vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101283 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mars 2021 et 1er juin 2022, Mme E A demande au tribunal d'annuler le contrat du 15 mars 2021 par lequel le président du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel a recruté Mme F C au poste de directrice de ce syndicat mixte à compter du 2 mars 2021.
Elle soutient que :
- son profil ainsi que celui d'un autre candidat titulaire répondent à tous les critères exposés dans l'offre de poste ; aucun des arguments avancés par le président du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel dans sa réponse du 19 février 2021 à sa contestation du rejet de sa candidature du 15 février 2021 n'est fondé ;
- les conditions des articles 3-2 et 3-3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ne sont pas remplies pour estimer le recrutement en cause infructueux ;
- l'intention de l'administration était de recruter l'agent contractuel en poste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2022, le Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel, représenté par la SELARL Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros au titre des frais liés au litige.
Il fait valoir que :
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé ;
- le cas échéant, il sollicite une substitution de base légale, le recrutement en litige pouvant être fondé sur le 2° de l'article 3-3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 alors en vigueur.
La requête a été communiquée à Mme F C qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations de Me Guillon-Coudray, représentant le Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, agent titulaire mise à disposition par le conseil départemental des Côtes-d'Armor auprès du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel depuis le 1er octobre 2011 sur le poste de directrice de ce syndicat mixte, a été placée en congé de maladie le 13 septembre 2019. Mme F C a été recrutée sur ce poste en tant qu'agent contractuel, en application de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, en contrat à durée déterminée du 2 mars au 1er septembre 2020, renouvelé par la suite pour la période du 2 septembre 2020 au 1er mars 2021 après que Mme D a fait part de sa volonté de ne pas reprendre ses fonctions et de mettre fin à sa mise à disposition. Une procédure de recrutement a été engagée le 3 décembre 2020, à l'issue de laquelle Mme C a été recrutée, en application de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984, en contrat à durée déterminée conclu le 15 mars 2021 pour la période du 2 mars 2021 au 1er mars 2022. Mme A, ingénieure principale, qui a vu sa candidature rejetée le 11 février 2021, a contesté le rejet de sa candidature par un courriel du 15 février 2021, auquel le président du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel a répondu le 19 février suivant. Par la présente requête, la requérante demande l'annulation du contrat par lequel le président du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel a recruté Mme C au poste de directeur de ce syndicat mixte à compter du 2 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " Sauf dérogation prévue par une disposition législative, les emplois civils permanents de l'Etat, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements publics à caractère administratif sont, à l'exception de ceux réservés aux magistrats de l'ordre judiciaire et aux fonctionnaires des assemblées parlementaires, occupés soit par des fonctionnaires régis par le présent titre, soit par des fonctionnaires des assemblées parlementaires, des magistrats de l'ordre judiciaire ou des militaires dans les conditions prévues par leur statut ". Aux termes de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles () ". L'article 3-2 de cette loi alors en vigueur dispose : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et pour les besoins de continuité du service, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an () ". Il résulte de ces dispositions que le recrutement d'un agent non-titulaire pour occuper un emploi permanent à temps complet n'est possible, sur le fondement de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, que pour faire face temporairement à la vacance d'un emploi qui ne peut être immédiatement pourvu par un candidat statutaire.
3. En l'espèce, il ressort de la déclaration de vacance d'emploi produite en défense que le poste en cause, qui avait vocation à être occupé par un attaché d'administration ou un ingénieur, avait trait aux missions de direction du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel et de pilotage du label " Grand site de France ".
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du tableau d'analyse des candidatures produit en défense, que la procédure de recrutement en litige a donné lieu à des entretiens avec quatre candidats, soit Mme C et trois agents titulaires, attachée d'administration pour l'un d'entre eux et ingénieurs principaux pour les deux autres, dont Mme A. Or compte tenu des expériences professionnelles et des compétences de ces candidats titulaires, il ne résulte pas de l'instruction que les profils de ces trois candidatures ne seraient manifestement pas en adéquation avec les besoins du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel, alors au demeurant que ce dernier n'apporte aucune explication précise de nature à justifier les raisons pour lesquelles deux des trois candidatures d'agents titulaires ont été écartées.
5. Il résulte de ce qui précède qu'en procédant au recrutement d'un agent contractuel au poste en litige, le Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel a méconnu les dispositions précitées de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.
6. Aux termes de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : / () 2° Lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; / () ". Aux termes de l'article 34 de la même loi alors applicable : " Les emplois de chaque collectivité ou établissement sont créés par l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement. / La délibération précise le grade ou, le cas échéant, les grades correspondant à l'emploi créé. Elle indique, le cas échéant, si l'emploi peut également être pourvu par un agent contractuel sur le fondement de l'article 3-3. Dans ce cas, le motif invoqué, la nature des fonctions, les niveaux de recrutement et de rémunération de l'emploi créé sont précisés. / () ". Il résulte de ces dispositions que la possibilité de pourvoir un emploi permanent d'un syndicat mixte par un agent contractuel sur le fondement de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 doit être autorisée par une délibération de l'organe délibérant de ce syndicat mixte.
7. Si le Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel fait valoir qu'il aurait pu recruter Mme C sur le fondement du 2° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à ce qui a été dit précédemment, que la condition posée par cet article pour permettre le recrutement de manière permanente d'un agent contractuel pour pourvoir à un emploi permanent tenant à ce qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté est remplie. En outre, le Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel ne justifie pas de l'existence d'une délibération de son comité syndical correspondant au poste en litige et précisant si cet emploi peut être pourvu par un agent contractuel recruté sur le fondement de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, comme l'exigent les dispositions précitées de l'article 34 de la même loi. Il s'ensuit qu'il ne peut être fait droit à la substitution de base légale sollicitée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que le contrat à durée déterminée du 15 mars 2021 par lequel le président du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel a recruté Mme C au poste de directrice de ce syndicat mixte à compter du 2 mars 2021 doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande Mme A au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Le contrat à durée déterminée du 15 mars 2021 par lequel le président du Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel a recruté Mme C au poste de directeur de ce syndicat mixte à compter du 2 mars 2021 est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par le Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, au Syndicat mixte Grand Site Cap d'Erquy-Cap Fréhel et à Mme F C.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
C. René
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
E. Fournet
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026