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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2100414

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2100414

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2100414
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 25 janvier 2021, le 2 août 2021 et le 12 avril 2023, Mme D C, M. B C et Mme A C, représentés par le Cabinet Saout, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2020 par lequel le maire de la commune de Plounéventer a accordé à l'EARL Branellec un permis de construire en vue du déplacement d'un hangar de stockage et de la construction d'un poulailler d'une surface de 1 515,87 mètres carrés sur la parcelle cadastrée section B n° 1402 au lieudit La Croix de Kergréguen sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Plounéventer la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable dès lors qu'ils justifient de l'occupation régulière de leurs biens et qu'ils ont intérêt à agir contre le projet au motif que l'extension de l'exploitation agricole, qui se situe à environ 300 mètres de leurs propriétés, conduira à l'augmentation des nuisances olfactives ;

- le dossier de demande du permis de construire était incomplet ;

- le permis de construire méconnaît l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'autorisation au titre des rubriques n° 2101, 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;

- il est entaché de fraude ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le I de l'article 5 et l'article 21 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'autorisation au titre des rubriques n° 2101, 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;

- il méconnaît l'article 153-1 du règlement sanitaire départemental du Finistère ;

- il méconnaît l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 28 mai 2021 et le 12 août 2021, la commune de Plounéventer, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge des consorts C la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut de respecter l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- elle est irrecevable à défaut pour les requérants de démontrer leurs intérêts à agir contre le projet litigieux ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère est irrecevable dès lors qu'il a été invoqué postérieurement à la cristallisation des moyens ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 15 février 2023, l'EARL Branellec, alors représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des consorts C la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut pour les requérants de démontrer leurs intérêts à agir contre le projet litigieux ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère est irrecevable dès lors qu'il a été invoqué postérieurement à la cristallisation des moyens ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une lettre du 9 mars 2023, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire serait inscrite à une audience le second semestre 2023 et que l'instruction était susceptible d'être close à partir du 7 avril 2023.

Par une ordonnance du 22 mai 2023, la clôture immédiate de l'instruction est intervenue.

Par une lettre du 30 novembre 2023, le tribunal a invité les parties, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire dans un délai de 5 jours le permis de construire modificatif dont il est question dans le mémoire en réplique enregistré le 2 août 2021.

Le 5 décembre 2023, les pièces demandées ont été produites par la commune de Plounéventer et ont été communiquées aux autres parties.

Par lettre du 20 décembre 2023, le tribunal a informé les parties, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de ce qu'il était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête compte tenu des moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et de la méconnaissance de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère.

Par une ordonnance du 1er février 2024, l'instruction a été réouverte et la procédure a été communiquée au nouvel avocat du pétitionnaire.

Par une ordonnance du 6 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mars 2023.

Un mémoire, présenté pour l'EARL Branellec par le cabinet inter-barreaux GREEN LAW AVOCATS, a été enregistré le 29 mars 2024, après la clôture d'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de l'environnement ;

- l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'autorisation au titre des rubriques n° 2101, 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;

- le règlement sanitaire départemental du Finistère ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Villebesseix,

- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,

- et les observations de Me Manteau, substituant le Cabinet Saout, représentant le consorts C, de Me Guil, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Plounéventer, et de Me Gandet, du cabinet inter-barreaux GREEN LAW AVOCATS, représentant l'EARL Branellec.

Une note en délibéré présentée par l'EARL Branellec a été enregistrée le 22 avril 2024.

