lundi 2 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2102648 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 25 mai 2021 et 17 août 2023, M. et Mme C et B A, représentés par Me Meillard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 25 mars 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Gosné a approuvé la révision générale de son Plan Local d'Urbanisme (PLU), en particulier, l'Opération d'Aménagement et de Programmation (OAP) n° 3 en ce qu'elle intègre leur parcelle cadastrée ZO n° 155 dans son périmètre ;
2°) d'enjoindre à la commune de Gosné de réexaminer le dossier et de procéder, sur le fondement de l'art L. 153-7 du code de l'urbanisme, à une nouvelle instruction en retirant la parcelle cadastrée ZO n° 155 du tracé et du périmètre de l'OAP n° 3, dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, le cas échéant sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Gosné une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il ne ressort nullement de l'examen des pièces composant le dossier du PLU que les personnes publiques associées aient été consultées ;
- l'enquête publique est illégale dès lors que le document relatif aux OAP n'était pas annexé au dossier et que le délai de 15 jours entre l'affichage en mairie et le début de l'enquête n'a pas été respecté ;
- la commune a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, la commune de Gosné, représentée par Me Rouhaud, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement d'une somme de 2 000 euros soit mis à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Terras, rapporteur ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de Me Meillard, représentant M. et Mme A et D, représentant la commune de Gosné.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont propriétaires de parcelles cadastrées ZO n° 55, 155 et 156, situées 1, allée des chênes sur le territoire de la commune de Gosné. Ils demandent l'annulation de la délibération du 25 mars 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune a approuvé la révision générale de son PLU, en particulier, l'OAP n° 3 en ce qu'elle intègre leur parcelle cadastrée ZO n° 155 dans son périmètre.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L.103-3. / La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du 31 mars 2015 prescrivant l'élaboration du plan local d'urbanisme prévoit expressément sa notification aux personnes publiques associées qu'elle énumère et que les personnes publiques associées ont été consultées sur le projet arrêté de plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure au regard de l'article L. 153-11 précité doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il est constant que le document sur les OAP n'était pas annexé au dossier d'enquête publique lors de la première permanence du commissaire-enquêteur. Un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est cependant de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport du commissaire enquêteur, que la municipalité a " immédiatement " complété le dossier en y ajoutant le document relatif aux OAP. Ainsi, faute pour les requérants d'établir qu'un ou plusieurs participants n'auraient pas eu effectivement accès à ce document, alors que, sur demande, ils l'auraient immédiatement obtenu, le vice de procédure commis, résultant de l'absence de cette pièce au dossier pendant un bref délai, n'a ni privé le public d'une garantie ni eu une influence sur le résultat de l'enquête. Le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 123-10 du code de l'environnement : " I. Quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et durant celle-ci, l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête informe le public. L'information du public est assurée par voie dématérialisée et par voie d'affichage sur le ou les lieux concernés par l'enquête, ainsi que, selon l'importance et la nature du projet, plan ou programme, par voie de publication locale () ". Aux termes de l'article R. 123-11 du même code : " I.- Un avis portant les indications mentionnées à l'article R. 123-9 à la connaissance du public est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés () ".
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport du commissaire enquêteur, que l'affichage a été effectué au moins quinze jours avant le début de l'enquête ce qu'il a pu lui-même constater. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le déroulement de l'enquête publique a vicié la procédure.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. ". Aux termes de l'article L. 151-7 du même code : " I.- Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; () ". Aux termes de l'article R. 151-8 du même code : " Les orientations d'aménagement et de programmation des secteurs de zones urbaines ou de zones à urbaniser mentionnées au deuxième alinéa du R. 151-20 dont les conditions d'aménagement et d'équipement ne sont pas définies par des dispositions réglementaires garantissent la cohérence des projets d'aménagement et de construction avec le projet d'aménagement et de développement durables. Elles portent au moins sur : () / 2° La mixité fonctionnelle et sociale (). Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. ".
