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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2100449

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2100449

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2100449
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantVITTER MARIANNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 janvier 2021 et le 7 octobre 2022,

M. C B, représenté par Me Marianne Vitter, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 27 novembre 2020 par laquelle le jury de validation des acquis de l'expérience a refusé de lui délivrer le diplôme d'ingénieur de l'Ecole nationale de la statistique et de l'analyse de l'information (ENSAI) dans la spécialité " Gestion des risques et ingénierie financière " ;

2°) d'enjoindre à l'Ecole nationale de la statistique et de l'analyse de l'information de lui délivrer le diplôme d'ingénieur sollicité ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa candidature dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Ecole nationale de la statistique et de l'analyse de l'information le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la délibération contestée a été signée par M. A, directeur de l'ENSAI, sans qu'il ne soit établi qu'il disposait d'une délégation de signature à cet effet ;

- il n'est pas établi que le jury qui s'est prononcé sur sa demande de validation des acquis de l'expérience était régulièrement composé et comprenait une majorité d'enseignants-chercheurs, des personnes sans lien avec l'ENSAI compétentes pour apprécier les acquis professionnels du candidat et des membres féminins et masculins, de manière équilibrée et alors que seuls les membres enseignants et responsables de l'école étaient physiquement présents lors de l'audition ;

- la délibération du jury en litige est entachée d'un vice de procédure, compte tenu des doutes sur l'impartialité de certains membres du jury et particulièrement du directeur de l'école, qui a personnellement assuré la défense des intérêts du Groupe des écoles nationales d'économie et de statistique dans le cadre de la procédure contentieuse initiée devant la Cour administrative d'appel de Nantes, ainsi que de Mme D, qui a occupé des fonctions de direction au Crédit Agricole Corporate et Investment Bank (CACIB) et occupe actuellement la fonction de directrice de la modélisation du groupe BPCE, entreprises dans lesquelles il a effectué des missions ;

- la délibération du 27 novembre 2020 méconnaît les dispositions de l'article L. 613-4 du code de l'éducation, en ce qu'elle a procédé, implicitement mais nécessairement, au retrait illégal de la délibération du 16 juillet 2012 par laquelle le jury avait considéré qu'il maîtrisait quatre compétences professionnelles sur les douze évaluées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, la directrice générale du Groupe des Ecoles Nationales d'Economie et Statistique (GENES) conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- le directeur de l'ENSAI et président du jury de validation des acquis de l'expérience a régulièrement été habilité à signer la délibération du 27 novembre 2020 ;

- le jury qui a examiné la demande de la validation des acquis de l'expérience présentée par M. B était composé d'un président, directeur de l'école et de huit autres membres, dont cinq avaient la qualité d'enseignants-chercheurs ;

- la circonstance que la composition du jury n'ait pas été équilibrée s'agissant de la représentation des femmes et des hommes ne constitue pas un motif susceptible d'entacher la délibération litigieuse d'une illégalité entrainant son annulation ;

- le requérant n'a pas fait état, à l'issue de son audition par le jury ainsi que dans son recours gracieux, d'incidents techniques gênant le déroulement de cette audition ;

- les allégations de M. B sur l'impartialité de certains membres du jury ne sont pas fondées ;

- la délibération contestée refusant la validation des acquis de l'expérience se fonde sur les lacunes, constantes, de M. B et non sur son incapacité à répondre à une compétence acquise en 2012, qui aurait joué un rôle déterminant dans la décision.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le décret n°2010-1670 du 28 décembre 2010 relatif au Groupe des écoles nationales d'économie et statistique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- et les conclusions de M. Rémy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Titulaire d'une maîtrise d'ingénierie mathématiques, d'un master en sciences et ingénierie et d'un master en recherche mathématiques et modélisation, délivrés respectivement en 2004, 2005 et 2006, M. B a, après avoir exercé quelques années une activité professionnelle dans le secteur bancaire et financier, déposé une demande de validation des acquis de l'expérience auprès de l'Ecole nationale de la statistique et de l'analyse de l'information (ENSAI) afin de se voir délivrer le diplôme d'ingénieur dans la spécialité " Gestion des risques et ingénierie financière ". Par délibération du 16 juillet 2012, le jury a conclu à une validation partielle de compétences pour l'obtention du diplôme d'ingénieur de l'ENSAI et a invité M. B à présenter des travaux complémentaires. Malgré plusieurs demandes réitérées de M. B afin d'obtenir la validation des acquis de l'expérience, le jury de l'école a, par délibérations du 26 avril 2013, du 21 mars 2014 puis du 24 mars 2017, refusé de délivrer le diplôme sollicité. Toutefois, par un arrêt du 20 septembre 2019, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé la délibération du

