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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2004646

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2004646

mercredi 28 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2004646
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2020, Mme E A, représentée par la SELARL Lexcap, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 septembre 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Rennes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Rennes de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de la composition irrégulière de la commission de réforme du 15 juillet 2020 ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que le recteur de l'académie de Rennes s'est estimé lié par l'avis de la commission de réforme ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2021, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Fraboulet, rapporteur public,

- et les observations de Me Cazo, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, professeure des écoles depuis l'an 2000, a constitué le 18 septembre 2019 un dossier de déclaration de maladie professionnelle avec une première constatation médicale en date du 26 juin 2019. Après un avis défavorable émis le 15 juillet 2020 par la commission de réforme, le recteur de l'académie de Rennes a rejeté cette demande par une décision du 7 septembre 2020. Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, le recteur de l'académie de Rennes a régulièrement donné délégation, selon arrêté du 26 août 2000, dûment publié au recueil des actes administratifs du 28 août 2020, à M. H F, chef de la division des retraites et des accidents du travail et signataire de la décision attaquée, aux fins de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Michel Canerot, secrétaire général de l'académie de Rennes, de Mme Anne-Sophie Rault, secrétaire générale adjointe, et de M. Vincent Larzul, secrétaire général adjoint, tous les actes et documents dans la limite de ses attributions et compétences. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable : " Dans chaque département, il est institué une commission de réforme départementale compétente à l'égard des personnels mentionnés à l'article 15. Cette commission, placée sous la présidence du préfet ou de son représentant, qui dirige les délibérations mais ne participe pas aux votes, est composée comme suit : / 1. Le chef de service dont dépend l'intéressé ou son représentant ; / 2. Le directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques ou son représentant ; / 3. Deux représentants du personnel appartenant au même grade ou, à défaut, au même corps que l'intéressé, élus par les représentants du personnel, titulaires et suppléants, de la commission administrative paritaire locale dont relève le fonctionnaire ; toutefois, s'il n'existe pas de commission locale ou si celle-ci n'est pas départementale, les deux représentants du personnel sont désignés par les représentants élus de la commission administrative paritaire centrale, dans le premier cas et, dans le second cas, de la commission administrative paritaire interdépartementale dont relève le fonctionnaire ; / 4. Les membres du comité médical prévu à l'article 6 du présent décret. / Le secrétariat de la commission de réforme départementale est celui du comité médical prévu à l'article 6 du présent décret ". Aux termes de l'article 6 de ce même décret : " Dans chaque département, un comité médical départemental compétent à l'égard des personnels mentionnés à l'article 15 ci-après est constitué auprès du préfet. / La composition de ce comité est semblable à celle du comité médical ministériel prévu à l'article 5 () ". Aux termes de l'article 5 de ce même décret : " Il est institué auprès de l'administration centrale de chaque département ministériel un comité médical ministériel compétent à l'égard des personnels mentionnés au 1er alinéa de l'article 14 ci-après. / Ce comité comprend deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, pour l'examen des cas relevant de sa qualification, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandé le bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée prévu à l'article 34 (3e et 4e) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée () ". Aux termes de l'article 19 de ce même décret : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération. () La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages rapports et constatations propres à éclairer son avis. / Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instruction, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires () ".

4. Il résulte de ces dispositions que dans les cas où il est manifeste, au vu des éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par un agent est nécessaire pour éclairer l'examen de son cas, l'absence d'un tel spécialiste doit être regardée comme privant l'intéressé d'une garantie et comme entachant la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.

5. Il ressort du procès-verbal de la séance du 15 juillet 2020 que la commission de réforme, qui a émis un avis sur l'imputabilité au service de la maladie de Mme A, comportait un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par l'intéressée conformément aux dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la consultation irrégulière de la commission de réforme doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

7. La décision refusant à un fonctionnaire le bénéfice des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires doit être regardée comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens des dispositions du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle est ainsi au nombre des décisions qui, en application de cet article, doivent être motivées.

8. La décision du 7 septembre 2020 fait référence aux dispositions applicables, à savoir l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, le décret n° 88-442 du 14 mars 1986 et l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. Elle rappelle que le Dr D, expert psychiatre, estime que la maladie de Mme A n'est pas en lien unique ni essentiel avec son activité professionnelle, qu'il a déterminé un taux d'incapacité permanente partielle prévisible de 20 % et que la commission départementale de réforme du 15 juillet 2020 a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Le recteur précise, par ailleurs, que la reconnaissance d'une maladie professionnelle hors tableau de la sécurité sociale doit remplir deux conditions : être en lien essentiel et direct avec l'activité professionnelle et entraîner une incapacité permanente partielle (IPP) d'un taux au moins égal à 25 %. Il indique ensuite qu'après examen de l'ensemble des éléments du dossier, il refuse de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme A aux motifs, d'une part, que celle-ci n'est pas en lien essentiel et direct avec son activité professionnelle et, d'autre part, que son taux d'incapacité permanente est inférieur à 25 %. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles le recteur s'est fondé pour rejeter la demande de l'intéressée. Si Mme A fait valoir que le taux d'IPP retenu par le Dr D n'était que provisoire, la régularité en la forme d'une décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

9. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et, en particulier, des motifs de la décision attaquée, que le recteur se serait estimé lié par l'avis de la commission de réforme du 15 juillet 2020. En conséquence, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice d'incompétence négative doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau (). Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'État () ".

