lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2100996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 février 2021 et 7 novembre 2022, le GAEC des Gavalières, représenté par Me Barthe, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2020 par laquelle le préfet de la région Bretagne a refusé de lui accorder une autorisation d'exploitation pour une surface de 14 hectares 31 ares et 46 centiares de terres sur la commune de Bléruais, ainsi que la décision ayant implicitement rejeté son recours gracieux contre ce refus ;
2°) d'enjoindre au préfet de la région Bretagne de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la demande d'autorisation d'exploiter déposée par le GAEC concurrent a été analysée comme relevant d'un niveau de priorité supérieur au regard du critère 9.6. du schéma directeur régional des exploitations agricoles (SDREA) de Bretagne, fondé sur une comparaison des indicateurs de dimension économique par unité de travail annuel (IDE/UTA) ; cette décision est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits ;
- les parcelles ayant fait l'objet du refus d'autorisation n'ont pas été prises en compte dans son plan d'épandage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2021, le préfet de la région Bretagne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le GAEC des Gavalières ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 21 octobre 2022, le GAEC La Hesnière, représenté par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du GAEC des Gavalières au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par le GAEC des Gavalières ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et la pêche maritime ;
- l'arrêté du préfet de la région Bretagne du 4 mai 2018 arrêtant le schéma directeur régional des exploitations agricoles de Bretagne ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public,
- et les observations de Me Cazo, représentant le GAEC La Hesnière.
Considérant ce qui suit :
1. Le GAEC des Gavalières a déposé auprès des services de l'Etat une demande d'autorisation d'exploiter des terres situées sur les communes de Paimpont, Saint-Malon-sur-Mel et Bléruais. Par décision du 28 septembre 2020, le préfet de la région Bretagne a fait droit à sa demande en ce qui concerne les terres situées à Paimpont et Saint-Malon-sur-Mel, ainsi qu'une partie des terres situées à Bléruais, mais a rejeté sa demande d'autorisation d'exploiter les parcelles A 616, A 346, A 374, A 381, A 615, A 617, A 618, A 386, A 609, A 85, A 259, A 167, A 168, A 251, A 252, A 255, A 316, A 317, A 329, A 625 et A 626 situées à Bléruais. Par la présente requête, le GAEC Des Gavalières doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision en tant qu'elle rejette une partie de sa demande, ainsi que de la décision implicite ayant rejeté son recours gracieux.
Sur l'intervention du GAEC La Hesnière :
2. L'intervention du GAEC La Hesnière, qui présente un intérêt suffisant eu égard à l'objet du litige, est recevable et doit être admise
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 331-3 du code rural et de la pêche maritime : " L'autorité administrative assure la publicité des demandes d'autorisation dont elle est saisie, selon des modalités définies par décret. / Elle vérifie, compte tenu des motifs de refus prévus à l'article L. 331-3-1, si les conditions de l'opération permettent de délivrer l'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 et se prononce sur la demande d'autorisation par une décision motivée ". Aux termes de l'article L. 331-3-1 du même code : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; () ".
4. Par ailleurs, aux termes de l'article 3 du schéma directeur régional des exploitations agricoles (SDREA) de Bretagne : " I - Les règles et dispositions particulières / a) Règles s'appliquant à toutes les priorités : / En cas de demandes concurrentes relevant du même rang de priorité, les candidatures sont classées au regard des critères et règles fixées à l'article 5 () / Au sein d'une même priorité, on départagera les demandes en fonction des sous-priorités. () ".
5. Il ressort des termes de la décision litigieuse que le motif du refus d'autorisation opposé au GAEC des Gavalières pour les parcelles susmentionnées est tiré de ce que la demande d'autorisation déposée par le GAEC La Hesnière pour les mêmes parcelles a été analysée comme relevant d'un niveau supérieur de priorité au regard de la sous-priorité 9.6, qui fixe un critère fondé sur l'indicateur de dimension économique par unité de travail annuel (IDE/UTA). Selon les éléments communiqués par les deux GAEC candidats, l'IDE/UTA a été évalué à 51 984 euros pour la société requérante, contre 40 204 euros pour le GAEC La Hesnière.
6. Si, dans son recours gracieux, le GAEC des Gavalières a sollicité la rectification du calcul opéré par l'administration, en faisant valoir que les surfaces à prendre en compte au titre des grandes cultures pour le calcul de l'indicateur précité s'élèvent à 48 hectares au lieu des 59 hectares initialement déclarés, dans la mesure où l'écart entre ces deux surfaces correspondrait à des cultures destinées à l'usage de l'exploitation et non à la vente, aucune disposition du schéma directeur régional des exploitations agricoles ne prévoit toutefois que les cultures céréalières destinées à l'auto-consommation devraient être exclues du calcul de la dimension économique de l'exploitation.
7. Enfin, si le GAEC des Gavalières entend se prévaloir de la sous-priorité 9.5. en faisant valoir qu'il n'a pas pris en compte les nouvelles surfaces dans son plan d'épandage, cette argumentation n'est pas assortie des précisions nécessaires pour permettre d'en apprécier le bien-fondé.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le GAEC La Hesnière, que le GAEC des Gavalières n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 septembre 2020 par laquelle le préfet de la région Bretagne a refusé de lui accorder une autorisation d'exploitation de terres sur la commune de Bléruais. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par GAEC des Gavalières doivent, dès lors, être rejetées.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GAEC des Gavalières une somme de 1 500 euros à verser au GAEC La Hesnière au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'intervention du GAEC La Hesnière est admise.
Article 2 : La requête du GAEC des Gavalières est rejetée.
Article 3 : Le GAEC des Gavalières versera au GAEC La Hesnière la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au GAEC des Gavalières, au GAEC La Hesnière et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire
Copie du présent jugement sera adressée au préfet de la région Bretagne.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Gourmelon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
V. A
Le président,
signé
O. GosselinLa greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026