LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2102355

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2102355

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2102355
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET OLLIVIER ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mai 2021, la congrégation du Saint-Esprit, représentée par le cabinet d'avocats Ollivier et Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mars 2021 par laquelle la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bretagne a refusé de faire droit à une demande de dérogation au repos dominical pour certains salariés afin d'assurer la restauration des religieux le dimanche, présentée par la congrégation du Saint-Esprit pour son établissement dit abbaye Notre Dame à Langonnet (Morbihan) ;

2°) d'annuler la décision rejetant son recours gracieux ;

3°) d'enjoindre au préfet de délivrer la dérogation dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de l'Etat le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- la décision est entachée d'une insuffisante motivation ;

- la décision méconnaît les dispositions combinées des articles L. 3132-12 et R. 3132-5 du code du travail en ce que les activités de la congrégation lui permettaient d'obtenir une dérogation de plein droit au repos dominical ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle est fondée sur l'absence de mise en péril de l'activité de la congrégation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 3132-20 du code du travail ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 3132-20 du code du travail en ce que le repos dominical porterait atteinte au fonctionnement normal de la congrégation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) de Bretagne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,

- et les observations de Mme B, représentant la DREETS de Bretagne.

Considérant ce qui suit :

1. Le 26 janvier 2021, la congrégation du Saint-Esprit, qui accueille des religieux âgés à l'abbaye Notre Dame à Langonnet, a adressé au préfet de la région Ile-de-France une demande de dérogation au travail le dimanche au motif de " la nécessité de produire et servir des repas pour les religieux retraités devenus dans l'incapacité de se prendre en charge les week-ends en raison de leur âge et santé. ". Cette demande a été transmise à l'unité départementale du Morbihan de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) de Bretagne. Le 23 mars 2021, la DIRECCTE a rejeté la demande de dérogation. La congrégation du Saint-Esprit demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 3132-2 du code du travail : " Le repos hebdomadaire a une durée minimale de vingt-quatre heures consécutives () ". Aux termes de l'article L. 3132-3 du même code : " Dans l'intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche ". Aux termes de l'article L. 3132-20 de ce code : " Lorsqu'il est établi que le repos simultané, le dimanche, de tous les salariés d'un établissement serait préjudiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal de cet établissement, le repos peut être autorisé par le préfet, soit toute l'année, soit à certaines époques de l'année seulement suivant l'une des modalités suivantes : / 1° Un autre jour que le dimanche à tous les salariés de l'établissement ; / 2° Du dimanche midi au lundi midi ; / 3° Le dimanche après-midi avec un repos compensateur d'une journée par roulement et par quinzaine ; / 4° Par roulement à tout ou partie des salariés ". Aux termes de l'article L. 3132-21 du même code : " Les autorisations prévues à l'article L. 3132-20 sont accordées pour une durée qui ne peut excéder trois ans, après avis du conseil municipal et, le cas échéant, de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont la commune est membre, de la chambre de commerce et d'industrie, de la chambre de métiers et de l'artisanat, ainsi que des organisations professionnelles d'employeurs et des organisations syndicales de salariés intéressées de la commune () ".

3. Il résulte de ces dispositions que toute dérogation à la règle du repos dominical ne peut revêtir qu'un caractère d'exception pour faire face à des situations particulières tenant à des circonstances déterminées de temps, de lieu et au regard du type d'activité exercée et de la nature des produits vendus. Eu égard aux dispositions précitées de l'article L. 3132-20 du code du travail, il appartient à l'autorité préfectorale, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'apprécier, pour chaque établissement commercial demandeur, si la dérogation sollicitée à la règle du repos dominical des salariés respecte les conditions de fond posées par cette disposition législative.

4. En premier lieu, une congrégation est un ensemble structuré de prêtres, de religieux, de religieuses regroupé et organisé autour d'un projet fondateur spirituel et pastoral. En outre, aux termes de ses statuts officiels annexés au décret du 4 mars 1970, la congrégation du Saint-Esprit " a pour but l'évangélisation des plus pauvres et des plus abandonnés, pour lesquels l'Eglise catholique trouve plus difficilement des ouvriers. ".

5. L'activité principale déclarée par la congrégation dans sa demande est : " Activités des organisations religieuses ". Ces activités sont référencées sous le code PAE ou NAF 9491Z, recouvrant les activités des organisations religieuses ou des particuliers fournissant des services directement aux fidèles dans les églises, mosquées, temples, synagogues ou dans d'autres lieux, les activités des monastères, des couvents et des institutions similaires, les activités de retraite religieuse et les services religieux liés aux funérailles.

6. Il ressort par ailleurs de la brochure de l'abbaye versée aux débats que la communauté est constituée de religieux en retrait de leurs activités missionnaires, se consacrant désormais " à la bonne marche de la maison ", c'est-à-dire à des travaux d'intérieur pour maintenir en bon état l'abbaye qui constitue un patrimoine culturel, à l'accueil du public, à des temps de prière trois fois par jour, quelques-uns assurant régulièrement la messe en paroisse le dimanche.

7. Or, il n'est pas contesté que la congrégation, d'une part, est située dans un environnement isolé et, d'autre part, qu'aucune entreprise de restauration n'a répondu favorablement à l'appel d'offre qu'elle avait lancé pour que soient proposés à ses membres des repas le dimanche. Il est également constant que l'âge moyen des religieux excède les 75 ans et que leurs activités, sans interruption, y compris le dimanche, nécessitent non seulement des soins pour les plus fragiles mais des repas réguliers. Il en résulte que l'interruption d'un service de restauration est susceptible de porter gravement atteinte au fonctionnement normal de la congrégation par l'impossibilité physique dans laquelle se trouveraient les Spiritins d'accomplir les actes spirituels et matériels que leur engagement et les statuts de la congrégation exigent.

8. Par suite, la congrégation du Saint-Esprit est fondée à soutenir que la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bretagne a méconnu les dispositions de l'article L. 3132-20 du code du travail en rejetant la demande de dérogation qu'elle avait présentée sur ce fondement.

9. En outre, par voie de conséquence, la congrégation du Saint-Esprit est fondée à soutenir que le préfet aurait dû procéder aux consultations prévues par les dispositions de l'article L. 3132-21 du code du travail.

10. Il résulte de ce qui précède que la décision du 23 mars 2021 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

11. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".

12. Il résulte des motifs précédents que la congrégation du Saint-Esprit est fondée à se prévaloir de l'obtention d'une dérogation au titre des dispositions de l'article L. 3132-20 du code du travail. Toutefois, la délivrance des dérogations administratives ne saurait intervenir sans qu'il soit procédé aux consultations préalables prévues par les dispositions de l'article L. 3132-21 du code du travail.

13. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bretagne d'instruire à nouveau dans un délai d'un mois la demande de dérogation sollicitée et de recueillir l'avis des personnes visées à l'article L. 3132-21 du code du travail. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à la congrégation du Saint-Esprit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision de la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bretagne du 23 mars 2021 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bretagne d'instruire à nouveau dans un délai d'un mois la demande de dérogation de la congrégation du Saint-Esprit sollicitée le 27 janvier 2021.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : L'Etat versera à la congrégation du Saint-Esprit la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la congrégation du Saint-Esprit et au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion.

Copie en sera adressée pour information à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bretagne.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Bozzi, premier conseiller,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

Le rapporteur,

signé

F. A

Le président,

signé

C. Radureau

Le greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions