vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2004527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PIPERAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 octobre 2020 et 13 octobre 2022, M. A E et Mme H F, Mme D E, Mme G E et M. C E, représentés par Me Piperaud, demandent au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 27 janvier 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat de cette communauté d'agglomération, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le classement de la partie sud du terrain composé des parcelles cadastrées section AB nos 288 et 289 à Saint-Jacut-de-la-Mer en secteur Nl par le règlement graphique du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat en litige n'est pas justifié par les dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-16 du code de l'urbanisme ; il est entaché d'une erreur de droit au regard de ces dispositions ;
- ce classement est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la partie du terrain dont le classement est contesté aurait dû être classée en zone urbaine.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 6 septembre et 27 octobre 2022, la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Piperaud, représentant les consorts E et Mme F, et de Me Messeant, de la SELARL Lexcap, représentant la communauté d'agglomération Dinan Agglomération.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 13 mars 2017, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat de cette communauté d'agglomération créée le 1er janvier 2017. Par une délibération du 25 mars 2019, il a tiré le bilan de la concertation et arrêté le projet de plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat. Il a été décidé, par une délibération du 25 mars 2019, d'appliquer les articles R. 151-1 à R. 151-55 du code de l'urbanisme. Par une délibération du 22 juillet 2019, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a à nouveau arrêté le projet de plan. L'enquête publique s'est déroulée entre les 12 août et 20 septembre 2019. Le 27 janvier 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local d'urbanisme par une délibération dont les requérants demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section ". Aux termes de l'article R. 151-24 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites "zones N". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de
l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
3. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-24, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Ils peuvent identifier et localiser des éléments de paysage et définir des prescriptions de nature à assurer leur protection. Ce faisant, ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des divers secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
4. Le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat en litige prévoit que " le projet tiendra compte de la fragilité côtière et veillera à préserver leur caractère naturel, les accès à la mer, la diversité des espaces et des paysages ainsi que la qualité des eaux ". Il comprend une orientation visant à " capitaliser sur les richesses environnementales du territoire " dont l'un des objectifs associés est de " préserver les éléments d'intérêt écologique majeurs et ordinaires de la trame verte et bleue ", notamment les réservoirs de biodiversité qui comprennent les milieux littoraux et estuariens remarquables classés en zone Natura 2000 et en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Il précise qu'" hors zone urbaine existante, l'urbanisation diffuse ainsi que l'urbanisation en chapelet de faible profondeur seront abandonnées au profit du maintien des zones agricoles, naturelles et des coupures d'urbanisation ".
5. Le rapport de présentation relève qu'en commune littorale, le zonage Nl a la même vocation que la zone N en commune non littorale mais n'admet pas les constructions d'annexes, les possibilités de construction au sein de cette zone se référant directement aux articles du code de l'urbanisme correspondant aux dispositions de la loi littoral. Il ajoute que " conformément aux dispositions de la loi littoral ce zonage Nl est complété par un zonage Nr en lien avec les espaces remarquables " définis par l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte du règlement graphique de ce plan que le terrain composé des parcelles cadastrées section AB nos 288 et 289 à Saint-Jacut-de-la-Mer est classé, dans sa partie nord le long du rivage en secteur Nr et dans sa partie sud en secteur Nl.
7. Le terrain, qui présente une superficie de 11 273 m², est intégré dans sa totalité dans le périmètre d'une zone Nature 2000. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des photographies aériennes, que la partie sud concernée par le classement contesté par les requérants en secteur Nl, végétalisée et arborée, présente un caractère principalement naturel, en dépit de la présence de deux maisons d'habitation éloignées l'une de l'autre d'environ cinquante mètres. Contrairement à ce que ces derniers soutiennent, cette partie du terrain constitue une unité paysagère avec la partie naturelle du même terrain qui longe le rivage au nord et dont la qualité d'espace remarquable n'est d'ailleurs pas contestée par les requérants. Elle se rattache ainsi à la vaste zone naturelle longeant le rivage et non au secteur densément urbanisé situé au sud dont il est séparé par le boulevard du Chevet, alors même qu'aucune coupure d'urbanisation n'est identifiée à cet endroit par le schéma de cohérence territoriale du Pays de Dinan et le plan local d'urbanisme intercommunal en litige. Enfin, le classement contesté est cohérent avec le parti retenu dans le projet d'aménagement et de développement durables, qui ressort du point 4 du présent jugement, de préserver les espaces naturels situés hors des zones urbaines existantes. Dans ces conditions, bien que le terrain en cause soit desservi par tous les réseaux publics et en dépit de la présence de quelques autres constructions implantées de manière diffuse au sein du secteur naturel longeant le rivage et d'un important parc de stationnement, les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat en litige n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant en zone Nl la portion sud du terrain composé des parcelles cadastrées section AB nos 288 et 289 à Saint-Jacut-de-la-Mer.
8. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants () ". Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions. Aux termes de l'article L. 121-16 du même code : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement ".
9. Contrairement à ce que soutiennent les requérants et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, il ressort tant du projet d'aménagement et de développement durables et du rapport de présentation que des photographies aériennes produites que le classement en zone Nl d'une partie de leur terrain est justifié par sa configuration et ses caractéristiques propres, et non par l'application des dispositions précitées des articles L. 121-8 et L. 121-16 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, à supposer que les requérants entendent se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions, d'une part, ainsi qu'il vient d'être dit, la portion concernée du terrain ne peut être regardée comme intégrée au secteur densément urbanisé au sud, de sorte que le classement litigieux ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. D'autre part, il est constant que la partie en cause du terrain des requérants n'est pas située à l'intérieur de la bande des cents mètres à compter de la limite haute du rivage. Les requérants ne peuvent, dès lors, utilement invoquer l'article L. 121-16 du même code.
10. Enfin, le classement d'un terrain relève d'un choix résultant du parti d'urbanisme retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme qu'il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier, dès lors que ce classement n'est pas manifestement erroné ni fondé sur des faits matériellement inexacts. Par suite, les requérants ne peuvent utilement faire valoir que la partie sud de leur terrain aurait dû être classée en zone urbaine.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 27 janvier 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat de cette communauté d'agglomération, ni, par voie de conséquence, celle de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée à ce titre par les consorts E et Mme F.
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des consorts E et de Mme F le versement de la somme globale de 1 500 euros à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête des consorts E et de Mme F est rejetée.
Article 2 : Les consorts E et Mme F verseront à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et Mme H F, premiers dénommés, désignés représentants uniques des requérants dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
C. B
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026