconnaît l'article L. 441-1 du code de l'environnement ;

- il méconnaît l'article R. 121-4 § 5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, dite directive " Habitats " et la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ;

- il méconnaît l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme prévoyant que le projet d'aménagement et de développement durables fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ;

- il méconnaît les articles L. 151-6 et L. 151-7-1° à L. 151-8 du code de l'urbanisme ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît l'article L. 371-3 du code de l'environnement ;

- il méconnaît l'article L. 101-2- 1-3° du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'ordonnance du 7 Avril 2022.

Par cinq mémoires en défense, enregistrés les 19 août 2021, 12 juillet et 27 juillet 2022, 9 septembre 2022 et 12 janvier 2023 ce dernier n'ayant pas été communiqué, Morlaix Communauté, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B C la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvage ;

- la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Radureau,

- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,

- et les observations de Me Leclercq, représentant M. B C, et de Me Oueslati, de la SELARL Lexcap, représentant Morlaix Communauté.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 21 décembre 2015, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du pays de Morlaix, Morlaix Communauté, a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat (PLUi-H) de cette communauté regroupant vingt-six communes. En application du décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015 relatif à la partie réglementaire du livre Ier du code de l'urbanisme et à la modernisation du contenu du plan local d'urbanisme, cette collectivité a décidé, par une délibération du 5 février 2018, d'appliquer les articles R. 151-1 à R. 151-55 du code de l'urbanisme dans leur rédaction en vigueur à compter du 1er janvier 2016. Par une délibération du 11 février 2019, le bilan de la concertation a été tiré et le projet de PLUi-H a été arrêté. Ce projet a fait l'objet d'une enquête publique qui s'est déroulée du 12 août au 20 septembre 2019. Le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du pays de Morlaix a approuvé le PLUi-H par une délibération du 10 février 2020. M. B C demande l'annulation de cette délibération du 10 février 2020 en tant qu'elle classe une portion des parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16 situées sur le territoire de la commune de Plougasnou en zone UHc " Zone urbaine à vocation d'habitat et activités compatibles correspondant au tissus urbains d'habitat individuel " ainsi que la décision du 14 août 2020 par laquelle le président de Morlaix Communauté a rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la méconnaissance des articles L. 121-8 et L. 121-13 du code de l'urbanisme :

2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme : " Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation ". Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction résultant de l'entrée en vigueur de la loi du 23 novembre 2018 : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. / L'autorisation d'urbanisme est soumise pour avis à la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. Elle est refusée lorsque ces constructions et installations sont de nature à porter atteinte à l'environnement ou aux paysages. ". Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est à dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais que, en revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages. S'agissant d'un plan local d'urbanisme, il appartient à ses auteurs de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de sa compatibilité avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral.

3. Aux termes de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. / Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer () ". Il résulte de ces dispositions qu'une opération conduisant à étendre l'urbanisation d'un espace proche du rivage ne peut être légalement autorisée que si elle est, d'une part, de caractère limité et, d'autre part, justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme selon les critères qu'elles énumèrent. Doivent être regardées comme une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions l'ouverture à la construction de zones non urbanisées ainsi que la densification significative de zones déjà urbanisées. Lorsqu'un schéma de cohérence territoriale comporte des dispositions suffisamment précises et compatibles avec ces dispositions législatives qui précisent les conditions de l'extension de l'urbanisation dans l'espace proche du rivage dans lequel l'opération est envisagée, le caractère limité de l'urbanisation qui résulte de cette opération s'apprécie en tenant compte de ces dispositions du schéma concerné.

4. Dans le cas où le territoire concerné par le plan local d'urbanisme est couvert par un schéma de cohérence territoriale, sa compatibilité s'apprécie en tenant compte des dispositions de ce document relatives à l'application des dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, sans pouvoir en exclure certaines au motif qu'elles seraient insuffisamment précises, sous la seule réserve de leur propre compatibilité avec ces dernières.