Considérant ce qui suit :

1. L'EARL Branellec exploite un élevage intensif avicole sur deux sites, l'un situé au lieudit Croix de Kergréguen et Lanver sur le territoire de la commune de Plounéventer. Le 16 janvier 2020, l'EARL Branellec a déposé une demande de permis de construire en vue de la construction d'un poulailler de 1 525,87 mètres carrés et le déplacement d'un hangar sur la parcelle cadastrée section B n° 1402 située au lieudit La Croix de Kergréguen à Plounéventer. Par un arrêté du 19 juillet 2020, le maire de la commune de Plounéventer lui a accordé l'autorisation d'urbanisme sollicitée. Mme D C, M. B C et Mme A C ont formé un recours gracieux contre cet arrêté de permis de construire. Du silence gardé par le maire de la commune de Plounéventer sur cette demande est née une décision implicite de rejet. Le 24 novembre 2020, le préfet du Finistère a pris un arrêté complémentaire à l'arrêté préfectoral du 4 mai 2016 complétant l'arrêté préfectoral du 30 juin 2005 relatif à l'extension de l'effectif et à la mise à jour du plan d'épandage de l'élevage avicole exploité aux lieudits Croix de Kergrégen et Lanveur sur la commune de Plounéventer. Le 6 janvier 2021, un permis de construire modificatif a été délivré à l'EARL Branellec en vue de la modification de l'implantation du projet. Par la présente requête, les consorts C demandent l'annulation de l'arrêté de permis de construire initial du 19 juillet 2020, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme :

2. Aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. () ".

3. Pour satisfaire aux dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et répondre à la fin de non-recevoir opposée en défense, les requérants ont produit un avis complet de taxe foncière au titre de l'année 2020 permettant d'identifier M. C comme propriétaire du bien immobilier situé au lieudit Kéralan sur le territoire de la commune de Plounéventer. Cet avis établit ainsi le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par l'intéressé. Dès lors que la requête est formée conjointement par Mme C et son mari, la commune de Plounéventer n'est pas fondée à soutenir que la requête serait irrecevable en raison de la méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne l'intérêt à agir des consorts C :

4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste à déplacer un hangar et à édifier un nouveau poulailler de 1 525,87 mètres carrées destiné à l'extension de l'élevage de volailles de chair. Ce nouveau poulailler a vocation à comporter 36 000 emplacements de volailles qui viennent s'additionner aux 115 500 emplacements existants sur le site de Croix de Kergréguen portant leur nombre à 121 500. Il ressort du rapport d'inspection des installations classées du 15 septembre 2020 que la production de NH3 après réalisation de ce projet augmentera de 34 %. Les parcelles des requérants sont situées à environ 330 et 370 mètres de cette exploitation agricole, légèrement en contrebas par rapport à l'exploitation Branellec dont elles ne sont séparées que par des parcelles agricoles. Les requérants se prévalent de plusieurs témoignages attestant des nuisances olfactives générées par l'élevage avicole et font valoir qu'il existe également un autre élevage intensif exploité par l'EARL Mezou situé au sud du projet litigieux qui augmente encore les nuisances olfactives qu'ils subissent. Ainsi, les requérants, qui n'ont pas à apporter la preuve du caractère certain des atteintes qu'ils invoquent, mettent en exergue la faible distance qui les sépare du projet en litige et un risque probable de nuisances olfactives. Bien que les vents dominants ne soient pas dirigés vers les parcelles des requérants et que des plantations seront réalisées en bordure du site d'implantation du projet pour limiter la propagation des odeurs, cela ne suffit pas pour établir que les propriétés des requérants ne subiront en aucun cas des nuisances olfactives. Par suite, les deux défenderesses ne sont pas fondées à opposer une fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire :

7. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les côtes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ".

8. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dans sa version applicable à la date de l'autorisation litigieuse : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / a) L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale lorsque le projet relève du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale ; () ". Il résulte des termes de cet article, dans sa version applicable à la date du litige, que l'obligation de faire figurer l'étude d'impact ou la décision de l'autorité environnementale dispensant le projet d'évaluation environnementale dans le dossier de demande de permis de construire n'est pas réservée aux seuls cas où une telle étude est exigée en vertu du code de l'environnement pour des projets soumis à autorisation en vertu du code de l'urbanisme, mais concerne désormais, depuis l'entrée en vigueur du décret n° 2016-1110 du 11 août 2016, tous les projets qui relèvent du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement et se trouvent ainsi soumis à l'évaluation environnementale prévue par ce code.