24 mars 2017 au motif que le jury ayant examiné la demande de M. B s'était réuni dans une formation irrégulière. Le 25 novembre 2019, M. B a donc déposé un nouveau dossier de validation des acquis de l'expérience et l'ENSAI lui a proposé d'organiser une audition le

23 mars 2020, laquelle a été reportée au 12 novembre 2020, compte tenu de la crise sanitaire.

A l'issue de cette audition, M. B a été informé, par un courrier du 27 novembre 2020 du directeur de l'ENSAI, que sa demande de validation des acquis de l'expérience était rejetée. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la délibération du jury dont il a été informé le 27 novembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 613-3 du code de l'éducation, dans sa version applicable au litige : " Toute personne justifiant d'une activité professionnelle salariée, non salariée, bénévole ou de volontariat, inscrite sur la liste des sportifs de haut niveau mentionnée au premier alinéa de l'article L. 221-2 du code du sport ou ayant exercé des responsabilités syndicales, un mandat électoral local ou une fonction élective locale en rapport direct avec le contenu du diplôme ou du titre visé peut demander la validation des acquis de son expérience prévue à l'article

L. 6411-1 du code du travail pour justifier de tout ou partie des connaissances et des aptitudes exigées pour l'obtention d'un diplôme ou titre délivré, au nom de l'Etat, par un établissement d'enseignement supérieur. () ". L'article L. 613-4 du même code précise que : " La validation prévue à l'article L. 613-3 est prononcée par un jury dont les membres sont désignés par le président de l'université ou le chef de l'établissement d'enseignement supérieur en fonction de la nature de la validation demandée. Pour la validation des acquis de l'expérience, ce jury comprend, outre les enseignants-chercheurs qui en constituent la majorité, des personnes compétentes pour apprécier la nature des acquis, notamment professionnels, dont la validation est sollicitée. Les jurys sont composés de façon à concourir à une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes. / Le jury se prononce au vu d'un dossier constitué par le candidat, à l'issue d'un entretien avec ce dernier et, le cas échéant, d'une mise en situation professionnelle réelle ou reconstituée, lorsque cette procédure est prévue par l'autorité qui délivre la certification. / Le jury peut attribuer la totalité de la certification. A défaut, il se prononce sur l'étendue de la validation et, en cas de validation partielle, sur la nature des connaissances et aptitudes devant faire l'objet d'un contrôle complémentaire. Les parties de certification obtenues sont acquises définitivement. Ces parties de certifications permettent des dispenses d'épreuve si le règlement fixé par l'autorité administrative, l'établissement ou l'organisme qui délivre la certification prévoit des équivalences totales ou partielles. / La validation produit les mêmes effets que le succès à l'épreuve ou aux épreuves de contrôle des connaissances et des aptitudes qu'elle remplace. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application de l'article L. 613-3 et du présent article. ".

3. En premier lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence

sur sa légalité. M. B ne saurait, dès lors, utilement soutenir que le courrier du

27 novembre 2017 par lequel le directeur de l'ENSAI lui a notifié le sens de la délibération du jury après examen de sa demande de validation des acquis de l'expérience serait signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cet effet. La délibération du jury, révélée par ce courrier, n'étant, par ailleurs, pas produite dans le cadre de la présente instance, la qualité de son signataire ne peut être discutée. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du directeur de l'ENSAI pour signer le courrier de notification de la délibération du jury est inopérant.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le jury qui a été chargé d'examiner la demande de validation des acquis de l'expérience déposée par M. B était composé de neuf membres, dont le directeur de l'ENSAI, en qualité de président, cinq enseignants-chercheurs et trois personnes qualifiées, soit le directeur des études de l'ENSAI, la directrice de la modélisation du groupe BPCE et représentante des anciens élèves ainsi que la directrice du département Risque opérationnel du Crédit Mutuel Arkéa, chargée des fonctions de rapporteur. Si les membres du jury ainsi désignés par le directeur de l'ENSAI par une décision du 5 octobre 2020, dont M. B a été informé le jour même, n'ont pas émargé lors de l'audition du requérant, le groupe GENES produit en défense des attestations sur l'honneur de chacun d'eux faisant état de leur participation à cette audition qui s'est tenue le 12 novembre 2020. En réplique, M. B ne conteste pas la participation de ces neuf membres du jury, lequel était ainsi composé en respectant l'exigence d'une majorité d'enseignants-chercheurs prévue par les dispositions précitées de l'article L. 613-4 du code de l'éducation. M. B ne démontre pas, par ailleurs, que les autres membres du jury ne présentaient pas les compétences requises pour apprécier la nature de ses acquis, notamment professionnels.