5. En l'espèce la thématique 1 " organiser et structurer le territoire " du document d'orientation générale du schéma de cohérence territoriale de Morlaix Communauté adopté le 12 novembre 2007 comporte une partie 1.1 " développer la vocation maritime du territoire et affirmer les principes d'aménagement des espaces littoraux " présentant des préconisations d'aménagement des espaces littoraux : " Permettre les extensions des villages existants avec un travail préalable de prise en compte des impacts visuels, de l'harmonie architecturale des nouvelles constructions. Privilégier la réhabilitation du bâti existant, la densification et/ou la réduction de la taille des parcelles. () - Les communes sont invitées à augmenter la largeur de la bande des 100 m (A 146-4.III) si la sensibilité des milieux ou les risques liés à l'érosion des côtes le justifient. - Organiser l'accessibilité au littoral et traduire concrètement des coupures d'urbanisation en lien entre les espaces urbanisés, les milieux naturels et l'accès aux littoraux (L. 146-2). () ". Le document d'orientation générale du schéma de cohérence territoriale de Morlaix Communauté présente également des principes d'aménagement des espaces littoraux.

6. Cependant, ces dispositions du schéma de cohérence territoriale du pays de Morlaix restent très générales. Elles ne comportent pas de définitions, de listes ou de critères d'identification des villages, agglomérations et ne précise aucune localisation. A cet égard, les auteurs du schéma de cohérence territoriale sont conscients des insuffisances de ce document

dans la mise en œuvre des dispositions applicables au littoral ainsi que cela résulte de la délibération D20-182 du 14 décembre 2020 de Morlaix Communauté ayant pour objet d'analyser " les résultats de l'application du schéma et de confirmer sa mise en révision " accessible tant aux parties qu'au juge. Selon les termes de cette délibération, la partie du schéma de cohérence territoriale consacrée au littoral " comporte un certain nombre d'orientations et de principes sur le littoral ". Néanmoins, il ne " territorialise que très peu de règles d'urbanisme particulières au littoral. Il se contente, pour l'essentiel, de renvoyer à des notions générales de la loi ".

7. Les dispositions du schéma de cohérence territoriale du pays de Morlaix apparaissent ainsi insuffisamment précises pour être compatibles avec les dispositions relatives à la loi littoral et c'est dès lors au regard du code de l'urbanisme qu'il convient d'apprécier la compatibilité du PLUi-H de Morlaix avec les dispositions législatives particulières au littoral.

8. Le titre V du rapport de présentation du PLUi-H litigieux consacré à " l'articulation du plan avec les dispositions de la loi littoral " précise les conditions d'application de cette loi en définissant et localisant des coupures d'urbanisation, les espaces proches du rivage et ceux pouvant faire l'objet d'une extension limitée de l'urbanisation, ainsi que les agglomérations et villages. Selon le rapport de présentation, le lieu-dit Térénez entre dans la catégorie des villages constituant une entité urbaine indépendante du centre-bourg dans lesquels les constructions présentent notamment une densité significative et un minimum de 90 logements. En l'espèce, il n'est pas contesté que ce village, situé à 4,5 kilomètres du centre-bourg de Plougasnou, présente des constructions regroupées selon une tradition locale avec une extension le long des voies de circulation et comporte 121 logements ainsi que deux restaurants, une école de voile et une activité ostréicole.

9. M. B C soutient que le classement en zone UHc de la partie sud des parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16 qui sont situées dans un espace proche du rivage serait constitutif d'une extension de l'urbanisation qui aurait dû être justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme " selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau " et de nature à permettre des constructions dans un espace d'urbanisation diffuse.

10. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la partie sud des parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16 classée en zone UHc représente moins de 1 000 m², s'ouvre au sud sur un carrefour au sein du village de Térénez et se trouve bordée à l'est comme à l'ouest par de nombreuses constructions. La partie en zone UHc porte sur un espace non construit d'une largeur inférieure à une cinquantaine de mètres entre les deux maisons le bordant, l'ensemble étant situé au sein d'un espace urbanisé, au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le classement de ces parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16 en zone UHc ne peut être regardé comme incompatible avec l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.

11. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées du code de l'urbanisme que s'il incombe au schéma de cohérence territoriale de déterminer les critères d'identification des villages, agglomérations et d'en définir la localisation, il appartient aux auteurs du plan local d'urbanisme de les délimiter. En l'espèce, en classant les parcelles litigieuses en zone UHc les auteurs du plan local d'urbanisme doivent seulement être regardés comme ayant délimité en espace urbanisé la partie sud de ces parcelles, sur une surface de moins 1 000 m², en raison de leur localisation dans un espace déjà construit et comportant des constructions à l'est et à l'ouest des limites de ces terrains. Ce classement ne peut être regardé comme conduisant à une extension de l'urbanisation par l'ouverture à la construction de zones non urbanisées ou à la densification significative de zones déjà urbanisées, au sens des dispositions de l'article L. 121-23 du code de

l'urbanisme. Par suite Par suite le classement de ces parcelles cadastrées section BD n°s 15 et 16 en zone UHc ne peut être regardé comme incompatible avec l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.

12. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 121-8 et L. 121-23 du code de l'urbanisme doivent être écartés.

En ce qui concerne la prise en compte du caractère naturel des parcelles situées dans un espace remarquable du littoral :

13. Aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : / 1° Un rapport de présentation ; / 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; / 4° Un règlement ; / 5° Des annexes. / Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques. () ". Aux termes de l'article L. 151-4 du même code : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. () / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. ".

14. En l'espèce, M. B C soutient que le classement des parcelles litigieuses en zone Uhc ne tient pas compte de la sensibilité de ce site fragile qui est couvert par la zone Natura 2000 de la baie de Morlaix et deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), celle de type 1 estuaires de la rivière de Morlaix et du Dourduff couvrant la baie de Morlaix et l'anse de Terenez-Kernehelen (530002113) et celle de type 2 des baies de Morlaix, couvrant les baies de Morlaix et de Carantec (530030177).

15. En premier lieu, en se bornant, à l'appui de ce moyen, à se référer aux avis rendus sur le projet de plan local d'urbanisme intercommunal en particulier par le préfet du Finistère, sans démontrer notamment que les modifications apportées au projet de plan après l'enquête publique n'auraient pas pallié les insuffisances relevées dans ces avis, M. B C n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Il est en effet constant qu'aucune partie des parcelles litigieuses ne se trouve incluse dans les zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type 1 estuaires de la rivière de Morlaix et du Dourduff et de type 2 des baies de Morlaix. Si, en revanche, ces parcelles sont incluses dans le site Natura 2000 de la baie de Morlaix, comme l'intégralité du trait de côte de cette baie représentant plus de 26 617 hectares couvrant les baies de Morlaix et de Carantec, il ne présente aucun élément précis sur l'incidence que le classement litigieux pourrait avoir sur ce site.

16. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 414-4 du code de l'environnement que lorsque des documents de planification, tel qu'un plan local d'urbanisme, sont susceptibles d'affecter de manière significative un site Natura 2000, individuellement ou en raison de leurs effets cumulés, ils doivent faire l'objet d'une évaluation de leurs incidences au regard des objectifs de conservation du site, dénommée " Evaluation des incidences Natura 2000 ", laquelle doit, en application de l'article R. 414-23 du même code, être proportionnée à l'importance du document ou de l'opération et aux enjeux de conservation des habitats et des espèces en présence. Dans le cas où un tel document peut avoir des effets significatifs dommageables sur l'état de conservation des habitats naturels et des espèces qui ont justifié la désignation du ou des sites, le dossier comprend un exposé des mesures qui seront prises pour supprimer ou réduire ces effets dommageables et le cas échéant la description des mesures compensatoires envisagées pour compenser les effets dommageables qui ne pourraient être supprimés et permettant d'assurer une continuité dans les capacités du réseau Natura 2000 à assurer la conservation des habitats naturels et des espèces. A cet égard M. B C ne présente aucun élément susceptible d'établir que ce classement d'une surface de moins 1 000 m² en zone Uhc serait susceptible d'affecter de manière significative le site Natura 2000 de la baie de Morlaix qui s'étend sur 26 617 hectares.

17. En troisième lieu, l'évaluation environnementale de 162 pages figurant au rapport de présentation présente une partie sur les incidences du projet sur l'environnement ainsi qu'une partie relative aux diverses mesures envisagées pour éviter, réduire voire compenser les incidences. De plus, il ressort des pièces du dossier que le projet de plan local d'urbanisme intercommunal a été modifié sur divers points afin de prendre en compte le rapport de la commission d'enquête, les observations du public ainsi que les avis des personnes publiques associées, notamment ceux du préfet et de la mission régionale d'autorité environnementale. Le requérant ne présente aucun élément de nature à contester les éléments retenus sur ce point dans le rapport de présentation.

