lundi 18 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101818 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS MARTIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 8 avril 2021 et 1er février 2023, M. D C demande au tribunal d'annuler la décision implicite de non-opposition à déclaration préalable délivrée à M. B le 19 mars 2020, exécutoire depuis le 31 mai 2020, par la maire de Rennes et la décision implicite de rejet de son recours gracieux présenté le 10 décembre 2020.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article R. 441-10 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnaît l'article 7.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole (PLUi) applicable à toutes les zones ;
- elle méconnaît l'article 6.1 du titre IV du même règlement applicable à toutes les zones ;
- elle méconnaît l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Santé, climat, énergie " du PLUi de Rennes métropole ;
- elle méconnaît l'article 8.2 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole applicable à toutes les zones.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, la commune de Rennes, représentée par Me Donias, de la SARL Martin Avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application des dispositions des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en outre, à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Berre ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de M. C et de Me Donias, représentant la commune de Rennes.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 décembre 2019, M. B a déposé une déclaration préalable portant sur un projet de division de la parcelle BC 231 située au 7 rue François Lanno à Rennes. Par une décision implicite du 19 mars 2020, rendue expressément exécutoire le 31 mai 2020, la maire de Rennes ne s'est pas opposée à cette déclaration préalable. M. C a formé à l'encontre de cette décision un recours gracieux le 10 décembre 2020. En l'absence de réponse de l'administration, une décision implicite de rejet est née à l'issue du délai de deux mois. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite de non-opposition à déclaration préalable délivrée à M. B le 19 mars 2020 ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le caractère complet du dossier de déclaration :
2. Aux termes de l'article R. 441-10 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : (), / b) Un plan sommaire des lieux indiquant les bâtiments de toute nature existant sur le terrain () ".
3. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de ne pas s'opposer à ces travaux que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et, notamment du formulaire Cerfa du dossier de déclaration, que le projet a pour objet la division de la parcelle BC 231, située au 7 rue François Lanno à Rennes, en vue de construire. Le dossier de déclaration préalable comporte aussi un plan de situation ainsi qu'un plan de l'état des lieux, réalisés par un géomètre, afin d'apprécier la localisation exacte du terrain situé sur la commune de Rennes. Ces documents sont accompagnés d'un plan de division, également établi par un géomètre, qui indique les bâtiments construits sur le terrain d'assiette du projet ainsi que les constructions environnantes, les servitudes applicables ou encore les réseaux existants. La circonstance que le dossier ne comporte pas d'information sur les surfaces existantes, pour calculer le coefficient de végétalisation, est sans incidence sur la légalité du dossier de déclaration préalable dès lors que cette information ne figure pas parmi celles exigées par l'article R. 441-10 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
5.
En ce qui concerne les règles de fond :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ". Il résulte de cet article que les règles d'un plan local d'urbanisme doivent être appliquées à l'échelle du lotissement et par rapport au périmètre de celui-ci vis-à-vis des terrains situés à l'extérieur de ce périmètre sauf si le règlement en dispose autrement.
7. L'article 5 du titre I du règlement du PLUi de Rennes métropole, dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté contesté, énonce que, dans la zone au sein de laquelle se trouvent les parcelles litigieuses, les règles du PLU sont applicables à chacun des terrains créés. Si cette règle permet, notamment, d'appliquer les règles relatives aux limites séparatives et aux limites sur voies publiques ou privées, à l'intérieur du périmètre d'un lotissement, et ainsi de déroger aux dispositions de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme, elle ne s'adresse qu'aux " terrains créés ", c'est-à-dire aux seuls terrains créés à l'intérieur du périmètre du lotissement et non au reliquat bâti constitué après détachement.
8. Dès lors, les moyens développés par M. C relatif au caractère non-conforme de la parcelle BC 231a, qui correspond au reliquat bâti constitué après détachement, sont inopérants et doivent ainsi être écartés.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7.1 du titre IV du règlement du PLUi applicable à toutes les zones : " Les règles de stationnement s'appliquent aux constructions nouvelles. Pour une construction existante, les règles de stationnement s'appliquent, dès lors que l'extension, la réhabilitation, la restructuration ou le changement de destination de cette construction entraîne une augmentation : / - soit de la surface de plancher, soit de la capacité d'accueil ou du nombre de classe (dans le cas d'un équipement enseignement), soit du nombre de logements pour la sous-destination Logement, soit du nombre de chambres pour la sous-destination Hébergement () ".
10. Le règlement graphique du PLUi indique que la parcelle en cause figure en secteur 2 et qu'une place de stationnement, par logement, est exigée. À cet égard, le simple détachement d'un lot, dans le cadre d'une opération de division foncière, n'entraine pas la suppression des places de stationnement situées sur le lot créé, qui restent, le cas échéant, affectées à l'autre nouvelle unité foncière correspondant au reliquat bâti. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de division foncière de M. B empêcherait, ultérieurement, la création de nouvelles places de stationnement en nombre suffisant pour maintenir la conformité du reliquat bâti aux règles de stationnement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole. En tout état de cause, le requérant ne démontre pas que les places de stationnement, qui se trouvent sur le lot détaché, étaient affectées par une autorisation d'urbanisme à la construction existante. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des règles de stationnement doit être également écarté.
11. En troisième lieu, l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Santé, climat, énergie " du PLUi de Rennes métropole énonce que les terrains doivent intégrer la végétalisation (amélioration des conditions de confort thermique des espaces urbains et des logements, renforcement de la présence du végétal) et prendre en compte le cycle de l'eau (lutte contre l'imperméabilisation, gestion des eaux pluviales à la parcelle, économie de la ressource en eau, confort thermique des espaces urbains).
12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet litigieux, qui consiste seulement en une simple division foncière, soit incompatible avec l'orientation en cause.
13. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ". Aux termes de l'article L. 421-7 du même code : " Lorsque les constructions, aménagements, installations et travaux font l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à leur exécution ou imposer des prescriptions lorsque les conditions prévues à l'article L. 421-6 ne sont pas réunies ". Aux termes de l'article 8.2 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole : " () / Le terrain est desservi par un réseau d'assainissement collectif : / L'évacuation des eaux usées à usage domestique doit être raccordée, par des canalisations souterraines, au réseau public d'assainissement () ".
14. En l'espèce, le terrain d'assiette du projet se trouve en zone d'assainissement collectif et doit donc être raccordé au réseau public. Or, il ressort des pièces du dossier que le terrain sera raccordé au réseau d'assainissement privatif de l'allée Hyacinthe Charles Méaulle. Par ailleurs, la commune de Rennes fait valoir, et sans être sérieusement contredite par le requérant, que le terrain sera bien raccordé au réseau public d'assainissement via le collecteur privé et aucun élément dans ce dossier ne permet d'établir le contraire. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8.2 du titre IV du PLUi de Rennes métropole doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de non-opposition à déclaration préalable délivrée à M. B le 19 mars 2020, exécutoire depuis le 31 mai 2020, par la maire de Rennes ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux présenté le 10 décembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
16. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de M. C le versement à la commune de Rennes d'une somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Rennes une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à M. A B et à la commune de Rennes.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023
La rapporteure
signé
A. Le Berre
Le président
signé
F. Etienvre
La greffière
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026