vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2005143 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS PAMLAW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 novembre 2020 et le 30 décembre 2021, la société Free Mobile, représentée par le Cabinet Pamlaw-Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Cancale s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 35049 20 A0181 déposée le 14 septembre 2020 pour la construction d'un pylône de radiotéléphonie mobile d'une hauteur de 36,25 mètres supportant six antennes et trois faisceaux hertziens ainsi qu'une zone technique et une clôture sur un terrain situé lieudit La Rabine, cadastré section C n° 147 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cancale le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- le motif de refus tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- la demande de substitution de motifs doit être écartée, dès lors que l'ouvrage ne s'implantera pas dans le périmètre d'une zone humide.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 14 janvier 2021 et le 5 janvier 2022, la commune de Cancale, représentée par la SARL Martin Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Free Mobile le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, elle invoque une substitution de motif tirée de ce que l'arrêté portant opposition préalable pouvait également être fondé sur la méconnaissance de l'article 6 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet prend son emprise dans le périmètre d'une zone humide inventoriée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu l'ordonnance n° 2005870 du 11 janvier 2021 du juge des référés du tribunal.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Laville Collomb, de la SARL Martin Avocats, représentant la commune de Cancale.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé à la mairie de Cancale, le 14 septembre 2020, une déclaration préalable n° DP 35049 20 A0181, pour la construction d'un pylône de radiotéléphonie mobile d'une hauteur de 36,25 mètres supportant six antennes et trois faisceaux hertziens ainsi qu'une zone technique et une clôture sur un terrain cadastré section C n° 147, situé lieudit La Rabine. Par un arrêté du 22 septembre 2020, le maire de Cancale s'est opposé au projet. La société Free Mobile demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 25 mai 2020 dûment publié et transmis au contrôle de légalité, le maire de Cancale a donné délégation de signature à Mme Maude Korsec, conseillère municipale déléguée à l'urbanisme et signataire de l'arrêté du 22 septembre 2020, notamment pour les décisions relatives aux déclarations préalables. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision d'opposition attaquée doit donc être écarté.
3. En second lieu, pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile, le maire de Cancale s'est fondé sur le motif unique tiré de la contrariété du projet avec les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
4. Aux termes de ces dispositions : " L'extension de l'urbanisation se réalise soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l'environnement. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs ". Aux termes de l'article 42 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique dite "loi Elan" : " () / III. - Jusqu'au 31 décembre 2021, des constructions et installations qui n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre du bâti existant, ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti, peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'État, après avis de la commission départementale de la nature des paysages et des sites, dans les secteurs mentionnés au deuxième alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction résultant de la présente loi, mais non identifiés par le schéma de cohérence territoriale ou non délimités par le plan local d'urbanisme en l'absence de modification ou de révision de ces documents initiée postérieurement à la publication de la présente loi ".
5. Il résulte des articles L. 121-8, L. 121-10, L. 121-11 et du premier alinéa de l'article L. 121-12 du code de l'urbanisme que le législateur a entendu ne permettre l'extension de l'urbanisation dans les communes littorales qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants et a limitativement énuméré les constructions, travaux, installations ou ouvrages pouvant néanmoins y être implantés sans respecter cette règle de continuité. L'implantation d'une infrastructure de téléphonie mobile comprenant une antenne-relais et ses systèmes d'accroche ainsi que, le cas échéant, les locaux ou installations techniques nécessaires à son fonctionnement n'est pas mentionnée au nombre de ces constructions. Par suite, elle doit être regardée comme constituant une extension de l'urbanisation soumise au principe de continuité avec les agglomérations et villages existants au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Il en va de même dans la rédaction qu'a donnée la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 au premier alinéa de cet article, qui dispose depuis lors que : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants ".
6. Il résulte également de ces dispositions que, dans les communes littorales, ne peuvent être autorisées que les constructions réalisées en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions ou, sous certaines conditions, au sein des secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, se distinguant des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs.
En revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages ou de ces secteurs déjà urbanisés.
7. L'exigence de continuité avec les agglomérations et villages existants ou les espaces déjà urbanisés est directement applicable aux autorisations d'occupation ou d'utilisation du sol, sans qu'ait d'incidence la circonstance éventuelle que le plan local d'urbanisme, en compatibilité avec les orientations des schémas de cohérence territoriale et des schémas de secteur ou, en l'absence de ces schémas, avec les dispositions particulières au littoral du code de l'urbanisme, le cas échéant précisées par une directive territoriale d'aménagement ou par un document en tenant lieu, aurait ouvert à l'urbanisation la zone dans laquelle se situe le terrain d'assiette.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies et vues aériennes produites par les parties, que le terrain d'emprise du projet est une parcelle vierge de toute construction faisant l'objet, ne serait-ce que partiellement, d'une exploitation agricole. Le terrain jouxte à l'ouest un espace boisé classé et se trouve très largement inclus, à l'est et au sud, dans le périmètre d'une zone humide. Cette parcelle cadastrée section C n° 147 située lieudit La Rabine est distante de plus de 70 mètres de l'agglomération existante, dont elle est séparée par la voie de circulation constituée par le chemin du Chêne Vert, et s'ouvre, au nord, au sud et à l'ouest, sur de vastes espaces naturels, boisés ou agricoles. Il s'ensuit que l'installation de téléphonie envisagée par la société Free Mobile doit être regardée comme une opération de construction isolée, constitutive d'une extension de l'urbanisation pour n'être pas réalisée en continuité d'une agglomération ou d'un village existant. Dans ces circonstances, le moyen tiré de ce que le maire de Cancale ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la substitution de motif présentée par la commune de Cancale, que les conclusions présentées par la société Free Mobile à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cancale qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que la société Free Mobile demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Free Mobile le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Cancale au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.
Article 2 : La société Free Mobile versera à la commune de Cancale la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Free Mobile et à la commune de Cancale.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
F. A
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026