18. En quatrième lieu, M. B C invoque, sans réelle précision, la méconnaissance de la directive du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que celle de la faune et de la flore sauvage et la directive 2009/147/CE du parlement européen et du conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages. Cependant, ces directives ayant été entièrement transposées en droit interne, le requérant ne saurait utilement invoquer les objectifs qu'elles fixent pour contester le PLUi-H de Morlaix Communauté.

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme :

19. Aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. / Un décret fixe la liste des espaces et milieux à préserver, comportant notamment, en fonction de l'intérêt écologique qu'ils présentent, les dunes et les landes côtières, les plages et lidos, les forêts et zones boisées côtières, les îlots inhabités, les parties naturelles des estuaires, des rias ou abers et des caps, les marais, les vasières, les zones humides et milieux temporairement immergés ainsi que les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 79/409 CEE du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages. ". Aux termes de l'article R. 121-4 de ce code : " En application de l'article L. 121-23, sont préservés, dès lors qu'ils constituent un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral et sont nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou présentent un intérêt écologique : 1° Les dunes, les landes côtières, les plages et les lidos, les estrans, les falaises et les abords de celles-ci ; () / 6° Les milieux abritant des concentrations naturelles d'espèces animales ou végétales telles que les herbiers, les frayères, les nourriceries et les gisements naturels de coquillages vivants, ainsi que les espaces délimités pour conserver les espèces en application de l'article L. 411-2 du code de l'environnement et les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ; () ".

20. Il résulte de ces dispositions, qu'aucune construction ne peut être autorisée dans les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques, à l'exception d'aménagements légers prévus à l'article L. 121-24. Sont ainsi considérés comme des espaces remarquables et caractéristiques du littoral, les espaces et milieux notamment énumérés aux articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme qui constituent un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral ou sont nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou encore présentent un intérêt écologique.

21. Le requérant invoque une méconnaissance du document d'orientation générale du schéma de cohérence territoriale du pays de Morlaix prévoyant la préservation des espaces naturels. Ce document mentionne au titre de l'action " organiser et structurer le territoire " l'objectif 1.1 " Développer la vocation maritime du territoire et affirmer les principes d'aménagement des espaces littoraux " et au titre des prescriptions que " Les éléments concernant l'urbanisation des espaces littoraux seront intégrés dans le SCoT dans le cadre de sa révision. Maîtriser les phénomènes d'étalement urbain et de mitage conformément aux dispositions de la loi "Littoral" et de la loi SRU afin d'éviter la jonction avec des villages ou agglomérations existants. Les coupures d'urbanisation devront être franches et équilibrées. () Les espaces remarquables identifiés dans le SCoT seront préservés de l'urbanisation nouvelle, les ensembles boisés les plus significatifs seront classés en EBC dans les PLU conformément à l'article L. 130-1 ".

22. Cependant, si deux cartes intégrées à ces prescriptions et nommées " Schéma de l'environnement et des coupes d'urbanisation " et " Le littoral " présentent les espaces remarquables leur caractère stylisé et l'échelle retenue ne permettent pas de les utiliser pour apprécier la localisation réelle de ces espaces remarquables, mêmes s'ils sont identifiés à l'échelle du schéma de cohérence territoriale et son seulement présumés. Dans ces conditions, il ne peut être tenu compte du document d'orientation générale du schéma de cohérence territoriale du pays de Morlaix prévoyant la préservation des espaces naturels et de cette carte, pour l'application des dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme.

23. Pour apprécier si des parcelles présentent le caractère de site ou de paysage remarquable à protéger au sens des dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme, l'autorité compétente ne peut se fonder sur leur seule continuité avec un espace présentant un tel caractère, sans rechercher si, compte tenu de leurs caractéristiques propres, elles constituent avec cet espace une unité paysagère justifiant dans son ensemble cette qualification de site ou paysage remarquable à préserver.

24. Pour contester l'absence de classement du sud des parcelles litigieuses en zone Ns le requérant se borne à soutenir qu'elles forment une unité paysagère avec celles incluses dans les espaces à protéger en raison de leur caractéristique d'espace remarquable et que cette partie sud forme un corridor écologique conduisant à une partie en friche boisée et à un cours d'eau à l'extrémité nord des deux parcelles où passent des espèces sauvages tels que des oiseaux et des chevreuils. Par cette simple affirmation générale sans préciser en quoi ces parcelles présenteraient effectivement par leurs caractéristiques propres une unité paysagère avec les espaces identifiés comme remarquables et sans plus indiquer à quel titre Morlaix Communauté devait classer l'intégralité de ces parcelles en zone Ns, M. B C ne permet pas au tribunal d'apprécier le bien-fondé de ce moyen.