5. En outre, et contrairement à ce qui est soutenu en défense, les dispositions précitées de l'article L. 613-4 du code de l'éducation, en ce qu'elles prévoient que les membres du jury sont nommés en s'efforçant d'assurer une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes, se bornent à imposer à l'administration de prendre en compte un tel objectif. Ces dispositions n'ont, en revanche, pas pour objet et n'auraient pu légalement avoir pour effet de fixer, pour la composition des jurys, une proportion de personnes de chaque sexe qui s'imposerait à peine d'irrégularité des procédures. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'objectif de représentation équilibrée n'ait pas, en l'espèce, été pris en considération par le directeur de l'ENSAI, le jury en cause étant composé de six femmes et trois hommes. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du jury doit être écarté.

6. Enfin, si les dispositions précitées prévoient un entretien du candidat à la validation des acquis de l'expérience avec le jury, l'organisation de cet entretien avec présence physique de tous les membres du jury n'est pas requise. Il n'est, par ailleurs, pas contesté par M. B qu'il a accepté les conditions dans lesquelles le jury a procédé à son audition puisqu'il a été informé par le directeur de l'ENSAI, compte tenu du contexte sanitaire prévalant alors, de la possibilité soit de reporter la date de son audition, soit de la maintenir en permettant à certains membres du jury d'y participer par visioconférence et qu'il a répondu, par courriel du 5 octobre 2020, qu'il était " favorable à tout schéma que vous adopteriez afin de pallier au contexte sanitaire particulier dans la région ", ainsi que s'agissant de la date retenue. En se bornant à alléguer, dans le cadre de la présente instance, que des problèmes techniques ont empêché certains membres du jury participant à son audition en distanciel d'intervenir efficacement, M. B, qui n'a pas fait état de telles difficultés à l'issue de son audition, ni lorsqu'il a formé un recours gracieux, n'établit pas que l'entretien avec le jury se serait déroulé de manière irrégulière.

7. En troisième lieu, la seule circonstance qu'un membre du jury d'un examen ou d'un concours connaisse un candidat ne suffit pas à justifier qu'il s'abstienne de participer aux délibérations de cet examen ou de ce concours. En revanche, le respect du principe d'impartialité exige que, lorsqu'un membre du jury a avec l'un des candidats des liens, tenant à la vie personnelle ou aux activités professionnelles, qui seraient de nature à influer sur son appréciation, ce membre doit s'abstenir de participer aux interrogations et aux délibérations concernant ce candidat. En dehors de ces hypothèses, il incombe aux membres des jurys d'examen de siéger dans les jurys auxquels ils ont été nommés en application de la réglementation applicable.

8. M. B ne saurait mettre en cause l'impartialité de M. A, directeur de l'ENSAI et président du jury, au seul motif que celui-ci aurait rédigé, dans le cadre de l'instance contentieuse devant la Cour administrative d'appel de Nantes dirigée contre la délibération du jury du 24 mars 2017, dans laquelle le groupe des écoles nationales d'économie et statistique représentait les intérêts de l'ENSAI, une attestation, produite en défense, faisant état de la difficulté à trouver des enseignants-chercheurs dans le domaine de la finance assurance pour participer à un jury de validation des acquis de l'expérience, ce qui a conduit le jury de 2017 à se réunir avec seulement trois enseignants-chercheurs. M. A, qui n'était pas encore directeur de l'ENSAI en 2017, n'est pas à l'origine de la nomination de ce jury dont la composition a été jugée irrégulière. Il n'est pas davantage démontré par le requérant, par le seul article paru dans la presse spécialisée versée au dossier, que M. A aurait exprimé une opinion personnelle sur la décision rendue par la Cour administrative d'appel de Nantes s'agissant de la délibération du jury annulée. Au regard de ces seuls éléments, rien ne faisait obstacle à sa participation au jury qui s'est prononcé sur la demande de validation des acquis de l'expérience de M. B.

