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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2102393

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2102393

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2102393
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS COUDRAY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I) Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 mai 2021 et 19 décembre 2022 sous le n° 2102393, Mme A B représentée par Me Bon-Julien demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 7 janvier 2021 de la directrice des ressources humaines du centre hospitalier (CH) de Vitré refusant de reconnaître sa pathologie comme maladie professionnelle, ainsi que la décision du 15 mars 2021 rejetant son recours gracieux, à titre subsidiaire d'annuler la décision du 1er juin 2022 du directeur des ressources humaines de cet établissement refusant de reconnaître sa pathologie comme maladie professionnelle ;

2°) d'enjoindre au CH de Vitré, à titre principal, de reconnaître sa pathologie comme imputable au service, de la placer sous le régime du congé de maladie imputable au service à compter du 14 décembre 2019, de reconstituer sa carrière et ses droits à compter de cette date, à titre subsidiaire de procéder à un nouvel examen de sa demande ;

3°) de mettre à la charge du CH de Vitré la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il y a lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 7 janvier 2021 ;

- dans l'hypothèse d'un non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées à l'encontre de cette décision, celles-ci devront alors être regardées comme dirigées contre la décision du 1er juin 2022 ;

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision attaquée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, seul un représentant de l'administration siégeant à la commission de réforme ;

- la décision du 7 janvier 2021 est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2022, le CH de Vitré représenté par la selarl cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 7 janvier 2021 ;

- le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait ;

- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.

II) Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 juillet 2022, 27 janvier et 7 mars 2023 sous le n° 2203779, Mme B représentée par Me Bon-Julien demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 1er juin 2022 du directeur des ressources humaines du centre hospitalier (CH) de Vitré refusant de reconnaître sa pathologie à l'origine de ses arrêts de travail à compter du 16 décembre 2019 comme maladie professionnelle ;

2°) d'enjoindre au CH de Vitré de reconnaître sa pathologie comme imputable au service, de la placer sous le régime du congé de maladie professionnelle à compter du 14 décembre 2019, de reconstituer sa carrière et ses droits à compter de cette date et d'instruire un dossier d'allocation temporaire d'invalidité ;

3°) de mettre à la charge du CH de Vitré la somme de 1 500 euros chacun sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2023, le CH de Vitré représenté par la selarl cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Allex,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- et les observations de Me Bon-Julien, représentant Mme B, les explications de Mme B et les observations de Me Dugué, représentant le CH de Vitré.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°s 2102393 et 2203779 présentées par Mme B présentent à juger des questions semblables. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un même jugement.

2. Mme B, employée par le CH de Vitré en qualité d'infirmière anesthésiste, a fait fonction à compter du 1er janvier 2015 de cadre de santé en charge du service des urgences, de l'unité d'hospitalisation de courte durée, du service mobile d'urgence et de réanimation et de l'unité de surveillance continue. A compter du 7 octobre 2019 Mme B a été affectée comme cadre de santé suppléante au bloc opératoire de l'établissement. Placée le 16 décembre 2019 en congé de maladie régulièrement renouvelé depuis cette date, Mme B a établi le 22 mars 2020 une déclaration d'accident de service. Par une décision du 7 janvier 2021, attaquée dans l'instance n° 2102393, le directeur du CH a refusé de reconnaître d'une part, l'existence d'un accident de service, d'autre part, l'existence d'une maladie professionnelle. Le recours gracieux formé le 10 mars 2021 par Mme B a fait l'objet d'un rejet le 15 mars 2021, également attaqué. Suite à la réalisation le 4 juin 2021 d'une nouvelle expertise médicale aux fins notamment de déterminer le taux d'incapacité permanente partielle de Mme B et à un nouvel avis de la commission de réforme, le directeur de l'établissement, a, par décision du 1er juin 2022 attaquée dans l'instance n° 2203779 refusé de reconnaître l'existence d'un accident de service et d'une maladie professionnelle. Placée en congé de longue maladie à compter du 15 septembre 2021, Mme B a bénéficié d'une mutation le 1er janvier 2022. Mme B doit être regardée comme contestant les décisions des 7 janvier 2021 et 1er juin 2022 uniquement en tant qu'elles refusent de reconnaître l'existence d'une maladie professionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. Dans cette hypothèse, toutes les parties concernées seront, en cas d'exercice d'une voie de recours, mises en cause et celle à laquelle un non-lieu a été opposé, mise à même de former, si elle le souhaite, un recours incident contre cette partie du dispositif du jugement.