25. En tout état de cause et ainsi qu'il a été dit la partie sud de ces parcelles n'est pas couverte par une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, se trouve intégrée dans un compartiment urbanisé de la commune de Plougasnou pour être bordée au sud à l'est et à l'ouest par une route et des constructions. Aucun élément produit par le requérant ne permet de retenir qu'il existerait effectivement une unité paysagère avec le reste de la vaste zone classée plus au nord, en espace remarquable. En l'espèce il est constant que la partie sud des parcelles litigieuses a fait l'objet d'un aménagement pour permettre le passage et le stationnement de véhicules et supporte une construction et que le reste de ces parcelles, classé en zone N, forme une prairie repérée comme un espace consacré à des activités agricoles ainsi que cela résulte du registre parcellaire graphique pour l'année 2020. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la prise en compte du schéma régional de cohérence écologique :

26. Aux termes de l'article L. 151-1 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Le plan local d'urbanisme respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. Il est compatible avec les documents énumérés à l'article L. 131-4 et prend en compte ceux énumérés à l'article L. 131-5 ". Aux termes de l'article L. 131-2 du même code alors applicable : " Les schémas de cohérence territoriale prennent en compte : () 2° Les schémas régionaux de cohérence écologique prévus à l'article L. 371-3 du code de l'environnement () ". Aux termes de l'article L. 131-7 de ce code : " En l'absence de schéma de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme, les documents en tenant lieu et les cartes communales sont compatibles, s'il y a lieu, avec les documents énumérés aux 1° à 10° de l'article L. 131-1 et prennent en compte les documents énumérés à l'article L. 131-2. () ". Il résulte de ces dispositions que ce n'est qu'en l'absence de schéma de cohérence territoriale qu'un plan local d'urbanisme doit prendre en compte le schéma régional de cohérence écologique (SRCE).

27. Il résulte des informations disponibles sur le site de internet de Morlaix Communauté, accessible tant aux juges qu'aux parties, que le schéma de cohérence territoriale de Morlaix Communauté, qui couvre le même périmètre territorial que le plan local d'urbanisme intercommunal de cette communauté, a été approuvé le 12 novembre 2007. Ainsi, le territoire de Morlaix Communauté étant couvert par un schéma de cohérence territoriale, le SRCE n'était pas au nombre des documents avec lequel le plan local d'urbanisme devait être compatible lors de son adoption le 10 février 2020. Par suite, ce moyen inopérant ne peut qu'être écarté.

28. En tout état de cause, le rapport de présentation du PLUi-H de Morlaix Communauté comporte, pages 219 à 221, une analyse consacrée à la prise en compte du schéma régional de cohérence écologique Bretagne adopté le 2 novembre 2015. Il examine sa déclinaison sur le territoire des communes couvertes par le plan local d'urbanisme et en particulier " la trame verte et bleue dans le cadre de l'urbanisation et des infrastructures linéaires ".

En ce qui concerne l'absence d'identification de la partie sud des parcelles en tant qu'éléments de paysage à protéger au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme :

29. Aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. / Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent ".

30. Ces dispositions permettent au règlement d'un plan local d'urbanisme d'édicter des dispositions visant à protéger, mettre en valeur ou requalifier un élément du paysage dont l'intérêt le justifie. Le règlement peut notamment, à cette fin, instituer un cône de vue ou identifier un secteur en raison de ses caractéristiques particulières. La localisation de ce cône de vue ou de ce secteur, sa délimitation et les prescriptions le cas échéant définies, qui ne sauraient avoir de portée au-delà du territoire couvert par le plan, doivent être proportionnées et ne peuvent excéder ce qui est nécessaire à l'objectif recherché. Une interdiction de toute construction ne peut être imposée que s'il s'agit du seul moyen permettant d'atteindre l'objectif poursuivi.