9. Aux termes de l'article L. 122-1 du code de l'environnement dans sa version applicable au litige : " () II.- Les projets qui, par leur nature, leur dimension ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine font l'objet d'une évaluation environnementale en fonction de critères et de seuils définis par voie réglementaire et, pour certains d'entre eux, après un examen au cas par cas. /Pour la fixation de ces critères et seuils et pour la détermination des projets relevant d'un examen au cas par cas, il est tenu compte des données mentionnées à l'annexe III de la directive 2011/92/ UE modifiée du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement. /Lorsque l'autorité chargée de l'examen au cas par cas décide de soumettre un projet à évaluation environnementale, la décision précise les objectifs spécifiques poursuivis par la réalisation de l'évaluation environnementale du projet. ". En vertu de l'article R. 122-2 du même code : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. A titre dérogatoire, les projets soumis à évaluation environnementale systématique qui servent exclusivement ou essentiellement à la mise au point et à l'essai de nouveaux procédés ou de nouvelles méthodes, pendant une période qui ne dépasse pas deux ans, font l'objet d'une évaluation environnementale après examen au cas par cas. / II. - Les modifications ou extensions de projets déjà autorisés, qui font entrer ces derniers, dans leur totalité, dans les seuils éventuels fixés dans le tableau annexé ou qui atteignent en elles-mêmes ces seuils font l'objet d'une évaluation environnementale ou d'un examen au cas par cas. / Les autres modifications ou extensions de projets soumis à évaluation environnementale systématique ou relevant d'un examen au cas par cas, qui peuvent avoir des incidences négatives notables sur l'environnement sont soumises à examen au cas par cas () ". L'annexe à cet article R. 122-2 prévoit, dans sa première rubrique, que les projets d'installations classées pour la protection de l'environnement sont soumis à évaluation environnementale systématique ou après un examen au cas par cas. Aux termes de l'article L. 181-14 du code de l'environnement : " Toute modification substantielle des activités, installations, ouvrages ou travaux qui relèvent de l'autorisation environnementale est soumise à la délivrance d'une nouvelle autorisation, qu'elle intervienne avant la réalisation du projet ou lors de sa mise en œuvre ou de son exploitation. / En dehors des modifications substantielles, toute modification notable intervenant dans les mêmes circonstances est portée à la connaissance de l'autorité administrative compétente pour délivrer l'autorisation environnementale dans les conditions définies par le décret prévu à l'article L. 181-32. / L'autorité administrative compétente peut imposer toute prescription complémentaire nécessaire au respect des dispositions des articles L. 181-3 et L. 181-4 à l'occasion de ces modifications, mais aussi à tout moment s'il apparaît que le respect de ces dispositions n'est pas assuré par l'exécution des prescriptions préalablement édictées. ". Enfin, dans sa version applicable au litige, l'article R. 181-46 du code de l'urbanisme dispose que : " I. - Est regardée comme substantielle, au sens de l'article L. 181-14, la modification apportée à des activités, installations, ouvrages et travaux soumis à autorisation environnementale qui : / 1° En constitue une extension devant faire l'objet d'une nouvelle évaluation environnementale en application du II de l'article R. 122-2 ; / 2° Ou atteint des seuils quantitatifs et des critères fixés par arrêté du ministre chargé de l'environnement ; / 3° Ou est de

nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l'article L. 181-3. / La délivrance d'une nouvelle autorisation environnementale est soumise aux mêmes formalités que l'autorisation initiale ".

10. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au bénéficiaire d'une autorisation d'exploiter une installation classée pour la protection de l'environnement d'informer le préfet de toute modification ou extension des conditions d'exploitation du projet autorisé. Lorsque cette modification présente un caractère substantiel, le préfet doit inviter l'exploitant à solliciter une nouvelle autorisation. Pour apprécier le caractère substantiel d'une modification, le préfet doit tenir compte des changements successifs qui ont pu être apportées à une installation ou au site sur lequel elle est exploitée afin de déterminer si ceux-ci sont, par leur addition, de nature à modifier l'appréciation qui avait été faite, au moment de la délivrance de l'autorisation initiale, des incidences notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine.

