lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101993 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2021, M. A B, représenté par Me Beguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 février 2021 notifiée le 6 mars 2021 par laquelle le préfet du Morbihan a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation et est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mai 2021.
Vu :
- l'ordonnance n° 2101994 du 18 mai 2021 du juge des référés ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gosselin, président ;
- et les observations de Me Beguin, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 27 janvier 1996, est entré régulièrement en France en 2014 sous couvert d'un visa de court séjour. Il a déposé auprès de la préfecture du Morbihan une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français sur le fondement des articles L. 313-11 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 10-c) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Par décision du 16 février 2021, dont il demande l'annulation, le préfet du Morbihan a rejeté sa demande de délivrance du titre de séjour sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le préfet du Morbihan a donné délégation, par arrêté du 23 octobre 2020 dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Morbihan, à M. Guillaume Quenet, secrétaire général de la préfecture et signataire de la décision, à l'effet de signer tous les actes relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certains au nombre desquels ne figurent pas les refus de séjour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire dont serait entaché l'arrêté contesté doit être écarté.
3. La décision attaquée vise l'article L. 314-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le c) de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 dont il est fait application, et fait état de la menace que M. B représente pour l'ordre public. La décision précise donc les circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. Cette motivation et l'ensemble des énonciations de l'arrêté permettent de vérifier que le préfet, qui a pris en compte la situation de l'intéressé au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, a procédé à un examen suffisant de la situation du requérant, quand bien même il ne mentionne pas les éventuelles condamnations qui ont pu résulter des diverses infractions qu'il a commises et n'examine pas les conditions de fond qu'il estime remplir au titre de l'accord franco-tunisien. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. B doit être écarté.
5. Aux termes de l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. Chaque État délivre notamment aux ressortissants de l'autre État tous titres de séjour autres que ceux visés au présent Accord, dans les conditions prévues par sa législation. ". L'article 10 du même accord stipule que : " Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : () / c) Au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () ". Aux termes de l'article L. 314-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " La carte de résident peut être refusée à tout étranger dont la présence constitue une menace pour l'ordre public. ".
6. Si le c) de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 permet la délivrance d'un titre de séjour d'une durée de dix ans au ressortissant tunisien père ou mère d'un enfant français selon la condition précitée, il ressort de l'article 11 du même accord que ces stipulations ne font pas obstacle à ce que l'administration française, en vertu du pouvoir qui lui appartient, fasse application de la réglementation générale en vigueur relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France et refuse ainsi l'admission au séjour d'un étranger en se fondant sur des motifs tenant à l'ordre public, point qui n'est pas régi par l'accord. Par suite, le préfet du Morbihan n'a pas commis d'erreur de droit en se fondant, pour rejeter la demande de titre de séjour sollicité, sur la menace à l'ordre public que constituerait la présence de l'intéressé sur le territoire français quand bien même l'intéressé soutient remplir les conditions de délivrance du titre de séjour visé au c) de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.
7. Il ressort des pièces du dossier que, depuis son entrée sur le territoire français en 2014, M. B s'est fait connaître défavorablement des services de police pour des faits de recel de biens provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement le 8 décembre 2014, vol par effraction dans un local d'habitation le 12 décembre 2014, vol en réunion les 1er mai, 14 juin et 18 décembre 2015, e dégradation ou détérioration d'un bien destiné à l'utilité ou à la décoration publique le 24 juin 2015, port d'arme blanche ou incapacitante le 30 décembre 2015, vol avec violence le 18 mars 2017, délit de fuite après un accident par conducteur de véhicule terrestre en état d'ivresse et sans permis le 20 avril 2017, violence aggravée le 28 avril 2018, violence commise en réunion le 28 avril 2018, usage illicite de stupéfiants le 19 septembre 2019, vol simple, filouterie de taxi ou de voiture le 10 septembre 2020, et violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours les 15 et 29 octobre 2020. Ces faits, que M. B ne conteste pas utilement en se bornant à faire valoir que certains d'entre eux ont donné lieu à des relaxes ou seulement à de faibles condamnations, sont d'une gravité suffisante qui caractérise, du fait de leur réitération et de leur caractère récent, la menace que l'intéressé représente pour l'ordre public, M. B ayant d'ailleurs été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis pour les faits du 15 octobre 2020 par jugement du Tribunal correctionnel de Lorient du 1er avril 2021. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en se fondant sur cette menace pour refuser le titre de séjour sollicité.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 16 février 2021 par laquelle le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
M. Desbourdes, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
signé
O. Gosselin
L'assesseur le plus ancien,
signé
F. Pottier
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026