9. Si les auteurs d'un PLU ne sont pas tenus, pour fixer le futur zonage, de respecter les limites des propriétés existantes, il ressort des pièces du dossier qu'en l'espèce, la commune de Gosné a accepté, pour tenir compte des observations émises au cours de l'enquête publique par les requérants, de modifier son projet afin de reculer le périmètre de l'OAP et de la zone 1AUb en créant une zone tampon de dix mètres autour de la maison des requérants, après avis favorable du commissaire enquêteur. Le moyen tiré de ce que l'OAP en litige impacte la propriété des requérants doit ainsi être écarté.
10. Par ailleurs, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le périmètre de l'OAP n'est pas limité à une seule parcelle, ni même aux seules parcelles ZO n° 155 et n° 156 des requérants, mais intègre quatre parcelles et couvre ainsi une superficie d'environ 1,4 hectare. Si les requérants prétendent, en outre, que la commune a commis une erreur de droit en instituant une OAP sur une seule unité foncière, d'une part, cette critique manque en fait dès lors que l'OAP en cause couvre également une partie de l'ancienne parcelle ZO 107, aujourd'hui ZO 174, qui n'appartient pas à M. et Mme A. D'autre part, la commune n'a commis aucune erreur de droit dès lors que l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme lui imposait d'instituer une OAP à l'intérieur d'une zone à urbaniser 1AU.
11. En application des dispositions précitées de l'article R. 151-8 du code de l'urbanisme, la mixité fonctionnelle et sociale est au nombre des orientations pouvant être fixées par une OAP. Enfin, le moyen tiré de ce que l'OAP n° 3 en litige devrait être assimilée à un emplacement réservé doit être écarté dès lors que la réalisation d'un certain pourcentage de logements sociaux n'a ni pour objet ni pour effet d'instituer un emplacement réservé au sens de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme et que la loi donne aux OAP le pouvoir de fixer des orientations en matière d'habitat.
12. En dernier lieu, les requérants soutiennent que la commune a commis une erreur manifeste d'appréciation en intégrant leur parcelle cadastrée ZO n° 155 dans le périmètre de l'OAP n° 3 " allée des chênes " et se prévalent, à cette fin, d'une réserve émise par le commissaire enquêteur sur la répartition déséquilibrée des zones 1AU et 2AU et de la consommation foncière. Toutefois, et alors que la commune n'est pas liée par les observations du commissaire enquêteur, les observations émises ne portent pas sur l'OAP. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette OAP n° 3, située en continuité du bourg et de l'urbanisation existante, soit contraire aux objectifs du Projet d'Aménagement et de Développement Durables (PADD) qui, " afin de limiter la consommation des espaces et ainsi protéger au maximum les zones naturelles et agricoles, afin aussi de limiter les déplacements de véhicules, de maintenir un dynamisme dans le centre-bourg, de ne pas trop éloigner les futurs habitants des commerces, des équipements et des services " a également prévu de freiner l'étalement urbain et de préserver les derniers espaces agricoles et naturels sur la commune. Le même PADD a ainsi pour objectif de soutenir la croissance de la population communale en tablant sur un rythme de croissance de 2,1 % par an sur 12 ans, ce qui conduisait la commune à artificialiser les 11 hectares prévus en zone 1AU. La consommation est d'autant moins excessive que le PLU fixe, dans les nouvelles zones un objectif de densité de 20 logements par hectare. Par ailleurs, les orientations du PADD conduisant à conforter le bourg justifient de la localisation particulière de la zone 1AUb couvrant la propriété des requérants puisque celle-ci est située dans la continuité directe du centre-bourg, situé juste au nord-est, et se trouve quasiment entièrement entourée de parcelles bâties, sauf en direction du sud-est. Ainsi, le classement des zones 1AU ne peut être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Ce moyen peut être écarté comme celui, en tout état de cause, tiré de ce que la commune aurait commis une telle erreur en instituant l'OAP n° 3, la commune ayant l'obligation, comme indiqué au point 8, d'instituer cette OAP à l'intérieur de la zone 1AU concernée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme A aux fins d'annulation de la délibération du 25 mars 2021 par laquelle le conseil municipal de Gosné a approuvé son PLU doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Le rejet des conclusions en annulation de la décision litigieuse n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions présentées par les requérants à fin d'injonction doivent en conséquence être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme A doivent, dès lors, être rejetées.
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants le versement d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Gosné une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme B A et à la commune de Gosné.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
F. Terras
Le président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026