9. De même, en se bornant à faire état de la mention dans son curriculum vitae de missions effectuées en 2017-2018 au sein de la direction de la stratégie du groupe BCPE puis en 2016-2017 au sein de la direction de la sécurité financière de la CACIB, sans précision de leur nature, de leur durée et des relations fonctionnelles qu'elles impliquaient, M. B ne démontre pas l'irrégularité de la participation de Mme D aux délibérations du jury au motif qu'elle aurait occupé des fonctions de direction à la CACIB, à une date qui n'est pas même précisée, et qu'elle occupe actuellement la fonction de directrice de la modélisation du groupe BCPE, dont l'effectif est supérieur à 100 000 personnes. Au demeurant, M. B ne soutient ni n'allègue connaître Mme D ou avoir eu des liens professionnels avec elle. Par suite, le moyen tiré du défaut d'impartialité du jury doit être écarté.

10. En dernier lieu, le seul fait que, dans le courrier du 27 novembre 2020 informant M. B du sens de la délibération du jury s'agissant de sa dernière demande de validation des acquis de l'expérience, le directeur de l'ENSAI ne mentionne pas la délibération du

16 juillet 2012 par laquelle le jury a conclu à une validation partielle des compétences de l'intéressé pour l'obtention du diplôme de l'ENSAI et a sollicité la production de travaux complémentaires en vue d'une validation de l'ensemble des compétences associées au diplôme de l'école et, donc, en vue de la délivrance du diplôme d'ingénieur par validation des acquis de l'expérience, ne saurait permettre d'en déduire que le jury, réuni en 2020, a ainsi entendu procéder au retrait de la délibération du 16 juillet 2012. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le jury aurait pris la même décision de refus de validation, indépendamment de la réponse, qu'il a jugée insuffisante, apportée par M. B à la question formulée lors de son audition sur les propriétés de la Value at Risk, alors que la compétence " Savoir mesurer quantitativement le risque du marché d'un portefeuille d'instruments financiers à l'aide de mesures du type Value-at-Risk " avait été considérée comme validée en 2012. Selon les termes du courrier du 27 novembre 2020, le refus du jury de valider les acquis de l'expérience de M. B se fonde tant sur la forme du dossier transmis au jury, dont la lecture a été estimée particulièrement difficile car comportant des incohérences et un manque de clarté et se situant très en-deçà de ce qui est attendu d'un ingénieur de l'ENSAI, que sur la présentation orale du candidat qui a mis en évidence de nombreuses difficultés de communication dans la restitution des éléments du dossier ou des travaux effectués, sur l'absence de recul et de contextualisation des résultats présentés et sur une insuffisante aptitude à mener un raisonnement et une démarche scientifique qui constituent pourtant la base des compétences attendue d'un ingénieur de l'ENSAI. Le jury a notamment constaté que les compétences techniques ne sont pas maîtrisées par l'intéressé, que les outils utilisés ou les hypothèses émises ne font pas l'objet d'un questionnement critique en garantissant la pertinence, que les conclusions à caractère opérationnel sont rarement mises en valeur, ou encore que les lacunes de M. B sont particulièrement nettes dans la mise en œuvre des techniques statistiques et que les concepts de gestion des risques ou de réglementation ne sont pas non plus maîtrisés. Enfin, le jury a souligné que la maîtrise des " soft skills ", soit la communication écrite et orale, la pédagogie, la valorisation et la présentation des résultats à un public de non spécialistes n'était absolument pas démontrée, ni dans le rapport rendu, ni lors de l'audition. Au regard de ces éléments portant sur l'ensemble du dossier de M. B, et alors qu'en tout état de cause, l'appréciation faite par le jury des mérites d'un candidat à la validation des acquis de l'expérience n'est pas susceptible d'être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 613-4 du code de l'éducation doit être écarté.

11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de la délibération du jury dont il a été informé le 27 novembre 2020 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du jury contestée n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B ne peuvent dès lors être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la partie défenderesse de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au Groupe des écoles nationales d'économie et statistique.

Une copie du présent jugement sera adressée à l'Ecole nationale de la statistique et de l'analyse de l'information.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé

M. Thalabard

Le président,

Signé

G.-V. VergneLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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