4. A ce titre, lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.

5. Il ressort des pièces des dossiers que la décision du 1er juin 2022 a une portée identique à celle du 7 janvier 2021, ainsi d'ailleurs qu'elle l'indique. La décision du 1er juin 2022 doit ainsi être regardée comme ayant procédé au retrait de la décision du 7 juin 2021. En application de ce qui vient d'être dit, il y a donc lieu de statuer d'abord sur les conclusions dirigées contre la décision du 1er juin 2022.

En ce qui concerne la décision du 1er juin 2022 :

6. D'une part, les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée. Le diagnostic de la pathologie dont Mme B a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service a été posé le 14 décembre 2019. Dès lors, la situation de Mme B est régie par les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, alors applicable, l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 n'étant pas encore entré en vigueur à la date de constat de cette pathologie, faute de décret d'application, le décret d'application du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière n'étant entré en vigueur que le 16 mai 2020.

7. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur: " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".

8. D'autre part, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

9. Il ressort des pièces du dossier que l'infirmier faisant fonction de cadre de santé au bloc opératoire du CH ayant manifesté sa volonté de quitter ce service en 2019 et aucun recrutement externe n'ayant alors abouti, la direction de l'établissement a sollicité en septembre 2019 Mme B afin d'exercer une suppléance sur ce poste, en l'informant par la suite que celle-ci prendrait fin en janvier 2020 compte tenu du recrutement à cette date d'un nouveau cadre de santé. Selon les déclarations non contestées de Mme B, l'agent faisant jusque-là fonction de cadre de santé sur ce poste ayant été placé en congé de maladie le 7 octobre 2019, la direction de l'établissement lui a alors demandé d'assurer le jour même son remplacement. L'intéressée soutient que cette affectation a eu lieu dans un climat professionnel tendu, compte tenu d'une part d'un mouvement de grève illimité du personnel infirmier du bloc opératoire motivé par des revendications nationales relatives au statut des infirmiers spécialisés et par un mécontentement en raison d'un turn-over important du personnel encadrant du service, d'autre part de l'existence de difficultés relationnelles entre les infirmiers et les médecins, ainsi que de conditions de travail difficiles dues à la configuration des locaux. Mme B indique avoir également été confrontée à des comportements et propos inadaptés émanant de chirurgiens envers une infirmière anesthésiste et envers elle-même, qui ont été signalés à sa direction. Par ailleurs, elle fait valoir qu'elle a dû faire face à une charge de travail très importante nécessitant polyvalence, réactivité, dans le cadre d'un environnement professionnel et d'une organisation qu'elle connaissait pour avoir exercé un remplacement en janvier 2018, mais qu'elle ne maitrisait pas. Elle a précisé n'avoir bénéficié d'aucune formation sur les outils informatiques du service ni d'une période de tuilage et avoir été confrontée à son arrivée à un retard important dans le travail d'encadrement. Le mouvement de grève a par ailleurs justifié des assignations quotidiennes du personnel et la réorganisation des activités opératoires qui nécessitaient une validation préalable du service des ressources humaines et de la direction des soins, parfois obtenues avec retard. Les témoignages de l'agent dont Mme B a assuré le remplacement et d'une infirmière du bloc opératoire confirment l'existence d'un contexte de travail difficile. Si le CH fait valoir que Mme B a bénéficié d'un suivi " resserré " et s'est vue déchargée de ses fonctions antérieures, il ressort toutefois des pièces du dossier que durant son affectation au bloc opératoire, celle-ci a continué à être sollicitée et impliquée dans des activités en lien avec ses fonctions initiales, compte tenu soit de leur urgence soit de sa connaissance du contexte professionnel. Mme B justifie de l'accomplissement de 139 heures supplémentaires en fin d'année 2019 dont 24 heures sur les 13 premiers jours du mois de décembre 2019.

