vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2102103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BOULAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 avril 2021, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° RH-2020-11-935 du 2 décembre 2020 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor a fixé son régime indemnitaire à compter du 26 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor d'effectuer le versement à son profit de l'indemnité de spécialité " accompagnateur de proximité " avec effet rétroactif à compter du 5 mars 2020.
Elle soutient que l'arrêté attaqué est illégal en tant qu'il lui ne lui accorde pas le bénéfice de l'indemnité de spécialité " accompagnateur de proximité " auquel elle a droit à compter du 5 mars 2020, date à laquelle elle a validé la formation d'accompagnateur de proximité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2021, le service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor, représenté par Me Boulais, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 90-850 du 25 septembre 1990 ;
- l'arrêté du 22 août 2019 relatif aux formations des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté n° RH-2020-11-935 du 2 décembre 2020 dont Mme A, sapeur-pompier professionnelle au grade d'adjudant, chef d'agrès tout engin, demande l'annulation, le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor a fixé son régime indemnitaire à compter du 26 juillet 2020.
2. Aux termes de l'article 6-1 du décret du 25 septembre 1990 portant dispositions communes à l'ensemble des sapeurs-pompiers professionnels, dans sa version applicable : " Le régime indemnitaire des sapeurs-pompiers professionnels est fixé par le conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours dans les limites déterminées aux articles suivants ". Aux termes de l'article 6-2 de ce décret : " Le régime indemnitaire comporte à l'exclusion de toute autre les indemnités prévues aux articles 6-3 à 6-7. / () Le président du conseil d'administration détermine le taux individuel applicable à chaque sapeur-pompier professionnel ". L'article 6-5 du même décret, dans sa version applicable, précise que : " Les sapeurs-pompiers professionnels, à l'exclusion de ceux occupant des emplois de chef de groupement, de directeur adjoint ou de directeur, peuvent bénéficier d'une indemnité de spécialité s'ils sont titulaires des diplômes et des niveaux de formation définis par arrêté du ministre de l'intérieur et exercent réellement les spécialités correspondantes. Le nombre de spécialités pouvant être pris en compte pour le calcul de l'indemnité est limité à deux. / La liste des spécialités ouvrant droit à cette indemnité, les niveaux de spécialisation et les taux maxima correspondants figurent dans le tableau II joint en annexe au présent décret ". Ce tableau prévoit que les spécialités effectivement exercées donnent droit à une indemnité de spécialité de 4 % s'agissant de celles de premier niveau, 7 % s'agissant de celles de deuxième niveau et, enfin, de 10 % s'agissant de celles de troisième niveau et plus.
3. L'annexe II de l'arrêté du 22 août 2019 relatif aux formations des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires distingue, pour la spécialité " formation et développement des compétences ", d'une part, le niveau " accompagnateur de proximité " au titre des formations de spécialité autorisées à titre permanent et, d'autre part, les niveaux " formateur accompagnateur " et " concepteur de formation " au titre des formations de spécialité habilitées après validation des référentiels internes d'organisation de la formation et de l'évaluation par le ministre chargé de la sécurité civile. L'article 21 de cet arrêté impose la réalisation de " formations de maintien et de perfectionnement des acquis, permettant la préservation et l'amélioration des compétences acquises et conditionnant le maintien de l'exercice des activités et des compétences définies dans les référentiels ou les guides nationaux de référence relatifs aux sapeurs-pompiers professionnels ". L'article 6 de l'arrêté prévoit que " Le conseil d'administration du service d'incendie et de secours détermine, après avis du comité consultatif compétent : / - les modalités et la périodicité de la formation de maintien et de perfectionnement des acquis, qui est définie aux articles 21 et 25 du présent arrêté, à l'exception de celles définies expressément dans les référentiels nationaux d'activités et de compétences ou guides nationaux de référence ; / () ".
4. La délibération n° 2-8 du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor du 17 octobre 2019 portant sur la mise en œuvre de la réforme relative aux formations de spécialité dans le domaine d'activité de la formation et du développement des compétences des sapeurs-pompiers dispose qu'est autorisée " l'intégration de l'ensemble des agents de la filière FOR dans les nouvelles fonctions d'accompagnateur de proximité, dès lors qu'une réelle implication dans le domaine de la formation et d'une volonté d'adhérer aux nouvelles approches pédagogiques aura été confirmée " et que " cette intégration dans les nouvelles fonctions d'accompagnateur de proximité sera soumise à la validation du module de formation à distance "accompagnateur de proximité" par l'agent ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la fiche de poste de Mme A ne comporte aucune mission de formation. Si l'intéressée a dispensé neuf formations en 2019, elle n'en a dispensé qu'une en 2020. Cette formation a certes été effectuée le 29 novembre 2020, soit dans la période comprise entre le 26 juillet 2020, date à partir de laquelle a pris effet le régime indemnitaire de Mme A fixé par l'arrêté attaqué, et le 2 décembre 2020, date d'intervention de cet arrêté. Toutefois, et alors même que l'article 6-5 du décret du 25 septembre 1990 portant dispositions communes à l'ensemble des sapeurs-pompiers professionnels ne conditionne pas l'exercice effectif d'une spécialité à la dispense d'un nombre minimal d'heures de formation, cette unique formation limitée à une durée de deux heures ne saurait suffire à établir que la requérante exerce effectivement cette spécialité en faisant preuve d'une réelle implication dans le domaine de la formation, ni d'ailleurs qu'elle aurait manifesté sa volonté d'adhérer aux nouvelles approches pédagogiques aura été confirmée. Ainsi, en dépit de la validation par Mme A du module de formation à distance " accompagnateur de proximité " le 5 mars 2020, le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard de l'article 6-5 du décret du 25 septembre 1990 portant dispositions communes à l'ensemble des sapeurs-pompiers professionnels et de la délibération n° 2-8 de ce conseil d'administration du 17 octobre 2019 précités en n'attribuant pas à la requérante, dans l'arrêté attaqué, l'indemnité de spécialité " accompagnateur de proximité ".
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Thielen, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
C. René
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026