11. La régularité de la procédure d'instruction d'un permis de construire requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par le code de l'urbanisme. Pour autant, la circonstance que le dossier de demande ne les comporterait pas tous ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

12. En premier lieu, s'agissant du système d'assainissement mis en place, il ressort du plan de masse joint au dossier de demande et de la notice paysagère qu'un hangar de stockage de compost existe déjà sur la parcelle pour gérer les effluents ainsi qu'un hangar de stockage de litière pour traiter les eaux résiduaires et les fientes. Dès lors que l'extension de l'exploitation agricole ne suppose pas la modification du dispositif d'assainissement existant sur la parcelle, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'appréciation du service instructeur aurait été faussée.

13. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que l'EARL Branellec a été autorisée à exploiter un élevage intensif agricole de 115 500 volailles dont 85 500 animaux au lieudit Croix de Kergréguen sur une surface de 2 850 mètres carrés par un arrêté préfectoral du 30 juin 2005 complété par un arrêté préfectoral du 4 mai 2016. Elle a demandé l'extension de son exploitation par la création d'un nouveau poulailler de 36 000 emplacements, ce qui a pour effet de porter le nombre total de volailles à 151 500, soit une augmentation de 42,10 % par rapport à l'autorisation initiale d'exploitation au lieudit Croix de Kergréguen et de 77 % sur les deux sites. Il ressort du rapport de l'inspection des installations classées du 15 septembre 2020 que l'extension de l'élevage en litige a pour effet de porter la surface totale de ce dernier de 2 850 m² à 5 370 m² et d'émettre plus de 12 tonnes d'ammoniac par an, soit une augmentation de 34 % des émissions d'ammoniac. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'à proximité immédiate, un autre élevage intensif est situé au sud du projet d'extension. Ainsi, l'extension de l'élevage, par son importance, est susceptible d'avoir un impact important sur la santé du voisinage et de générer des nuisances olfactives sur ce dernier, ces intérêts étant au nombre de ceux qui sont protégés par les dispositions des articles L. 511-1 et L. 181-3 du code de l'environnement. La circonstance que le projet prévoit des dispositifs pour tenter de maîtriser les nuisances olfactives engendrées par l'exploitation agricole située au lieudit Croix de Kergréguen est sans incidence sur le caractère substantiel des modifications apportées à l'exploitation. Dans ces conditions, les requérants, qui résident à moins de 400 mètres du projet contesté, l'extension en litige doit être regardée comme constituant une modification substantielle au sens des dispositions du 3° de l'article R. 181-46 du code de l'environnement. Par suite, ce projet d'extension doit être soumis au régime juridique de l'autorisation environnementale en application des dispositions de l'article L. 181-14 du code de l'environnement.

14. Or, il est constant que le dossier de demande de permis de construire ne contenait ni étude d'impact ni décision de l'autorité environnementale dispensant le projet d'évaluation environnementale. Dans ces conditions, le dossier de demande de permis de construire était incomplet en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme. L'absence de cette pièce a été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur sur le projet. Le permis de construire modificatif délivré le 6 janvier 2021 n'a pas régularisé le projet sur ce point. Par suite, les requérants sont fondés à demander l'annulation du permis de construire du 29 juillet 2020 au motif que le dossier de demande était incomplet.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime :

15. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ".

16. Aux termes de l'article L. 111-3 du code du code rural et de la pêche maritime : " Lorsque des dispositions législatives ou réglementaires soumettent à des conditions de distance l'implantation ou l'extension de bâtiments agricoles vis-à-vis des habitations et immeubles habituellement occupés par des tiers, la même exigence d'éloignement doit être imposée à ces derniers à toute nouvelle construction et à tout changement de destination précités à usage non agricole nécessitant un permis de construire, à l'exception des extensions de constructions existantes. (). ".