31. Il n'appartient pas au juge administratif d'examiner si un autre classement que celui retenu par les auteurs du document d'urbanisme aurait été possible, ni même d'étudier la circonstance que d'autres parcelles comparables auraient été classées différemment, mais seulement de vérifier que le classement choisi n'est pas illégal. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la commune aurait pu décider de ne pas classer le sud des parcelles litigieuses en zone constructible et choisir de faire usage des dispositions de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme pour instituer une servitude non aedificandi et les soustraire à toute construction pour préserver un cône de vue. En tout état de cause M. B C n'établit pas en quoi la commune aurait pu entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la cohérence entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables :

32. Aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur : " Le plan local d'urbanisme comprend : 1° Un rapport de présentation ; / 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; / 4° Un règlement ; / 5° Des annexes. / Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques. Ces documents graphiques peuvent contenir des indications relatives au relief des espaces auxquels il s'applique. ". Aux termes de l'article L. 151-4 du même code : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. ". Aux termes de l'article L. 151-4 de ce code : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; () / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. ". Aux termes de l'article L. 151-8 dudit code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".

33. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

34. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient le requérant, Morlaix Communauté ne se trouvait pas en situation de compétence liée pour déterminer le règlement du plan local d'urbanisme au regard des orientations et objectifs déterminés par les auteurs du PLUi-H mais devait seulement veiller à la compatibilité de ce règlement avec le contenu du projet d'aménagement et de développement durables.

35. En deuxième lieu, il ressort du projet d'aménagement et de développement durables de Morlaix Communauté, accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de Morlaix Communauté, qu'il s'applique sur l'ensemble du territoire de vingt-six communes et " définit les orientations générales d'aménagement et d'urbanisme retenues par Morlaix Communauté pour l'ensemble de son territoire ". Il vise à déterminer les conditions permettant d'assurer, " dans le respect des objectifs de développement durable : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; e) Les besoins en matière de mobilité ; 2° La qualité urbaine, architecturale et paysagère, notamment des entrées de ville ; 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; 4° La sécurité et la salubrité publiques ; 5° La prévention des risques naturels prévisibles, des risques miniers, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute nature ; 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; 7° La lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ce changement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'économie des ressources fossiles, la maîtrise de l'énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables. " - article L.101-2 du Code de l'Urbanisme (CU). " Pour ce faire, il prévoit quatre axes : " Axe 1 - Construire l'aménagement d'1 territoire à 26 " et notamment " Organiser l'aménagement du territoire " et " Dynamiser les centralités ", " Axe 2 - Inventer un territoire attractif " et notamment " Valoriser le patrimoine et les identités locales ", " La mise en valeur du paysage en "Argoat" et en "Armor" ", " Préserver la richesse des milieux naturels " et " Prendre en compte les cœurs de biodiversité et les corridors écologiques ", " Axe 3 - Développer l'économie du 21ème siècle " et notamment " Renforcer et accompagner l'attractivité des activités touristiques et patrimoniales ", " Axe 4 - Promouvoir un habitat durable et diversifié " et notamment " Mobiliser davantage le parc existant et promouvoir la dynamisation des centralités ".

36. Le requérant soutient encore qu'en classant en zone Uhc la partie sud des parcelles classées section BD nos 15 et 16, le règlement méconnaît les orientation et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables tendant à lutter contre l'étalement urbain, à préserver les milieux naturels et à renforcer les centralités. Cependant par ce choix, Morlaix Communauté a entendu délimiter la zone urbaine du village de Térenez sur le territoire de la commune de Plougasnou et à ce titre, a pu estimer que par leur situation et leurs caractéristiques les parcelles classées section BD nos 15 et 16 pouvaient, sur leur partie sud, être classées en zone Uhc sur une surface d'environ 1 000 m². Cette circonstance ne peut être regardée, à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme litigieux, comme de nature à établir l'existence d'une incohérence entre le projet d'aménagement et de développement durables et le règlement conduisant à retenir un zonage en zone U sur le sud des parcelles classées section BD nos 15 et 16. Par suite, le moyen tiré de l'incohérence entre le classement retenu pour ces dernières et le projet d'aménagement et de développement durables doit être écarté.