11. Aux termes de l'article 47-8 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. / Ce taux correspond à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner. Il est déterminé par la commission de réforme compte tenu du barème indicatif d'invalidité annexé au décret pris en application du quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. " Aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : " Le taux d'incapacité mentionné au quatrième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ".

12. Il résulte notamment de ces dispositions qu'une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

13. Le " syndrome anxio-dépressif réactionnel " dont souffre Mme A n'est pas une maladie mentionnée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Elle ne relève donc pas des dispositions du premier alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.

14. À l'appui de sa requête, Mme A soutient avoir subi un traumatisme lié, d'une part, à " l'animosité " de parents d'élèves qui ont mené une " cabale " contre elle et une collègue et, d'autre part, au déroulement de l'enquête administrative " à charge " menée par l'inspecteur d'académie et qui a finalement conduit à sa mutation d'office malgré sa mise hors de cause. La requérante estime que l'existence d'une relation conflictuelle avec certains parents d'élèves et le " mépris à son encontre " de l'inspecteur d'académie lors de l'enquête administrative sont la cause unique, directe et certaine de ses symptômes et de son arrêt de travail. Les pièces produites par Mme A, et notamment les courriers adressés à l'inspecteur d'académie et au directeur académique des services de l'Éducation nationale les 17 juin et 1er juillet 2019 par Mme David, secrétaire départementale du SNUipp-FSU 35, qui l'accompagnait lors de l'entretien du 26 juin 2019 avec M. G, inspecteur d'académie, établissent effectivement l'existence d'une relation à tout le moins " tendue " avec certains parents d'élèves et l'inspecteur d'académie lors de l'enquête administrative, laquelle n'est d'ailleurs pas contestée par l'administration en défense. Toutefois, l'expertise médicale du Dr D précise notamment que l'intéressée présente " des traits pathologiques de la personnalité "quérulence, passionnelle, projective, rigide, avec défaut d'auto-critique " ", que " le contrôle émotionnel est médiocre ", que " le ton passionnel constant se conjugue à une psycho-rigidité, à un net défaut d'autocritique et à une posture constamment projective ", que " le lien de causalité unique que souhaite établir Mme A avec son activité au sein de l'éducation nationale doit être partagé avec ses traits de personnalité " et que " ce lien de causalité existe, mais il n'est ni unique ni essentiel compte tenu des données cliniques ". Ainsi, le Dr D conclut que la pathologie présentée ne peut être qualifiée de maladie à caractère professionnel dès lors qu'il s'agit " d'une répercussion négative (sous forme d'un état anxio-dépressif) d'un conflit de travail sur une personnalité "particulière", nullement spécifique à l'éducation nationale ni aux conditions " particulières " d'exercice qu'invoque pourtant Mme A dans son cas personnel ". En outre, la commission de réforme a rendu, le 15 juillet 2020, un avis défavorable à l'imputabilité au service de la pathologie de la requérante. Mme A fait valoir, par ailleurs, que les éléments médicaux qu'elle produit contredisent l'avis de la commission de réforme. Si le Dr B, médecin généraliste qui a établi le certificat médical de maladie professionnelle, indique le 13 septembre 2019 que l'intéressée souffre depuis le 26 juin 2019 d'un " syndrome anxio-dépressif réactionnel - état de stress post traumatique " et que " la demande de qualification de ce symptôme en maladie professionnelle intervient le 9 septembre 2019 devant l'acutisation des symptômes depuis la rentrée scolaire ", elle atteste le 30 juillet 2019 de la " grande souffrance psychique ayant nécessité une prise en charge rapide " les 19 octobre 2018 et 26 juin 2019, soit en partie bien avant les " traumatismes " allégués par l'intéressée comme étant la cause unique de sa pathologie. Les autres pièces médicales produites se bornent à attester d'un suivi régulier de Mme A par un psychiatre depuis septembre 2019 et des médicaments qui lui ont été prescrits. Ces éléments, peu circonstanciés et qui contredisent l'affirmation de Mme A selon laquelle elle n'avait jamais été confrontée avant les événements de juin 2019 à des symptômes psychologiques ou psychiatriques et ne présentait aucun état antérieur interférant, ne remettent pas valablement en cause la conclusion du rapport de l'expert selon laquelle le lien de causalité entre les conditions de travail de l'intéressée et l'apparition de sa pathologie existe mais n'est pas essentiel compte tenu des données cliniques. Dans ces conditions, Mme A n'apporte pas la preuve de l'imputabilité au service du syndrome anxio-dépressif réactionnel dont elle souffre et dont la réalité médicale n'est pas niée, alors que ses traits de personnalité pathologiques, qui ne sont pas contestés, constituent des circonstances particulières de nature à détacher la survenance de sa maladie du service. En conséquence, le recteur de l'académie de Rennes pouvait, sans entacher sa décision d'erreur d'appréciation, se fonder sur le seul motif tiré de l'absence de lien essentiel entre l'activité professionnelle de Mme A et sa pathologie pour refuser de reconnaître son imputabilité au service. En tout état de cause, la requérante n'établit pas que sa maladie entraîne une incapacité permanente à un taux au moins égal à 25 %, seconde condition cumulative prévue par l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 pour établir l'imputabilité au service d'une maladie, en se bornant à soutenir que le taux d'IPP de 20 % retenu par le Dr D n'était que provisoire. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit, par suite, être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

16. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie au recteur de l'académie de Rennes.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Albouy, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

L. CLe président,

signé

F. Etienvre

La greffière d'audience,

signé

A. Bruézière

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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