17. Alors que la vérification du respect d'une règle relative à l'implantation d'une construction contenue dans un arrêté préfectoral pris au titre de la législation des installations classées pour la protection de l'environnement ne s'impose pas à l'autorité délivrant le permis de construire, la règle d'éloignement posée par cet article L. 111-3 concerne le nouveau bâtiment non agricole situé près d'un bâtiment agricole existant et non comme ici un nouveau bâtiment agricole. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à invoquer la méconnaissance de cet article du code rural et de la pêche maritime.

En ce qui concerne la méconnaissance des articles 5 et 21 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'autorisation au titre des rubriques n° 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) :

18. L'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'autorisation au titre des rubriques n° 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des ICPE prévoit que : " I. - Les bâtiments d'élevage et leurs annexes sont implantés à une distance minimale de : / 100 mètres des habitations ou locaux habituellement occupés par des tiers (à l'exception des logements occupés par des personnels de l'installation, des hébergements et locations dont l'exploitant a la jouissance et des logements occupés par les anciens exploitants), des stades ou des terrains de camping agréés (à l'exception des terrains de camping à la ferme), ainsi que des zones destinées à l'habitation par des documents d'urbanisme opposables aux tiers ; cette distance est réduite à 50 mètres lorsqu'il s'agit de bâtiments mobiles d'élevage de volailles faisant l'objet d'un déplacement d'au moins 100 mètres à chaque bande ; cette distance peut être réduite à 15 mètres pour les stockages de paille et de fourrage de l'exploitation ; toute disposition est alors prise pour prévenir le risque d'incendie ; 35 mètres des puits et forages, () ".

19. Aux termes de l'article 21 de ce même arrêté : " Pour l'élevage de volailles en enclos, en volières et en parcours, toutes les précautions sont prises pour éviter l'écoulement direct de boues et d'eau polluée vers les cours d'eau, le domaine public et les terrains des tiers. Lorsque la pente du sol est supérieure à 15 % un aménagement de rétention des écoulements potentiels de fientes, par exemple un talus, continu et perpendiculaire à la pente, est mis en place le long de la bordure aval du terrain concerné, sauf si la qualité et l'étendue du terrain herbeux est de nature à prévenir tout écoulement. / Lorsque les volailles ont accès à un parcours en plein air, un trottoir en béton ou en tout autre matériau étanche, d'une largeur minimale d'un mètre, est mis en place à la sortie des bâtiments fixes. Les déjections rejetées sur les trottoirs sont raclées et soit dirigées vers la litière, soit stockées puis traitées comme les autres déjections. / Les parcours des volailles sont herbeux, arborés, ou cultivés, et maintenus en bon état. Toutes les dispositions sont prises en matière d'aménagement des parcours afin de favoriser leur fréquentation sur toute leur surface par les animaux. / La rotation des terrains utilisés s'opère en fonction de la nature du sol et de la dégradation du terrain. Un même terrain n'est pas occupé plus de vingt-quatre mois en continu. Les terrains sont remis en état à chaque rotation par une pratique culturale appropriée. ".

20. La vérification du respect des prescriptions contenues dans les arrêtés préfectoraux pris en application de la législation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement ne s'impose pas à l'autorité délivrant des permis de construire, même lorsque ces prescriptions comportent des règles relatives à l'implantation de certaines constructions. Par suite, les requérants ne peuvent pas utilement se prévaloir de la méconnaissance des articles 5 et 21 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatifs aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'autorisation au titre des rubriques n° 2102, 2111 et 3660 de la nomenclature des ICPE.

En ce qui concerne l'existence d'une fraude :

21. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.

22. Les consorts C soutiennent que le permis de construire litigieux a été obtenu en fraude au motif que l'EARL Branellec a volontairement indiqué sur le plan de masse être propriétaire de la maison située à moins de 100 mètres du projet de nouveau poulailler sans indiquer dans le dossier de demande que cette maison était louée à des tiers. Cependant, aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose d'indiquer sur les plans si les constructions situées autour du projet de construction sont occupées par leur propriétaire ou louées à des tiers. En outre, la circonstance que cette construction soit louée à des tiers a été relevée dans le rapport de l'inspection des installations classées et appréciée au titre de la législation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement. Par suite, les requérants ne démontrent pas que la pétitionnaire aurait eu l'intention de tromper le service instructeur en n'indiquant pas que la maison était louée à des tiers.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère :

23. En premier lieu, la commune de Plounéventer et l'EARL Branellec font valoir que ce moyen a été invoqué pour la première fois après la date de cristallisation.

24. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. () ".

25. En l'espèce, le premier mémoire en défense de la commune a été enregistré au greffe du tribunal le 28 mai 2021 et adressé aux requérants le 31 mai, qui en ont accusé réception le 1er juin 2021. Le moyen nouveau tiré de la méconnaissance de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère a été soulevé pour la première fois dans le mémoire des requérants enregistré au greffe du tribunal le 2 août 2021, soit le dernier jour avant l'expiration du délai franc de deux mois prévu par l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme. Par suite, les défenderesses ne sont pas fondées à soutenir que ce moyen serait irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

26. Aux termes de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère : " Sans préjudice des dispositions réglementaires applicables par ailleurs, les bâtiments d'élevage ou d'engraissement ne doivent pas être implantés : / - à moins de 50 m de tout immeuble habité par des tiers et de tout local à usage professionnel, autre que ceux liés à l'agriculture. Concernant les élevages de volailles et de lapins, cette disposition ne vise que les élevages dont l'effectif est supérieur à 50 animaux ; () ".

27. Il ressort des pièces du dossier que le poulailler litigieux sera situé à moins de 50 mètres d'une maison d'habitation où réside un tiers, malgré la modification de son implantation par le permis modificatif délivré le 6 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet méconnaît l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère doit être accueilli.

28. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 29 juillet 2020 par lequel le maire de Plounéventer a accordé un permis de construire à l'EARL Branellec est illégal au motif que le dossier de demande de permis était incomplet faute de comporter l'étude d'impact ou la décision de l'autorité compétente de dispense d'évaluation environnementale prévue par l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et au motif qu'il méconnaît les dispositions de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère.

Sur l'application de l'article L. 600-5 et de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

29. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

30. D'une part, les dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme permettent au juge, lorsqu'il constate un vice qui entache la légalité de l'autorisation d'urbanisme attaquée mais qui peut être régularisé par une décision modificative, de rendre un jugement avant-dire droit par lequel il fixe un délai pour cette régularisation et sursoit à statuer sur le recours dont il est saisi. Le juge peut préciser, par son jugement avant-dire droit, les modalités de cette régularisation. D'autre part, les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme permettent au juge de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où l'illégalité affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisée par une mesure de régularisation.

31. En l'espèce, les vices retenus aux points 14 et 27 tirés de l'incomplétude du dossier de demande en méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et de la violation de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental, qui concernent la composition du dossier de demande de permis de construire et l'implantation du projet, sont susceptibles d'être régularisés dans le cadre d'une demande de permis de construire modificatif. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées afin de permettre une éventuelle régularisation par la production du document mentionné à l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et la régularisation du vice tiré de la méconnaissance de l'article 153-2 du code de l'urbanisme par la délivrance d'un permis modificatif qui devra être communiqué au tribunal dans un délai de dix-huit mois à compter de la notification du présent jugement. Il y a également lieu de réserver les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'article 153-1 du règlement sanitaire départemental, dans l'attente de la production de ces éléments.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête présentée par les consorts C.

Article 2 : L'EARL Branellec et la commune de Plounéventer devront justifier, dans un délai de dix-huit mois à compter de la notification du présent jugement, de la régularisation, par un permis de construire modificatif, des vices tirés de la méconnaissance des dispositions du a) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et de la méconnaissance de l'article 153-2 du règlement sanitaire départemental du Finistère.

Article 3 : Tous moyens et conclusions des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, désignée représentante unique des requérants dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Plounéventer et à l'EARL Branellec.

Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Bozzi, premier conseiller,

Mme Villebesseix, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.

La rapporteure,

signé

J. Villebesseix

Le président,

signé

C. Radureau

La greffière d'audience,

signé

A. Bruézière

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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