10. La requérante a bénéficié d'arrêts de travail ininterrompus à compter du 14 décembre 2019 pour un syndrome d'épuisement professionnel. Dans les expertises psychiatriques de l'intéressée qu'il a réalisées les 2 juillet, 19 novembre 2020 et 4 juin 2021, un premier psychiatre agréé a conclu à l'existence d'un état dépressif majeur nécessitant la prise d'un traitement anti dépresseur, Mme B justifiant en outre de son suivi par une psychothérapeute. Ce psychiatre a estimé que l'état de santé de l'intéressée était la conséquence directe et exclusive de ses conditions de travail. Le 26 novembre 2020, la commission de réforme s'est prononcée en faveur de l'existence d'une maladie professionnelle. La psychothérapeute en charge du suivi de Mme B a également conclu à l'origine professionnelle des symptômes de l'intéressée sans antécédent psychiatrique. Dans le cadre d'un examen médical de la requérante effectué le 6 septembre 2021 en vue de sa réintégration éventuelle à l'issue de son congé de longue maladie, un second médecin psychiatre a relevé que son état psychique se restaurait de façon satisfaisante à distance de la sphère professionnelle, tout retour au sein du CH de Vitré étant à exclure compte tenu d'un risque important de rechute anxieuse sévère. Dans le cadre d'une contre-expertise effectuée le 9 septembre 2021 à la demande du CH de Vitré, un nouveau psychiatre agréé a conclu à l'absence d'état antérieur et a confirmé l'existence d'un lien direct et exclusif entre la pathologie de Mme B et le service ainsi que sa possibilité de reprise dans un autre établissement, la consolidation de son état de santé étant fixée au 4 juin 2021 avec une incapacité permanente partielle de 30% eu égard à une fragilité persistance et au stress généré par une rechute au cours de l'été 2021 en lien avec des difficultés rencontrées auprès de son employeur suite à sa demande de mutation. Par un nouvel avis du 25 janvier 2022 la commission de réforme s'est prononcée en faveur d'une imputabilité au service des arrêts de travail jusqu'au 4 juin 2021 avec un taux d'incapacité permanente de 25%.

11. Dans ces conditions, et alors même que Mme B n'a exercé ses fonctions au bloc opératoire que durant quelques mois, qu'elle aurait bénéficié d'un suivi de la direction des soins, se serait vue déchargée de ses fonctions antérieures et aurait fait l'objet d'un remplacement durant ses absences au bloc opératoire, le contexte et les conditions de travail décrits au point 9 doivent être regardés comme étant de nature à susciter le développement de la pathologie en cause, laquelle présente un lien direct avec ceux-ci. Par suite, et alors qu'aucun fait personnel de l'agent ou autre circonstance particulière ne conduisent à détacher la survenance de la maladie du service, en refusant de reconnaître la pathologie de Mme B comme maladie professionnelle, le directeur des ressources humaines du CH de Vitré a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision du 7 janvier 2021 :

12. Compte tenu de l'annulation de la décision du 1er juin 2022 qui porte retrait de la décision du 7 janvier 2021, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de cette dernière décision.

13. Cette décision doit être annulée pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 à 11, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

14. Il résulte de tout ce qui précède, que les décisions des 7 janvier 2021 et 1er juin 2022 doivent être annulées en tant qu'elles refusent de reconnaître la pathologie de la requérante à compter du 14 décembre 2019 comme imputable au service, ainsi que la décision rejetant le recours gracieux de Mme B contre la décision du 7 janvier 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. L'exécution du présent jugement, implique, que le CH de Vitré reconnaisse la pathologie de Mme B à l'origine de ses congés de maladie à compter du 14 décembre 2019 comme maladie professionnelle, reconstitue sa carrière et la rétablisse dans ses droits. Il y a lieu d'enjoindre au CH de Vitré d'agir en ce sens, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. En revanche, l'exécution du présent jugement n'implique pas d'enjoindre au CH de Vitré d'instruire un dossier d'allocation temporaire d'invalidité, alors qu'il n'est pas établi que Mme B ait saisi l'établissement d'une demande à cette fin.

Sur les frais liés au litige :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CH de Vitré la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la partie perdante les frais exposés par l'autre partie et non compris dans les dépens, il y a lieu de rejeter la demande présentée par le CH de Vitré sur ce fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 7 janvier 2021 et du 1er juin 2022 respectivement prises par la directrice et le directeur des ressources humaines du CH de Vitré sont annulées en tant qu'elles refusent de reconnaître comme imputable à une maladie professionnelle la pathologie de Mme B à compter du 14 décembre 2019, ainsi que le rejet du recours gracieux formé par Mme B à l'encontre de la décision du 7 janvier 2021.

Article 2 : Il est enjoint au CH de Vitré de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme B à l'origine de ses arrêts de travail à compter du 14 décembre 2019, de reconstituer sa carrière et de la rétablir dans ses droits à compter de cette date dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le CH de Vitré versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions présentées par le CH de Vitré sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Vitré.

Délibéré après l'audience du 9 juin 2023, où siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.

La rapporteure,

signé

A. AllexLe président,

signé

N. TronelLa greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2102393, 2203779

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