37. En troisième lieu, la circonstance que ce classement serait susceptible de conduire à la construction de maisons individuelles avec un système d'assainissement individuel n'est pas plus de nature à établir l'existence d'une incompatibilité entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompatibilité du classement de ces parcelles avec les objectifs fixés par le schéma de cohérence territoriale de Morlaix Communauté :

38. Il résulte des dispositions des articles L. 131-4 et L. 142-1 du code de l'urbanisme qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de comptabilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir, en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.

39. Le requérant se prévaut de l'incompatibilité du PLUi-H de Morlaix Communauté approuvé le 12 novembre 2007 avec le schéma de cohérence territoriale du pays de Morlaix au seul motif du classement d'une surface d'environ 1 000 m² en zone U. D'une part, si le schéma de cohérence territoriale du pays de Morlaix prévoit une thématique 1 " Organiser et structurer le territoire " et les objectifs de " respecter les équilibres entre espaces naturels et urbanisés à travers sa politique de territoires d'équilibre " et de " développer la vocation maritime du territoire et affirmer les principes d'aménagement des espaces littoraux " et " renforcer les espaces agricoles et les principes d'aménagement des territoires ruraux ", il comporte également une thématique 2 tendant à " Renforcer le Pôle urbain central " et une thématique 3 " Maîtriser l'urbanisation " encourageant " le renouvellement urbain, la densification de l'espace urbain " et " maîtriser l'extension urbaine ". D'autre part, le classement contesté qui ne porte que sur une

parcelle d'une surface de moins de 0,1 hectare n'est pas de nature à établir que le PLUi-H litigieux, ne serait pas compatible avec le schéma de cohérence territoriale du pays de Morlaix qui couvre le territoire de 26 communes. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 151-5 et suivants du code de l'urbanisme :

40. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme alors applicable : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; () ". Aux termes de l'article L. 151-6 du même code alors applicable : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () ". Aux termes de l'article L. 151-7 de ce code alors applicable : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; (). ". Aux termes de l'article L. 151-8 dudit code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".

41. En se bornant à évoquer de manière générale une absence de prise en compte des corridors écologiques et des orientations d'aménagement et de programmation concernant les continuités écologiques M. B C n'établit pas que le classement du sud des parcelles cadastrées section BD nos 15 et 16, dont aucun élément ne permet d'établir l'existence d'une sensibilité écologique particulière, ainsi que précisé aux points précédents, méconnaîtrait les dispositions des articles cités L. 151-5 à L. 151-8 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne le principe d'équilibre posé par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme :

42. Aux termes de l'article L. 151-1 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". Aux termes de l'article L. 101-2 du même code, dans sa version applicable au litige : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / 1° L'équilibre entre : / a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; / b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; () / 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; () ".

43. Ces dispositions n'imposent aux auteurs des documents d'urbanisme qu'elles mentionnent que d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. En conséquence, le juge administratif exerce un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions du code de l'urbanisme relatives au principe d'équilibre.

44. En se bornant à critiquer l'absence de classement des parcelles litigieuses en zone N ou Nc M. B C n'assortit pas le moyen tiré de l'incompatibilité du plan local d'urbanisme intercommunal en litige avec le principe d'équilibre posé par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la méconnaissance de L. 121-41 du code de l'urbanisme :

45. Le requérant ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 121-38 du code de l'urbanisme qui concernent des dispositions particulières applicables à la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et Mayotte.

En ce qui concerne les autres moyens :

46. La légalité du plan local d'urbanisme intercommunal contesté s'appréciant à la date à laquelle il a été adopté, le requérant ne peut utilement invoquer les dispositions l'ordonnance du 6 avril 2022 relative à l'aménagement durable des territoires littoraux exposés au recul du trait de côte. Il ne peut pas plus utilement citer des extraits de discours. Enfin, les autres arguments ou mentions d'articles dans les écritures de M. B C ne peuvent être regardés comme des moyens et sont en tout état de cause insuffisamment précisés pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé ou la portée.

47. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B C doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

48. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Morlaix Communauté, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

49. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B C le versement à de la somme globale de 1 500 euros à Morlaix Communauté au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.

Article 2 : M. B C versera la somme globale de 1 500 euros à Morlaix Communauté au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B C et à Morlaix Communauté.

Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Grondin, premier conseiller,

Mme Villebesseix, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.

Le président-rapporteur,

signé

C. Radureau

L'assesseur le plus ancien,

signé

T. Grondin

Le greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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