vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2100042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JEAN-MEIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 janvier 2021 et le 28 avril 2022, M. et Mme B et C A, représentés par Me Jean-Meire, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2020 par lequel le maire de Sarzeau, d'une part, a retiré le permis de construire qui leur avait été accordé le 28 mai 2020 pour la construction d'une maison individuelle sur un terrain cadastré section YX n° 131 situé Parc de Beg Lann et, d'autre part, a refusé de leur délivrer l'autorisation sollicitée ;
2°) d'annuler la décision rejetant leur recours gracieux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sarzeau le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision de retrait n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit relative aux dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022, la commune de Sarzeau, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bozzi,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Jean-Meire, représentant M. et Mme A, et D, E, représentant la commune de Sarzeau.
Considérant ce qui suit :
1. La mère de M. et Mme A est propriétaire d'un terrain situé Parc de Beg Lan dans le Domaine de Beg Lann à Sarzeau et cadastré section YX n° 131. Une demande de certificat d'urbanisme opérationnel a été déposée le 15 novembre 2019 pour la construction d'une maison d'habitation d'une emprise au sol maximum de 116 m². Cette demande n'a fait l'objet d'aucune réponse de la commune. M. et Mme A ont alors présenté à la mairie de Sarzeau, le 12 février 2020, une demande de permis de construire pour l'édification d'une maison d'habitation de 130 m². Le maire de la commune de Sarzeau a délivré l'autorisation sollicitée par un arrêté du 28 mai 2020. Toutefois, par une décision du 4 août 2020, le maire a retiré l'autorisation accordée. M. et Mme A ont alors saisi la commune de Sarzeau d'un recours gracieux tendant au retrait de l'arrêté de retrait du 4 août 2020, demande qui a été implicitement rejetée. M. et Mme A demandent l'annulation de cette décision, ensemble le rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme :
2. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ".
3. En vertu de ces dispositions, l'autorité compétente ne peut rapporter une décision de non-opposition à une déclaration préalable que si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire de la décision de non-opposition avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle cette décision est intervenue. En cas de notification d'une telle décision de retrait par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, la réception de ce courrier par son destinataire doit être regardée comme intervenant à la date à laquelle le pli qui contient cette décision a été présenté pour la première fois à son adresse.
4. Aux termes de l'article R. 423-38 du même code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-39 de ce code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie ".
5. Il résulte de ces dispositions que si l'illégalité d'une demande tendant à la production d'une pièce qui ne peut être requise est de nature à entacher éventuellement d'illégalité un refus de permis de construire, elle ne saurait avoir pour effet de rendre le pétitionnaire titulaire d'un permis de construire tacite. En outre, une décision de permis de construire tacite naît en principe deux mois après le dépôt de la demande, en l'absence de notification d'une décision expresse de l'administration ou d'une demande de pièces complémentaires.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les époux A sont titulaires d'un permis de construire accordé le 28 mai 2020. Il en résulte que cette autorisation ne pouvait être retirée que dans le délai de trois mois expirant en l'espèce le 28 août 2020.
7. Par ailleurs, il n'est pas contesté que le pli adressé par la commune de Sarzeau a été confié aux services postaux le 6 août 2020, soit 3 semaines environ avant l'expiration du délai imparti.
8. Or, la décision de retrait du 4 août 2020 a été notifiée aux requérants le 1er septembre 2020 ainsi qu'en atteste l'avis de réception n° RK488943612FR, cette date correspondant à la première présentation du pli contenant l'arrêté de retrait, par les services postaux du Luxembourg.
9. Si la commune a effectué les diligences nécessaires et dans les délais nécessaires pour que son pli parvienne en temps utile aux époux A, étant admis que le délai d'acheminement normal d'un envoi recommandé international est de 7 jours ouvrables, elle ne produit aucun élément de nature à démontrer que les services postaux français et luxembourgeois auraient connu durant cette période des dysfonctionnements substantiels dans l'acheminement du courrier. En outre, la tardiveté de la première présentation de la notification de l'arrêté de retrait ne saurait être imputée à M. et Mme A qui se trouvaient effectivement titulaire d'un permis de construire passé le délai du 28 août 2020 lorsque le pli contenant l'arrêté de retrait leur a été présenté.
10. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que la décision du 4 août 2020, qui leur retirait une décision créatrice de droit qui n'était pas illégale, leur a été notifiée au-delà du délai de trois mois prévu par les dispositions précitées de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.
11. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît, en l'état du dossier, de nature à justifier l'annulation de l'arrêté attaqué.
12. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 4 août 2020 par lequel le maire de Sarzeau, d'une part, a retiré le permis de construire qui avait été accordé à M. et Mme A le 28 mai 2020 pour la construction d'une maison individuelle sur un terrain cadastré section YX n° 131 situé Parc de Beg Lann et, d'autre part, a refusé de leur délivrer l'autorisation sollicitée, ensemble la décision rejetant leur recours gracieux doivent être annulés.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. et Mme A, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à la commune de Sarzeau une somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sarzeau le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 4 août 2020 du maire de Sarzeau retirant le permis de construire accordé le 28 mai 2020 pour la construction d'une maison individuelle sur un terrain cadastré section YX n° 131 situé Parc de Beg Lann et refusant de délivrer l'autorisation sollicitée, ensemble la décision rejetant le recours gracieux de M. et Mme A sont annulés
Article 2 : La commune de Sarzeau versera à M. et Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et C A et à la commune de Sarzeau.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
F. Bozzi
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026