LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2102394

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2102394

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2102394
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSEINGIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 mai 2021 et 7 avril 2023, M. C A, représenté par Me Seingier, demande au tribunal) :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de son recours gracieux à l'encontre du titre de perception n° BRET 20 2900001526 du 6 juillet 2020 par le délégué interrégional du secrétariat général du ministère de la Justice du Grand-Ouest et le titre de perception n° BRET 20 2900001526 du 6 juillet 2020 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le titre de perception est insuffisamment motivé ;

- il méconnait l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dans la mesure où il n'est pas signé ;

- le titre de recette, notifiée le 26 juillet 2020, en cause porte sur le versement d'un traitement de plus de 4 mois.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 ;

- le décret 86-442 du 14 mai 1986 ;

- le décret n° 2012-1246 du 26 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, surveillant brigadier pénitentiaire, était affecté au sein du centre de détention Val-de-Reuil relevant de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes. Du 13 juillet 2016 au 12 juillet 2019, il a bénéficié d'un congé de longue maladie. Par un arrêté du 10 février 2020, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 13 juillet 2019. Le 6 juillet 2020, le garde des sceaux a émis un titre de perception à son encontre pour un montant de 6 560,19 euros correspondant à un trop perçu de rémunération. Par un courrier du 10 septembre 2020, reçu le 14 septembre suivant, M. A a formé une réclamation préalable auprès du directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine. Par un courrier du 17 septembre 2020, le comptable public a accusé réception de sa demande. Une décision implicite de rejet est née le 17 mars 2021.

M. A demande l'annulation du titre de perception n° BRET 20 2900001526 du 6 juillet 2020 et de la décision rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 visée ci-dessus dispose que : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Les dispositions du deuxième alinéa du 2° du présent article sont applicables au congé de longue maladie. Le fonctionnaire qui a obtenu un congé de longue maladie ne peut bénéficier d'un autre congé de cette nature, s'il n'a pas auparavant repris l'exercice de ses fonctions pendant un an () ". Selon l'article 47 du décret du 14 mai 1986 : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme. Pendant toute la durée de la procédure requérant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances, le paiement du demi-traitement est maintenu jusqu'à la date de la décision de reprise de service ou de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. ". L'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite prévoit que : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office ; dans ce dernier cas, la radiation des cadres est prononcée sans délai si l'inaptitude résulte d'une maladie ou d'une infirmité que son caractère définitif et stabilisé ne rend pas susceptible de traitement () ". Enfin, aux termes de l'article R. 36 du même code : " La mise en paiement de la pension de retraite ou de la solde de réforme peut être antérieure à la date de la décision de radiation des cadres lorsque cette décision doit nécessairement avoir un effet rétroactif en vue soit d'appliquer des dispositions statutaires obligeant à placer l'intéressé dans une position administrative régulière, soit de tenir compte de la survenance de la limite d'âge, soit de redresser une illégalité. ".

3. Il résulte de ces dispositions que lorsque le fonctionnaire a épuisé ses droits à un congé de longue maladie et ne peut reprendre ses fonctions, il appartient à la personne publique qui l'emploi, d'une part, de saisir le comité médical, qui doit se prononcer sur son reclassement dans un autre emploi, sa mise en disponibilité ou son admission à la retraite, et, d'autre part, de lui verser un demi-traitement pendant toute la durée de la procédure nécessitant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances. La circonstance que la décision prononçant le reclassement, la mise en disponibilité ou l'admission à la retraite rétroagisse à la date de fin du congé de longue maladie n'a pas pour effet de retirer le caractère créateur de droits du maintien du demi traitement prévu par les dispositions de l'article 47 du décret du 14 mars 1986. Par suite, le demi-traitement versé en application de cet article ne présente pas un caractère provisoire et reste acquis à l'agent alors même que celui-ci a, par la suite, été placé rétroactivement dans une position statutaire n'ouvrant pas, par elle-même, droit à ce versement. Il s'ensuit, plus particulièrement, que lorsque l'agent est admis rétroactivement à la retraite et qu'à ce titre il bénéficie effectivement d'un versement d'arriérés de pension, son employeur n'est pas pour autant en droit de demander le reversement de ces demi-traitements qui restent acquis à l'agent.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A, du 13 juillet 2016 au

12 juillet 2019, a bénéficié d'un congé de longue maladie. Durant la période allant du

13 juillet 2017 au 12 juillet 2019, il a perçu, en application des dispositions précitées de

l'article 27 du décret du 14 mars 1986, un demi-traitement. Par un arrêté du 10 février 2020, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 13 juillet 2019. Ainsi, à la suite de la décision du 10 février 2020, M. A, rétroactivement radié des cadres et bénéficiant à ce titre d'une pension de retraite, a cumulé cette pension avec le demi-traitement perçu au titre de son congé de longue maladie. Un titre de perception a alors été émis le 6 juillet 2020 par la direction régionale des finances publiques (DRIFP) d'Ille-et-Vilaine pour lui réclamer la somme de 6 560,19 euros au titre d'un " indu sur rémunération () ".

Or, comme exposé au point 4, ce demi-traitement ne présentait pas un caractère provisoire et restait acquis à l'intéressé, quand bien même ce dernier a ensuite perçu, sur la même période, des arriérés de pension découlant de son admission rétroactive à la retraite.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A, est fondé à solliciter l'annulation du titre de perception du 6 juillet 2020 en tant qu'il lui réclame le trop-perçu correspondant aux prestations qui lui ont été versées pour la période du 13 juillet 2019 au 29 février 2020. Pour les mêmes motifs, il est fondé à solliciter l'annulation de la décision implicite rejetant sa réclamation préalable du 10 septembre 2020.

Sur les frais du litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre de perception émis le 6 juillet 2020 à l'encontre de M. A et la décision implicite de rejet du directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département

d'Ille-et-Vilaine de son recours administratif préalable sont annulés.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au garde des sceaux, ministre de la justice et à la direction régionale des finances publiques Bretagne et Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Moulinier, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.

Le rapporteur,

Signé

Y. B

Le président

Signé

G. Descombes

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice et au ministre de l'action et des comptes publics, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions